La Procréation Médicalement Assistée (PMA) est un parcours semé d'embûches, tant sur le plan physique que psychologique. Pour aborder cette aventure avec sérénité et optimiser ses chances de succès, il est essentiel d'adopter une approche globale qui englobe l'entraînement physique, la gestion émotionnelle et la communication au sein du couple. Cet article propose des conseils pratiques et des témoignages pour vous accompagner à chaque étape de votre parcours PMA.
Optimiser son Entraînement Physique pour la PMA
L'Importance de l'Activité Physique Régulière
Pour progresser et atteindre ses objectifs sportifs, il est nécessaire de s’entrainer régulièrement. Cependant, avec des emplois du temps chargés, il peut être difficile de trouver le temps de sortir pédaler ou de pratiquer une activité physique régulière. Heureusement, il existe des alternatives aux sorties longues en extérieur, comme l'entraînement sur home trainer.
Séance d'Intensité de Type Fractionné 30/30
L’entraînement proposé est une séance d’intensité de type « fractionné 30/30 ». La PMA (Puissance Maximale Aérobie) est la puissance réalisée au maximum de la capacité aérobie de l’organisme, c’est-à-dire à la VO2max. Le temps de maintien de la PMA est compris entre 3 à 6 minutes.
Conseils pour une séance efficace :
- Utiliser un vélo adapté à la pratique du Home Trainer.
- Réaliser au minimum 2 séances d’entraînement par semaine.
- Utiliser un cardiofréquencemètre de type Garmin et l’échelle subjective d’intensité de l’exercice pour respecter les consignes d’intensités.
- Variez les braquets pour atteindre la cadence de pédalage et l'intensité souhaitées.
- Munissez-vous d’un bidon et pensez à bien vous hydrater tout au long de la séance.
- Il est important de bien respecter la zone d’intensité I5. Il ne s’agit donc pas de 30 secondes « à fond » ou en sprint, mais bien à I5. Les 3 premières répétitions ne doivent pas paraître trop difficiles. Vous devez observer une « dérive cardiaque » et votre FC max doit être atteinte en fin de série.
- Il est conseillé de récupérer au moins 12 à 24 heures avant de refaire ce type de séance.
- Un cycle de développement de 4 semaines, à raison de 2 séances par semaine, est un bon compromis pour progresser sans tomber dans la fatigue.
- N’hésitez pas à varier les durées d’effort et de contre effort. Par exemple faire du 1 min/1 min, du 40 sec/20 sec, du 15 sec/15 sec, etc.
Adapter son Activité Physique Pendant le Traitement
Il est crucial d'adapter son activité physique en fonction des étapes du traitement de PMA. Pendant la stimulation ovarienne, il est préférable de privilégier des activités douces comme la marche, le yoga ou la natation, en évitant les sports à impacts ou les exercices intenses qui pourraient solliciter excessivement les ovaires.
Conseils pour une activité physique adaptée :
- Écouter son corps et respecter ses limites.
- Privilégier les activités qui favorisent la circulation sanguine et la détente.
- Éviter les sports à risque de chute ou de torsion des ovaires.
- Consulter son médecin ou un professionnel de la santé pour obtenir des recommandations personnalisées.
Naviguer les Défis Émotionnels de la PMA
Le Témoignage de Magali : 5 Ans de PMA, un Parcours Psychologique Intense
Magali et son chéri ont suivi un parcours PMA pendant 5 ans, 5 années de déceptions, de piqûres, de FIV. Dans son témoignage elle ne revient pas sur les aspects « pratiques » et médicaux, mais sur le côté psychologique de ce qu’elle a enduré pour devenir maman.
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Les épreuves psychologiques rencontrées par Magali :
- L’impatience : 6 mois après les premiers essais, 1 grossesse naturelle qui était en fin de compte 1 oeuf clair. Première claque.
- L’incompréhension : face à toutes ces femmes qui y arrivent très bien (celles qui fument, qui boivent… - ‘moi si j’étais enceinte, je le protégerais déjà cet enfant » vous avez envie de crier à dame nature qui vous refuse cet enfant).
- L’amertume : de devoir médicaliser ce processus.
- L’attente : parce que les essais FIV c’est très très long. D’abord, il y a les tests pour savoir si la sécu et le labo vont dépenser de l’argent pour vous aider, ou si c’est peine perdue. Ensuite ceux qui prennent 1 mois d’attente pour avoir les résultats, ceux qu’il faut faire à J3 « et mince, je suis à J5, va falloir encore attendre le prochain cycle« , etc, etc, etc Bref, nous avons commencé les FIV presque 9 mois plus tard.
- La détresse : j’aurais donné n’importe quoi pour avoir une baguette magique, me voir 10 ans plus tard pour savoir si oui ou non nous aurions eu un enfant. Car ce qui m’a détruite tout au long de cette aventure, c’est l’espoir. On dit « l’espoir fait vivre », moi je vous dis qu’il peut détruire aussi. Si on m’avait dit « non, désolé tu n’auras jamais d’enfants« , j’aurais pu faire mon deuil, ça aurait été long, c’est sûr ; mais sans désillusion. L’espoir vain a été ravageur pour moi. A chaque nouvel espoir, on y croit et on se prend une claque de plus, encore et encore…. Ce qui me rongeait le plus était de voir que nous « stagnions ».
- La solitude : il y a tout d’abord vos amis qui ont réussi, eux, à avoir des enfants. Ils ne vivent donc plus au même rythme que vous « jeunes sans contraintes » que vous êtes. Fini les sorties, les invitations, les randos, car tous vous répondent « oui, mais tu sais avec le bébé…. » Du coup, vous sortez tout seuls avec votre mari, et vous ne les voyez plus. Et puis, il y a même votre mari. En même temps, c’est normal : quand tous les matins, nous les femmes on doit aller « écarter les jambes devant tout le service PMA » (excusez pour l’expression), piqûre matin et soir, analyses, qu’on vous fait mal, que vous arrivez en retard au travail tous les jours, etc, etc…. Alors que lui, la seule chose qu’il avait à faire n’était pas douloureuse mais juste gênante, et ce n’était presque qu’une fois tous les 6 mois. Comment voulez-vous qu’on le vive pareil ?
- La jalousie : Quand j’allais chez mon frère (2 enfants), je voyais qu’ils rayonnaient de bonheur. Ils étaient beaux tous les 4 !! J’adorais aller chez eux pour sentir cette atmosphère de « on est heureux« , mais à chaque fois quand j’en repartais….
- L’énervement : alors sachez mesdames que certaines fois, vous voulez être rassurantes, mais que vous êtes en fin de compte énervantes. Quand je dis ça, je ne parle pas des « n’y pense pas« …. Non, ce qui m’énervait au plus haut point ce sont les femmes (connaissant mon parcours) qui me disaient, les concernant elle et leur tentative bébé à venir : « moi je pense que ça va pas marcher facilement, on va mettre du temps« . Comment vous dire que là, il a fallu que je prenne sur moi pour ne pas les tarter (oui, le mot n’est pas trop fort). Envie de leur crier « si tu ne connaissais pas mon parcours, tu ne m’aurais jamais dit ça. C’est de la fausse compassion« . Et bien évidemment, 2 mois après « en fait, ça a marché du premier coup, on s’y attendait pas ! » Pouf*#!!sse….!!!! Et ou alors encore mieux, j’ai eu « quand j’ai appris que j’étais enceinte, j’avais peur que ce soit un oeuf clair » (chose que j’ai eu, je rappelle). « Euh, pardon ?!
- La tolérance: je n’en ai jamais voulu à qui que ce soit (à part sur ces petites phrases ridicules). Depuis le début. Même quand on me sortait des absurdités, je n’en voulais pas à la personne, car à chaque fois je me disais « je ne t’en veux pas, tu ne peux pas comprendre« . Et puis, moi j’aurais été dans leur situation à elles, qu’est-ce que j’aurais répondu ? Aurais-je été plus maligne ?
- La désolation : Quand ton frère dit « qu’il est content car il a réussi à vendre le trio poussette« . Pour lui, c’était anodin, mais vous, ça vous brise le cœur car vous vous dites que ça y est, il ne croit plus en vos chances à vous. Et puis vous réalisez que plus personne ne vous en parle. D’un côté, vous êtes plus tranquille à ne pas répondre à certaines questions, mais de l’autre vous vous dites que tout le monde s’est résigné. Et enfin, il y a vous qui redoutez qu’on vous demande d’être marraine de ces chérubins qui poussent partout sauf dans votre ventre. Je l’aurais très mal pris.
- Le mutisme : De toute façon, j’ai arrêté d’en parler car je voyais qu’on me sortait des choses que je n’avais pas envie d’entendre, ou des énormités plus absurdes les unes que les autres. Et puis au bout d’un moment…. y’a plus rien à dire ! C’est comme ça, et personne n’y peut rien. Je suis allée voir une psy… Ça ne m’a pas du tout aidée. Je suis allée voir une kinésiologue… elle m’a d’abord dit que j’avais fait un travail sur moi-même assez impressionnant car j’y allais non pas pour tomber enceinte, mais pour arrêter de fonder ma vie sur ce désir (5 ans ça forge le caractère !). A l’issue de la séance, elle m’a dit que j’avais peur de perdre…. ah c’est bien, et donc ?
- La prise en main : un manager m’a dit une fois « ok, ton poste ne te convient pas, mais au lieu de te contenter de te plaindre, toi qu’est-ce que tu fais pour que ça change ? » Cette phrase a été mon leit-motiv bien souvent, et là encore plus. En 2015, soit 4 ans après le début, je me suis dis « bon, ok apparemment, la vie ne te fera pas de cadeaux. A toi donc de reprendre ta vie en main et de décider vers où tu veux la mener« . Comme pour beaucoup, j’ai décidé que ce serait professionnellement que j’avancerai. J’ai donc opéré une reconversion.
- L’acceptation : c’était début d’année 2016. J’ai réalisé que ça allait faire 5 ans en Juillet 2016 qu’on essayait d’avoir un bébé. Que ça y est, notre chance était passée, allez hop au suivant ! Bon, ben voilà, nous, ce sera comme ça, on n’aura jamais d’enfant…. Personnellement, j’aurais arrêté là les essais FIV car c’est trop de souffrance psychologique (ce qui est rigolo, c’est que les premières années je disais que je ne comprenais pas les couples qui s’arrêtent avant d’avoir fait les 4 FIV, « c’est bête », disais-je ! 3 ans plus tard « Oui, c’est c’la, oui »….naïve !). Mais mon mari m’a convaincu de continuer « pour ne pas regretter ».
- La méfiance : et puis, en Mai 2016, résultat de notre 3ème FIV : ding, dong, vous êtes enceinte ! Et là, ma réaction : ni chaud ni froid. Pourquoi ? Parce qu’en 5 ans, on se prend tellement de claques dans la figure, de désillusions qu’au fond de moi je me disais : « ne t’inquiète pas, d’ici 2 jours, j’aurai mes règles« . Cette sensation a duré jusqu’aux 4,5 mois de grossesse.
Conseils de Magali pour mieux vivre le parcours PMA :
- ne cherchez pas à voir au-delà du prochain mur. C’est le seul conseil que je retiendrai de la psy. C’est-à-dire, n’essayez pas de connaître votre futur. Par contre je l’ai très bien appliqué (sans faire exprès) pour ma grossesse : « attends, ne t’emballe pas, tu vas voir à la prochaine écho, on va te dire qu’il est mort« ….
- acceptez : il vous faudra du temps. Le temps ne m’a pas guéri, il a pansé mes plaies.
- réagissez : posez-vous la question, « en attendant que ça marche, moi qu’est-ce que je fais ? Qui je suis ?
- acceptez de « ne pas savoir ». Certains aiment en parler, d’autres non.
- au lieu de dire « n’y pense pas/prévois-toi des vacances/un voyage/un projet… »; offrez-leur un coffret cadeau, une sortie, etc, bref des trucs à deux. Car c’est bien beau de le dire, mais ça sous-entend de l’argent que nous n’avions pas !
L'Importance du Soutien de l'Entourage
Pour une femme en parcours PMA, le soutien de son entourage peut faire une différence significative pour surmonter les épreuves et trouver la force d'avancer vers son projet de devenir mère. Mais comment offrir une aide véritablement bénéfique ?
Conseils pour soutenir une amie en parcours PMA :
- L'écoute active : Ton amie en parcours PMA a besoin de se confier et de partager ses émotions. Prends le temps de l'écouter sans interruptions, sans jugements. Offre-lui un espace où elle peut vider son sac en toute sécurité, loin des conseils non sollicités.
- La présence : Parfois, ton amie n'aura peut-être pas envie de parler. Cela ne signifie pas que tout va bien. Ta présence, même dans ces moments, peut être réconfortante.
- Le respect : Ton amie reçoit probablement déjà beaucoup de conseils de toutes parts, sans les avoir demandés. Il est important de respecter son espace en évitant d'ajouter à ce flot d'opinions des conseils non sollicités.
- L'encouragement : Il est crucial de lui rappeler l'importance de prendre soin d'elle-même. Encourage-la à se ménager des moments de détente, à s'accorder des pauses pour se ressourcer, et à se souvenir qu'elle est bien plus que ce parcours médical.
- La distraction : Les rendez-vous médicaux, les traitements et l'attente peuvent être épuisants et surtout très contraignants. Propose à ton amie des moments de distraction pour alléger sa charge mentale.
- L'aide concrète : Propose lui de l'aide concrète : faire des courses, préparer un repas, l'accompagner à un rendez-vous médical ou même simplement être là pour une tâche banale.
Renforcer le Couple Pendant la PMA
Le couple est l’une des grandes victimes du parcours PMA. Usées par les protocoles, découragées par les épreuves, fatiguées par les effets secondaires, épuisées par les interminables attentes…. certaines relations vacillent. Mais la PMA peut également souder des couples, renforcés comme jamais face à l’adversité.
Conseils pour renforcer le couple pendant la PMA :
- La communication : Exprimer ses émotions, lever le voile sur ses doutes, se confier sur ce que l’on ressent. Dans ces périodes de stress et d’inquiétude pour les deux personnes du couple, les nerfs sont mis à rude épreuve pour chacun. Des phrases peuvent être mal comprises, des actions peuvent être mal interprétées. Un fossé pour se creuser progressivement.
- Entretenir la flamme : Mettre la PMA et ses difficultés de côté semble essentiel par moment pour vous retrouver en tant que couple. Pendant un protocole, les temps d’attente peuvent être l’occasion de moments privilégiés à deux. Pourquoi pas une sortie cinéma ? Ou un restaurant, comme celui que vous aviez tant aimé tous les deux, il y a quelques mois ? Et pourquoi pas ne s’offrir un week-end dépaysant avant d’entamer un nouveau protocole ?
- Cultiver l'humour : Aussi difficile et éprouvant soit-il, le parcours de PMA peut donner lieu à des mises en situation drôles. Les rendez-vous de dernière minute avec votre moitié parce que vos résultats d’analyses sont encourageants, les moments de gêne où vous échangez des regards complices, ou encore ces moments d’intimité qui peuvent déclencher des éclats de rire.
- La thérapie de couple : Animées par des professionnels certifiés, ces séances offrent des moments privilégiés pour les conjoints. Demander ainsi de l’aide est un processus qui demande du temps. La première étape est de reconnaître qu’un problème existe.
- Les groupes de parole : Exprimer ce que l’on ressent auprès d’autres personnes qui traversent les mêmes épreuves procure soulagement et apaisement. Cela permet de se rendre compte que, non, vous n’êtes pas seule. Oui, d’autres femmes font face aux mêmes difficultés dans leur couple.
- Éviter la culpabilisation : Faire face à difficultés pour avoir un enfant est probablement l’un des plus gros défis. Nous ne sommes pas préparés à cela. Une réaction humaine peut consister à chercher une raison, définir un coupable de cette situation insupportable. Pourtant, la responsabilité ne revient à personne.
- Préserver l'essence du couple : Quels sont ces éléments qui vous lient ? Quels sont les sujets, activités, passions qui vous rassemblent ? Garder en vue ce qui forme l’essence de votre couple est important.
- La mise en place de rituels de couple : Comment lâcher prise et retrouver une certaine légèreté, une douce insouciance ? La mise en place de rituels de couple peut y contribuer.
L'Accupuncture : Un Coup de Pouce pour la Nidation
Pendant un protocole de FIV, il est utile de stimuler l’épaississement de l’endomètre par l’acupuncture. Par des séances en début de traitement de stimulation ovarienne, la veille de la ponction et le jour du transfert, nous allons épaissir l’endomètre en augmentant sa vascularisation pour obtenir 3 feuillets. L’idée étant de créer un petit matelas suffisamment épais et moelleux pour que l’œuf puisse s’y accrocher. Grâce aux aiguilles apposées au niveau de l’utérus qui stimulent les flux énergétiques et les sécrétions hormonales.
Conseils supplémentaires pour favoriser la nidation :
- Repos : Après la ponction, des tiraillements du ventre et une inflammation des tissus utérins peuvent vous mettre un peu à l’arrêt.
- Alimentation non-inflammatoire : Pour l’homme comme pour la femme, il est vivement conseillé de manger équilibré, d’éviter l’alcool et le tabac au cours du protocole PMA. Ne pas consommer de sucres rapides, de graisses, d’épices, de viande rouge, de tabac ni d’alcool.
- Écouter son corps : Un peu de marche ne vous fera aucun mal après le transfert et n’empêchera pas la nidation !
- Sexualité : Il n’existe aucune contre-indication s’il n’y a pas de douleur.
PMA et Période des Fêtes : Comment Gérer les Émotions
La période des fêtes peut être particulièrement difficile pour les personnes en parcours PMA. Les réunions de famille, les questions intrusives et la pression sociale peuvent raviver la douleur de l'infertilité.
Conseils pour gérer les émotions pendant les fêtes :
- Anticiper les situations difficiles : Préparez-vous mentalement aux questions que vous ne voulez pas répondre et aux commentaires maladroits.
- Communiquer vos limites : Informez vos proches de vos besoins et de vos limites. N'hésitez pas à dire non aux invitations si vous ne vous sentez pas capable d'y assister.
- Prendre soin de vous : Accordez-vous des moments de détente et de plaisir. Faites des activités qui vous font du bien et qui vous permettent de vous ressourcer.
- Se recentrer sur le couple : Profitez de cette période pour vousRecentrer sur votre couple. Organisez des activités à deux, discutez de vos projets et renforcez votre lien.
- Ne pas culpabiliser : Il est normal de ne pas avoir envie de faire la fête. Ne vous forcez pas à sourire si vous n'en avez pas envie.
Les Étapes Clés du Parcours PMA
Avant de débuter votre prise en charge en procréation médicalement assistée (PMA), gardez à l’esprit qu’il n’existe pas de parcours type. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’infertilité se traduit chez un couple par « une incapacité à concevoir un enfant après plus de douze mois de rapports sexuels réguliers sans utilisation de moyen de contraception ». Il s’avère donc nécessaire de consulter un gynécologue au-delà de ce délai.
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Les étapes clés du parcours PMA :
- La consultation initiale : Il est indispensable que les deux membres du couple soient présents lors de cette consultation. Au cours de celle-ci, le gynécologue réalise un entretien avec le couple concernant le désir d’enfant. Parmi les thèmes abordés, les antécédents médicaux, chirurgicaux et familiaux de chacun seront notamment discutés. Cet entretien est suivi d’un examen gynécologique auquel sont ajoutés des examens complémentaires chez la femme comme chez l’homme.
- Les examens complémentaires :
- Bilan hormonal : Cet examen sanguin a pour but d’analyser le fonctionnement du système endocrinien de la femme : des anomalies de la sécrétion hormonale pouvant altérer la fonction de reproduction féminine.
- Échographie pelvienne : Elle permet d’évaluer le CFA (compte de follicules antraux). Couplé au dosage de l’AMH, cet indicateur permet d’estimer la réserve ovarienne, c’est-à-dire le nombre de follicules capables de se développer en vue de l’ovulation.
- Hystérosalpingographie : Il s’agit d’un examen radiographique permettant d’analyser l’utérus et les trompes à l’aide d’un produit de contraste.
- Spermogramme : Le spermogramme permet de mettre en évidence une infertilité d’origine masculine. Complémentaire au spermogramme, le spermocytogramme consiste à étudier la qualité du sperme après coloration des spermatozoïdes. Cet examen consiste à rechercher la présence d’éventuelles infections bactériennes dans le sperme.
- La réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) : Cette réunion a lieu en l’absence des patients. Elle réunit l’ensemble de l’équipe médicale (gynécologues et médecins biologistes). Cette réunion est l’occasion de remplir le dossier administratif (pièces d’identité, acte de naissance, procédure de demande de remboursement des actes médicaux). C’est lors de cette réunion que sont signés les consentements. Le couple valide ainsi le parcours PMA choisi.
- La consultation de prescription : Elle a lieu entre le premier et le troisième jour des règles. L’objectif de cette consultation est d’obtenir l’ordonnance donnant accès au traitement de stimulation ovarienne.
- La stimulation ovarienne : Le bon déroulement de la stimulation ovarienne est crucial pour la suite du parcours PMA. Les chances de succès dépendent en grande partie de cette phase. La phase de stimulation ovarienne a une durée moyenne de 2 à 3 semaines. Le bon déroulement de cette phase est contrôlé à partir du dixième jour, toutes les 48 heures par le gynécologue. L’échographie permet de quantifier le nombre de follicules en croissance dans l’ovaire. Les taux de LH sont mesurés afin de s’assurer que l’ovulation n’a pas eu lieu spontanément. Le 17β-œstradiol est également dosé : cette hormone ovarienne est le reflet de la maturation des follicules. En fonction des résultats du monitorage ovarien, votre traitement est adapté par le gynécologue.
- Le déclenchement de l'ovulation : Lorsque les follicules ovariens ont atteint une taille suffisante et que les taux d’hormones sont jugés optimaux, l’ovulation est déclenchée. Une heure précise sera communiquée à la patiente par l’équipe médicale. Il est très important que vous respectiez précisément l’heure indiquée par votre médecin pour le déclenchement de l’ovulation. En effet, celle-ci aura lieu 36 à 40 heures suivant votre injection. L’insémination des spermatozoïdes (dans le cas d’un protocole d’insémination intra-utérine) ou la ponction ovocytaire (dans le cas d’un protocole de fécondation in vitro) sera réalisée 36 heures après le déclenchement.
- L'insémination intra-utérine (IIU) : En France, l’insémination intra-utérine est le traitement de première intention. L’insémination intra-utérine (IIU) a pour but de faciliter la rencontre entre l’ovocyte et le spermatozoïde. Le jour de l’insémination intra-utérine, le recueil de sperme est réalisé par masturbation après 2 à 5 jours d’abstinence sexuelle. Le sperme est préparé au laboratoire et les spermatozoïdes les plus mobiles sont sélectionnés pour l’insémination artificielle. L’insémination intra-utérine avec le sperme du conjoint est recommandée dans les cas d’anomalies modérées du sperme. Une insémination artificielle avec le sperme d’un donneur aura lieu dans le cas d’une infertilité d’origine masculine.
- La fécondation in vitro (FIV) ou FIV-ICSI : Suite à plusieurs échecs de protocoles d’insémination intra utérine artificielle, le couple sera dirigé vers un protocole de fécondation in vitro. Contrairement à l’insémination intra-utérine, la rencontre aura ici lieu en dehors du corps de la femme. La réussite d’un protocole de FIV ou de FIV-ICSI repose essentiellement sur l’efficacité de la stimulation ovarienne.
- La ponction ovocytaire : Elle a lieu au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. La ponction est réalisée sous contrôle échographique par voie transvaginale. Le liquide folliculaire dans lequel baigne les ovocytes est prélevé par une sonde.
- La fécondation : Lors d’une FIV, 50 000 spermatozoïdes sont placés au contact d’un ovocyte : la fécondation est spontanée. Au cours des cinq jours suivants, le développement des embryons issus de la fécondation est suivi. Un score est attribué à chacun d’eux en fonction de leur morphologie.
- Le transfert embryonnaire : Le transfert a lieu au centre de procréation médicalement assistée. Il se déroule en position gynécologique: le(s) embryon(s) sélectionnés pour le transfert sont placés dans un tube souple (un cathéter). Le transfert de(s) embryon(s) peut avoir lieu deux jours ou cinq jours après la fécondation. De plus en plus fréquemment, un seul embryon sera transféré afin de réduire le risque de grossesse multiple.
- Le transfert d'embryons congelés (TEC) : Suite à une FIV ou une FIV-ICSI, il n’est pas rare que plusieurs embryons soient considérés comme ayant un haut potentiel d’implantation. Les embryons à haut potentiel d’implantation non-sélectionnés pour le transfert embryonnaire sont congelés dans de l’azote liquide (-196°C). Lors de la décongélation, les agents cryoprotecteurs sont remplacés peu à peu par de l’eau.
- Le post-traitement : Après avoir subit la stimulation ovarienne, le monitorage des ovaires, l’insémination intra-utérine, la ponction ovocytaire, le développement embryonnaire in vitro et le transfert d’embryon congelé, il est possible que vous vous sentiez seule au cours du post-traitement. En effet, vous n’aurez que très peu de contact avec l’équipe médicale.
Conseils Supplémentaires pour une PMA Réussie
- L'importance du repos après le transfert : Bien que les avis divergent sur la nécessité d'un repos strict après le transfert embryonnaire, il est généralement conseillé de se reposer et d'éviter les efforts physiques intenses pendant les premiers jours.
- Gérer le stress au travail : Si votre travail est source de stress, discutez-en avec votre médecin ou votre employeur pour trouver des solutions pour réduire la pression.
- Le sport pendant la PMA : La pratique d'une activité physique douce et régulière est bénéfique pour la santé physique et mentale pendant la PMA. Cependant, il est important d'éviter les sports à impacts ou les exercices intenses qui pourraient solliciter excessivement les ovaires.
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