La réduction mammaire, ou plastie mammaire de réduction, est une intervention chirurgicale visant à diminuer le volume des seins et à corriger la ptôse (affaissement) mammaire souvent associée. Cette opération peut améliorer significativement la qualité de vie des patientes souffrant d'une poitrine trop volumineuse, en soulageant les douleurs dorsales, cervicales et les troubles posturaux. Mais qu'en est-il de la réduction mammaire avant une grossesse ? Comment cette intervention affecte-t-elle la possibilité d'allaiter ? Cet article explore ces questions en détail, en s'appuyant sur l'expertise de professionnels de la chirurgie mammaire.

Quand Envisager une Réduction Mammaire ?

Âge et Croissance Mammaire

Il est généralement recommandé d'attendre la fin de la croissance mammaire, qui survient généralement autour de 16 à 18 ans, avant d'envisager une réduction mammaire. Cependant, il n'y a pas de limite d'âge supérieure, tant que l'état de santé de la patiente le permet. La décision de subir une chirurgie mammaire doit toujours être prise après une réflexion approfondie et une consultation avec un professionnel de santé.

Hypertrophie Mammaire : Une Gêne au Quotidien

L'hypertrophie mammaire, définie par un volume mammaire important par rapport à la morphologie d'une femme, peut entraîner des complications telles que des douleurs dorsales, cervicales et des épaules, des irritations sous mammaires, des difficultés à pratiquer une activité sportive et à trouver des sous-vêtements adaptés. La chirurgie de réduction mammaire permet de diminuer l'inconfort et les difficultés liées à l'hypertrophie en réduisant le volume mammaire et en corrigeant la ptôse ou l'asymétrie associées.

Réduction Mammaire et Projets de Grossesse

Il n'y a aucune restriction médicale à la réalisation d'une chirurgie mammaire avant la grossesse. Cependant, il est important de considérer que les modifications physiques induites par la grossesse peuvent altérer les résultats de l'intervention. Les chirurgiens esthétiques recommandent aux patientes d'attendre quelques mois après la grossesse (6 mois environ), avant de faire une augmentation pour éviter les modifications subites par les seins au cours de la grossesse. Si la maman décide de ne pas allaiter son bébé, le médecin lui recommande d’attendre jusqu’à 6 mois après l’accouchement avant d’envisager une chirurgie mammaire. Pour les mamans qui souhaitent allaiter leurs enfants, la période d’attente sera de 6 mois, après l’arrêt de l’allaitement. Au cours de cette période, les seins retrouvent leur volume naturel.

Le docteur vous conseille de programmer cette intervention 1 an avant le début de la grossesse.

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Si une grossesse est prévue dans un avenir proche, il peut être judicieux de retarder ou de prévoir à l'avance la chirurgie. En cas de gêne modérée liée à une hypertrophie mammaire, il peut être plus sage de mener à bien son ou ses projet(s) de grossesse avant d’opter pour une réduction mammaire. Mais si l’on est jeune et/ou que l’on est très gênée par sa forte poitrine, il peut être plus bénéfique d’opérer en amont des grossesses.

Impact de la Grossesse sur les Seins Après une Réduction Mammaire

La grossesse et l'allaitement peuvent entraîner des changements significatifs dans le corps d'une femme, en particulier au niveau des seins. Après l'accouchement et l'allaitement, beaucoup de femmes constatent que leurs seins ont perdu de leur fermeté ou ont changé de forme. Il est généralement recommandé d'attendre un an après l'accouchement ou la fin de l'allaitement pour programmer une chirurgie mammaire. Cette période d'attente permet aux seins de revenir à leur état naturel après les fluctuations hormonales de la grossesse et de l'allaitement.

Malgré tout, il faut garder en tête que la grossesse et l’allaitement entraînent une variation du volume mammaire, qui peut entraîner une ptôse (affaissement des seins) plus ou moins importante, associée ou non à une fonte mammaire.

Allaitement Après une Réduction Mammaire : Est-ce Possible ?

La possibilité de l’allaitement maternel dépend également de l’importance du volume mammaire retiré.

L’allaitement est généralement possible après une réduction mammaire. Cependant, il peut être plus difficile, parce que la glande mammaire a été touchée, et qu’une partie a été retirée. La production de lait peut être insuffisante, et l’éjection du lait plus compliquée. La réussite de l’allaitement dépend notamment de la technique chirurgicale utilisée (d’où l’importance de parler de son désir d’allaiter en amont avec le chirurgien), de la quantité de glande mammaire retirée ou encore de la localisation de la glande ôtée. Bref, l’allaitement n’est pas impossible, mais pas garanti non plus.

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Une réduction mammaire implique de pratiquer une incision péri-aréolaire autour du mamelon, ce qui peut impacter les canaux galactophores (ou lactifères). Certains peuvent avoir été sectionnés lors de la chirurgie, ce qui aura des conséquences pour la lactation. Lorsque l’on souhaite allaiter après avoir eu recours à une réduction mammaire, il est judicieux de faire appel à une consultante en lactation. Après avoir pris connaissance de la technique chirurgicale utilisée, celle-ci pourra donner des conseils et astuces pour que l’allaitement se déroule le mieux possible. Il s’agira notamment de mettre en place une prise au sein optimale du bébé, via différentes positions d’allaitement, d’envisager l’usage d’un Dispositif d'aide à la lactation, ou DAL, si nécessaire, de bouts de sein, etc.

Aujourd’hui, les techniques chirurgicales de réduction mammaire s’appliquent à préserver ces paramètres afin d’assurer la possibilité de l’allaitement maternel.

Il arrive souvent que la sensibilité des aréoles mammaires se modifie à type d’engourdissement, d’insensibilité, ou de sensations inhabituelles des aréoles et des mamelons. Ces modifications sont fréquentes et disparaissent progressivement, au moins partiellement, avec le temps (plusieurs mois ou années selon les cas).

Oui, dans certains cas, la production de lait peut être réduite après une réduction mammaire, surtout si une partie importante de la glande mammaire a été retirée. Informer son chirurgien en amont : si vous envisagez une grossesse et un allaitement, parlez-en avant l’intervention.

Déroulement de l'Intervention et Suites Opératoires

Consultation et Bilan Pré-Opératoire

Plusieurs étapes sont nécessaires avant la chirurgie en elle-même. Deux à trois consultations seront nécessaires pour définir un projet chirurgical. Il vous faudra tout d’abord atteindre un poids stable. En effet, le volume de la poitrine varie aussi avec le poids.

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Un bilan mammaire sera prescrit, pour s’assurer de l’absence de pathologie des seins (cancer notamment). “A minima, on demande une échographie mammaire chez la femme jeune, associée à une mammographie voire à une IRM chez une femme plus âgée”, nous détaille le Pr Catherine Bruant-Rodier, professeure de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique au CHU de Strasbourg.

Le projet thérapeutique sera établi selon les désirs et l’anatomie de la patiente. Un volume / un bonnet cible sera envisagé. Une asymétrie mammaire est recherchée et sera corrigée au cours de l’intervention chirurgicale. La position des cicatrices peut varier selon le projet. Elles peuvent se situer autour de l’aréole et de façon verticale vers le bas (lollipop) pour les hypertrophies légères. Pour les hypertrophies moyennes et importantes, les cicatrices seront positionnées autour de l’aréole et de façon verticale vers le bas et dans le sillon sous mammaire (en ancre de marine).

L'Intervention Chirurgicale

L’opération a lieu sous anesthésie générale et dure 1 heure 30 à 3 heures environ. La durée de l’intervention est d’1h 30. Elle est réalisée sous anesthésie générale au cours d’une hospitalisation ambulatoire (sortie le soir même) ou d’une courte hospitalisation (1 nuit). L’aréole mammaire est remontée, le sein allégé et regalbé. Le premier pansement est réalisé par le Dr. Dès la fin de l’opération, le résultat est visible. L’aréole est ascensionnée, le volume du sein est réduit, la forme est arrondie et les douleurs cervicales et dorsales disparaissent en quelques jours. Initialement, le sein est remonté, bien galbé même ferme.

Suites Opératoires

Après une plastie mammaire de réduction, il est recommandé d’attendre une période de 6 mois voire de 1 an avant d’envisager une grossesse. Cela laisse le temps aux tissus de cicatriser et de retrouver une fonctionnalité normale.

Les douleurs post-opératoire sont légères et de courte durée. Il peut aussi exister pendant les premiers jours et les premières semaines un gonflement post opératoire ainsi que des ecchymoses. Aucun drain n’est laissé en place après l’intervention. Les soins post opératoires sont relativement simples. Un lavage quotidien des cicatrices sera effectué par la patiente et/ou par un(e) infirmier(e) diplômé(e) d’État à l’eau et savon, puis le pansement sera posé sur les cicatrices. Elles s’estomperont en 3 à 6 mois.

Un soutien-gorge de contention devra être porté pendant 4 à 6 semaines. Il permet de limiter le gonflement post opératoire mais aussi de maintenir la poitrine en bonne position et de soulager la tension sur les cicatrices. Un repos post-opératoire de deux semaines est conseillé. La pratique du sport est déconseillée pendant 1 à 2 mois. Après quelques mois, le sein se déroule et reprend un aspect naturel.

Après une réduction mammaire, les chirurgiens plastiques et esthétiques recommandent a minima le port d’un soutien-gorge de sport, de type brassière, sans armature et de préférence en coton, pendant au moins un mois, pour une bonne contention des seins. L’idée étant de tenir les pansements, de limiter l’œdème et de faciliter la cicatrisation. Pendant les six mois qui suivent ce type de chirurgie, il est difficile de dormir sur le ventre, et c’est même déconseillé durant les premières semaines post-opératoires.

Après une réduction mammaire, il est possible d'utiliser UrgoTouch, un laser médical de pointe utilisé pour améliorer l’apparence des cicatrices chirurgicales.

Cicatrices

Pour réduire un sein les cicatrices sont inévitables. Plus le sein gros, plus les cicatrices sont longues. La réduction mammaire nécessite en général de remonter l’aréole, laissant une cicatrice péri-aréolaire, une incision entre l'aréole et le sillon sous-mammaire (cicatrice verticale), voire une troisième incision au niveau de la base du sein, dans le sillon sous mammaire. D’abord rouges et très visibles les premiers mois, les cicatrices laissées par une réduction mammaire vont blanchir et s'estomper au fil du temps. Il faut donc patienter un à deux ans pour voir le résultat définitif de la chirurgie, du moins en ce qui concerne l’aspect final des cicatrices.

Prise en Charge Financière

La réduction mammaire est prise en charge par la Sécurité sociale uniquement dans certains cas. Malgré tout, il faut garder en tête que le remboursement par la Sécurité sociale comprend uniquement le prix de l’acte médical, et non les compléments d’honoraires du chirurgien, du médecin anesthésiste, ou encore les éventuels frais annexes (chambre seule, repas, télévision, etc.). Mais ces frais peuvent être pris en charge par la mutuelle. La fourchette de prix d’une réduction mammaire varie donc de zéro reste à charge pour la patiente si l’opération est remboursée et réalisée en hôpital public, à plus de 5 000 euros selon les cliniques et en l’absence de remboursement.

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