Introduction

Sharleen Spiteri, la chanteuse charismatique du groupe Texas, est une figure emblématique de la scène pop-rock britannique depuis la fin des années 1980. Son timbre de voix unique et son style inimitable ont marqué plusieurs générations. Cet article explore son enfance à Glasgow, ses influences musicales, la création de Texas, sa carrière solo, sa vie personnelle et son rôle de mère.

Une Enfance Glaswégienne Baignée de Musique

Sharleen Eugene Spiteri est née le 7 novembre 1967 à Bellshill, près de Glasgow, dans une famille d'origine écossaise et italienne. Elle grandit dans le quartier de Finnieston, dans un grand immeuble de cinq étages. Son père était capitaine dans la marine marchande et sa mère, artiste étalagiste, décorait les vitrines de nombreux magasins de la ville.

L'environnement familial de Sharleen était imprégné de musique. Sa mère, une femme élégante au style un peu hippie, adorait Mahalia Jackson, les Staple Singers, Al Green, Marvin Gaye et Billie Holiday. Son père, souvent absent pour son travail, était un passionné de rock et appréciait les Byrds, Gene Clark, les Beatles, Fleetwood Mac, Eagles, Johnny Cash et les Rolling Stones. Lorsqu'il rentrait de ses voyages, il dépensait tout son argent chez le disquaire, remplissant la maison de musique.

Sharleen se souvient d'un tourne-disque Dansette que ses parents lui avaient offert vers l'âge de 9 ans, accompagné d'une pile de vinyles. Parmi eux, "These Boots Are Made for Walkin'" de Nancy Sinatra l'avait particulièrement marquée, lui procurant une joie infinie. Adolescente, elle était profondément émue par la musique de Marvin Gaye et Tammi Terrell.

Malgré cet environnement stimulant, Sharleen était une enfant timide et calme, qui n'aimait pas l'école. Ses professeurs mentionnaient son "incapacité de compréhension du langage", ce qui est ironique pour une future autrice. Elle ne se sentait pas à sa place parmi les autres élèves et avait un style vestimentaire particulier, avec de longs cheveux noirs, de grands tee-shirts de baseball, des jeans coupés et des chaussettes tube. Elle se déplaçait en skateboard avec sa petite bande d'amies, avec qui elle aimait aller au parc à vélo et jouer au baseball avec la batte que son père lui avait rapportée des États-Unis. Elle a arrêté le lycée à 15 ans, lorsque ses amis, tous âgés d’un an de plus, sont partis.

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Son grand-père était un excellent pianiste de boogie-woogie. Il y avait de nombreux instruments de musique chez ses grand-parents. Avec sa sœur et ses cousins, ils s’amusaient souvent à jouer du piano ou du petit orgue à pédales, l’un soufflant l’air, l’autre appuyant sur les touches. Sharleen a commencé la guitare à l'âge de 10 ans. Son père lui a montré quelques accords et très vite, elle s'est mise à travailler toute seule. La première chanson qu'elle a apprise est "Dreams" de Fleetwood Mac.

La Naissance de Texas et le Succès International

Avant de se lancer dans la musique, Sharleen a travaillé comme coiffeuse dans un salon de Glasgow, où elle chantait souvent pour ses clients. En 1986, elle fonde le groupe Texas avec le bassiste Johnny McElhone, ancien membre d'Altered Images. Le nom du groupe est inspiré du film "Paris, Texas" de Wim Wenders, dont l'atmosphère mélancolique correspond à leur univers sonore.

Sharleen a rencontré Johnny McElhone à 17 ans. Il faisait déjà partie d’un groupe mais voulait en créer un nouveau. Un ami commun a enregistré sa voix sur une cassette et la lui a transmise. Ils se sont donné rendez-vous et, le soir, ils ont commencé à travailler ensemble. C’est d’ailleurs ce même soir qu’ils ont composé "I Don’t Want A Lover". Leur but était d’écrire des chansons, les meilleures possibles. Ils ont donné leur premier concert en 1988, Sharleen avait 21 ans, au bar de l’université de Dundee. Elle était terrifiée. La scène était haute de 30 centimètres et tout le public était plus grand qu’elle. Elle a passé le concert accrochée au manche de sa guitare qui lui servait de barrière de sécurité.

En 1989, Texas connaît un succès immédiat avec le titre "I Don't Want a Lover", extrait de leur premier album "Southside", certifié double platine. La chanson, co-écrite par Sharleen et Johnny McElhone, est née une semaine avant le dix-huitième anniversaire de Sharleen.

Le premier concert auquel Sharleen a assisté était celui de Simple Minds, au Tiffany’s, à Glasgow. Elle devait avoir 14 ans. Son cousin l’y avait emmenée avec une fausse carte d’identité, l’entrée étant interdite aux moins de 18 ans. Elle se souvient de l’odeur de l’alcool, de la fumée de cigarette, des spectateurs tous habillés avec des tenues branchées. Les lumières se sont éteintes et Jim Kerr est rentré sur scène en courant sous les clameurs de la foule. Elle a adoré son énergie. À l’époque, elle avait remarqué sa chemise en soie. Elle en a même parlé dans le documentaire auquel elle a participé sur le groupe. À la sortie du film, il l’a appelé et lui a avoué que c’était une blouse qu’il avait empruntée à sa mère !

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Malgré un passage plus discret dans les années 1990, le groupe revient au premier plan avec l'album "White on Blonde" (1997), porté par les singles "Say What You Want" et "Black Eyed Boy". Ce virage vers une pop plus soul et sophistiquée relance leur carrière et assoit la notoriété internationale de Spiteri.

En parallèle, elle collabore avec Rammstein, Wu-Tang Clan et Alan Rickman pour le clip "In Demand" (2000). Après une pause en 2005, elle entame une carrière solo avec "Melody" (2008) et "The Movie Songbook" (2010), avant de retrouver Texas pour "The Conversation" (2013), "Hi" (2021) et "The Very Best of Texas" (2023). En 2025, elle poursuit une tournée mondiale célébrant les 35 ans du groupe.

Carrière Solo et Diversification Artistique

Après plusieurs années de succès avec Texas, Sharleen Spiteri décide de se lancer dans une carrière solo en 2008 avec l'album "Melody". Elle explique qu'elle avait besoin de faire cet album pour se débarrasser de quelque chose, suite à sa séparation avec le père de sa fille. Elle ne voulait pas faire carrière en solo, mais elle avait besoin d'être seule et de créer un son plus féminin et délicat, qui ne ressemblait pas à du Texas.

En 2010, elle sort "The Movie Songbook", un album de reprises de chansons tirées de ses films préférés. Elle a enregistré ce disque en une semaine dans les mythiques Capitol Studios de Hollywood, entourée d'un casting en or, dont le producteur Phil Ramone. Elle considère comme une folie d'avoir pu travailler avec Phil Ramone, qui faisait tous les disques de Frank Sinatra et Barbara Streisand.

Sharleen a également fait ses premiers pas au cinéma comme actrice dans un film dédié à son ami Des Hamilton, célèbre directeur de casting. Elle se considère cependant comme une musicienne pour toujours.

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Vie Personnelle et Engagements

Sharleen Spiteri a une fille, Misty Kyd Heath, née en 2002, issue de sa relation avec le photographe de mode Bryn Williams. Elle s'est mariée en 2018 avec le journaliste et réalisateur Bryn Rogers. Elle est très attachée à ses racines écossaises et vit entre Glasgow et Londres.

Elle a passé un an à Paris, en 1995. Elle habitait juste au-dessus de chez son amie la styliste Corinne Cobson, dans le centre, pas très loin de l’hôtel Costes qu’elle a vu se construire. C’est pour ça que c’est son repère maintenant dans la capitale.

Le joueur de football Thierry Henry est le parrain de sa fille Misty Kyd. Ils se sont rencontrés quand il jouait à Arsenal et sont toujours amis. Sharleen et Misty sont de grandes supportrices de l’équipe d’Arsenal !

Passionnée de cinéma et de photographie, elle s'implique dans des projets culturels liés à la promotion des arts visuels et du patrimoine musical britannique. Elle est également engagée dans plusieurs actions caritatives, soutenant notamment des associations de lutte contre le cancer et des programmes éducatifs artistiques en Écosse. En 2020, elle a participé à une levée de fonds pour les musiciens indépendants affectés par la pandémie. Elle milite également pour une meilleure représentation des femmes dans l'industrie musicale, qu'elle juge encore marquée par des inégalités structurelles.

Anecdotes

  • Avant de fonder Texas, elle travaillait comme coiffeuse dans un salon de Glasgow, où elle chantait souvent pour ses clients.
  • En 1997, le clip "Say What You Want" a été interdit sur certaines chaînes américaines à cause d'une scène jugée trop suggestive, renforçant la notoriété du groupe.
  • Elle a enregistré en duo avec Alan Rickman le titre "In Demand" en 2000, dont la vidéo, tournée dans une station-service, est devenue culte au Royaume-Uni.
  • Très admirative de Françoise Hardy, elle cite régulièrement la chanson française comme une influence majeure sur son style vocal.
  • En 2022, elle a prêté sa voix à une campagne audio pour VisitScotland, promouvant la culture écossaise à travers des extraits musicaux de Texas.
  • Elle est synesthète, comme 4% des gens dans le monde. Elle associe les chiffres ou les lettres de l’alphabet à des couleurs.

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