La composition des couches pour bébés est un sujet sensible qui suscite de nombreuses interrogations et polémiques parmi les parents. Entre articles angoissants, points de vue polémiques et raisonnements scientifiques complexes, il est souvent difficile de démêler le vrai du faux. Cet article vise à éclairer le débat en analysant les différentes facettes de la question, en particulier en ce qui concerne les couches Pampers, tout en tenant compte des préoccupations environnementales et de santé publique.
La composition des couches : une source d'inquiétude
Depuis quelques temps, la question de la fabrication des couches occupe de nombreuses discussions entre parents. Des échanges dont on sort souvent avec plus de questions que de réponses. Très vite, des articles aussi angoissants qu’imprécis inondent la toile. Et depuis, les couches jetables font l’objet des pires fantasmes. Sur le web, on peine ainsi à dégoter des réponses éclairantes entre les posts de parents affolés, les points de vue polémiques publiés pour buzzer, les raisonnements scientifiques incompréhensibles et les élucubrations fantaisistes les plus insolites.
En août 2018, un test réalisé par le magazine 60 Millions de Consommateurs a semé le doute en pointant du doigt la composition de plusieurs marques de couches, tant écologiques que conventionnelles. L'enquête a révélé que sur 12 couches de marques différentes, seulement deux ne contenaient pas de "résidus potentiellement toxiques". Les autres se composent d'au moins une substance indésirable (y compris les couches dites écologiques). Tout comme les tampons hygiéniques, les couches censées protéger les fesses des bébés contiennent des résidus de pesticides. Les chercheurs ayant mené cette étude ont en effet trouvé du glyphosate (une substance qu'on retrouve dans les herbicides), des hydrocarbures aromatiques polycycliques, des dioxines et des traces de composés organiques volatils. Or le gyphosate a été classé "cancérigène probable pour l'homme" par le Centre International de Recherche sur le cancer (CIRC). Ces substances ont été retrouvées dans certaines couches telles que les "Pampers Baby Dry" ou encore les couches écologiques "Carrefour Baby Eco Planet". Ces deux distributeurs assurent tous deux "respecte(r) scrupuleusement la réglementation en vigueur".
En octobre 2016, une association environnementale, l'Asef, et la société Love and Green, ont fait analyser en laboratoire des couches Pampers. Les résultats ont révélé des traces de composants dérivés du pétrole, potentiellement toxiques pour les plus petits. Ainsi, les couches Pampers contiennent des traces de benzo anthracène et de chrysène, des dérivés du pétrole considérés comme cancérogènes par l’Union européenne. Le leader de la couche les utilise pour limiter l’irritation et l’effet "fesses rouges" des nourrissons.
Ludivine Ferrer, directrice de l’Asef, considère ces résultats particulièrement alarmants. Les composants sont "en contact avec les parties intimes de nos enfants 23h30 sur 24 heures" jusqu’à leurs 2-3 ans, rappelle-t-elle. Elle redoute des effets néfastes sur le long terme : "si l’effet était immédiat, il y a bien longtemps que les producteurs auraient changé leurs méthodes de fabrication." La scientifique évoque ainsi les maladies chroniques, les cancers ou l’infertilité.
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Pourtant, les taux relevés par le laboratoire indépendant, en deçà de 0,2 mg/kg, sont dans les clous de la réglementation européenne. Rien de rassurant pour l’Asef. "C’est légal mais laisser ainsi ne serait-ce que quelques traces de composants dangereux, c’est moralement trop, d’autant que les industriels ne sont pas obligés d’ajouter ces éléments chimiques !", déplore la directrice de l’association.
Le manque de transparence des marques
Car outre la composition douteuse de ces couches, c'est également le manque de transparence des marques qui est reproché par le magazine : "Chez Pampers, leader incontesté du secteur, on se contente d'inscrire sur les paquets que les couches sont 'douces comme de la soie'". Il s'avère que ce sont la cellulose (fibre issue du bois) et plusieurs matières plastiques qui permettent cette douceur dont la marque fait référence.
Face à ces critiques, Pampers met en avant sa démarche d'évaluation rigoureuse des ingrédients et sa conformité aux réglementations en vigueur. La marque souligne qu'elle évalue soigneusement tous les ingrédients, matériaux, procédés de formulation et produits finis pour garantir qu’ils ne compromettent jamais la santé de votre bébé. Chaque composant est choisi et développé avec l’objectif de fournir la meilleure protection possible. Avant de toucher la peau de votre bébé, chaque ingrédient passe par un contrôle strict pour assurer sa sécurité.
Pampers affirme également qu'elle n'inclut aucun ingrédient nocif pour les bébés dans ses produits et dresse une liste de composants que vous ne trouverez jamais dans aucun produit Pampers : Bisphénol A (BPA), Dioxines, Colorants dispersés, Chlore élémentaire (Le chlore n’est JAMAIS ajouté à aucune couche Pampers), Éthanol/alcool (Les couches, les couches d’apprentissage et les lingettes Pampers sont sans alcool), Latex (caoutchouc naturel), Plomb et mercure dans les encres imprimées, Organostanniques, Parabènes, Résidus de pesticides, Phénol, Polychlorure de vinyle (PVC) et Conservateurs spécifiques (Pampers n’utilise pas de conservateurs dans ses couches).
La marque précise que ces substances peuvent se retrouver à l’état de traces dans notre environnement quotidien, y compris dans l’eau potable, l’air ou la poussière. Toutefois, il est essentiel de comprendre que chaque substance possède un seuil de sécurité établi et que Pampers collabore depuis des décennies avec des professionnels de la santé et des organismes réglementaires pour déterminer ces seuils de sécurité.
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Alternatives : couches écologiques et initiatives durables
Seules les marques écologiques "Love&Green" et "Mots d'enfants" (Leclerc) ne contiennent aucune substance potentiellement toxique. En plus de ne présenter aucun risque sanitaire, ces couches figurent parmi les moins chères du marché : celles de Leclerc, "Mots d'enfants", sont à 20 centimes l'unité et celles de "Love&Green" sont estimées à 44 centimes l'unité (52,90€ le pack de 120 couches taille 5).
Depuis l'enquête menée par 60 millions de consommateurs en 2017, il existe de plus en plus de marques de couches engagées, dont la composition ultra safe et la transparence sont leurs priorités. C’est le cas notamment de la marque française éco-responsable Les Petits Culottés, qui affiche sur son site internet des rapports toxicologiques plusieurs fois par an pour les couches afin d’écarter la présence de composants toxiques, substances nocives et perturbateurs endocriniens. En plus d’être clean pour la santé de nos bébés, les couches Les Petits Culottés sont classées A et obtiennent la meilleure note du marché quant à la qualité d’absorption, soit 90/100 ! Une prouesse inégalée qui s’explique par l’utilisation de cellulose naturelle certifiée FSC et TCF !
Face à la montée en puissance de ces marques écolos, Pampers a lancé une couche mi- réutilisable, mi-jetable, appelée Pampers Harmonie Hybrid. Il s'agit d'une couche, dont l'enveloppe est lavable, avec à l'intérieur un insert jetable « super absorbant », indique la marque, et doté d'une double barrière antifuite. Sa composition est issue de matières végétales, et sans parfum. Pampers propose ce nouveau produit en une seule taille, car la couche peut s'ajuster au niveau du ventre et des jambes du bébé dès sa naissance et jusqu'à ce qu'il devienne propre.
Cette innovation joue la praticité, avec un usage durable de la culotte, et des couches à base végétale, moins nocives pour les petits. Pour Pampers, ce lancement doit l'aider à redorer son blason. La composition des protections, et leur éventuel danger pour la santé des bébés, est au coeur des polémiques ces dernières années.
Pampers cherche à défendre ses positions avec cette nouveauté dans sa gamme Harmonie, plus écolo, lancée en 2018. Car les couches « responsables » continuent leur percée, avec des marques comme Love & Green , le pionnier, et d'autres plus récentes : Tidoo, Les Petits Culottés ou Carryboo. Un segment qui a profité de la pandémie, malgré un recul de la natalité en France. En 2020, ces couches plus naturelles ont ainsi vu leurs ventes s'envoler de 39,5 % en volume, et de 26 % en valeur (Nielsen) sur un marché de la couche jetable, lui, en recul.
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Le défi du recyclage et de la gestion des déchets
Reste que leur recyclage est un casse-tête, car il n'existe pas encore de modèles biodégradables et compostables. Chaque année, en France, environ 3 milliards de couches sont jetées, soit des montagnes de déchets.
Il n’existe pas de couches jetables entièrement biodégradables sur le marché à l’heure actuelle. Car certains composants, inévitables à leur composition, ne sont pas biodégradables (micro-capteurs absorbants (SAP) ou élastiques par exemple). Les produits peuvent présenter une biodégradabilité partielle.
Pampers a créé la première filière de recyclage de couches au monde. Installée à Trévise en Italie, une usine récupère les couches préalablement amenées par des parents vers des points de collecte spécifiques répartis dans la ville. Le polyéthylène ou le polypropylène peuvent par exemple servir à faire des tables ou des vêtements.
La démarche de Pampers pour garantir la sécurité de ses produits
Pampers met en avant les différentes étapes de sa démarche pour assurer la sécurité de ses produits :
- Études consommateurs : Pampers échange avec les parents sur leurs besoins dans le cadre d’études consommateurs.
- Modélisations : Des modélisations sont réalisées pour étudier tous les scénarios possibles, par exemple pour prédire la réaction de la peau à l’humidité en fonction de sa nature et du stade de développement de l’enfant.
- Tests et évaluations : La sécurité de chacun des composants de la couche est testée et évaluée.
- Couche prototype : Une couche prototype est mise au point et un premier lot est testé par 100 bébés pour réaliser des tests de performance et d’innocuité en laboratoire.
- Tests en conditions réelles : Une fois que les couches ont passé avec succès ces différents contrôles, elles sont données à des parents pour des tests en conditions réelles d’utilisation. Si les parents ne valident pas la couche, le cycle recommence.
Pampers précise que le test de 60 Millions de consommateurs relève des traces infinitésimales des produits mentionnées, à des seuils largement inférieurs aux normes européennes. Les quantités retrouvées dans les couches Pampers sont si faibles que les résultats peuvent varier d’un test à l’autre. Comme Pampers effectue plusieurs tests, des résultats complètement différents peuvent ressortir.
La marque reconnaît que des traces de contaminants se trouvent partout dans l’environnement et que la contamination peut par exemple se faire par l’air, par les plantes utilisées pour fabriquer la cellulose ou par l’eau qui a servi à concevoir certaines matières premières comme le super absorbant.
Pampers s’appuie sur la directive européenne sur la sécurité générale des produits et applique volontairement les réglementations les plus strictes comme la directive cosmétique, qui réglemente l’utilisation des 26 allergènes. Nos couches n’en contiennent pas. Enfin, nous avons pris la décision de bannir de nos produits plus de 550 ingrédients complémentaires pointés par REACH, règlement européen qui sécurise la fabrication et l’utilisation des substances chimiques dans l’industrie européenne.
Pampers construit les tests de ses ingrédients autour de scénarios catastrophes. Dans la réalité, un enfant utilise des couches pendant 2 à 3 ans. Pendant cette période, moins de 1% des composants pénètre dans la peau. Pour nos tests, nous partons sur la base d’une pénétration de 100% des composants pendant 75 ans. Pour aller plus loin, nous testons aussi les interactions entre les couches et d’autres produits comme des crèmes par exemple. Nous suivons par ailleurs à la lettre les avis du comité scientifique européen pour la sécurité du consommateur. Si l’ingrédient passe tous les tests avec succès, il est référencé chez nous. On pourra l’utiliser partout. Des USA à la France, Pampers utilise les mêmes produits.
Concernant l’utilisation de produits issus de l’industrie pétrolière dans la lotion qui recouvre le voile protecteur, Pampers précise que le Petrolatum, souvent confondu avec du pétrole, est également appelé Vaseline et que la marque manipule ce produit à un grade pharmaceutique inoffensif pour l’homme. On utilise ainsi la vaseline officinale pour fabriquer des pommades contre les brûlures, des soins des lèvres ou des écrans solaires.
Pampers utilise également le polyéthylène et polypropylène. Ces deux fibres techniques sont connues pour leurs bénéfices pour le maintien au sec de la peau des bébés. Le premier est micro perforé. Il permet d’empêcher le liquide de remonter. Tandis que le second lui permet de garder les fesses du bébé au sec.
Irritations et odeurs : démêler le vrai du faux
Des parents rapportent des irritations lorsqu’ils utilisent des Pampers pour leurs enfants. D’après la société française de pédiatrie, 11 causes expliquent les irritations du fessier des bébés. Pampers regrette que, par méconnaissance, on pointe souvent du doigt les couches à tort, au risque que de mauvais diagnostics soient posés. La marque rappelle qu’une couche doit être changée régulièrement pour éviter les irritations, particulièrement en cas de selles dont les enzymes dégagent un PH acide.
Pampers invite à consulter un médecin en cas d’irritations et demande à recevoir les résultats.
Certains parents font état d’une odeur chimique à l’ouverture d’un paquet de couches Pampers. Il s’agit probablement de l’odeur dégagée par les ingrédients que nous utilisons.
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