Qu'est-ce que la réceptivité de l'endomètre?
L'endomètre est le tissu interne de l'utérus, dont la fonction principale est l'interaction avec l'embryon pour réaliser son implantation et, par conséquent, une gestation évolutive. Ce tissu est très dynamique et subit de multiples modifications tout au long du cycle menstruel, de la préparation à l'implantation à l'évacuation par les menstruations lorsqu'il n'y a pas eu de grossesse, en passant par la régulation hormonale et l'adoption d'une fonction immunologique. Dans ce contexte, la réceptivité utérine fait référence à un état spécifique de l'endomètre dans lequel les conditions sont optimales pour l'implantation de l'embryon. Il faut savoir que l'endomètre n'est réceptif que certains jours du cycle menstruel, exactement 6 à 7 jours après l'ovulation. C'est ce que l'on appelle la fenêtre d'implantation.
La réceptivité endométriale implique une série de modifications moléculaires, structurelles et vasculaires de la couche interne de l'utérus qui permettront la nidation de l'embryon en développement.
L'importance de l'épaisseur de l'endomètre
La façon classique d'évaluer la réceptivité utérine est de mesurer l'épaisseur de l'endomètre. Un endomètre optimal pour l'implantation doit mesurer entre 8 et 12 mm et présenter un aspect trilaminaire. Il a été démontré que les endométriums dont l'épaisseur est inférieure à 7 mm et supérieure à 13 mm ont un taux de gestation plus faible. Pour toutes ces raisons, l'échographie est un test essentiel pour déterminer si l'utérus est prêt à accueillir l'implantation d'un embryon, ce qui doit toujours être vérifié dans tout traitement de procréation assistée.
Faible réceptivité de l'endomètre
Parfois, en analysant l'endomètre à l'aide d'une échographie, on constate qu'il n'a pas la bonne épaisseur ou, même s'il a le bon aspect et des embryons de bonne qualité, la femme ne peut pas tomber enceinte. C'est alors que le spécialiste doit commencer à prêter attention à la réceptivité de l'utérus, car plusieurs causes peuvent l'affecter et, selon chaque cas, des tests de diagnostic supplémentaires peuvent être indiqués.
Causes de la faible réceptivité endométriale
Les causes d'une faible réceptivité endométriale sont nombreuses et variées, impliquant divers mécanismes physiopathologiques :
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- Anomalies de la cavité utérine : polypes, septa, fibromes, synéchies, etc.
- Processus infectieux ou inflammatoires : endométrite, hydrosalpinx.
- Déficit de prolifération endométriale : endomètre mince sans épaisseur suffisante pour l'implantation d'un embryon. On parle alors d'endomètre réfractaire.
- Altérations du système de coagulation (thrombophilies).
- Déplacement de la fenêtre d'implantation.
- Altérations génétiques.
- Les maladies immunologiques systémiques.
- Processus immunologiques locaux : un environnement de tolérance immunitaire doit être produit dans l'endomètre pour que l'embryon ne soit pas rejeté par la mère, ce qui est conditionné par des facteurs génétiques, épigénétiques et environnementaux.
- Altération du microbiote : micro-organismes tels que des bactéries, des champignons et/ou des virus qui établissent un "biofilm" à l'intérieur de l'utérus.
- Incompatibilité du " dialogue " entre l'embryon et l'endomètre : elle implique des modifications morphologiques et fonctionnelles (génomiques et/ou moléculaires dans l'endomètre avant l'arrivée de l'embryon).
Il arrive que plusieurs facteurs soient à l'origine d'une faible réceptivité utérine ou que la cause ne soit pas encore connue, ce qui conduit à un diagnostic d'infertilité d'origine inconnue (IOI).
Tests endométriaux
L'évaluation classique de l'endomètre a été réalisée par échographie, mais aussi par hystéroscopie, histologie et analyse immunologique. Cependant, il existe aujourd'hui des techniques plus récentes et plus spécifiques qui permettent une étude plus poussée de l'endomètre. Ils sont appelés tests génomiques, puisqu'ils étudient la réceptivité de l'endomètre au niveau des gènes et de leur expression. L'un des tests les plus importants pour analyser la réceptivité de l'endomètre est le test ERA (Endometrial Receptivity Array). Il s'agit d'un test moléculaire qui étudie l'expression de 248 gènes associés à l'état réceptif de l'endomètre. Cela permet de déterminer si l'endomètre est réceptif à un moment précis du cycle menstruel ou si la fenêtre d'implantation est déplacée.
La biologie moléculaire, par le biais de l'ARN, de la transcriptomique et de la sécrétomique, nous a permis d'approfondir la question de la réceptivité endométriale et de l'ajustement de la fenêtre d'implantation de l'embryon. D'autre part, il existe également des analyses du microbiote endométrial dans le but de mieux connaître la microflore intra-utérine et de traiter ses déséquilibres avant le traitement. Il s'agit de ce que l'on appelle le test EMMA et le test ALICE.
L'endomètre cache encore de grandes découvertes pour les scientifiques, et l'optimisation de leurs connaissances nous permettra d'obtenir de meilleurs résultats dans les techniques de reproduction assistée.
Stratégies pour améliorer la réceptivité utérine
Une fois la réceptivité utérine analysée et, selon qu'il a été possible d'identifier la cause exacte de la non-réceptivité de l'endomètre, différentes stratégies peuvent être mises en œuvre pour tenter d'obtenir une gestation :
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- En cas de fenêtre d'implantation déplacée identifiée par le test ERA, le transfert d'embryons doit être programmé à un autre moment du cycle menstruel où l'endomètre s'avère être réceptif.
- Si la patiente souffre d'endométrite ou de toute autre infection de l'appareil reproducteur, elle doit suivre un traitement spécifique par antibiotiques avant de tenter une nouvelle grossesse. Les tests EMMA et ALICE permettent d'identifier les micro-organismes responsables de l'infection et de déterminer quel antibiotique est approprié pour les combattre.
- Traitement par aspirine et/ou héparine en cas de diagnostic de thrombophilie.
- Traitement par corticoïdes ou immunoglobulines en cas de rejet immunologique de l'embryon.
- Si l'endomètre est réfractaire et incapable de proliférer avec les œstrogènes et la progestérone, des médicaments favorisant l'irrigation sanguine de l'endomètre, tels que le sildénafil, la pentoxifylline, la vitamine A, la vitamine E, etc. peuvent être indiqués.
La pentoxifylline : un allié pour l'endomètre réfractaire?
La pentoxifylline (PTX) est un médicament méthylxanthine connu pour inhiber la production de facteur de nécrose tumorale alpha (TNFα), qui joue un rôle clé dans l'inflammation. Des études récentes ont également révélé que d'autres cytokines peuvent être inhibées par la PTX. Elle peut être indiquée lorsque l'endomètre est réfractaire et incapable de proliférer avec les œstrogènes et la progestérone. Dans ce cas, des médicaments favorisant l'irrigation sanguine de l'endomètre, tels que la pentoxifylline, peuvent être prescrits.
Ashwagandha et fertilité masculine
L'Ashwagandha, racine pilier de l’Ayurveda, est connue comme « adaptogène » : elle aide l’organisme à mieux gérer le stress oxydatif et hormonal. Or le sperme est particulièrement sensible à ces deux facteurs. Les chercheurs ont donc voulu savoir si un simple complément pouvait améliorer les paramètres spermatiques des hommes infertiles. Plusieurs études ont été menées à ce sujet :
- 75 hommes infertiles soumis à un stress élevé ont vu leur concentration spermatique plus que doubler, la motilité progresser de façon notable et, chez 14 % d’entre eux, leur partenaire est tombée enceinte naturellement.
- 46 hommes oligospermes tirés au sort entre extrait d’Ashwagandha et placebo. Aucune amélioration comparable dans le groupe placebo.
- 100 hommes infertiles ont reçu soit Ashwagandha (5 g/j), soit pentoxifylline, pendant 90 jours. Les deux traitements ont amélioré le nombre, la motilité et la morphologie des spermatozoïdes ; la plante a fait aussi bien que le médicament, sans effets secondaires notables.
L’ashwagandha semble améliorer le nombre, la motilité et parfois la morphologie des spermatozoïdes ; c’est prometteur, mais avant de la considérer comme une solution miracle, il faut encore des essais de grande ampleur qui suivent les couples jusqu’à la naissance du bébé.
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