Le rasage des cheveux d'un nouveau-né est une pratique qui suscite des questions, notamment dans le contexte de l'Islam. Cet article vise à explorer les différents avis et pratiques relatifs à cette tradition, en s'appuyant sur des sources religieuses et des témoignages culturels.
Le don des cheveux du nouveau-né : un acte de solidarité
Une tradition associée au rasage des cheveux de bébé est le don. Ce don est directement utilisé pour soutenir des orphelins et des familles en situation de précarité à Madagascar. En convertissant le poids des cheveux de votre enfant en or ou en argent, vous contribuez de manière significative à fournir des repas nourrissants et un soutien vital aux plus démunis. Les distributions se déroulent actuellement à Madagascar, auprès des populations musulmanes les plus pauvres.
Le rasage de la tête du bébé : un acte cultuel ?
Le rasage de la tête du bébé au 7e jour de sa naissance est fondé sur un hadith rapporté par at-Tirmidhi selon lequel Ali ibn Abi Talib a dit : En baptisant Hassan, le Messager d’Allah a fait égorger un mouton et dit : ô Fatima ! Rase-lui la tête et fais une aumône constituée d’une quantité d’argent, d’un poids égale à celui des cheveux rasés.
Les différents types de rasage de la tête et leur signification
Les ulémas sont unanimes à soutenir qu’il n’est pas recommandé de se raser la tête en dehors de quatre situations spécifiques. Il est important de distinguer les différents types de rasage et leur signification :
- Le rasage autorisé : C’est le rasage qui répond à un besoin légitime, comme le traitement d’une affection ou pour se débarrasser de poux. Cheikh al-islam a dit : « Ce rasage est permis dans le Livre, la Sunna et le Consensus ».
- Le rasage associé à l'idolâtrie : Il relève de l’associanisme. C’est-à-dire que l’acte de se raser la tête représente dans ce cas une manière d’associer à Allah, le Puissant et Majestueux d’autres divinités. C’est le cas de celui qui se rase la tête en guise de soumission à l’endroit d’un autre qu’Allah le Très Haut. Ibn al-Qayyim a dit dans Zad al-Maad : « C’est le cas des adeptes soufi qui le font pour leurs maîtres. L’un d’eux dit, par exemple : Je me suis rasé la tête pour Un tel et toi tu l’as fait pour Un tel ». Le rasage de la tête est une expression de l’humilité, de la soumission et de l’adoration. Il s’agit alors de mettre son toupet entre les mains de son maître en signe de vénération et de soumission à Sa puissance. C’est une des meilleures expressions de la servitude.
- Le rasage comme acte religieux non prescrit : Se raser la tête dans l’intention d’en faire un acte religieux d’adoration en dehors des quatre situations sus-indiquées. C’est le cas de celui qui considère le rasage (systématique) de la tête comme une pratique distinctive des pieux ou un signe de l’atteinte du sommet du renoncement, à l’instar de ce que faisaient les Kharidjites. C’est pourquoi le Prophète a dit dans sa description des Kharidjites qu’ils se caractérisaient par le rasage (systématique) de la tête. Al-Qurtubi a dit : « L’expression : ils se caractérisent par le rasage (systématique) de la tête signifie qu’ils (kharidjites) en faisaient le signe de leur refus des parures mondaines et la marque qui permettait de les reconnaître. Ceci montre leur ignorance et leur tendance à introduire dans la religion une chose contraire à la pratique du Messager d’Allah, des califes bien guidés et de leurs successeurs ».
- Le rasage par imitation : Se raser la tête de façon à ressembler aux infidèles et aux pervers célèbres pour leur crâne rasé. Certains s’enduisent le crâne d’huile pour ressembler à ces gens-là. Certains diminuent leur chevelure des deux côtés de la tête et laisse le milieu long. Tout cela est une assimilation prohibée, une manifestation du relâchement des mœurs. Le Prophète a dit : « quiconque s’assimile à des gens devient comme eux ». Al-Fari a dit : « Celui qui cherche à ressembler aux mécréants et aux pervers et aux débauchés leur est assimilables ».
Le rasage de la tête après la mort d'un proche
Abou Dawud a rapporté que le Prophète se rendit à la famille de Djaafar ibn Abi Talib trois nuits après la mort de Djaafar et fit venir un raseur et lui donna l’ordre de raser la tête aux fils du défunt. An-Nawawi a dit : « Ceci indique sans équivoque qu’il est permis de se raser la tête ». Seulement, le fait de tirer de ces deux hadith un argument selon lequel il est permis de se raser la tête sans un besoin précis est discutable. D’abord, parce que le rasage en question dans le hadith répond à un besoin et est permis parce que les enfants sont plus exposés à l’assaut des poux à cause de leur humilité et des saletés qui s’accrochent à eux. Ensuite il s’agit d’un petit enfant. Or un tel enfant jouit de dispense non extensible aux adultes.
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Divergences d'opinions sur le rasage sans nécessité
Cette divergence portant sur le cinquième type se résume à ces questions : le rasage de la tête est-il permis ou réprouvé ? Est-il préférable de s’en abstenir ? Al-Fawi a dit : « Il est préférable qu’on ne se rasela la tête que dans le cadre des pèlerinages mineur et majeur conformément à la pratique du Prophète et ses Compagnons ».
Le rasage des cheveux du nouveau-né : questions et réponses
Plusieurs questions se posent concernant le rasage des cheveux d'un nouveau-né :
- Est-il obligatoire de raser tous les cheveux d'un nouveau-né garçon le 7ème jour, 15ème jour ou 21ème jour ? La Sunnah recommande de raser la tête d'un nouveau-né au 7ème jour, le jour de la 'aqiqa, jour où l'on égorge un mouton et qu'on donne un nom au bébé. Cependant, il est possible de faire la sadaqa du poids de ses cheveux sans pour autant les couper, en faisant une estimation à vue d'oeil, ou bien de lui couper les cheveux quand il sera un peu plus grand, par exemple 4 mois. Addine Yosr indique que l'on peut dépasser ces dates et le faire quand on veut et quand on peut, car dans la sunnah il nous est dit de faire l3aqiqa le 7ème, 15ème ou 21 ème jour de naissance.
- Est-ce qu'on doit le faire ou on peut s'en passer ? Rienne t'oblige à le faire.La Sunnah dit que c'est 7 jours et non 40 et pour les garçons uniquement.Sunnah ne signifie pas que c'est OBLIGATOIRE…
- Quel est l'avis concernant le rasage des cheveux d'une fille à sa naissance ou après cela, afin de rendre les cheveux plus forts et plus épais ? Est-ce qu'il est de Sounnah de raser les cheveux de la fille à sa naissance comme pour ce qui est du cas de la naissance du garçon ? Il n'est pas de Sounnah de raser la tête de la fille au septième jour, comme il est de Sounnah pour le garçon. Quant à raser la tête par nécessité, comme ce qui a été précisé dans la question, si cela s'avère véridique, les savants disent : « Le rasage de la tête de la fille est blâmable », mais s'il est prouvé que cela donne de la vivacité aux cheveux et les rend épais, alors il n'y a pas de mal en cela.
- Faut-il donner en sadaqah l’équivalent en or du poids des cheveux ? Quant au hadîth relatant qu’il faut donner en sadaqah l’équivalent en argent du poids de ses cheveux, il est faible. En effet, ‘Abdallah Ibn Muhammad Ibn ‘Aqîl qui est un des rapporteurs de la chaîne de transmission est faible.
Pratiques culturelles
Il existe des pratiques culturelles variées concernant le rasage des cheveux de bébé. Au Maroc, par exemple, certaines familles rasent la tête du bébé à son 40ème jour de naissance (en veillant à ce que soit le 41ème ou le 39ème jour impair). D'autres ne rasent qu'un petit peu des cheveux sans les raser entièrement. Au Sénégal, les gens rasent la tête de leur bébé (très doucement au rasoir) au bout d'une semaine de vie, pour le baptême, jour où il va recevoir son nom par l'Imam.
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