Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est un phénomène courant chez les nourrissons, caractérisé par la remontée du contenu gastrique dans l'œsophage. Bien que souvent bénin, il peut devenir une source d'inconfort pour le bébé et d'inquiétude pour les parents. Heureusement, l'allaitement peut et doit être maintenu, car il est souvent associé à des symptômes moins intenses. Cet article vise à fournir des informations complètes et des solutions pratiques pour gérer le RGO chez les bébés allaités.
Qu'est-ce que le RGO et pourquoi survient-il chez les nourrissons ?
Le RGO se manifeste sous deux formes principales :
- Le RGO simple : Il s'agit de la forme la plus fréquente et la moins préoccupante. Les régurgitations sont généralement non douloureuses, n'affectent pas l'alimentation du bébé et disparaissent souvent naturellement dans les premiers mois. En France, 50 % des nourrissons sont concernés par des régurgitations (RGO simple), et 60 à 70 % à l’âge de 4 mois. À 1 an, seulement 5 % des bébés sont encore sujets à des reflux.
- Le RGO compliqué (œsophagite) : Cette forme est plus rare mais également plus douloureuse. Si votre bébé présente des pleurs fréquents, de l’agitation ou un refus de manger, il pourrait souffrir d’un RGO compliqué.
La cause principale du RGO chez les bébés est l'immaturité de leur système digestif, en particulier du sphincter inférieur de l'œsophage, la valve reliant l'œsophage à l'estomac. Ce muscle n'étant pas encore complètement développé, il ne parvient pas à empêcher efficacement les aliments de remonter. Ce phénomène est généralement temporaire et disparaît à mesure que le bébé grandit. De nombreux bébés souffrent de RGO. Cela s’explique par l’immaturité de leur système digestif et par l’inachèvement du développement du cardia. Le cardia est une valve qui relie l’œsophage et l’estomac. Le RGO apparaît généralement entre 2 semaines et 3 mois de vie.
Identifier les symptômes du RGO
Il est essentiel de reconnaître les symptômes du RGO pour pouvoir agir efficacement. Les signes courants incluent :
- Régurgitations fréquentes, parfois abondantes mais souvent sans gravité.
- Pleurs fréquents, agitation ou irritabilité, surtout après les repas.
- Refus de manger ou difficultés à s'alimenter.
- Le fait que le bébé se cambre en arrière, soit agité lors de la tétée, refuse de dormir sur le dos, se réveille lorsqu’on le pose.
- Troubles du sommeil.
Les différents signes cliniques du RGO pathologique sont rappelés: les pleurs importants (détresse marquée), l’apnée, l’enrouement, les difficultés inexpliquées pour s’alimenter, otites, infections respiratoires basses, difficultés de croissance, toux chronique, érosion dentaire, asthme. Une toux chronique isolée ne doit pas être attribuée aux régurgitations.
Lire aussi: Comprendre le lien entre règles et allaitement
Allaitement et RGO : Pourquoi continuer ?
Contrairement à certaines idées reçues, l'allaitement est bénéfique pour les bébés souffrant de RGO. Des études ont démontré que le RGO est moins fréquent chez les nourrissons allaités et que les symptômes sont généralement moins intenses. Le lait maternel se digère plus rapidement que le lait artificiel, réduisant ainsi le temps pendant lequel le contenu gastrique peut potentiellement remonter dans l'œsophage. En effet, l’acidité est moins importante chez le nourrisson que chez l’adulte, de manière physiologique. Le lait maternel se digère très rapidement : des tétées fréquentes permettent de maintenir un ph supérieur à 4 (On considère qu’il faut pH inférieur à 4 pour avoir un reflux acide).
Conseils pratiques pour l'allaitement en cas de RGO
Plusieurs stratégies peuvent être mises en œuvre pour minimiser l'impact du RGO pendant l'allaitement :
- Positionnement du bébé : Évitez la position allongée à l'horizontale, qui accentue le reflux. Préférez une position plus verticale où la tête du bébé est plus haute que son estomac.
- Tétées fréquentes et moins abondantes : Proposez de petits repas fréquents plutôt que de grosses tétées espacées. Un estomac trop plein augmente la pression dans l'abdomen et favorise le reflux. Gardez votre bébé en position verticale après l'allaitement et ne le couchez pas immédiatement. Essayez de proposer fréquemment de petits repas à votre bébé. Plus le bébé boit rapidement et hâtivement, plus le risque de reflux est élevé. En effet, un estomac trop plein augmente la pression dans l'abdomen et la nourriture remonte plus rapidement chez bébé.
- Gestion du réflexe d'éjection fort (REF) : Si la mère a un REF, il est conseillé d'extraire le premier lait avant de commencer la tétée. Cela permet de réduire la force du jet de lait et d'éviter que le bébé n'avale trop d'air.
- Alimentation de la mère : Si vous allaitez votre enfant, la principale mesure consiste à adapter votre propre alimentation. Il est par exemple conseillé de limiter votre consommation d’aliments acidifiants comme la tomate, le café, le thé, les agrumes ou le chocolat, ainsi que les aliments riches en lipide (graisse). Tout d’abord, la maman peut adapter son alimentation et éviter de consommer des aliments acidifiants, moins digestes pour l’estomac immature de son bébé.
- Attention au tabagisme passif : Bon à savoir : le tabagisme passif aggrave fortement les manifestations dues au reflux gastro-œsophagien.
Diversification alimentaire et RGO
Au moment de la diversification, les effets du RGO commencent à s’atténuer. Pourtant, certains aliments ont tendance à favoriser le reflux. Avant l’âge de 4 mois, le lait reste l’aliment de base du bébé. On considère qu’à partir de 4 mois révolus, le nourrisson peut commencer à consommer d’autres aliments : c’est le début de la diversification alimentaire. Si votre enfant continue d’avoir des reflux lors de la diversification alimentaire, il convient de limiter la consommation de certains aliments. Par ailleurs, évitez autant que possible les plats épicés et les aliments trop gras, ces derniers pouvant favoriser le RGO chez bébé. Sachez également que les préparations trop liquides et les purées très lisses provoquent davantage de reflux que les préparations plus épaisses.
Voici quelques recommandations pour adapter l'alimentation de bébé pendant la diversification :
- Aliments à privilégier : Certains aliments vont pouvoir limiter ou calmer les effets du reflux gastro-œsophagien. C’est notamment le cas des légumes verts à feuille et des aliments dont les fibres sont peu irritantes (carotte, endive, pointe d’asperge, courgette, courge). Vous recherchez des alternatives alimentaires qui ne risquent pas de favoriser le RGO de votre bébé ? Il est recommandé de privilégier les viandes blanches maigres (poulet, dinde) aux viandes grasses (comme l’agneau et le mouton).
- Aliments à éviter ou à limiter : Les aliments acides, épicés ou gras peuvent aggraver le RGO. Il est préférable de les introduire avec prudence et d'observer la réaction du bébé. Par ailleurs, évitez autant que possible les plats épicés et les aliments trop gras, ces derniers pouvant favoriser le RGO chez bébé. Sachez également que les préparations trop liquides et les purées très lisses provoquent davantage de reflux que les préparations plus épaisses.
Quand consulter un professionnel de santé ?
Dans la plupart des cas, le RGO s'améliore avec le temps et les mesures simples décrites ci-dessus. Toutefois, il est important de consulter un médecin si :
Lire aussi: Comment choisir un soutien-gorge d'allaitement pas cher ?
- Les symptômes sont sévères et persistent malgré les ajustements.
- Le bébé présente des difficultés de prise de poids ou un retard de croissance.
- Il y a du sang dans les régurgitations ou les selles.
- Le bébé présente des signes de détresse respiratoire (toux, respiration sifflante, apnée).
- Vous êtes déconcerté(e), si vous ne supportez plus les pleurs de votre bébé, ne criez pas et, surtout, ne le secouez pas. Secouer un bébé peut le laisser handicapé à vie.
🡲 Si les reflux persistent malgré les conseils précédents, n’hésitez pas à en parler à votre médecin lors d’une consultation de suivi. Le pharmacien peut vous conseiller sur le choix du lait artificiel et de la tétine adaptée. 🡲 Si votre médecin suspecte une allergie aux protéines du lait de vache, il vous proposera de faire un essai avec un lait spécifique sans protéines de lait de vache pendant 2 à 4 semaines et selon les résultats, il vous conseillera pour la suite. 🡲 Enfin, si le médecin prescrit un traitement à base d’alginate de sodium : il doit être administré sur une courte durée, 1 à 2 semaines au maximum. 🡲 Certains médicaments peuvent être utilisés pour réduire les sécrétions acides de l’estomac en cas de reflux pathologique : il s’agit des inhibiteurs de la pompe à protons (ésoméprazole ou oméprazole). 🡲 Si le médecin prescrit un traitement, respectez bien la posologie, donnez-le à la pipette, 30 minutes avant un des repas et ne le poursuivez pas au-delà de la durée prescrite.
N’hésitez pas à consulter votre pédiatre pour discuter des options médicales, et renseignez-vous également auprès de professionnels de santé spécialisés, comme des conseillers en lactation ou des gastro-entérologues pédiatriques, pour un accompagnement personnalisé.
Traitements médicaux possibles
Dans certains cas, un traitement médical peut être nécessaire pour soulager les symptômes du RGO. Les options incluent :
- Alginates : Ces médicaments forment une barrière protectrice à la surface du contenu gastrique, réduisant ainsi les remontées acides. 🡲 Si le médecin prescrit un traitement à base d’alginate de sodium : il doit être administré sur une courte durée, 1 à 2 semaines au maximum.
- Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) : Ces médicaments réduisent la production d'acide gastrique. 🡲 Certains médicaments peuvent être utilisés pour réduire les sécrétions acides de l’estomac en cas de reflux pathologique : il s’agit des inhibiteurs de la pompe à protons (ésoméprazole ou oméprazole).
- Lait épaissi : Avant la diversification alimentaire, puisque le lait reste l’unique alimentation du bébé, il convient de suivre les recommandations de votre pédiatre ou de votre médecin. Il vous recommandera un lait adapté à votre bébé, afin d’atténuer les effets du RGO. Les bébés allaités ne peuvent pas consommer de lait épaissi. Mais des solutions existent pour les apaiser en cas de RGO. Découvrez quel biberon choisir pour du lait épaissi. Veillez aussi à respecter scrupuleusement le dosage du lait infantile et de l’eau utilisée pour préparer le biberon.
Il est crucial de suivre les recommandations du médecin et de respecter la posologie des médicaments prescrits.
Les "bons réflexes face à un bébé qui pleure"
Même si elles peuvent être abondantes, ces régurgitations sont normales. Ces régurgitations (ou reflux) sont sans gravité. Elles ne perturbent pas la croissance de votre bébé. Les pleurs que l’on appelle à tort « coliques du nourrisson » ne doivent pas être attribués aux régurgitations. En effet, il est normal et fréquent qu’un nourrisson, même en bonne santé, pleure, particulièrement en fin de journée. Vous trouverez des conseils pour le calmer dans la rubrique « bons réflexes face à un bébé qui pleure » (cf. « Pour aller plus loin »).
Lire aussi: Tétine et allaitement mixte
tags: #allaitement #et #rgo #du #nourrisson
