Le désir d'influencer le sexe de son enfant est un sujet ancien, mais les avancées scientifiques récentes, notamment dans le domaine de la procréation médicalement assistée (PMA), ont ouvert de nouvelles perspectives. Cet article explore les différentes techniques disponibles, les considérations éthiques qu'elles soulèvent, et la législation en vigueur, en particulier en France.

L'attrait du choix du sexe : motivations et méthodes

Le désir d'avoir un enfant d'un sexe spécifique n'est pas nouveau. Certaines familles souhaitent équilibrer le nombre de filles et de garçons, tandis que d'autres peuvent avoir des raisons médicales liées à des maladies génétiques liées au sexe.

Les Techniques de Sélection du Sexe

Plusieurs méthodes sont proposées, avec des degrés de fiabilité variables :

  • Méthode Ericsson (Tri des spermatozoïdes) : Basée sur la différence de poids entre les spermatozoïdes X (féminins) et Y (masculins), cette technique vise à séparer les spermatozoïdes en fonction de leur sexe. Cependant, sa précision est limitée et elle est plus souvent utilisée pour favoriser la conception de filles.
  • Régime Papa : Cette méthode, basée sur les travaux du Pr Stolkowski et popularisée par le Dr François Papa, consiste à modifier l'alimentation pour influencer le pH vaginal et favoriser la survie des spermatozoïdes X ou Y. Son efficacité n'est pas scientifiquement prouvée.
  • Positions sexuelles et timing de l'ovulation : Ces méthodes empiriques reposent sur l'idée que les spermatozoïdes Y sont plus rapides mais moins résistants, tandis que les spermatozoïdes X sont plus lents mais survivent plus longtemps. Avoir des rapports sexuels plus proches de l'ovulation favoriserait la conception d'un garçon.
  • Diagnostic Préimplantatoire (DPI) : Cette technique, la plus fiable à ce jour (près de 100 %), consiste à effectuer une fécondation in vitro (FIV) et à prélever une ou deux cellules de chaque embryon pour analyser leur profil génétique (XX ou XY). Seuls les embryons du sexe désiré sont ensuite implantés dans l'utérus de la femme.
  • Dépistage génétique préimplantatoire (PGS) : Technique utilisée pour vérifier si le ou les embryons ont le bon nombre de chromosomes (également appelé aCGH) - ou s’il y a un problème avec leurs chromosomes avant la conception.
  • Diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) : Permet de détecter la présence d’éventuelles anomalies génétiques dans les embryons, liés généralement au sexe du bébé. Les parents qui sont porteurs de maladies génétiques utilisent cette procédure pour réduire le risque d’avoir un enfant porteur de la même maladie. Avec un taux de précision de plus de 99%, le PGS et le DPI sont la méthode la plus précise de sélection du sexe disponible aujourd’hui.

L'ICSI (Injection Intracytoplasmique de Spermatozoïdes)

L'ICSI est une technique de fécondation in vitro où un seul spermatozoïde est injecté directement dans l'ovule. Bien qu'elle soit utilisée pour traiter l'infertilité masculine, elle ne permet pas en elle-même de déterminer le sexe de l'embryon. Le sexe n'est connu que si un DPI est réalisé en complément.

Aspects Légaux et Éthiques

La sélection du sexe soulève d'importantes questions éthiques et juridiques.

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Législation en France

En France, la loi bioéthique de 2011 encadre strictement le DPI. Il n'est autorisé qu'à des fins thérapeutiques, c'est-à-dire pour éviter la transmission d'une maladie génétique grave liée au sexe. Le choix du sexe pour convenance personnelle est interdit.

Débats Éthiques

Les arguments contre la sélection du sexe incluent :

  • Discrimination sexiste : La préférence pour un sexe par rapport à l'autre peut renforcer les inégalités entre les sexes.
  • Dérives eugéniques : La sélection du sexe pourrait ouvrir la voie à d'autres formes de sélection basées sur des critères arbitraires.
  • Impact psychologique sur l'enfant : Un enfant né suite à une sélection du sexe pourrait ressentir une pression particulière ou un sentiment de ne pas être désiré tel qu'il est.

Cependant, certains arguments plaident en faveur d'une autorisation encadrée :

  • Autonomie parentale : Les parents devraient avoir le droit de choisir le sexe de leur enfant, tant que cela ne nuit pas à son bien-être.
  • Équilibrage familial : La sélection du sexe pourrait aider les familles à atteindre un équilibre entre les sexes, ce qui pourrait être bénéfique pour l'enfant.
  • Prévention de l'avortement sélectif : Dans certains cas, la sélection du sexe pourrait éviter des avortements basés sur le sexe du fœtus.

Situation Internationale

La législation sur la sélection du sexe varie considérablement d'un pays à l'autre. Elle est autorisée aux États-Unis, notamment en Californie et au Texas, où elle est devenue une activité commerciale florissante. En Europe, la Belgique est l'un des rares pays à autoriser la sélection du sexe, sous certaines conditions. Chypre du Nord est également une destination pour les couples souhaitant choisir le sexe de leur enfant.

Témoignages et Expériences

Le témoignage de Marie, une femme ayant eu recours à la FIV-DPI à Chypre pour avoir une fille après avoir eu deux garçons, illustre le désir profond de certains parents d'avoir un enfant d'un sexe spécifique. Son expérience met en lumière les aspects pratiques et financiers de cette démarche, ainsi que les dilemmes éthiques qu'elle soulève.

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Perspectives d'avenir

Les progrès de la génétique et de la PMA continuent de susciter des débats passionnés sur la sélection du sexe. Il est essentiel de trouver un équilibre entre les avancées scientifiques, les droits individuels et les valeurs éthiques de la société. Une réflexion approfondie sur les implications de ces technologies est nécessaire pour encadrer leur utilisation et éviter les dérives potentielles.

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