La complexité du monde financier moderne rend souvent floues les limites entre les pratiques légitimes et les schémas frauduleux. Si la plupart des gens sont capables de définir un système de Ponzi, peu comprennent que certains mécanismes de notre société, comme la protection sociale et la finance internationale, partagent des similitudes structurelles avec ce type d'escroquerie. Cet article explore la nature des systèmes de Ponzi, en prenant comme exemple emblématique l'affaire Bernard Madoff, et examine comment des principes similaires peuvent se retrouver, de manière légale ou illégale, dans d'autres domaines de l'économie.
Qu'est-ce qu'un système de Ponzi ?
Un système de Ponzi, également appelé « pyramide de Ponzi », est un montage financier frauduleux qui rémunère les investissements des clients avec les fonds procurés par les nouveaux entrants. Ce système pyramidal tire son nom de Charles Ponzi, qui l’utilisa à Boston en 1919 pour devenir millionnaire en seulement six mois. Les profits étaient censés provenir d’une spéculation sur les coupons-réponse internationaux, avec un rendement de 40 % en 90 jours. Cependant, la réalité était que les premiers investisseurs étaient payés avec l'argent des nouveaux, créant une illusion de profitabilité qui attirait toujours plus de participants.
L'escroquerie de Bernard Madoff : un système de Ponzi à grande échelle
La plus grosse arnaque financière de type Ponzi découverte à ce jour revient à l’homme d’affaires américain Bernard Madoff. Ce président-fondateur d’une des principales sociétés d’investissements de Wall Street a créé un système de Ponzi qui a fonctionné pendant 18 ans (de 1990 à la crise financière de 2008). Le 12 décembre 2008, il a été arrêté et inculpé par le FBI pour avoir réalisé une escroquerie qui pourrait porter sur 65 milliards de dollars américains.
L'affaire Madoff a mis en lumière la vulnérabilité des marchés financiers face à la fraude et a ébranlé la confiance des investisseurs. Elle a également soulevé des questions sur la surveillance réglementaire et la diligence raisonnable des institutions financières.
Systèmes pyramidaux légaux : la protection sociale
Il y a des systèmes pyramidaux légaux et des systèmes pyramidaux illégaux. Le système de protection sociale est un système pyramidal légal, tout comme le système financier. Dans les deux cas, le système fonctionne aussi longtemps que de l’argent frais circule. Mais si cet approvisionnement cesse, le système s’effondre.
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Le fonctionnement de la sécurité sociale ressemble d’une certaine façon à un système de Ponzi ; les cotisations des actifs servant à payer les pensions des inactifs. Le principe est donc celui du pot commun fonctionnant par solidarité. Autrement dit, le montant de la contribution versée par chaque personne ne dépend pas de ses propres risques mais de ses revenus.
En France, le système de retraite est fondé pour l’essentiel sur le principe de la répartition ; les cotisations des actifs servant à payer les pensions versées aux retraités. Autrement dit, cela signifie que le jour où les actifs n’arrivent plus à créer la richesse nécessaire pour arriver à financer l’ensemble des pensions versées aux inactifs alors le système s’effondre. Le ratio cotisants-retraités est un indicateur important pour apprécier l’équilibre de ce type de système. En effet, plus le ratio est faible et plus l’effort de financement pèse sur les épaules des cotisants.
Défis et solutions pour le système de retraite
Toutefois, il existe tout de même une solution pour compenser la baisse du nombre d’actifs. Le meilleur moyen de pallier la diminution du nombre d’actifs est d’avoir de la croissance. Autrement dit, si les actifs, tout en étant moins nombreux, arrivent à produire plus et donc à cotiser plus, alors le système reste à l’équilibre. Malheureusement ce n’est pas le cas.
« La solution intermédiaire serait qu’on ait de la croissance mais on sait qu’on ne peut pas en avoir. Pour des raisons démographiques, pour des raisons de progrès techniques, pour tout un tas de raisons, ça fait 50 ans qu’on perd 1 % de croissance tous les dix ans. Par conséquent, il est impossible d’envisager compenser la diminution du nombre d’actifs par de la croissance. De plus, cette dernière est manipulée par nos élites. En effet, aujourd’hui on ne sait quasiment plus faire de croissance sans créer massivement de la dette. En somme, ce n’est donc pas la croissance qui va réussir à sauver notre système de retraite.
D’après le rapport annuel de juin 2019 du Conseil d’orientation des retraites, le système des retraites ne sera pas à l’équilibre avant au moins 2042 ; voir 2056 si la croissance venait à être plus faible que prévu. Ceci est très étonnant car l’année précédente il nous parlait d’un retour à l’équilibre pour 2036 ! Toutefois depuis 2005, la classe dirigeante utilise également l’endettement pour allonger la durée de vie de ce système.
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« On est sorti en France en 2005 de la répartition. Parce qu’en 2005 le système par répartition ne se suffit plus à lui-même pour pouvoir verser les retraites. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que dans la répartition, normalement, n’est versé aux retraités que ce qui a été cotisé auprès des actifs. […] Donc il est venu de l’endettement. Malheureusement, cette solution ne fera que repousser le problème. Pire encore, elle va l’aggraver. En effet, lorsque l’on contracte une dette, il faut certes la rembourser mais il faut également payer la charge d’intérêts qui va avec. Cependant rassurez-vous, avant d’en arriver là, le gouvernement va organiser la fusion des caisses de retraite. Pourquoi ? Parce qu’en fusionnant les caisses de retraite bénéficiaires et celles qui sont déficitaires, cela permet de repousser une nouvelle fois le problème à demain. Il n’y a pas de paranoïa dans mes propos et encore moins de solution miracle pour sauver ce système totalement à l’agonie.
Les similitudes avec la finance internationale
La finance internationale fonctionne d’une certaine manière comme le système de Ponzi, c’est-à-dire en vase clos avec des nouveaux investisseurs qui financent les gains de ceux qui avaient investi depuis plus longtemps. Contrairement à un système pyramidal habituel, la finance internationale permet à ses investisseurs de parier sur l’écroulement de son propre système. Lorsqu’un système pyramidal traditionnel s’écroule, la totalité des investisseurs qui sont encore présents sur le marché perdent tout et les responsables sont incarcérés. On peut résumer tout cela à « pile je gagne, face tu perds » !
Marketing de réseau et vente pyramidale : démêler le vrai du faux
Le marketing de réseau n’a rien d’un système pyramidal. Une pyramide de Ponzi est une structure organisée du haut vers le bas, seuls ceux qui y sont entrés au tout début ont une chance de monter au sommet. Dans la structure du triangle inversé du marketing de réseau, tout le monde commence en bas et à l’opportunité de créer un vaste réseau, plus vaste encore que celui du parrain. Le marketing de réseau n’est donc pas un système de vente pyramidale.
La vente pyramidale consiste à vendre un produit ou un service virtuel à une personne, tout en lui disant qu’il peut gagner de l’argent en le vendant lui-même. Le produit fictif servant juste de prétexte pour faire circuler l’argent. En clair, c’est une escroquerie car seuls les fonds apportés par les nouveaux entrants permettent de rémunérer les commissions de ceux qui les ont précédés. Pour entrer dans la partie, chaque prospect va devoir payer un droit d’entrée. Une fois devenu membre, il va être dans l’obligation d’enrôler un certain nombre de personnes pour pouvoir récupérer sa mise de départ et continuer de trouver sans cesse des prospects pour générer un bénéfice. Afin de trouver de nouvelles recrues, les nouveaux membres ont tendance à chercher autour d’eux des gens qui acceptent de leur faire confiance et d’investir une certaine somme en échange de promesses de bénéfices futurs. Une fois que ces personnes font également partie du système, c’est à leur tour d’encourager de nouveaux prospects à rejoindre la partie.
Ce système est dit pyramidal parce que ses membres forment une pyramide. Chaque niveau est plus volumineux que le précédent avec, à la tête, au sommet de la pyramide, le créateur du système. Il faut absolument s’assurer que le produit existe bel et bien. Dans la vente pyramidale, il n’y a pas de limite de niveaux pour les commissions. Cela est bien évidemment interdit car in fine l’entreprise vendrait à perte.
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Les systèmes de vente pyramidale sont interdits pour deux raisons. La première est qu’ils ne créent pas de richesse. L’argent gagné par les membres provient d’autres membres de niveaux inférieurs. Il n’y a donc aucune création de valeur car le système ne fait que transférer de l’argent vers le sommet. La seconde est qu’ils ne sont pas durables dans le temps. Pour perdurer le plus longtemps possible, ces systèmes utilisent bien souvent la méthode de vente du marketing de réseau. Les systèmes de vente pyramidale sont formellement interdits par la loi de la plupart des pays du monde. Si vous vous rendez compte que vous faites partie d’un tel système en France, vous devez absolument vous adresser à la répression des fraudes.
Réflexions sur la justice et la responsabilité
Tout de même, certaines réactions d’indignation, à la suite de cette décision sévère à l’encontre du maire (LR) de Levallois-Perret, ne laissent pas d’étonner. Comme si au fond, tout en réclamant une justice exemplaire à l’égard des politiques, on ne la souhaitait pas et qu’on était comme tristement surpris par son apparition. Le fatalisme découragé ou vindicatif d’avant - il y aura toujours deux poids deux mesures et la classe politique sera toujours épargnée - est suivi, depuis cette décision, par une stupéfaction outrée. Quoi, la justice a tenu parole ! Le fait que durant les débats, son attitude a été telle qu’on pouvait l’imaginer, moqueuse, gouailleuse, sérieuse aussi mais imprégnée d’un état d’esprit donnant l’impression qu’il était le maître et que la Justice était à son service. Sa désinvolture paraissait minimiser l’infraction qu’il avait pourtant avouée et une autre juridiction aurait pu bassement lui en tenir rigueur.
Le délit de fraude fiscale, tel qu’il a été perpétré, est gravissime, massif, notamment car « leur unique dessein a consisté à réduire frauduleusement leur contribution publique ». Le jugement a fait droit à ces réquisitions. A le lire, on ne peut soutenir, sauf à être d’une totale mauvaise foi, qu’il soit superficiel, expéditif et sans démonstration.
Je ne vais pas faire l’impasse sur ce qui a le plus troublé dans cette décision. C’est le fait qu’elle ait jugé indispensable l’incarcération immédiate de Patrick Balkany. Les considérations sur lesquelles elle s’appuie sont recevables et n’entourent pas, à mon sens, cette ultime sévérité d’un halo de douteuse partialité ou de sadisme délétère. Elle peut être discutée, d’aucuns pourraient y voir comme une symbolique pédagogique pour démontrer que rien, décidément rien, n’intimide les juges dans leur rapport avec un politique dévoyé.
Quand on insulte une juridiction après avoir ostensiblement admis la culpabilité de son client dans l’affaire, au sujet d’une infraction à tous égards inexcusable, avec un ministère public suivi dans ses réquisitions et des débats de qualité, il y a là comme un paradoxe de mauvais joueur, un aveu de faiblesse. Pour qui connaît un peu la stratégie et la tactique judiciaire, on devine pourquoi ce jugement du 13 mars déstabilise la défense. Avec un Patrick Balkany faisant preuve de sincérité - inévitable - pour la fraude fiscale, on espérait que le tribunal correctionnel en tiendrait compte, qu’il réduirait la peine requise et que surtout il en tirerait des conclusions pour la suite encore plus grave jugée le 18 octobre. Comme Patrick Balkany sait dire la vérité ici, il faut le croire là alors qu’il conteste et que sept ans ont été requis. C’est cousu de fil blanc judiciaire.
Au-delà des polémiques immédiates et de l’ire de ceux dont la vocation est de « se payer la Justice » même quand elle est remarquable, je plaide pour ma chapelle. Je n’ai jamais pour ma part focalisé sur le « deux poids deux mesures ». Les condamnations des Gilets jaunes pour leurs exactions et celle de Patrick Balkany pour la fraude fiscale - avant la suivante peut-être ? - m’apparaissent toutes nécessaires et justifiées.
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