Le métier d'auxiliaire de puériculture (AP) est un pilier du secteur de la petite enfance, offrant un rôle essentiel dans le développement et le bien-être des jeunes enfants. Face à l'importance croissante de ces professionnels, la formation menant au Diplôme d'État d'Auxiliaire de Puériculture (DEAP) a été actualisée pour répondre aux besoins actuels et futurs. Cet article détaille les prérequis, le contenu de la formation, les compétences acquises, les débouchés professionnels et les perspectives d'évolution de carrière pour ceux qui aspirent à embrasser cette vocation.
Évolution de l'accès à la formation
Auparavant, l'admission en Institut de Formation d'Auxiliaires de Puériculture (IFAP) était conditionnée par la réussite d'un concours d'entrée. Cependant, depuis l'arrêté du 7 avril 2020, les modalités d'admission ont évolué. Le concours écrit a été remplacé par un processus de sélection basé sur un dossier et un entretien oral. Cette modification vise à évaluer plus finement la motivation, les compétences et l'adéquation du candidat avec les exigences de la formation.
Prérequis pour accéder à la formation
La formation d'auxiliaire de puériculture est accessible à tous les publics âgés de 17 ans au moins à la date d’entrée en formation, sans condition de diplôme. Pour les ressortissants étrangers, un titre de séjour valide à l'entrée en formation est exigé. Les inscriptions et les renseignements sont disponibles auprès de chaque IFAP.
Constitution du dossier d'inscription
Le dossier de sélection est une étape cruciale dans le processus d'admission. Il doit comporter les éléments suivants :
- Une pièce d’identité.
- Une lettre de motivation manuscrite, exposant clairement les raisons du choix de cette orientation professionnelle.
- Un curriculum vitae (CV) détaillé, mettant en avant les expériences et compétences pertinentes.
- Un document manuscrit récapitulant toutes les expériences ou situations en lien avec les compétences attendues pour suivre la formation d'auxiliaire de puériculture. Ce document doit démontrer l'intérêt du candidat pour le domaine de l'accompagnement et de l'aide à la personne, notamment en situation de vulnérabilité.
- Les copies de diplômes, de bulletins scolaires et autres attestations de travail qui pourraient mettre en avant les acquis du candidat.
Le dossier doit démontrer que les expériences, les acquis et les qualités du candidat répondent au mieux des attentes pour la formation.
Lire aussi: Fonction publique et retraite
L'entretien de motivation
Les candidats sélectionnés sur dossier sont convoqués à un entretien de motivation. Cet entretien, d'une durée de 15 à 20 minutes, permet au jury d'évaluer les connaissances et aptitudes du candidat, ainsi que sa capacité à s'exprimer clairement et à développer un raisonnement logique.
Généralement, le candidat est amené à :
- Se présenter et parler de son parcours.
- Expliquer les raisons de son choix de carrière.
- Répondre aux questions du jury sur sa motivation, ses possibilités de financement et ses qualités humaines et relationnelles.
Le jury se base sur des critères nationaux pour évaluer les candidats, notamment :
- L'intérêt pour le domaine de l'accompagnement et de l'aide à la personne, en particulier en situation de vulnérabilité.
- Les connaissances dans le domaine sanitaire, médico-social, social ou sociétal.
- Les qualités humaines et capacités relationnelles : aptitude à faire preuve d'attention à l'autre, d'écoute et d'ouverture d'esprit, aptitude à entrer en relation et à communiquer, aptitude à collaborer et à travailler en équipe.
- Les aptitudes en matière d'expression écrite et orale : maîtrise du français et du langage écrit et oral, pratique des outils numériques.
- Les capacités d'analyse et la maîtrise des bases de l'arithmétique : aptitude à élaborer un raisonnement logique à partir de connaissances et de recherches fiables, maîtrise des bases de calcul et des unités de mesure.
- Les capacités organisationnelles : aptitudes d'observation, à s'organiser, à prioriser les activités, autonomie dans le travail.
Résultats d'admission
À l’issue de l’étude des dossiers et des entretiens, le jury établit une liste de classement : une liste principale pour les admis en formation et une liste complémentaire. Les candidats sont prévenus par écrit de leur admission. Les écoles peuvent exiger des futurs élèves en formation DEAP leur accord écrit pour finaliser leur inscription.
Structure et contenu de la formation
La formation préparant au DEAP est d’une durée de 1 540 heures, réparties sur 11 mois. Elle comprend une part égale d’enseignement théorique et d’enseignement pratique, ce dernier se déroulant en stages ou via des outils de simulation en santé.
Lire aussi: Calculer ses trimestres
La formation est accessible par différentes voies :
- La formation initiale.
- La formation continue.
- La voie de l’apprentissage.
- La validation des acquis de l’expérience (VAE).
Allègements et dispenses de formation
Des allégements et dispenses de formation sont prévus pour les personnes titulaires de certains diplômes, énumérés à l’annexe VII, en raison d'équivalences de compétences.
Organisation des études
L’élève doit obtenir une note au moins égale à dix sur vingt à chaque module de formation constituant le bloc de compétence. Le diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture s’obtient par la validation de l’ensemble des blocs de compétence acquis en formation théorique et pratique et en milieu professionnel. Quatre périodes de formation en milieu professionnel doivent permettre d’aborder différents contextes, notamment la prise en soins d’enfants présentant une altération de leur état de santé physique et/ou mentale, soit stabilisée, soit en phase aiguë.
Préparation à la sélection et à la formation
Pour maximiser ses chances d'être admis en IFAP, il est conseillé de se préparer aux épreuves du dossier de sélection et de l’entretien de motivation. Plusieurs options sont possibles :
- La formation à distance : Certaines écoles proposent des formations en ligne pour aider à constituer un dossier solide et acquérir des connaissances spécifiques au domaine de la petite enfance, de la santé et du social.
- Les écoles de préparation : Ces écoles proposent des cours pour acquérir de nouvelles connaissances sur la petite enfance, la santé et le domaine du social, font réviser le français et les mathématiques et préparent aux questions de culture générale.
- La préparation individuelle : Il est tout à fait possible de se préparer seul, en utilisant des tests en ligne gratuits, des livres ou en s’appuyant sur ses expériences passées dans le milieu.
Rôle et missions de l'auxiliaire de puériculture
L'auxiliaire de puériculture joue un rôle essentiel dans l'accompagnement des enfants, de la naissance à l'adolescence. Son travail s’inscrit dans une approche à la fois éducative, préventive et soignante, en lien étroit avec les familles et les professionnels de santé.
Lire aussi: Guide Soins Post-Partum
Au quotidien, l'auxiliaire de puériculture :
- Assure l’hygiène, le confort et l’alimentation des enfants, en adaptant les soins à leur âge, à leur état de santé et à leur autonomie : toilette, change, habillage, repas…
- Anime des activités d’éveil, motrices, sensorielles et langagières, qui participent activement au développement psychomoteur et social des plus jeunes.
- Crée un cadre affectif rassurant, propice à l’épanouissement de l’enfant, tout en respectant sa place dans la cellule familiale. Il ou elle accompagne sans jamais se substituer aux parents.
- Observe et surveille l’état général de l’enfant afin de détecter tout signe inhabituel (fatigue, douleur, comportement), et alerte l’équipe soignante si nécessaire.
- Soutient les parents dans leur rôle éducatif et préventif, en les accompagnant avec bienveillance, en les rassurant et en facilitant les échanges autour des besoins de leur enfant.
- Intervient auprès d’enfants aux profils variés : enfants en bonne santé, enfants malades (pathologies aiguës ou chroniques), enfants en situation de handicap ou vivant dans des contextes de grande vulnérabilité sociale.
- Collabore au sein d’une équipe pluridisciplinaire composée d’infirmiers, de puériculteurs, de médecins, d’éducateurs ou de travailleurs sociaux, et travaille toujours sous la responsabilité de l’infirmier ou de l’infirmier puériculteur.
L'auxiliaire de puériculture participe à l’accueil et à l’intégration sociale d’enfants présentant un handicap, atteints de pathologies chroniques, en situation de risque d’exclusion ou de maltraitance.
Qualités et compétences requises
Pour exercer ce métier, certaines qualités et compétences sont indispensables :
- Qualités humaines et relationnelles : Écoute, empathie, respect et patience sont indispensables pour instaurer un lien de confiance avec l’enfant et sa famille. L’auxiliaire de puériculture communique avec bienveillance et place l’humain au cœur de son quotidien.
- Intérêt pour le contact avec les enfants : Aimer travailler avec les enfants est fondamental. Il faut être attentif à leurs besoins, savoir interagir avec douceur, faire preuve de créativité pour stimuler leur éveil, et partager des moments de joie, de jeu et d’apprentissage.
- Compétences organisationnelles : Ce métier demande une grande rigueur. Savoir prioriser, faire preuve d’autonomie, de réactivité et de fiabilité est crucial pour gérer les soins, les temps d’activité ou les imprévus en toute sérénité.
- Gestion des émotions : L’auxiliaire est souvent confronté à des situations sensibles. Il doit garder le recul nécessaire pour accompagner les enfants et leurs familles sans se laisser submerger, tout en restant engagé et professionnel.
- Sensibilité à l’univers des tout-petits.
- Sens des responsabilités.
- Souci de la sécurité et de l’hygiène.
- Dynamisme et endurance.
- Sens aigu de l'observation.
- Sens du travail en équipe.
- Pédagogie.
Lieux d'exercice et débouchés professionnels
L’auxiliaire de puériculture travaille au sein d’une équipe pluridisciplinaire intervenant dans les services de soins ou réseaux de soins des structures sanitaires, médico-sociales ou sociales, en établissement ou à domicile.
Les principaux lieux d'exercice sont :
- Les crèches et établissements d'accueil du jeune enfant (EAJE).
- Les centres de protection maternelle et infantile (PMI).
- Les instituts médico-éducatifs.
- Les services hospitaliers de pédiatrie et de néonatologie.
- Les maternités.
- Les pouponnières sanitaires ou sociales.
Devenir auxiliaire de puériculture diplômé d’État, c’est être au contact quotidien de nombreux autres professionnels médicaux, soignants, éducatifs et sociaux.
Rémunération et perspectives de carrière
En début de carrière, un auxiliaire de puériculture gagne environ 1 300 € nets par mois, hors primes. Avec l’expérience et selon le lieu d’exercice, ce salaire peut évoluer jusqu’à 2 300 € nets par mois en fin de carrière. À l’hôpital, le salaire d’un auxiliaire de puériculture relève de la catégorie B de la fonction publique.
Les salaires peuvent varier selon l'ancienneté :
- 1 873 € net par mois après 1 an de carrière.
- 2 031 € net par mois après 5 ans de carrière.
- 2 633 € net par mois après 20 ans de carrière.
- 2 968 € net par mois en fin de carrière.
L’auxiliaire de puériculture peut évoluer vers le métier d’aide-soignant et autres professions similaires sans reconversion. Avec une expérience de 3 années, l’AP peut évoluer vers le métier d’éducateur de jeunes enfants ou d’infirmier.
Cadre réglementaire et évolutions
Selon l’arrêté du 12 avril 2021, les instituts peuvent organiser 2 rentrées par an, et plus si nécessaire pour répondre aux besoins et à la pluralité des publics formés sur le territoire. Le calendrier est le suivant :
- Une rentrée dont la date est fixée au cours de la première semaine du mois de septembre.
- Une rentrée dont la date est fixée entre le 2 janvier et le 31 mars.
La date de clôture pour la remise des dossiers est fixée en fonction de ces rentrées, ainsi que les préinscriptions et les ouvertures d’inscription.
tags: #pré #requis #auxiliaire #de #puericulture #formation
