Introduction

La santé des enfants en France est confrontée à des défis majeurs et variés. Des difficultés de santé mentale chez les jeunes enfants à la saturation des services de pédiatrie, en passant par les risques liés à la surexposition aux écrans, les problématiques sont nombreuses et nécessitent une attention particulière. Cet article explore ces enjeux cruciaux et les mesures mises en place pour y répondre.

Santé Mentale des Enfants : Un Enjeu Précoce

Prévalence des Difficultés de Santé Mentale en Maternelle

Une étude récente menée par Santé publique France révèle qu'environ 8,3 % des enfants scolarisés en maternelle (3 à 6 ans) présentent au moins un type de difficultés probables de santé mentale, qu'elles soient émotionnelles, oppositionnelles ou liées à l'inattention/hyperactivité. Ces difficultés ont un impact significatif sur leur vie quotidienne. Plus précisément, 1,8 % présentent des difficultés émotionnelles, 5,9 % des difficultés oppositionnelles et 1,9 % des difficultés d'inattention/hyperactivité. Les garçons sont plus touchés que les filles, avec 11,3 % contre 5,2 % respectivement.

Il est important de noter que ces chiffres ne représentent pas des diagnostics cliniques, mais plutôt une représentation épidémiologique des besoins des jeunes enfants. Les difficultés de comportement ou émotionnelles peuvent évoluer rapidement à ces âges, et leur mesure est influencée par les perceptions et attentes des adultes.

Nécessité d'une Intervention Précoce

Ces résultats confirment la nécessité d'intervenir dès la petite enfance, période critique du développement. Il est essentiel d'améliorer les dispositifs d'accompagnement en santé mentale des enfants avant l'âge de 6 ans. Santé publique France s'engage dans le déploiement des compétences psychosociales (CPS), un levier à mobiliser au bénéfice de la santé mentale dès le plus jeune âge.

Développement des Compétences Psychosociales (CPS)

En 2022, l'Agence a publié un premier état des connaissances sur les CPS et un référentiel théorique, qui seront complétés début 2025 par un référentiel et des ressources opérationnels. Ces référentiels constituent un socle de connaissances sur les CPS et des supports utiles pour les formateurs CPS, afin de favoriser le développement des CPS des enfants et des jeunes. Dans le cadre de la stratégie nationale de développement des CPS copilotée par les ministères de la Santé et de l'Éducation nationale, Santé publique France élabore et co-construit ces outils afin d'accompagner les acteurs dans les territoires et les aider à s'approprier les fondamentaux des CPS sur la base d'interventions fondées sur des données probantes. C'est ainsi qu'elle a apporté l'expertise CPS pour la construction du kit empathie de l'Éducation Nationale, généralisé à la rentrée 2024 dans les écoles maternelles et élémentaires.

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Étude Enabee : Une Avancée Déterminante

L'étude Enabee constitue une avancée déterminante en fournissant une première photographie de l'état de santé mentale des enfants en France. La récurrence de l'étude permettra d'avoir une meilleure compréhension de l'évolution de la santé mentale de ces populations fragiles et d'adapter au mieux la réponse à leurs besoins. La santé mentale des enfants est étroitement liée à des multiples facteurs, individuels, sociaux et structurels. Cette étude permet de les identifier et donc de cibler les facteurs pouvant l'altérer et ce, dès la petite enfance, période critique du développement des enfants. Déclarée grande cause nationale, la santé mentale est l'affaire de tous.

Facteurs Associés aux Difficultés de Santé Mentale

Des analyses complémentaires sont prévues pour identifier les facteurs associés à ces difficultés, relatifs par exemple à l'environnement de vie de l'enfant, à sa santé ou celle de ses parents.

Surexposition aux Écrans : Un Enjeu de Santé Publique

Impacts de la Surexposition aux Écrans

L'usage des écrans s'est imposé dans nos vies quotidiennes, y compris dès le plus jeune âge. Cependant, une exposition prolongée aux écrans, surtout chez les enfants et les adolescents, peut avoir des répercussions importantes sur leur santé physique, mentale et leur vie sociale.

Le rapport Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu, remis en avril 2024, révèle les nombreux effets néfastes de la surexposition numérique. Selon les données de Santé publique France, les enfants et adolescents âgés de 6 à 17 ans consacrent en moyenne plus de quatre heures par jour aux écrans.

Conséquences Physiques

Les conséquences physiques éventuelles, directes ou indirectes, de cet usage excessif incluent une détérioration de la qualité et de la durée du sommeil, une réduction de l'activité physique ainsi que d'éventuels troubles de la vue tels que la myopie. Chez les tout-petits, l'exposition aux écrans altère les moments d'échange avec les adultes. Ces interactions parents-enfants sont notamment essentielles pour le développement et la santé de l'enfant. Les interférences provoquées par les écrans, aussi appelées technoférences, pourraient nuire au développement des capacités linguistiques, de l'attention, ainsi qu'aux compétences émotionnelles et sociales des enfants.

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Conséquences Psychologiques

Les impacts psychologiques sont tout aussi préoccupants. L'exposition prolongée à des contenus inappropriés - violents, haineux ou à caractère pornographique - ainsi que la captation continue de l'attention peuvent altérer l'estime de soi, provoquer du stress, aggraver les troubles anxieux ou dépressifs, et favoriser les troubles du comportement chez les jeunes.

Recommandations et Repères d'Âge

Afin de soutenir les parents dans l'encadrement de l'usage des écrans, les autorités publiques ont mis en place des repères d'âge clairs et évolutifs. Depuis janvier 2025, ces recommandations sont intégrées au carnet de santé remis à chaque naissance :

  • Avant 3 ans : l'exposition aux écrans est proscrite, y compris en bruit de fond. À cet âge, l'enfant doit développer son attention principalement à travers des interactions directes avec son environnement et les adultes qui l'entourent et prennent soin de lui. Cela implique également pour les parents de limiter leur propre utilisation des écrans en présence de leurs enfants afin d'assurer un bon niveau d'interaction. Dans le sens de ces recommandations, l'arrêté du 27 juin 2025 modifie la charte nationale pour l'accueil du jeune enfant interdit l'exposition aux écrans des enfants de 0 à 3 ans dans les lieux d'accueil du jeune enfant.
  • Entre 3 et 6 ans : l'utilisation des écrans doit rester exceptionnelle, strictement limitée à des contenus éducatifs de qualité, toujours sous la supervision d'un adulte et dans un cadre structuré. Il est primordial de favoriser le jeu libre, les interactions humaines et la stimulation des cinq sens.
  • À partir de 6 ans : les enfants peuvent commencer à utiliser les appareils numériques, mais toujours avec un suivi parental renforcé. Il est conseillé aux parents d'établir des règles claires, de contrôler le temps passé devant les écrans, de veiller aux contenus visionnés et d'encourager des pauses régulières.
  • À partir de 9 ans : les enfants peuvent débuter leur usage d'internet, sur des appareils collectifs et en étant accompagnés par leurs parents.
  • À partir de 12 ans : les enfants pourraient être dotés d'un téléphone sans accès à internet, afin de les aider dans l'exercice de l'autonomie sans les exposer à des contenus inappropriés.
  • Avant 13 ans : il est fortement recommandé de donner dans un premier temps un appareil non connecté à internet (par exemple à 11 ans, au moment de l'entrée au collège), puis de donner un smartphone connecté à Internet à un enfant après un premier temps d'appropriation, par exemple à 13 ans. Jusqu'à cet âge, l'enfant n'a pas encore la maturité nécessaire ni les outils pour gérer les risques liés à une utilisation non encadrée d'Internet.
  • Avant 15 ans : les enfants ne devraient pas avoir accès aux réseaux sociaux. C'est pourquoi des réflexions sont en cours au niveau européen pour permettre le contrôle d'une majorité numérique autour de l'âge de 15 ans. Par ailleurs, même après 15 ans, l'utilisation des réseaux doit être accompagnée et progressive, dans la mesure où les conceptions des plateformes comportent des éléments susceptibles d'entraîner des mésusages et une surutilisation.

Par ailleurs, l'article L. 511-5 du Code de l'éducation interdit l'utilisation des téléphones portables et de tout autre équipement de communications électroniques (tablette, montre connectée, etc.) à l'école et au collège.

Bonnes Pratiques

Voici quelques bonnes pratiques pour encadrer l'usage des écrans au quotidien :

  • Respecter les âges autorisant le visionnage de films ou l'utilisation de jeux vidéo.
  • Utiliser l'écran pour un objectif précis et avec un temps donné.
  • Éviter les écrans en mangeant.
  • Éviter les écrans le soir au moins 1 h avant l'endormissement.
  • Eviter l'écran au réveil.
  • Éviter les écrans dans la chambre des enfants.
  • Éviter les écrans 3D pour les enfants âgés de moins de 5 ans.
  • Échanger avec les enfants quant à leur usage des écrans et s'informer auprès d'eux sur les contenus qu'ils consomment.
  • Instaurer des moments d'usages partagés des écrans entre parents et enfants pour créer de l'interaction et du dialogue.
  • Consacrer du temps aux activités familiales et collectives (sportives, culturelles, etc.).
  • Éviter d'être soi-même surexposé aux écrans en présence des enfants pour entretenir ses liens avec lui, être disponible et montrer l'exemple.

Dispositifs d'Accompagnement pour les Parents

La plateforme jeprotegemonenfant.gouv.fr dédiée aux familles constitue une ressource fiable pour accompagner les parents face aux usages des écrans chez les enfants. Elle permet de s'informer, de poser des questions et d'accéder à des repères éducatifs adaptés à chaque tranche d'âge. Grâce à des fiches pratiques, des conseils personnalisés et des outils concrets, ce site aide les parents à mieux encadrer l'utilisation du numérique à la maison, tout en favorisant un équilibre entre écrans et vie familiale. Le site 1000 premiers jours rappelle l'importance des échanges humains pour le développement du jeune enfant. Il existe également une version application. Elle répond aux situations d'urgence ou de mal-être numérique (cyberharcèlement, manipulation, exposition à des contenus choquants, surutilisation des écrans, etc.). Un programme de certification des compétences numériques a été généralisé à toutes les classes de 6e depuis 2024.

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Crise de la Pédiatrie : Surcharge des Services et Pénurie de Personnel

Tensions dans les Services de Pédiatrie

Les services de pédiatrie en France sont confrontés à une crise profonde. Les équipes sont en grande difficulté en raison des fermetures de lits dans les hôpitaux par manque d’effectifs médicaux et soignants. Les services d’urgences pédiatriques et de pédiatrie ne peuvent plus faire face aux épidémies d’infections virales aiguës saisonnières (bronchiolite, grippe et gastro-entérites). De plus, une recrudescence d’infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae mobilise actuellement beaucoup les équipes de pédiatrie. Les coupes budgétaires prévues aggravent cette situation.

Même en plein Paris, à l’hôpital Necker-Enfants malades, 30 % des lits sont fermés, par manque de personnel. Les listes d’attente pour des interventions de chirurgie cardiaque s’allongent, avec des conséquences parfois dramatiques.

L'Épidémie de Bronchiolite : Un Révélateur

La forte circulation de la bronchiolite, cette infection respiratoire virale qui touche principalement les enfants de moins de 2 ans, sature les services d'urgences pédiatriques. Cette flambée épidémique est surtout révélatrice d'une crise plus profonde : conditions de travail dégradées, manque de personnel, spécialité dévalorisée.

Durant la semaine du 31 octobre, Santé publique France a pointé des "nombres de passages aux urgences et d'hospitalisations pour bronchiolite très élevés et à des niveaux supérieurs à ceux observés aux pics épidémiques depuis plus de 10 ans".

Pénurie de Pédiatres

La pédiatrie peine à attirer les praticiens. A l'hôpital Lenval de Nice, par exemple, faute de recrutements, il est impossible d'ouvrir les "lits d'hiver" prévus chaque année pour affronter l'épidémie de bronchiolite. La situation est identique dans tout l'Hexagone. L'hôpital n'est pas le seul à affronter une pénurie de spécialistes. La pédiatrie libérale connaît aussi "un recul démographique important". Actuellement, plusieurs départements connaissent une densité inférieure à un pédiatre pour 100 000 habitants. La situation risque de s'aggraver à cause de nombreux départs à la retraite, qui ne sont pas remplacés, faute de jeunes praticiens disponibles. Une conséquence directe du numerus clausus, qui a limité le nombre d'étudiants en études de médecine jusqu'en 2020.

Manque de Reconnaissance de la Spécialité

La pédiatrie n'attire pas les futurs médecins, en partie à cause d'une charge de permanence et de continuité des soins particulièrement importante, notamment aux urgences pédiatriques. S'ajoute à cela, un effet de génération : les praticiens plus jeunes refusent de sacrifier leur vie de famille. Outre les conditions de travail, cette désaffection à l'égard de la pédiatrie s'explique par le manque de reconnaissance de la spécialité, tant symbolique que financière.

Pour un hôpital, un passage aux urgences est moins rentable quand il s'agit d'un enfant de moins de 15 ans que d'un adulte, depuis la réforme du financement des urgences, en vigueur depuis le 1er janvier 2022.

Conditions de Travail des Soignants

Côté infirmiers, les conditions de travail se sont dégradées au fil des années. Les avancées technologiques et les réductions d'effectifs ont conduit à ce que seuls les enfants les plus gravement malades soient pris en charge à l'hôpital. Conséquence : les infirmiers doivent gérer des cas plus complexes techniquement et psychologiquement. Les infirmières puéricultrices et les auxiliaires de puériculture souffrent aussi du manque de reconnaissance de leur spécialité. Le diplôme d'infirmière puéricultrice n'a pas évolué depuis 1983. Surtout, cette spécialité n'est pas obligatoire pour exercer dans les services de pédiatrie à l'hôpital, "contrairement aux infirmiers anesthésistes, dont certains actes ne peuvent pas être pratiqués par d'autres infirmiers". Egalement en cause, la formation initiale des infirmiers "généralistes" ne comprend plus de stage ni de formation obligatoire en pédiatrie depuis 2009.

Mesures Annoncées

Le ministre de la Santé a annoncé une enveloppe d'aides aux services en tension, "dont les services de pédiatrie". Une partie de cette somme sera dédiée au "doublement des heures de nuit pour tous les personnels hospitaliers, ainsi que la prime de soins critiques pour les infirmières puéricultrices et les aides-puéricultrices, "qui en étaient exclues jusqu'à présent pour des raisons techniques". Le ministre entend également réformer en profondeur le système de santé et la place accordée à la pédiatrie.

Pénurie de Médicaments

La pénurie d’amoxicilline, l’un des antibiotiques le plus prescrit chez les enfants sous forme de suspension buvable avec de faibles dosages, est telle aussi bien en médecine de ville qu’à l’hôpital que le produit est fabriqué par les pharmaciens, en officine ou à l’hôpital, sous forme de préparation artisanale à partir de comprimés pour adultes.

Le cas du Beyfortus®, anticorps monoclonal pour protéger les nourrissons contre la bronchiolite, est également révélateur du malaise profond que connaît notre système de soins. Les pharmaciens ont été dès l’été dernier incités à en commander. Au moment où ils ont eu accès au portail de commande national, ils ont été informés d’une rupture de stock dans tout le pays en raison d’un nombre de doses estimé insuffisant au regard des besoins.

Crise de la Périnatalité

La situation est particulièrement critique au niveau des salles de naissance des maternités ainsi que dans les services de néonatalogie. Ces unités essentielles, responsables de la sécurité et des soins des mères et des nouveau-nés, font face à un manque dramatique de personnel qualifié (sages-femmes, obstétriciens, anesthésistes et pédiatres). Cette pénurie de professionnels met gravement en danger la vie et la santé des plus vulnérables dès leurs premiers instants de vie.

Enfants de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) : Une Vulnérabilité Accrue

Souffrance Psychique des Enfants de l'ASE

Un enfant sur deux pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE) souffre d’au moins un trouble psychique, souvent en conséquence des traumatismes vécus : stress post-traumatique, maltraitance, violences physiques, verbales ou sexuelles, abandon… L’accueil en établissement ou en famille est en lui-même difficile : il perturbe l’attachement, limite le contrôle des enfants sur leur propre vie et entraîne des déplacements fréquents. Malgré l’ampleur de ces défis, l’accès à un soutien psychologique est rare et complexe.

Le manque d’informations quantitatives sur la santé mentale des enfants de l’ASE complique l’analyse en la matière. Les études spécifiques sont quasiment inexistantes ou limitées à une zone géographique, alors que l’ASE concerne un nombre important d'enfants et mobilise un budget conséquent.

Nécessité de Soins Psychiques Systématiques

Il est impératif de revoir notre approche de la santé mentale des enfants de l’ASE. Les soins psychiques devraient être considérés comme une évidence dans le cadre d’une expérience qui est l’une des plus traumatisantes que l’on puisse imaginer. Ils doivent être intégrés de manière systématique et prioritaire dans le cadre de leur prise en charge.

L'Aide Sociale à l'Enfance Aujourd'hui

Les enfants de l’aide sociale à l’enfance (ASE), ex-DDASS, sont les enfants accueillis en foyer, en famille d’accueil ou ceux faisant l’objet de mesures de suivi à domicile. La décision de placement d’un enfant est prise par le juge des enfants lorsqu’il estime que le maintien du mineur dans son milieu familial l’expose à un danger.

Les Actions de l'ASE

Les actions de l’ASE sont mises en place par les départements, dans le cadre de la politique de protection de l’enfance, à des fins de prévention, de repérage des situations de danger ou de risque de danger, et de protection. Lorsqu’un placement est décidé, les départements confient les enfants soit à des familles d’accueil, soit à des structures d’accueil souvent privées non lucratives : les MECS, Lieux de Vie et d’Accueil, etc.

Disparités de Moyens entre Départements

L’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) souligne des disparités départementales importantes. Le rapport de l’Assemblée nationale met aussi en avant les inégalités de traitement des enfants, d'autant plus pour un sujet qui n’est pas perçu comme prioritaire : la santé mentale.

Législation Récente

La loi du 16 mars 2016 comprend :

  • La désignation dans chaque service départemental d’un médecin référent pour la protection de l’enfance
  • L’attribution aux observatoires départementaux de la protection de l’enfance (ODPE) d’une mission supplémentaire pour la formation continue des professionnels de la protection de l’enfance
  • L’ajout dans les missions de l’ASE de veiller à la stabilité du parcours de l’enfant

Le Pacte pour l’enfance vise, pour les enfants protégés, à :

  • Réaliser un bilan de santé complet de tous les jeunes entrant à l’ASE
  • Mieux contrôler les structures d’accueil
  • Systématiser l’accompagnement du retour à domicile en fin de placement
  • Réformer le statut des assistants familiaux

La loi du 7 février 2022 :

  • Interdit les placements à l’hôtel
  • Entend mettre fin aux sorties « sèches » à la majorité
  • Offrir une meilleure protection contre les violences.

Précarité des Jeunes Sortant de l'ASE

À 18 ans, sauf s’ils bénéficient du CJM (Contrat Jeune Majeur), les enfants de l’ASE peuvent se trouver dépourvus de soutien. Beaucoup éprouvent des difficultés à s’insérer dans la vie professionnelle et à être autonomes à leur majorité alors que les traumatismes de l’enfance n’ont pas été traités.

On réduit souvent les difficultés des trajectoires sociales à des questions socio-économiques mais la dimension psychique ne doit pas être sous-estimée. Le trop faible suivi psychologique ne permet pas aux jeunes de se reconstruire.

Troubles Psychologiques : Un Manque de Données et d’Études

Alors que plus d’un enfant sur deux pris en charge par l’ASE aurait au moins un trouble psychologique, la santé mentale de ces jeunes a été très peu étudiée en tant que telle. Pour pallier ce manque de données, la feuille de route issue des assises de la pédiatrie entend favoriser la collecte des données sur la santé mentale de l’enfant et de l’adolescent et mettre en place des indicateurs pour évaluer les politiques publiques dédiées à cette thématique ainsi que l’évolution de la prévalence.

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