L'avancée des sciences biomédicales a ouvert des voies nouvelles et complexes, notamment dans le domaine de la procréation médicalement assistée (PMA) et de la recherche embryonnaire. La salade de culture embryonnaire in vitro, bien que le terme puisse surprendre, englobe un ensemble de techniques et de réflexions éthiques concernant la manipulation et l'étude des embryons créés en laboratoire. Cet article explore les différentes facettes de cette réalité, des enjeux scientifiques aux questions éthiques qu'elle soulève.
Diagnostic Génétique Préimplantatoire (DPI-A) : Un Outil Prometteur
Dans le contexte de la fécondation in vitro (FIV), le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI-A) représente une avancée significative. Il est aujourd’hui possible d’analyser les très jeunes embryons (trois à six jours) au moyen d’un diagnostic génétique préimplantatoire. Cet examen permet de vérifier que les embryons ne sont pas porteurs d’anomalies chromosomiques ou métaboliques, avant leur implantation dans l’utérus de la femme. Ces anomalies sont fréquentes, présentes chez 40 % à 90 % des embryons, selon l’âge des patientes. Lorsque c’est le cas, ces embryons, dits « aneuploïdes », ne permettront pas la naissance d’un enfant en pleine santé. Les femmes en parcours de PMA étant souvent plus âgées, ces anomalies augmentent et, avec elles, les échecs de conception.
Le DPI-A n’augmente pas les chances pour un couple d’avoir un enfant, car il ne « répare » pas les embryons porteurs d’anomalies. Mais il permettrait de réduire le délai pour obtenir une naissance viable, diminuerait le nombre de fausses couches, les grossesses multiples et les transferts d’embryons non viables. Cela permettrait aussi de transférer un seul embryon, d’éviter la congélation d’embryons anormaux et d’identifier les patientes à très faibles chances en assistance médicale à la procréation (AMP).
La loi française autorise à titre exceptionnel la réalisation de ce DPI-A lorsqu’une pathologie génétique a été clairement identifiée dans la famille. Cependant, la majorité des aneuploïdies surviennent chez des femmes qui n’ont pas ces risques familiaux et qui pourtant subissent échecs répétés et fausses couches après une AMP. Comment dès lors expliquer que cette même loi interdise le DPI-A dans ces situations ?
Blastoïdes : Modèles d'Embryons Humains In Vitro
Deux laboratoires sont parvenus à créer, in vitro, des structures qui miment en partie l’architecture de très jeunes embryons humains. Ces blastoïdes posent déjà des questions éthiques. Ces ovnis sont en fait de minuscules modèles d’embryons humains en culture. Ils se sont affranchis de l’étape primordiale de la fécondation, cette fusion d’un spermatozoïde avec un ovule. En lieu et place, ils proviennent du développement d’un noyau de cellules très immatures, ou « cellules souches » -, dont certaines dérivent de cellules de peau adulte.
Lire aussi: Activité Maternelle : Salade de Fruits
Placées dans un milieu favorable, ces cellules souches se mettent à s’auto-organiser dans l’espace et, dans certaines conditions, se coordonnent pour former des sphères à demi-creuses qui miment l’architecture, la machinerie moléculaire et le fonctionnement d’un embryon humain très précoce. Plus précisément, d’un blastocyste : un stade du développement qui, pour notre espèce, correspond aux sixième et septième jours après la fécondation. Un blastocyste humain compte environ 200 cellules. Et mesure deux dixièmes du diamètre d’un cheveu. En 2018, ce chercheur français, responsable d’un laboratoire à l’Académie autrichienne des sciences, est parvenu à créer les premiers modèles de blastocystes de mammifère : de souris, en l’occurrence. Il baptisera ces structures « blastoïdes ».
Implications et Applications des Avancées en Culture Embryonnaire
Les avancées dans la culture embryonnaire in vitro et les techniques comme le DPI-A ouvrent des perspectives considérables dans plusieurs domaines :
- Amélioration de la PMA : En sélectionnant les embryons les plus viables, le DPI-A peut réduire le nombre de tentatives de FIV nécessaires pour obtenir une grossesse, diminuant ainsi le fardeau physique et émotionnel pour les couples.
- Recherche sur le développement embryonnaire : Les blastoïdes et autres modèles embryonnaires offrent une opportunité unique d'étudier les premières étapes du développement humain, de comprendre les causes des anomalies congénitales et de tester de nouvelles thérapies.
- Médecine régénérative : La capacité de cultiver des cellules embryonnaires et de les différencier en différents types de tissus ouvre des perspectives pour la réparation d'organes et de tissus endommagés. Par exemple, les cellules du système nerveux adulte ne se reproduisent plus ou très peu. L'idée est de prendre les cellules embryonnaires qu'on appelle totipotentes, mais en fait ce n'est pas le bon nom, ce sont des cellules multipotentes, multipotentielles, et de les cultiver pour régénérer les tissus endommagés.
Défis Éthiques et Réglementaires
Malgré les promesses de la culture embryonnaire in vitro, de nombreux défis éthiques et réglementaires doivent être abordés :
- Statut moral de l'embryon : La manipulation et la destruction d'embryons soulèvent des questions fondamentales sur le statut moral de l'embryon et les limites de son utilisation à des fins de recherche ou de traitement.
- DPI-A et sélection embryonnaire : L'utilisation du DPI-A peut conduire à une sélection des embryons basée sur des critères génétiques, soulevant des inquiétudes quant à la discrimination et à l'eugénisme.
- Recherche sur les blastoïdes : La création de blastoïdes soulève des questions sur leur statut juridique et éthique, ainsi que sur les limites de leur utilisation en recherche. Un embryon fabriqué in vitro ne peut pas donner un être humain s'il n'est pas implanté dans l'utérus. Ceux qui veulent utiliser les embryons pour la recherche estiment que si on prélève des cellules sur un embryon, elles n'ont plus la qualité d'embryon. D'autres s'y opposent totalement.
- Transparence et consentement : Il est essentiel d'assurer la transparence et le consentement éclairé des patients et des participants à la recherche concernant les risques et les bénéfices des techniques de culture embryonnaire in vitro.
L'Avenir de la Culture Embryonnaire In Vitro
La culture embryonnaire in vitro est un domaine en constante évolution, avec des avancées rapides et des implications profondes pour la médecine et la société. Il est crucial de poursuivre la recherche scientifique tout en abordant les questions éthiques et réglementaires de manière responsable et éclairée. Le schéma traditionnel, qui consiste à demander un avis scientifique aux experts, puis à laisser aux politiques ignorant tout du problème la charge de prendre une décision, n’est plus adapté à nos sociétés modernes. On ne peut plus dissocier l’analyse scientifique de la décision. Les experts doivent s’engager, faire des propositions, être impliqués dans le processus de décision, même si, à la fin, ils ne doivent pas décider. Si vous ne connaissez pas le degré d’incertitude scientifique, vous prenez la décision dans le noir. Or, à chaque fois, il faut réagir très vite.
Les scientifiques sont organisés pour faire des recommandations à moyen terme, pas pour avoir des réponses rapides. L’institut de veille sanitaire que Bernard Kouchner a fait démarrer, peut réagir vite. C’est nouveau, et c’est bien.
Lire aussi: Sauces salades industrielles : Le guide de grossesse
Lire aussi: Idées de salades saines enceinte
tags: #salade #culture #embryonnaire #in #vitro
