La mort subite du nourrisson (MSN), aussi appelée mort inattendue du nourrisson (MIN) ou Sudden Infant Death Syndrome (SIDS) en anglais, est un drame qui touche encore de nombreuses familles. Il s'agit du décès soudain et inexpliqué d'un bébé de moins d'un an, le plus souvent pendant son sommeil. Malgré les avancées scientifiques et médicales, la MSN reste une cause majeure de mortalité infantile dans les pays développés.

Définition et Statistiques

La mort subite du nourrisson (MSN) désigne le décès brutal du nourrisson, le plus souvent pendant son sommeil, alors que jusque-là il était bien portant. Autrement dit, ce décès survient sans que rien dans le parcours du nourrisson n’ait permis de l’anticiper. On parle à ce titre de mort inattendue du nourrisson (MIN). En France, la MSN touche entre 250 et 350 enfants chaque année, ce qui en fait la première cause de décès chez les nourrissons âgés de 1 mois à 1 an. La France fait partie des pays dans lesquels la prévalence de la MSN demeure la plus élevée et ce, même si les campagnes de couchage sur le dos ont permis de réduire le nombre de MSN.

Ce qui rend ce phénomène si déstabilisant, c’est son caractère imprévisible et inexpliqué : même après une autopsie et une analyse approfondie du contexte, aucune cause précise n’est identifiée dans de nombreux cas. Lorsqu’une mort inattendue chez un enfant de moins d’un an demeure inexpliquée après les investigations post-mortem, elle est appelée mort subite.

Âge à Risque

Ce drame survient le plus souvent entre l’âge de 2 et 6 mois, avec un pic entre 2 et 4 mois. Selon Santé publique France, les ¾ des MSN se produisent avant l’âge de 6 mois. Le risque de mort subite du nourrisson baisse très fortement après l’âge de 6 mois et devient rarement rapporté après un an. Ceci correspond à une meilleure maturité des systèmes nerveux et respiratoires chez l’enfant.

On considère généralement que le risque de mort subite est moindre à partir de 6 mois, dès lors que le bébé est capable de se retourner seul. Au-delà de l’âge de 6 mois, le risque de mort subite du nourrisson persiste - bien que moindre - jusqu’aux 18 mois de l’enfant. On considère d’ailleurs que les très rares cas de mort subite qui arrivent au-delà de l’âge d’un an sont de l’ordre de l’exceptionnel.

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Facteurs de Risque

Malgré l’absence de cause claire, les chercheurs s’accordent à penser que plusieurs facteurs peuvent interagir : une vulnérabilité biologique du nourrisson (liée à l’immaturité de son système nerveux autonome, chargé de réguler la respiration et le rythme cardiaque), une période critique de développement, et des éléments de l’environnement de sommeil qui peuvent augmenter les risques.

Plusieurs facteurs de risque ont été mis en avant dans la survenue d’une mort subite du nourrisson.

  • Le sexe du bébé : les petits garçons seraient plus exposés à la MSN que les petites filles (60% contre 40%).
  • La saison automne-hiver et chaque maladie qui y est associée est la période pendant laquelle la mort subite du nourrisson intervient plus souvent. Ce phénomène est très probablement en relation avec les épidémies d’infections respiratoires. Des études ont montré une fréquence de la mort subite augmentée à partir de septembre pour atteindre un pic les mois de novembre, décembre, janvier. En cause, les virus et les infections bactériennes chez le bébé comme le rhume, la bronchiolite, la méningite ou encore la myocardite.
  • Le bébé prématuré : un petit poids inférieur à 2,5kg à la naissance pourrait entre autres être la cause de certaines MSN. Le risque de MSN serait alors 4 fois plus important.
  • Une malformation non dépistée à la naissance : malformation cardiaque, rénale, cérébrale…
  • L’exposition au tabac pendant la grossesse : selon une étude parue dans la revue scientifique The Lancet, « l’éradication du tabagisme maternel pendant la grossesse pourrait prévenir un tiers des MSN.» Une femme enceinte qui consomme vingt cigarettes par jour fait courir à son bébé cinq fois plus de risques qu’une future maman qui ne fume pas. Il faut faire passer ce message auprès des 30 % de fumeuses en âge de procréer. Celles qui ont l’intention de programmer prochainement une grossesse peuvent entreprendre un sevrage tabagique. Plus récemment, c’est la nicotine qui a été mise en cause par des études menées à l’hôpital Robert-Debré, en collaboration avec l’Institut Pasteur, l’Inserm et le Karolinska Institute de Stockholm. Il existe au niveau du cerveau un récepteur spécifique chargé de réguler la respiration pendant le sommeil, notamment lors de pauses respiratoires spontanées (apnée). Pendant la grossesse, la nicotine transmise au foetus par le sang se fixe sur ce récepteur et en altère les fonctions.
  • Une température trop élevée dans la chambre du bébé : votre bébé n’est pas capable de réguler correctement sa température corporelle les premiers mois. Aussi les pédiatres recommandent une température comprise entre 18 et 20 degrés pour la chambre du bébé. En cas de température trop élevée dans sa chambre, l’enfant risque une hyperthermie et donc une mort subite du nourrisson. Veillez également à ne pas trop le couvrir pour dormir, pour les mêmes raisons.
  • Le couchage du bébé directement après son biberon la nuit : même si vous êtes fatigué et aspirez à vous recoucher rapidement après le biberon de la nuit, attendez 20 à 30 minutes avant de recoucher votre bébé. En effet, le risque est grand que votre bébé, recouché immédiatement après son biberon, régurgite. S’il est couché, et tout particulièrement en position ventrale ou latérale, il risque une mort subite par étouffement. Il faut donc non seulement attendre après son biberon, mais le coucher sur le dos.

Causes Possibles

De très rares cas de mort subite du nourrisson ne peuvent malheureusement pas être expliqués. D’autres cas de ce syndrome ont une cause clairement établie selon un ou plusieurs facteurs :

  • Le tabagisme passif du bébé : après la naissance, les bébés exposés au tabac et à la fumée de cigarette peuvent aussi subir une MSN.
  • L’hyperthermie de l’enfant : consultez immédiatement un médecin si la température corporelle est supérieure à 38°C. Veillez à ce que la température de la chambre soit parfaitement régulée et à couvrir votre bébé en conséquence.
  • La maltraitance : le syndrome du bébé secoué peut avoir pour issue fatale une MSN. Dans 5 % des cas on découvre que le décès survient après une maltraitance.
  • Le reflux gastro-œsophagien : l’arrivée massive de lait peut être l’une des causes de décès chez les bébés RGO.
  • Une mauvaise position dans le lit : un bébé couché sur le dos dans son lit a moins de risque d’être victime de mort subite du nourrisson qu’un enfant que l’on a couché sur le ventre.
  • Une literie non adaptée au coucher / sommeil de l’enfant : matelas pas assez ferme, présence d’oreiller, couverture, présence de peluches dans le lit… sont autant de causes d’une mort inattendue des nourrissons par asphyxie.

Prévention : Les Mesures Essentielles

Heureusement, depuis la mise en place de campagnes de prévention dans les années 1990, notamment autour du slogan "Dormir sur le dos", le nombre de cas a fortement diminué. Bien qu’il soit impossible de réduire le risque de mort subite du nourrisson à zéro, il est toutefois possible de réduire efficacement les risques de MSN en appliquant des méthodes simples :

  • Position de sommeil : Coucher toujours le nourrisson sur le dos pour dormir, aussi bien pour les siestes que pour la nuit. Cette position permet de réduire le risque de mort subite d’environ 49%. Le risque majeur de MSN provient d’une position sur le ventre ou sur le côté du nourrisson pendant son sommeil. La raison : les voies aériennes supérieures peuvent s’obstruer s’il régurgite. Il est donc impératif de toujours coucher votre bébé sur le dos.
  • Literie adaptée : Les recommandations actuelles insistent sur l’importance de coucher systématiquement le bébé sur le dos, sur un matelas ferme, dans un espace de sommeil dégagé, sans coussin, couverture épaisse ni peluche. Optez pour un matelas ferme qui offre un soutien adéquat et permet une bonne circulation de l’air. Assurez-vous que les dimensions du matelas correspondent à celles du sommier du lit. Les matelas en mousse sont recommandés pour leur densité appropriée. Évitez les matelas trop épais ; une épaisseur entre 10 et 12 cm est idéale. Assurez-vous que la tête et le visage de l’enfant restent dégagés. Évitez les tours de lit conventionnels et placez tous les jouets et peluches en dehors du berceau ou du lit. Proscrivez les couettes et les couvertures au profit d’un surpyjama, d’une turbulette ou d’une gigoteuse. En effet, si le bébé possède de multiples mécanismes de défense contre le froid, il combat très mal la chaleur.
  • Température de la chambre : La température de la pièce dans laquelle dort le bébé doit être comprise entre 18 et 20 degrés.
  • Environnement sans fumée : Ne fumez pas pendant la grossesse et évitez de fumer en présence de votre bébé.
  • Lieu de sommeil : L'endroit le plus sûr dans lequel doit dormir un bébé est son berceau. Privilégier le lit à barreaux respectant les normes européennes et bannir les couchages partagés avec un adulte (co-sleeping) dans des conditions non sécurisées. Selon Santé publique France, le cododo multiplierait par 5 le risque de MSN avant l’âge de 3 mois. Il est préférable de placer le bébé dans son propre lit, dans la même chambre que vous. Le fait de pouvoir garder un œil sur votre enfant, en partageant la même chambre que lui, réduirait de 50 % le risque de MSN.

En résumé, il est essentiel de :

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  • coucher le bébé sur le dos et à plat durant tous les moments de sommeil (sieste comprise), dans son lit, de préférence seul ;
  • installer l’enfant dans une gigoteuse ou turbulette à sa taille ;
  • éviter les peluches dans le lit ;
  • ne pas ajouter de tour de lit, oreiller ou coussin, couette, drap, ou couvertures dans le lit ;
  • ne pas laisser l’enfant dormir avec un bonnet ;
  • éviter la présence d'objets ou de jouets dans le lit (bavoir, attache tétine, colliers…) ;
  • ne pas surchauffer la chambre et maintenir une température entre 18 et 19 degrés ;
  • le matelas de bébé doit être ferme et adapté aux dimensions de son lit ;
  • le lit parapluie doit être un couchage occasionnel ;
  • éviter de fumer en présence de votre enfant ;
  • ne pas utiliser de coussin anti-tête plate, de plan incliné ou de cale-bébé ;
  • évitez de dormir avec votre bébé : il est préférable qu’il soit dans son propre lit, et ne dormez jamais avec votre bébé si vous êtes très fatigué ou si vous avez consommé de l’alcool, des drogues ou des médicaments ;
  • ne laissez jamais votre bébé dormir avec un autre enfant, ou dans un lit d’adulte ;
  • il est idéalement recommandé, et ce jusqu'à l'âge de 6 mois, d’installer le lit de bébé dans la chambre des parents.

Dispositifs de Surveillance

Il existe des dispositifs, à placer sous le matelas, qui détectent les mouvements respiratoires du bébé lors de son sommeil et sonnent en cas de problème. Ces systèmes d’alarme rassurent certains parents, alors que d’autres les trouvent anxiogènes. Dans tous les cas, leur utilité pour prévenir la mort inattendue du nourrisson n’a pas été prouvée. Un bébé en manque d’oxygène, suffoque et respire donc encore, alors que l’appareil sonne uniquement en cas d’arrêt respiratoire. Or, quand le bébé a arrêté de respirer, il est malheureusement bien souvent trop tard. De plus, les systèmes d’alarme sont vendus sans explications complémentaires sur les moyens de prévention et les images qui figurent sur l’emballage représentent des enfants qui dorment dans de mauvaises positions.

  • Matelas avec capteurs : Pour tenter de prévenir la mort subite du nourrisson, il existe aujourd’hui des matelas dotés de capteurs pour surveiller en permanence la respiration de l’enfant. Avant de penser à investir dans un matelas doté de capteurs, il est primordial de bien choisir le matelas du lit de bébé. Premier élément important, le matelas doit être aux dimensions exactes du lit, afin que bébé ne puisse pas glisser entre le matelas et les barreaux. Le matelas doit être bien ferme, idéalement en mousse, et être déhoussable. Il s’agit d’un dispositif qui vise à surveiller la respiration de bébé lorsqu’il est couché dans son lit, afin de détecter toute absence ou irrégularité de sa respiration. Le moniteur doit le plus souvent être placé sous le matelas du lit ou du berceau. Tous n’ont pas la même sensibilité, mais ils se déclenchent lorsqu’une apnée est détectée.
  • Autres dispositifs : Outre les matelas, il existe également d’autres appareils destinés à surveiller la respiration de bébé. Ce dispositif, qui s’apparente à une petite chaussette, doit être placé autour du pied de bébé et va monitorer en temps réel le pouls, le taux d’oxygène et les habitudes de sommeil de l’enfant. Il est bien sûr connecté à une application mobile pour surveiller les paramètres à n’importe quel moment. On peut également citer le moniteur intelligent pour bébé longue portée Sense-U Pro qui consiste en un capteur devant être clipsé sur la couche ou le pantalon de l’enfant. Il suit les mouvements respiratoires, la température corporelle ainsi que la position de sommeil du bébé. Le nanny care est un matelas de détection qui doit être placé sous le matelas de bébé. Relié à une unité de contrôle qui analyse les données et sonne en cas de problème, ce dispositif est réputé comme l’un des plus fiables. Le matelas Nanny Care BM-02 Essentiel est un matelas composé de capteurs associé à un moniteur de surveillance respiratoire pour bébé. Il s'agit d'un dispositif médical classe IIB certifié CE qui surveille la respiration de votre bébé lorsqu'il dort. Le Babysense 7, dispositif médical certifié de classe IIb, surveille les mouvements respiratoires de bébé grâce à deux plaques sensorielles et déclenche une alarme si les mouvements s'arrêtent ou deviennent anormalement lents. Certifié médicalement, la chaussette Dream Sock utilise des capteurs avancés pour surveiller le pouls, le niveau de saturation en oxygène et les habitudes de sommeil de bébé. Le moniteur respiratoire BABYGUARD® est de conception et fabrication française. Ce dispositif médical certifié conforme à la règlementation portant sur les dispositifs médicaux de classe 1 doit être placé sous le matelas de bébé.

Absence de Signes Avant-Coureurs et Soutien aux Familles

On ne peut hélas pas repérer de signe avant-coureur de la mort subite du nourrisson. D’où son nom, qui évoque un caractère soudain et inexpliqué. Généralement, la mort subite du nourrisson survient sans symptôme préalable évident.

Parler de la mort subite du nourrisson suscite beaucoup d’émotions, car ce phénomène reste l’une des grandes sources d’inquiétude pour les parents. Un décès pendant le sommeil d’un jeune enfant bouleverse très profondément la cellule familiale. Beaucoup de familles éprouvent de l’anxiété à l’idée de laisser leur enfant dormir seul. Des associations proposent écoute, soutien psychologique et groupes de parole aux foyers endeuillés.

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