Il est assez fréquent de trouver un oisillon tombé du nid, que ce soit dans son jardin ou en pleine nature. Agir vite est essentiel, en respectant certaines mesures pour tenter de le sauver, même si rien n’est garanti. Voici un guide complet pour vous aider à prendre soin d'un oisillon et à lui donner les meilleures chances de survie.

Premières mesures à prendre

Si vous trouvez un oisillon tombé du nid, voici les premières étapes à suivre :

  1. Vérifiez si l'oisillon a vraiment besoin d'aide : Si l'oisillon est déjà emplumé et qu'il se déplace en sautillant, il est peut-être en train d'apprendre à voler et ses parents sont probablement à proximité. Dans ce cas, il est préférable de le laisser où il est, sauf si sa survie est en danger immédiat (présence de chats, blessure, etc.). Les petits emplumés quittent naturellement leur nid, même s’ils ne volent pas encore bien.

  2. Évaluez l'état de santé de l'oisillon : Examinez-le attentivement pour détecter d'éventuelles blessures. Si l'oiseau est visiblement blessé (aile cassée, saignement, etc.), contactez un centre de soins pour la faune sauvage ou un vétérinaire dès que possible. Si l’oiseau est très grièvement blessé, l’euthanasie pourra être la seule solution. Quelqu’un d’inexpérimenté ne pourra pas juger de l’état de l’oiseau.

  3. Mettez l'oisillon au chaud : Placez l'oisillon dans un endroit chaud et protégé, comme une boîte à chaussures tapissée de serviettes en papier. Placez la boîte à côté d'une source de chaleur (lampe chauffante, bouillotte enveloppée dans une serviette, etc.). Maintenez une température agréable, de 20°C environ.

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  4. Réhydratez l'oisillon : Avant de lui donner de la nourriture, il est essentiel de le réhydrater. Vérifiez l'intérieur de son bec : s'il est humide, c'est bon signe. Si sa peau est fripée et que l'intérieur de son bec est sec, il faut le réhydrater. Vous pouvez utiliser une boisson de réhydratation (Gatorade, Ringer Lactate) ou en fabriquer une : faites bouillir puis laisser tiédir un quart de tasse de sirop de maïs, ajoutez une pincée de sel, trempez un doigt dans la potion et faites tomber des gouttes, une par une, sur le bout du bec. Vous pouvez aussi lui donner de tous petits morceaux de fruits gorgés d'eau, sans la peau. Il ne faut jamais mettre de force du liquide dans le bec d’un oisillon car il y a un risque de pneumonie ou même de noyade.

Identifier l'espèce de l'oisillon

Avant de choisir la nourriture appropriée, essayez d'identifier l'espèce de l'oisillon. Cela vous aidera à déterminer s'il est insectivore ou granivore.

  • Oisillons insectivores : Merles, grives, rouges-gorges, troglodytes, rouge-queues, hirondelles, étourneaux. Ils ont un bec fin et long.
  • Oisillons granivores : Moineaux, pinsons, verdiers, serins, tarins. Ils ont un bec court et massif.
  • Colombidés : Pigeons, tourterelles.

Quelle nourriture donner à un oisillon ?

La nourriture pour l'oisillon doit être à température ambiante. Il faut éviter de lui donner du pain ou du gâteau, du lait, ni des restes de repas.

  • Oisillons insectivores :

    • Vers de terre coupés en très petits morceaux.
    • Vers de farine (blancs, juste après la mue, sont préférables) écrasés et humidifiés. En moyenne, l’oisillon mangera quatre à six vers par heure. Attention, il faudra varier la nourriture au delà de deux jours de suite.
    • Pâtée pour chat au poulet ou au bœuf, enrichie de jaune d'œuf.
    • Croquettes pour chats ou pour chiens de qualité et sans sel, imbibées d’eau.
    • Foie cru et viande hachée de bœuf hachée.
    • Insectes (mouches, moucherons, sauterelles, etc.) capturés dans la nature.
    • Pâtée pour insectivores (sans céréales !) vendue dans les animaleries, humidifiée avec un peu d’eau.
  • Oisillons granivores :

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    • Jaune d'œuf battu dans un peu d'eau.
    • Pâtée d'élevage Nutribird A19 / A21 (disponible en animaleries).
    • Aliments concentrés (« starters ») comme le Monkey Crunch 20 de Mazuri ou l’AvianBreeder Natural Diet de Zupreem.
    • Mélange de farine de maïs, farine d'avoine et œufs durs râpés, avec des compléments vitaminés et minéraux.
  • Colombidés (pigeons, tourterelles) :

    • Lait de jabot (produit par les parents).
    • Mélange de farine complète, poudre de jaune d'œuf, son d'avoine moulu et vitamines en poudre, humidifié avec de l'eau bouillante.

Comment nourrir un oisillon ?

  1. Préparez le matériel : Utilisez un bâtonnet de glace, une pince à bouts ronds (pince à timbres), une touillette, une paille coupée ou le manche d'une cuillère en plastique pour déposer la nourriture dans le bec de l'oisillon. Évitez les objets pointus.

  2. Approchez-vous doucement : Approchez-vous doucement et patiemment de l’oiseau et déposez un linge sur lui afin de l’attraper et de le calmer. Placez l’oiseau blessé dans une pièce tranquille, et dans un carton percé préalablement de trous : en effet l’obscurité le calmera. Au fond, placez des feuilles de journal pour faciliter le nettoyage. Maintenez une température agréable, de 20°C environ.

  3. Stimulez l'ouverture du bec : Si l'oisillon est en confiance, il réclamera à manger. Sinon, vous pouvez tapoter doucement sur son bec, toucher ses commissures, lui caresser le dos ou lui parler pour stimuler l'ouverture du bec. Ne le manipulez pas excessivement.

  4. Donnez la nourriture : Déposez de petites quantités de nourriture au coin du bec, là où se trouve le bourrelet de la commissure. Si l’oisillon ouvre le bec, donnez-lui la nourriture rapidement et précisément. S'il semble encore stressé, remettez le tissu et attendez un peu. Lorsque l’oiseau est rassasié, il cessera d’ouvrir le bec.

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  5. Fréquence des repas : Un oisillon a besoin d'être nourri environ toutes les heures, mais pas la nuit, pendant une à trois semaines selon son âge. La fréquence des repas dépend de plusieurs facteurs : l’âge, l’espèce, l’état de santé, mais aussi la température ambiante.

  6. Hydratation : Vous pouvez lui donner une nourriture riche en eau et/ou lui verser quelques gouttes d’eau à l’aide de vos doigts. Il ne faut pas lui donner à boire de force : en effet, il existe deux orifices au fond du bec, dont un seul correspond à l’œsophage.

Suivi et soins

  • Vérifiez la consistance des fientes : Si elles sont fermes, cela signifie que le régime de votre oiseau est correct.
  • Surveillez l'apparition de parasites : Un oisillon recueilli peut être couvert de parasites (acariens, puces, tiques). Inspectez son corps attentivement et retirez-les avec une pince.
  • Nettoyez régulièrement le nid : Changez régulièrement le papier absorbant ou les serviettes en papier pour maintenir une bonne hygiène.
  • Pesez l'oisillon quotidiennement : Pour les colombidés, il faut peser l’oisillon tous les jours et augmenter progressivement la quantité distribuée (normalement un gramme en plus chaque jour, sachant qu’il faut qu’il grossisse quotidiennement d’environ six grammes).
  • Favorisez l'autonomie : Lorsque l’oisillon aura environ quatre semaines, vous pouvez commencer à placer de la nourriture dans un petit récipient tout en continuant à le nourrir à la main. Même lorsque l’oisillon commence à manger de façon autonome, il faut continuer à le nourrir à la main jusqu’à ce qu’il soit complètement sevré, à environ six à huit semaines, voire plus.

Préparation au relâcher

Avant d’être relâché, il faut que toutes ses plumes soient entièrement développées, y compris celles de la queue, les dernières à pousser. Faites d’abord des essais chez vous : une moustiquaire placée à l’extérieur, par exemple sous un porche, serait idéale.

Avertissements et précautions

  • Législation : Sachez que pour de nombreuses espèces, il est illégal de récupérer un oisillon même si sa survie est compromise. La loi interdit la détention de la majorité des espèces d’oiseaux. Si l’on trouve un oisillon à terre, on est normalement tenu de le remettre à un centre de soins.
  • Risques sanitaires : Récupérer un oiseau blessé (ou un oisillon abandonné) ne pose généralement pas de problème sanitaire particulier si l’on prend certaines précautions; toutefois, si vous (ou un membre de votre famille) avez un problème immunitaire, respiratoire ou pulmonaire (asthme, emphysème etc.), ce n’est peut-être pas une bonne idée.
  • Hygiène : Lavez-vous les mains avant et après avoir manipulé des oiseaux sauvages ou nettoyé leurs cages. Nettoyez les ustensiles ayant servi à nourrir l’oiseau ou l’oisillon avec une solution diluée (1 pour 20) d’eau de Javel, puis faites-les sécher soigneusement avant de les utiliser à nouveau.
  • Blessures : Si l’oiseau que vous avez recueilli vous semble blessé ou en mauvais état et que le centre de soins ne peut pas le prendre en charge, vous pouvez l’examiner brièvement pour rechercher d’éventuelles blessures, en évitant toute mauvaise manipulation risquant d’aggraver la situation. Utilisez des gants. Manipulez-le très doucement mais fermement.

Quand contacter un centre de soins ?

Il est préférable de confier l'oisillon à un centre de soins ou à un vétérinaire dès que possible. Les centres de sauvegarde de la faune accueillent en effet tous les animaux sauvages. Ils sont réglementés et disposent d’un agrément.

Voici quelques situations où il est impératif de contacter un centre de soins :

  • L'oisillon est blessé ou malade.
  • Vous n'êtes pas sûr de l'espèce de l'oisillon et de ses besoins alimentaires.
  • Vous n'avez pas le temps ou les compétences nécessaires pour prendre soin de l'oisillon.
  • L'oisillon ne mange pas ou ne prend pas de poids.
  • L'oisillon présente des symptômes de maladie (diarrhée, vomissements, difficultés respiratoires, etc.).

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