La famille Tuilagi est synonyme de rugby. Désormais, c'est Posolo qui perpétue cette tradition. Le nom Tuilagi résonne dans le monde du rugby, évoquant une lignée de joueurs exceptionnels. Posolo Tuilagi, dernier rejeton de cette illustre famille, est en train de marquer son époque.
Une famille, une passion, une légende
L'arbre généalogique des Tuilagi s'étend avec le surpuissant centre de Sale, Manu, qui dispute la Coupe du monde avec le XV de la Rose. Pour cette famille, le rugby est plus qu'un sport, c'est une religion, un sentiment d'appartenance à un collectif. Ce sport est un moyen d'épanouissement et de construction pour eux. Cette famille s'est construite avec le rugby. Ils ont ouvert la voie pour des familles, pour des générations et une nation.
Perry Freshwater, ancien pilier de Leicester et Perpignan, témoigne : « J'ai joué avec le grand frère Freddie à Leicester, j'ai vu aussi Alesana arriver dans ce club très jeune et déjà bien bâti. J'ai joué avec Henry pendant de nombreuses années. C'est un bon ami. On n'est jamais habitué à ce genre de taille et de puissance phénoménale. En dehors des terrains, il est très généreux. Il te donne sa chemise si tu as froid. Tuilagi a de la famille aux Samoa. Il pense toujours à eux. Pour un îlien, c'est important d'envoyer de l'argent à la famille ».
Il ajoute : « Dans le rugby, il y a quelques familles connues comme les Taofifenua. Un point les unit tous : c'est cet esprit familial. Une fois qu'ils t'acceptent c'est à vie. Quelqu'un comme Henry est très attaché aux valeurs comme le respect, la gentillesse et la générosité. Mais toute la famille est ainsi ». Des valeurs intrinsèques humaines et sportives donc très fortes.
Posolo Tuilagi : La nouvelle terreur de Perpignan
À 18 ans, Posolo Tuilagi, l'un des enfants d'Henry l'ancienne coqueluche catalane, ne cesse d'épater son monde. Ballon en main, Posolo Tuilagi a encore réalisé une performance remarquée lors de la victoire de l'USAP face au Racing. Il a commencé son match par un ballon gratté au sol qui a coupé la première séquence du Racing 92. Il l'a terminé à la 70e minute sous l'ovation d'Aimé-Giral quand il a laissé sa place à Shahn Eru.
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Le jeune deuxième-ligne Posolo Tuilagi a encore sorti un très gros match face au Racing samedi. Il y a la dimension physique liée au patronyme (1,92 m, 145 kg) mais aussi ses mains qui lui permettent de jouer après lui et casser des défenses. Sur le deuxième essai de Joaquin Oviedo (64e), toutes ces qualités y sont passées. C'est lui qui avance deux fois sur plusieurs mètres pour relancer une longue action collective et encore lui qui décale Siosiua Halanukonuka pour l'avant-dernière passe décisive à deux mètres de la ligne adverse. Sur 70 minutes, une première pour lui cette saison à ce niveau, il a donné cette impression d'avancer sur chaque duel, très difficile à arrêter quand il arrive lancé, et de faire couiner quelques côtes adverses sur chaque plaquage.
Patrick Arlettaz, manager catalan, souligne : « Il a été monstrueux mais ce n'est pas la première fois qu'il l'est cette saison. Il est hors normes. Le père était hors normes, je ne connais pas le grand-père mais je suppose qu'il l'était aussi. Il y a un an, il jouait en Crabos, je ne sais pas si on réalise… »
Tristan Labouteley ajoute : « Tu lui donnes le ballon quand il est près de toi et il va traverser. Le voir à ce niveau à 18 ans, c'est épatant, il a de la force, du cardio, tout de ce qu'il faut. Il faut le laisser grandir mais je ne suis pas inquiet pour lui. »
Né en France, Posolo Tuilagi a crevé l'écran au point de jouer deux matches des Six Nations avec les moins de 20 ans en mars. Le club catalan l'a désormais sous contrat jusqu'en 2025. Posolo Tuilagi, fils d'Henry, est titulaire ce jeudi après-midi face aux Baby Blacks.
Posolo est l'un des sept enfants de Mele et Henry Tuilagi (46 ans), autre phénomène physique venu tout droit des Samoa (10 sélections) et qui avait notamment fait le bonheur de Leicester (2003-2007) et Perpignan (2007-2015), numéro 8 dans le dos, charges et plaquages ravageurs dans les compilations de YouTube. Posolo habite chez ses parents, qui n'ont jamais quitté Perpignan à la retraite d'Henry. Après sa naissance aux Samoa en juillet 2004, il a donc vécu ses premières années à Leicester avant de découvrir Perpignan. « Mes premiers souvenirs de rugby, ce sont les matches de mon père à Aimé-Giral, les belles années avec le titre de 2009 », se rappelle-t-il.
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Il passe de la troisième à la deuxième ligne. « J'y ai moins de mètres à parcourir et je peux mettre le même impact, explique le principal intéressé. Et en mêlée, ça ne me pose pas de souci (rires).
Malgré ses dispositions physiques et sa facilité technique ballon en mains, l'héritier Tuilagi a des kilos à perdre et un cardio à travailler. Ses 70 minutes colossales contre le Racing 92 en avril (30-21) ont confirmé l'impression du phénomène de précocité qui franchit très vite les marches du haut niveau.
Son représentant Damien Lagrange souligne : « Il faut rendre hommage au staff de l'USAP, qui a su utiliser ses qualités sans le dénaturer. Ailleurs, on l'aurait d'abord fait passer par la case travail physique sans toucher un ballon. Il sait qu'il doit s'affiner mais il ne faut pas oublier qu'il n'a que 18 ans. Et même si ça peut paraître étonnant, il n'a pas encore son corps d'adulte.
Le sélectionneur des U20 Sébastien Calvet glisse : « En termes de mobilité et d'enchaînement de tâches à haute intensité, il a levé le cas de conscience qu'il pouvait soulever. La puissance n'est pas notre seul critère d'évaluation mais quand on voit son niveau lors du barrage d'accession (remporté 33-19 par Perpignan à Grenoble, avec un essai), on a de quoi être rassuré.
Tuilagi sourit : « On a beaucoup travaillé avec les préparateurs physiques cette saison, j'ai pris une leçon de cardio sur mes premiers matches. Ça va mieux mais il y a encore du boulot. De toute façon, mon père regarde tous les matches, j'ai toujours droit à quelques critiques, c'est mon préparateur mental personnel (sourire).
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Les racines samoanes : Fatausi-Fogapoa, un berceau de champions
La récente sélection de Posolo Tuilagi avec le XV de France est l’occasion de remettre la lumière sur la dynastie de sa famille, qui a produit un impressionnant nombre d’internationaux. La famille Tuilagi est originaire de l’humble village de Fatausi-Fogapoa, situé à l’autre bout du monde dans un minuscule village niché au cœur de l’archipel des Samoa qui compte 160 000 habitants.
Guillaume Vilaceca, aujourd’hui membre du staff de l’Usap, se souvient de sa première rencontre avec le jeune Posolo : « J’entraînais les Espoirs et il y avait son frère dans l’effectif, qui se prénomme également Henry. Nous faisions une séance décontractée, sur la plage, et Posolo est venu passer un moment avec nous. Il avait 15 ou 16 ans mais il était déjà plus solide que tout le monde.
Pour ce faire, il faut donc retourner à Fatausi-Fogapoa, sur l’île de Savai’i dans l’archipel des Samoa. En fait, Fatausi est un tout petit village d’environ 200 âmes. Fogapoa, situé juste à côté, n’est pas beaucoup plus grand avec une population avoisinant les 300 personnes, les deux bourgs étant collés au sud à un troisième village, appelé Fusi. C’est là d’où viennent Tuilagi Vavae et Aliitasi Tuilagi, les grands-parents de Posolo. Avant de prendre sa retraite, Tuilagi Vavae était homme politique : il a été vice-président du gouvernement samoan et est également un grand chef du conseil du village de Fatausi. Sa femme, Aliitasi, tenait le seul magasin alimentaire du village, tout en élevant ses (très) grands fils.
Freddie Tuilagi, aîné des sept golgoths, racontait en 2006 : « Nous n’étions ni riches, ni pauvres ». Bien que vivant dans un village relativement reculé, le rugby était omniprésent dans la jeunesse des frères Tuilagi : « Le rugby est notre sport national. Tous les soirs après l’école, on sortait et on jouait sur n’importe quel terrain de dix mètres que l’on pouvait trouver. Il pouvait y avoir des trous, des rochers et des arbres à contourner. » Sans ballon, souvent : « On se contentait d’un bâton arraché à un arbre, et cela nous servait de ballon. Si l’on subissait un plaquage, c’était comme recevoir un coup de poignard dans le ventre. Mais c’est de là que l’on tirait nos compétences. Soit on écrasait quelqu’un, soit on l’évitait.
Freddie Tuilagi fut le premier à faire le grand voyage. Après avoir participé à la Coupe du monde 1995 avec les Samoa au poste de trois-quarts centre, il s’est reconverti au rugby à XIII en Angleterre à Halifax, et a fait venir sa femme Polly et leur jeune fils Brian en Angleterre. Un autre fils, Frederick, est né dans le Yorkshire avant que Freddie ne rejoigne l’autre formation bien connue dans le monde treiziste, St Helens.
Freddie raconte : « En 2000, j’ai rencontré Peter Wheeler et Dean Richards à Leicester et j’ai décidé de me donner une nouvelle chance au rugby à XV. Deux ans plus tard, trois autres frères cadets de Fereti l’ont rejoint à Leicester : Henry, le troisième ligne centre aux 10 sélections, père de Posolo et aujourd’hui âgé de 47 ans. Alesana, l’ailier terrifiant aux dimensions de numéro huit, passé par Leicester, Newcastle et Toulon, âgé de 43 ans pour 37 capes avec les Samoa. Et Anitele’a, aujourd’hui 37 ans, 17 sélections, autre trois-quarts capable de couvrir les postes de centre et d’ailier, passé par Sale, Newport, Newcastle, et Tarbes. Rapidement, ils furent encore rejoints par Vavae qui quitta son île natale en 2007 pour intégrer l’académie de Leicester avant de se faire un prénom du côté de Narbonne puis de Carcassonne, où il joua troisième ligne pendant sept saisons avant de s’essayer au XIII à Trèbes.
Manu Tuilagi : Un modèle et une fierté
Manu Tuilagi fait partie des meilleurs joueurs du monde et s’est souvent retrouvé dans le costume du bourreau des Bleus… 59 sélections et 100 points marqués pour le XV de la Rose avec lequel il a remporté le Tournoi à deux reprises et disputé la finale de la Coupe du monde 2019. La consécration étant sa participation à la mythique tournée des Lions Britanniques en 2013 contre l’Australie.
Interrogé par nos confrères du Daily Telegraph en 2019, le puissant centre anglais avouait garder un souvenir ému de son enfance à Fatausi : « Ces jours-là sont très précieux dans ma mémoire. Cela me donne de la chaleur et de la force d’y penser. Dans notre village et dans les deux villages voisins, il y avait tout le temps des compétitions entre nous. Tout le monde se connaissait, on allait tous à la même école. On allait dans le village voisin pour se lancer des défis. C’était toujours du rugby ou du football, mais seulement le vendredi car c’était le seul jour où nous avions le droit d’y jouer. Nous prenions une bouteille en plastique et la remplissions d’herbe séchée. Il fallait s’assurer de donner un coup de pied au milieu, car les extrémités étaient dures comme de la pierre. Si vous manquiez le milieu, vous vous cassiez le pied. Les autres jours de la semaine, il fallait remplir les corvées. Aller chercher les noix de coco. Aller chercher le bois de chauffage. Nourrir les cochons et les poulets, qui aimaient aussi la noix de coco. Quand on rentrait de l’école, on enlevait nos uniformes car on avait interdiction de le salir. Une fois changés, on sortait, sans tongs, pieds nus, on marchait dans la plantation et on portait tout sur nos épaules. Il fallait trouver la noix de coco mûre sur le sol, pas celle qui était accrochée à l’arbre, car elle n’est pas mûre.
Il se souvient : « C’était difficile de venir en Angleterre à un si jeune âge, même si mes frères étaient ici. Je ne parlais pas anglais. Je suis arrivé en décembre. Il faisait froid, mais je dois dire que j’ai appris à aimer l’odeur de l’hiver, les feuilles mortes, l’humidité de l’air. Je suis arrivée avec un visa de vacances de six mois. C’était le cadeau de la Reine pour les Samoans. Je suis allé à l’école, mais je ne comprenais pas grand-chose.
Olotuli Tuilagi : Une autre facette de la famille
Olotuli Tuilagi, troisième des sept et aujourd’hui âgé de 45 ans, est « fa’afafine ». Ce terme désigne le troisième genre, une spécificité polynésienne qui défie les conventions sexuelles occidentales. Car depuis des siècles, dans les îles du Pacifique, certains hommes ont été élevés de manière à se considérer comme des femmes et à vivre une vie de femme. Holothurie a ainsi consacré sa vie à aider ses parents à la maison, tandis que ses frères poursuivaient leurs rêves de rugbymen.
Freddie Tuilagi l’expliquait ainsi en 2006 : « Olotuli est un fa’afafine, il ne joue pas au rugby. Il porte une robe et du maquillage et s’il se promène à Leicester, tout le monde le regarde en se demandant s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. À Samoa, c’est normal, il n’y a pas de préjugés. » Fait amusant, la nature a donné à Olotuli le gabarit le plus costaud de la famille. Ses frères l’ont toujours soutenu, la couvrant de cadeaux comme du maquillage de luxe et des sacs à main de marque.
Holothurie raconte : « Mon sport préféré est le netball (un sport ressemblant au basket, très populaire et majoritairement féminin dans l’hémisphère Sud, NDLR.) Mais si je jouais au rugby professionnel, je me débrouillerais mieux que les autres. Je suis une femme très forte vous savez ! Je suis née fa’afafine. Je l’ai réalisé quand j’étais très jeune. C’est naturel. Quand j’ai grandi, j’ai fait beaucoup de choses de filles.
Manu Tuilagi précise : « Il est comme ça. Il est né comme ça et il veut s’habiller en femme. Mais pas seulement s’habiller, il vit la vie d’une femme, il a des cils, des sourcils, il se fait maquiller, il porte un soutien-gorge. Cela n’a pas d’importance. C’est notre frère et un type formidable. Il est juste différent ».
Holothurie, ou « Julie » en anglais est restée de 2003 à 2006 à Leicester, avant de rentrer aux Samoa pour renouer avec une existence bien plus acceptée dans son environnement culturel d’origine.
La relève : Henry Jr et les autres
Malgré cette longue exploration généalogique, nous n’avons pas parlé de Henry Junior Tuilagi, frère de Posolo qui, après avoir été formé au centre de formation de l’Usap, est passé par Carcassonne et Saint-Jean-d’Angély avant de débarquer au CA Périgueux en 2023. Nous n’avons que peu parlé de Brian Tuilagi, fils de Fereti qui évolue au poste de troisième ligne aux London Scottish depuis 2020, ni de son frère Fred qui a défendu les couleurs du même club en 2020-2021.
Posolo Tuilagi : Un avenir prometteur
À peine 19 ans et déjà titulaire en équipe de France. Après avoir été remplaçant lors des deux matchs précédents, Posolo Tuilagi sera présent dès le coup d’envoi du match France-Italie, dimanche 25 février (en direct sur France 2 à 16 heures), disputé à Lille dans le cadre de la 3e journée Tournoi des six nations.
Posolo Tuilagi est arrivé enfant à Perpignan, dans le sillage de son père Henry qui a joué pour le club catalan de 2007 à 2015. Il a signé sa première licence en 2010 à l’USA Perpignan, y a fait toute sa formation et y joue toujours.Lui qui a d’abord été pilier a fait ses débuts professionnels comme deuxième ligne avec l’Usap lors de la saison 2022-2023 et est devenu un titulaire indiscutable à son poste. Cette longue présence dans les Pyrénées-Orientales lui a permis d’être sélectionnable avec le XV de France, même s’il n’a pas encore de passeport français.
Avant de découvrir les Bleus de Fabien Galthié, Posolo Tuilagi a fait des ravages avec les Bleuets, l’équipe de France des moins de 20 ans. Surnommé « Moto », il a disputé le Tournoi des six nations et la Coupe du monde de sa catégorie d’âge en 2023. Après avoir raté le début du Mondial organisé au Japon pour un problème de visa, le colosse a été un des grands artisans du titre remporté par les jeunes Français. Il a notamment inscrit deux essais lors du choc face aux Baby Blacks néo-zélandais. Posolo Tuilagi avait alors marqué les esprits par des qualités qu’il continue de déployer au niveau au-dessus : la puissance, mais aussi sa capacité à se déplacer et son habileté ballon en main.
Posolo Tuilagi raconte l’exigence de son père Henry : « Tous les jours, il me répète qu’on n’est rien sans le travail. Par exemple, la semaine avant le pays de Galles, j’ai été malade […]. Le dimanche, mon père m’a obligé à aller courir avec lui. Je vous rassure, je cours plus vite que lui, heureusement ! C’est un exemple parmi tant d’autres. Il m’improvise aussi des séances de musculation, il s’y connaît un peu. « Il a été dur, mais dans le bon sens du terme, poursuit-il. Tout ce qu’il a fait pour moi, c’était par amour. Dès mon plus jeune âge, il a senti que j’avais du potentiel.
Posolo Tuilagi est proche de devenir la nouvelle coqueluche du rugby français. Il suffit de jeter un œil à l’engouement autour de son retour des terrains le week-end dernier, sept mois après sa double fracture du tibia-péroné. Des articles en pagaille, un focus caméra rarement aussi insistant de la part du diffuseur, une ovation de la part du public… Le phénomène Posolo est en marche. Sa première sélection contre l’Irlande en février 2024 avait enflammé le Vélodrome. Comptez sur le papa, Henry, joueur emblématique de l’Usap et des Samoa durant les années 2000, pour éviter que le garçon ne prenne la grosse tête. Sur le terrain, en revanche, aucune retenue.
Billy Vunipola témoigne : « J’ai joué des années avec son oncle, Manu (centre, 60 sélections). D’ailleurs, je n’arrive toujours pas à me dire que c’est son oncle. Les deux, et comme les autres de la famille, c’est une menace. Si tu t’endors sur le terrain, ils te roulent dessus. En plus de sa force naturelle et de sa silhouette colossale, le deuxième ligne sait se servir de ses mains, jouer dans le dos. Mais sa puissance reste son arme fatale.
François Cros ajoute : « C’est un détonateur. Il a des qualités athlétiques assez impressionnantes. C’est un joueur dur au contact, agressif. On préfère l’avoir avec nous que contre. Puis c’est quelqu’un qui emmène les autres et le public avec lui.
William Servat souligne : « De mémoire, et de joueur et d’entraîneur, j’ai rarement vu un jeune joueur faire autant de différences que ce qu’il a pu faire sur notre entraînement. Posolo est prêt. Il a passé tout le début de semaine avec nous et dans ce laps de temps, il s’est largement intégré (…) Quand on se rend compte de ce potentiel-là, ça redonne le sourire malgré les absences de certains. Tuilagi, qui passe difficilement inaperçu, a commencé à se faire remarquer la saison dernière en Top 14 avec son club formateur, l’Usap, se faisant même une place parmi les titulaires malgré son manque d’expérience du plus haut niveau. Le deuxième ligne a également été l’un des acteurs majeurs du sacre des Bleuets l’été dernier aux championnats du monde des moins de 20 ans.
David Marty analysait : « Dans les catégories de jeunes, il a toujours été dominant physiquement, mais il est aussi techniquement au-dessus du lot. Il fait 150 kg, mais c’est un bébé.
François Cros témoigne : « C’est un profil rare. Il a énormément de puissance et ça peut être vraiment une belle arme pour nous. Il est très jeune, mais il aura un bel avenir dans le rugby ».
Romain Taofifenua témoigne : « Posolo, je l’ai connu tout petit, j’ai joué avec son père. Ça fait bizarre de l’avoir avec moi aujourd’hui.
Posolo Tuilagi a sans doute sauvé le XV de France de la défaite, samedi dernier à Murrayfield, en posant sa grosse paluche sous l’ultime ballon d’essai écossais. « J’avais la main dessous », a assuré Posolo Tuilagi après la poussive victoire française (20-16) à Édimbourg, dans le Tournoi des Six Nations. La deuxième sélection du colosse de 19 ans (1,92 m, 149 kg) est déjà entrée dans les mémoires.
Une dynastie de rugbymen
Dans la famille Tuilagi je voudrais… Le rugby est un sport de famille, des Spanghero en passant par les Barrett, les Ntamack ou les Whitelock, tous ont marqué ou continuent d’écrire l’histoire de cette discipline. C’est d’autant plus vrai pour les Tuilagi, dont les qualités athlétiques et le talent se transmettent génération après génération, par-delà même les continents et les océans.
Henry Tuilagi aura fait lever les tribunes du stade Aimé-Giral pendant 8 ans, avant de passer le relais à ses fils qui ont intégré l’école de rugby de l’USAP.
Fereti « Freddie » Tuilagi (né 9 juin 1971 à Apia (Samoa) / Centre) : le premier de cordée. Le premier des Tuilagi à s’être fait un prénom a débuté par le rugby à XIII. En 1994, il débute à XV en passant directement au niveau international défendant les couleurs des Samoa. Le trois-quarts centre, aujourd’hui âgée de 52 ans, fera ensuite le bonheur des Leicester Tigers, des Cardiff Blues et des supporters tarnais lors d’un court passage au Castres Olympique.
Alesana Tuilagi (né le 24 février 1981 à Fogapoa (Samoa) / ailier ou centre) : Le Jonah Lomu des Midlands. 156 matchs joués pour 285 points marqués et trois titres de champions d’Angleterre ont participé à bâtir la légende. Surnommé « Alex », le puissant trois-quarts a également rayonné sur la scène internationale durant ses 37 sélections, trois coupes du monde disputées et un succès historique face à l’Australie en 2011, lors duquel il a marqué un essai.
Anitele’a Tuilagi (né le 5 juin 1986 à Apia (Samoa) / ailier ou centre) : le squale aux dents acérées. Anitele’a était réputé pour ses qualités d’explosivité et la rudesse de ses plaquages. Un style de jeu qui lui a logiquement ouvert les portes de la sélection samoane avec laquelle il a joué 17 matchs et disputé la coupe du monde 2007. Côté club, il a longtemps fait le bonheur des supporters des Sharks de Sale avant de terminer sa carrière, en France, sous les couleurs de Tarbes.
Sanele Vavae Tuilagi (né le 15 juin 1988 à Moto’otua (Samoa) / troisième ligne centre) : Le plus Audois des Samoans. Il a pris ensuite la direction de la PRO D2, et plus particulièrement l’Aude où il rejoint Narbonne en 2011. 2 ans plus tard, il débarque à Carcassonne et y passe 7 ans à XV, avant de rejoindre le club à XIII de la Cité pendant 2 ans. Toujours sur les terrains, Sanele Vavae évolue aujourd’hui pour le Racing Club Trèbes en Fédérale 3.
Manu Tuilagi (né le 18 mai 1991 à Fogapoa (Samoa) / centre) : Sa Majesté Manu. Manu Tuilagi fait partie des meilleurs joueurs du monde et s’est souvent retrouvé dans le costume du bourreau des Bleus… 59 sélections et 100 points marqués pour le XV de la Rose avec lequel il a remporté le Tournoi à deux reprises et disputé la finale de la Coupe du monde 2019. La consécration étant sa participation à la mythique tournée des Lions Britanniques en 2013 contre l’Australie.
Brian Tuilagi (né le 16 mars 1994 à Apia (Samoa) / flanker) : Au nom du père. Le flanker y a disputé 24 matchs et arrivait en provenance de l’académie des Saracens. Ayant grandit en Angleterre, le troisième ligne s’est ensuite offert une virée en Italie, à Mogilano, avant de vite rentrer « au pays ».
Frederick Tuilagi (né le 9 juin 1997 à Halifax (Angleterre) / 3e ligne) : Le « petit » de Freddie. Une poignée de rencontres en Coupe Anglo-Galloise et 3 apparitions en Premiership plus tard et voici que le plus anglais de la célèbre tribu samoane a pris la direction de l’Italie. Son expérience transalpine terminée, Fred découvre la France sous les couleurs de Bédarrides-Châteauneuf, dans le Vaucluse, en Nationale 2.
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