La naissance d'un enfant est un événement universel, mais les croyances et les superstitions qui l'entourent varient considérablement d'une culture à l'autre. Parmi ces croyances, celle d'un enfant né avec le placenta sur la tête suscite souvent la curiosité et l'interrogation. Cet article explore les mythes et les traditions liés à la naissance, en mettant en lumière la diversité des perceptions culturelles et en démêlant le vrai du faux concernant les rumeurs entourant l'industrie alimentaire.
Superstitions et Traditions Liées à la Grossesse et à la Naissance
La peur de l'enfantement a engendré de nombreuses superstitions à travers le monde. Ces croyances, souvent transmises de génération en génération, visent à protéger la mère et l'enfant, à assurer une naissance heureuse et à influencer le destin du nouveau-né.
- Couleur des vêtements : Une tradition européenne voulait que le bleu, couleur des cieux, habille les petits garçons comme un bouclier magique.
- Prédiction du sexe : Dans l'Antiquité, le célèbre médecin grec Hippocrate disposait d'une « méthode » infaillible pour deviner le sexe d'un futur bébé.
- Interrogations québécoises : Au Québec, il n'est pas rare d'entendre la question : « Qu'est-ce que t'as aux mains ? » durant la grossesse.
- Interdits navajos : Pour les Indiennes navajos, il est impensable d'étendre le linge durant la grossesse, un geste risqué qui pourrait nouer le cordon ombilical autour du cou du futur bébé !
- Présages zoulous : Chez les Zoulous, si un serpent vert ou noir entre dans la maison d'une femme enceinte, il annonce l'arrivée d'un garçon.
- Rêves chinois : En Chine, un homme qui rêve qu'il traverse un pont en tenant la main de sa femme est ainsi « averti » qu'elle sera bientôt enceinte.
- Rituels biharis : Chez les Biharis, au nord-est de l'Inde, une femme enceinte qui désire un fils ne doit jamais passer le seuil d'une maison en posant d'abord le pied gauche.
- Croyances tagalogs : Aux Philippines, les femmes tagalogs croient que manger un œuf pendant le travail permettrait au bébé de « glisser » plus vite.
- Tabous thaïlandais : En Thaïlande, une femme enceinte prend bien garde de ne jamais voir une autre femme accoucher, car son bébé serait choqué de voir naître un congénère.
- Destin écossais : Dans les Highlands (Écosse), chaque jour de la semaine détermine un trait de caractère : le mercredi donne un tempérament joyeux, le mardi est taciturne, et le jeudi ne présage rien de bon.
- Placenta protecteur : Cocon protecteur, le placenta est souvent considéré comme le « jumeau » du bébé. À Sumatra, les Minangkabaus l'enterrent sous le perron de leur maison pour s'assurer que leur enfant, une fois adulte, leur rendra souvent visite.
- Symbolisme du cordon ombilical : Au Mexique, les Indiens tzotzils enterrent celui des filles sous l'âtre pour qu'elles soient bonnes cuisinières, et attachent celui des garçons à une haute branche pour en faire des grimpeurs ignorant le vertige.
Le Placenta : Un Organe Enveloppé de Symbolisme
Le placenta, organe vital assurant les échanges entre la mère et le fœtus pendant la grossesse, est souvent perçu comme bien plus qu'un simple organe biologique. Il est considéré comme un symbole de vie, de protection et de connexion. Dans certaines cultures, il est même vu comme le « jumeau » du bébé, comme en témoigne la tradition des Minangkabaus à Sumatra.
La croyance selon laquelle un enfant né avec le placenta sur la tête est porteur de chance ou de dons spéciaux est répandue dans de nombreuses régions du monde. Cette croyance pourrait être liée à la perception du placenta comme un bouclier protecteur, un signe que l'enfant est né sous une bonne étoile.
Rumeurs et Désinformation : Le Cas des Cellules Fœtales dans l'Industrie Alimentaire
L'ère numérique a amplifié la propagation de rumeurs et de fausses informations, y compris celles concernant la grossesse et la naissance. Une rumeur particulièrement inquiétante a circulé sur les réseaux sociaux, accusant l'industrie agroalimentaire d'utiliser des cellules de fœtus humains avortés dans la production d'exhausteurs de goût.
Lire aussi: Décryptage : Rumeurs autour de la paternité du Prince William
Cette rumeur, relayée par des internautes et des associations anti-IVG, visait notamment la société de biotechnologie américaine Senomyx, accusée de produire des exhausteurs de goût pour des marques comme Nestlé, PepsiCo et Tropicana à partir de cellules rénales de fœtus avortés. L'accusation allait jusqu'à impliquer la FDA dans un vaste marché noir de fœtus.
Cependant, ces allégations se sont révélées fausses. Senomyx a bien utilisé des cellules fœtales de type HEK-293 dans ses recherches sur les récepteurs du goût, mais il s'agissait de cellules issues d'une lignée établie à partir d'un fœtus avorté dans les années 1970, et non de prélèvements directs sur des fœtus avortés. De plus, ces cellules étaient utilisées à des fins de recherche scientifique et pharmacologique, et non dans la production d'ingrédients alimentaires.
La rumeur a été amplifiée par des associations américaines en 2010, lorsque Senomyx a signé un contrat avec PepsiCo pour le développement de nouveaux exhausteurs de goût. Malgré les démentis de PepsiCo et les preuves du contraire, la rumeur a persisté, alimentée par la méfiance envers l'industrie agroalimentaire et les fantasmes entourant l'utilisation de cellules fœtales.
Conceptions khmères du postpartum : équilibre et vulnérabilité
Au Cambodge, les Khmers ont des conceptions spécifiques concernant le corps et la maladie, particulièrement visibles pendant la période du postpartum. Le corps de la femme qui vient d'accoucher est considéré comme froid et vulnérable, nécessitant des pratiques et des interdits pour maintenir l'équilibre des humeurs corporelles.
- Les "sossay kchhey" : Après l'accouchement, la femme est dite avoir les "sossay kchhey", littéralement traduisible par "conduits immatures". Ces conduits, qui représentent les vaisseaux, cordons ou organes intérieurs, sont considérés comme flasques et fragiles. La chaleur est nécessaire pour les faire mûrir et les protéger.
- L'importance du repos : Il est essentiel pour la femme de se reposer et de rester allongée après l'accouchement, afin de permettre aux "sossay" de circuler correctement. L'allaitement se fait majoritairement en position latérale pour éviter de s'asseoir.
- La chaleur comme remède : Le corps de la femme étant considéré comme froid après l'accouchement, il est important de le réchauffer. Cette conception est partagée par les patientes et les médecins.
- Le bonnet protecteur : Les femmes portent un bonnet sur la tête pour se protéger du vent, qui pourrait causer des maux de tête, des vertiges et des vomissements.
- La pratique du "feu" : La pratique de la mise sur le feu, ou "ang phleung" en khmer, consiste à réchauffer le corps de la femme en la faisant s'asseoir près d'un brasier. Cette pratique, bien que moins courante aujourd'hui, est toujours pratiquée dans certaines régions et vise à améliorer la circulation sanguine et à faire mûrir les conduits.
La figure du "tampiiri" dans la société mossi : une question de dignité
Dans la société mossi du Burkina Faso, la notion de "tampiiri" (bâtard) est associée à l'illégitimité de la naissance et à un manque de dignité. Un "tampiiri" est perçu comme une personne susceptible de transgresser les normes sociales et de commettre des actes immoraux.
Lire aussi: Kate Middleton : Info ou Intox ?
- Origines et rituels : Avant, pendant et après la naissance, un cérémonial vise à assurer l'harmonie de l'individu avec son milieu. Le placenta, considéré comme son "za-boko" ou "zan-boko", est enterré avec un rituel pour sceller une alliance avec la terre mère.
- L'illégitimité et ses conséquences : L'illégitimité de la naissance est perçue comme une marque indélébile qui prive l'individu des capacités d'autocontrôle. La société a la hantise d'une multiplication des "tampiiba", qui engendrerait une société de transgressions.
- L'éducation à la dignité : Le terme "tampiiri" est utilisé comme une insulte quasi blasphématoire, associée à un manque de dignité et de respect des valeurs fondamentales.
- Le "Burkindi" : Il s'agit d'un aspect de l'éducation à la dignité, qui encourage l'individu à se comporter de manière honorable et à éviter les actes qui pourraient déshonorer sa famille et sa communauté.
Cosmogonies et cosmologies : la conception de la naissance dans les communautés du fleuve Momon
Dans les communautés du fleuve Momon, la conception de la naissance est influencée par une imbrication de cosmogonies chrétiennes et de cosmologies indianisées. La création de l'Homme et de la terre est un récit fidèle au texte biblique, mais la cosmologie, en tant que conception du monde, s'organise autour de croyances et de pratiques plus proches des cosmologies indiennes.
- Le rôle de Dieu : Dieu est considéré comme décisionnaire dans la vie et la mort de chaque être. L'âme, introduite dans la personne par intervention divine, est ce qui anime l'être.
- L'influence des croyances indiennes : L'existence d'un monde surnaturel peuplé de créatures étranges, d'esprits et d'âmes vagabondes, ainsi que les règles d'analogie et de sympathies qui ont cours, offrent une structure globale plus proche des cosmologies indiennes que des considérations religieuses blanches.
- La fécondité : une affaire de sperme et de sang : La théorie de l'engendrement suit une logique liée à l'action de l'utérus, conçu comme un contenant qui s'ouvre et se referme cycliquement. Le sang, qui correspond aux menstruations, est considéré comme un élément créateur de l'enfant. Le sperme du père vient bloquer l'écoulement du sang et marque le point de départ de la coagulation qui mène à la formation de l'enfant.
Lire aussi: Auxiliaire de puériculture : combien d'enfants ?
tags: #rumeur #enfant #né #avec #placenta #sur
