Depuis des temps immémoriaux, la lune fascine l'humanité, alimentant mythes et croyances. Parmi les plus tenaces, on retrouve l'idée que les phases lunaires, et plus particulièrement la pleine lune, influenceraient l'accouchement. Cette croyance populaire, ancrée dans de nombreuses cultures, associe l'astre lunaire à la fertilité, la grossesse et l'accouchement. Mais qu'en est-il réellement ? Les études scientifiques confirment-elles cette influence supposée ? Cet article se propose d'explorer cette question en profondeur, en confrontant les croyances ancestrales aux données scientifiques.
L'Ancrage Culturel de la Croyance
Une croyance ancestrale : Depuis des millénaires, l’astre lunaire fait l’objet de multiples légendes. La lune est notamment associée à la fertilité dans un grand nombre de cultures à travers le globe. Sans doute parce que la durée du cycle lunaire (28 jours) est identique à celle du cycle menstruel. D’ailleurs, pour citer un exemple parmi tant d’autres, Mama Quilla, déesse de la Lune chez les Incas, veille sur les femmes mariées et… les cycles menstruels ! Dans toutes les cultures et mythologies, la lune est associée à la fertilité, la grossesse et l'accouchement. Ainsi, bon nombre de divinités de la fertilité sont étroitement associées au satellite terrestre. On pense notamment à Artémis, dans la mythologie grecque, Chandra dans la mythologie indienne, ou encore Ix Chel, déesse maya.
Cette association Lune-fertilité pourrait provenir de la similitude entre le cycle lunaire (environ 29 jours) et le cycle hormonal féminin (28 jours en moyenne). L'idée que la lune puisse influencer les fluides corporels, à l'instar des marées, renforce également cette croyance.
Les Effets Supposés de la Lune sur l'Accouchement
Quels sont les effets supposés de la pleine lune sur l’accouchement ? La croyance la plus répandue est que la pleine lune accélérerait l’accouchement en fin de grossesse, en déclenchant la perte des eaux. Selon les versions, ce phénomène toucherait en particulier les grossesses gémellaires… Quoi qu’il en soit, son influence est plutôt perçue de manière positive : qui n’a pas hâte de voir enfin la frimousse de son(ses) bébé(s) ? Cependant, il existe aussi des croyances moins populaires et plus sombres sur la pleine lune, accusée parfois de rendre les accouchements plus compliqués (elle augmenterait le nombre de césariennes), ou pire, de provoquer plus de fausses couches…
La croyance la plus répandue est que la pleine lune favoriserait le déclenchement de l'accouchement, en particulier la perte des eaux. Certaines versions affirment même que les grossesses gémellaires seraient davantage concernées. Cependant, d'autres croyances, moins populaires, attribuent à la pleine lune des effets négatifs, tels que des accouchements plus compliqués ou un risque accru de fausses couches.
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L'Explication Scientifique Avancée
Dans son livre "Lune et santé, mode d’emploi ?", le Dr Henry Puget propose une explication aux effets de la lune sur la santé en établissant un parallèle avec l’influence avérée de l’astre lunaire sur les marées. Concrètement, tout serait question de rayonnements électromagnétiques, provoquant des sortes de "marées intérieures" sur les différents liquides de l’organisme, comme le sang par exemple : les hémorragies ont en effet la réputation, à tort ou à raison, d’être plus importantes les nuits de pleine lune…
Le docteur Henry Puget avance l'idée que la lune, par ses rayonnements électromagnétiques, pourrait provoquer des "marées intérieures" dans les fluides corporels, notamment le liquide amniotique. Cette théorie suggère que la pleine lune pourrait ainsi favoriser la perte des eaux et déclencher l'accouchement.
Les Études Scientifiques et Leurs Conclusions
Cependant, de nombreuses études ont aussi été menées ces dernières années pour déterminer si les accouchements étaient vraiment influencés par le cycle lunaire : une étude américaine exhaustive portant sur environ 564 000 naissances a notamment été publiée en 2005 dans l’"American Journal of Obstetrics and Gynecology". Toutes ont conduit au même constat : qu’il s'agisse d’une nuit de nouvelle lune, de premier quartier de lune ou de pleine lune, aucune différence notable n’a pu être constatée au niveau du nombre tant des naissances que des fausses couches ! Une analyse espagnole de 2019, parue dans l’European Journal of Obstetrics and Gynecology and Reproductive Biologyréfute cette association. Elle s’y est intéressée à travers une étude rétrospective de cohorte où 23 689 naissances ont été prises en compte entre 1810 et 1929. Ainsi pas moins de 1484 cycles lunaires se sont enchaînés au cours de cette période, placée dans un contexte historique particulier, en ruralité, sans électricité et chez des femmes avec un faible statut nutritionnel. De plus, tous les accouchements, chez les primipares, comme chez les multipares étaient naturels, à domicile et avec peu d’assistance médicale. Portée sur 120 ans, cette analyse n’a pas montré d’influence prévisible des phases lunaires sur la fréquence des naissances. Lorsque les foyers ont commencé à s’éclairer avec l’invention de l’électricité vers 1879, le nombre des accouchements n’a pas été non plus influencé par la lune. La conclusion des chercheurs espagnols vient confirmer une étude de cohorte rétrospective publiée dans l’American Journal of Obstetrics and Gynecology en 2005. Elle, s’est basée sur 564 039 naissances entre 1997 et 2001, comptabilisant 62 cycles lunaires. Dans une étude, parue en 2005 dans l'« American Journal of Obstetrics and Gynecology », ils ont comparé les dates de naissances de plus de 500000 bébés entre 1997 et 2001 et les 8 phases lunaires et ont conclu qu'il n'y a pas de corrélation.
De nombreuses études scientifiques se sont penchées sur la question de l'influence lunaire sur l'accouchement. Une étude américaine exhaustive, publiée en 2005 dans l'"American Journal of Obstetrics and Gynecology", a analysé environ 564 000 naissances et n'a trouvé aucune corrélation entre les phases lunaires (nouvelle lune, premier quartier, pleine lune) et le nombre de naissances ou de fausses couches. Une analyse espagnole de 2019, portant sur plus de 23 000 naissances entre 1810 et 1929, a également conclu à l'absence d'influence des phases lunaires sur la fréquence des naissances. Ces études, parmi d'autres, convergent vers la même conclusion : il n'y a pas de lien scientifiquement prouvé entre les phases de la lune et l'accouchement.
Pourquoi la Croyance Persiste-t-elle ?
Pourquoi cette croyance est-elle toujours aussi vivace malgré les preuves ? Peut-être tout simplement parce que tout le monde a besoin de laisser un peu de place au merveilleux dans sa vie ? Y compris, à priori, les sages-femmes et les médecins… En effet, alors que les études scientifiques démontrent clairement l’absence de lien entre pleine lune et accouchement, de nombreux professionnels de santé se disent toujours surchargés de travail les nuits de pleine lune, en particulier dans les maternités… Seraient-ils influencés inconsciemment par leur propre croyance ? Convaincus d’un lien entre pleine lune et accouchement, auraient-ils seulement l’impression d’accueillir plus de futures mamans qu’à l’accoutumée ? Libre à vous de croire ce que vous voulez ! Parce que les croyances autour de l’accouchement sont légion. Parce que nous avons tous et toutes tendance à privilégier et retenir les informations auxquelles nous croyons dur comme fer ? Par exemple, une sage-femme persuadée qu'il y a un lien de cause à effet entre pleine lune et accouchement n'aura-t-elle pas tendance à remarquer davantage sa charge de travail les nuits de pleine lune et à la minimiser et l'oublier les autres nuits ? En psychologie, c’est ce qu’on appelle un biais de confirmation. Parce que notre inconscient jouerait un rôle ? Après tout, il est connu que nos pensées et nos émotions ont une influence sur notre corps. Et qu'elles peuvent entre autres déclencher des réactions hormonales. Alors si on croit fermement aux pouvoirs de la pleine lune, il se pourrait bien qu'à l'approche du terme de notre grossesse, notre désir de voir enfin bébé pointer le bout de son nez agisse inconsciemment sur le déclenchement de l'accouchement… Cette croyance s’explique par un biais de confirmation courant : on remarque davantage les accouchements les nuits de pleine lune, mais il n'y en a pas plus.
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Malgré l'absence de preuves scientifiques, la croyance en l'influence de la lune sur l'accouchement persiste. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette ténacité. Tout d'abord, le besoin de merveilleux et de mystère peut inciter à maintenir des croyances populaires, même en contradiction avec les faits. Ensuite, le biais de confirmation joue un rôle important : les professionnels de santé convaincus de l'influence lunaire peuvent être plus attentifs aux pics d'activité les nuits de pleine lune, renforçant ainsi leur conviction. Enfin, l'inconscient et les émotions peuvent également influencer la perception : une femme enceinte, proche du terme et croyant aux pouvoirs de la lune, pourrait inconsciemment favoriser le déclenchement de l'accouchement lors d'une pleine lune.
Le Premier Quartier de Lune : Une Influence Encore Plus Floue
Après la nouvelle Lune, la surface visible s'agrandit de jour en jour. La Lune est en phase croissante, puisqu'elle est de plus en plus éclairée. (Rappelons que la Lune n'émet pas de lumière mais ne fait que réfléchir celle du Soleil). Cette phase correspond à un moment où la Lune renvoie peu de lumière vers la Terre. Dans cette situation, la Terre, le soleil et la Lune forment un angle droit, la Lune étant dans l'angle droit : on dit alors que la Lune est en quadrature. Mais on ne voit que la moitié de la Lune, soit un quart de sa surface, d'où le nom de "quartier". La Lune semble former un "D". Ce premier quartier s'observe 7 jours environ après la nouvelle Lune. Les effets du premier quartier de Lune semblent bien limités sur notre comportement et au jardin. Car lorsque la Lune est à son premier quartier, elle se lève tard, l'après midi. En plein ciel, s'il fait beau, on aura du mal à la voir se lever. Elle se couche alors vers minuit après avoir montré une forte brillance juste après le coucher du soleil.
Si la pleine lune est souvent pointée du doigt, qu'en est-il du premier quartier ? Cette phase lunaire, qui se produit environ 7 jours après la nouvelle lune, est encore moins étudiée en ce qui concerne son influence sur l'accouchement. Les croyances populaires et les observations anecdotiques sont rares, et les études scientifiques se concentrent principalement sur la pleine lune. Il semble donc que l'influence du premier quartier de lune sur l'accouchement soit encore plus floue et moins étayée que celle de la pleine lune.
D'Autres Croyances Liées à la Pleine Lune
La pleine lune n’est pas uniquement réputée pour ses effets sur l’accouchement, loin s’en faut ! De nombreuses croyances populaires la rendent aussi responsable de l’augmentation des nombres d’accidents de voiture, de coups de blues, de suicides, de crises de folie meurtrières, et encore de bien d’autres choses plus ou moins réjouissantes… Cependant, il n’existe aucune preuve scientifique solide de ces phénomènes.
Il est important de noter que les croyances liées à la pleine lune ne se limitent pas à l'accouchement. On lui attribue également une influence sur le sommeil, la criminalité, les accidents de voiture, les troubles mentaux, et bien d'autres phénomènes. Cependant, comme pour l'accouchement, il n'existe aucune preuve scientifique solide pour étayer ces croyances.
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