L'histoire du Paris Saint-Germain est jalonnée de joueurs aux trajectoires diverses, certains gravant leur nom dans la légende du club, d'autres laissant une empreinte plus mitigée. Parmi ces figures, Talal El Karkouri et Christian Wörns incarnent deux époques distinctes du club de la capitale, suscitant des réactions contrastées chez les supporters.
Talal El Karkouri : L'enthousiasme Débridé
Talal El Karkouri, arrivé au PSG comme un bouche-trou pour pallier les absences en défense, est rapidement devenu un personnage à part. Son style de jeu, mélange d'enthousiasme débridé et de confiance en soi sans limite, a marqué les esprits.
Un Style Inoubliable
Talal, c’était la finesse d’un charcutier tchétchène. Bouche légèrement entrouverte, crampons dans les starts, œil fixé sur le lointain, il est toujours à l’affût d’une gorge à tacler. Tout ce qui est placement, anticipation, vitesse, agilité, non merci ; son truc, c’était droit à la cheville, en labourant la pelouse sur cinq mètres d’une glissade la plus spectaculaire possible.
Un Défenseur au Service du Maroc
Talal, défenseur au service de sa majesté le Roi du Maroc, c’était le James Bond du coup franc, l’homme à la frappe de moins. Avec Eric Rabesandratana, son compagnon d’infortune, qui a beaucoup changé depuis, ils ont formé pour le pire et le meilleur LA charnière centrale du siècle, reléguant Carotti / Ngoty et Sakho / Camara dans les prisons turques de l’Histoire. Pour ça, nous ne les oublierons pas.
Malgré ses lacunes techniques, son engagement et sa personnalité attachante lui ont valu une certaine tendresse de la part des supporters. Son passage au PSG, bien que ponctué d'erreurs et de maladresses, reste un souvenir marquant pour ceux qui ont connu cette période.
L'Expérience Anglaise
Cependant, la « finesse » de Talal a plu dans le championnat anglais. Plus tard, à Charlton, lui, le génial soliste du trop-plein, aura enfin l’opportunité de faire la démonstration de tout son talent. Là-bas, un tacle c’est une œuvre d’art, c’est beau. Très vite, mais peu de temps, il est devenu un joueur apprécié par un public d’amateurs rougeauds, chauves, aux bedaines proéminentes et pleines de bière, d’une grande politesse et s’exprimant dans un sabir incompréhensible.
Un Personnage Hors Norme
Et puis quand même, Talal c’était « Talal » justement, qui exigeait d’être appelé par son prénom et qui pour parler de lui invoquait sa personne : « Talal fait ci, Talal fait ça… » Zlatan et Delon ont liké son profil. On reste dubitatif face à ce personnage hors-norme, un peu showman, un peu fantasque, un peu footballeur, dont tout le monde finalement se rappelle avec une certaine tendresse. Un parfait parangon de modestie en tout cas, prêt à communiquer le bonheur d’être lui, le cœur sur la main, toujours de bonne humeur, disponible pour répondre aux journalistes.
Christian Wörns : L'Allemand Rigoureux
À l'opposé de Talal, Christian Wörns incarne la rigueur et le professionnalisme allemand. Recruté en 1998 pour remplacer Bruno N'Gotty, il arrive avec une solide réputation et l'ambition de s'imposer comme un pilier de la défense parisienne.
Une Arrivée Préparée
Six mois avant, il prend des cours de français avec sa femme. Preuve qu’il prend son intégration très au sérieux et pour beaucoup un gage d’implication.
Une Saison Tumultueuse
Le PSG sort d’une saison compliquée, le club doit absolument se refaire. Alain Giresse est un coach sans expérience à ce niveau, ce qu’il admet. Il sait qu’il a un effectif de très bon niveau, mais malheureusement il n’arrivera jamais à s’imposer. Malgré les magouilles extra-sportives il fera confiance à Wörns. À cette occasion il fait taire toute rumeur de transfert.
Malgré son talent et son expérience, son passage au PSG est marqué par des difficultés d'adaptation et des tensions en interne. Son association avec Alain Goma et Éric Rabesandratana en défense centrale ne parvient pas à apporter la stabilité escomptée.
Un Départ Rapide
Toute la saison il aura toujours le frein à main, il jouait à 50%, une saison de repos post-Mondial. Il jouera pratiquement tous les matchs sous les trois entraineurs, même s’il paraissait s’ennuyer sur le terrain. La saison d’après, il rejoint le Borussia Dortmund qu’il ne quittera plus jusqu’à la fin de sa carrière en 2008. Il fut le capitaine emblématique et adulé de cette équipe.
Finalement, après une seule saison au club, il retourne en Allemagne, laissant un sentiment d'inachevé chez les supporters parisiens.
Une Carrière Internationale Remarquable
Sa carrière internationale s’est poursuivie sans encombre. Quand il arrive à Paris, il est titulaire de l’équipe nationale. Malgré une expulsion et une défaite en quart de finale contre la Croatie c’est un cadre de la Mannschaft. Rarement blessé, il rate quand même la Coupe du monde 2002 en Asie pour une blessure au genou. Il y revient jusqu’en 2006 où il connaîtra une fin de carrière peu diplomatique après avoir dit tout haut ce qu’il pensait de Jürgen Klinsmann. Son éviction par SMS, juste avant la grande compétition à domicile, fit grand bruit en Allemagne. La suite lui donna un peu raison, même si on parlera encore de lui après la demi-finale perdue.
Un Bon Souvenir de Paris
Curieusement, il garde un bon souvenir de Paris. Vous me direz que c’est n’est pas étonnant, c’est un allemand. Le Parc des Princes n’est certes pas la Bombonera, enfin surtout depuis quelques années, mais il y règne souvent un doux parfum albiceleste. Il existe une véritable histoire d’amour entre le Paris Saint-Germain et les argentins. Cette relation a toujours été fusionnelle, et elle le restera. Alors que les tifos PQ reviennent fleurir un de nos Virages, sur le pré vert, un ange venu d’outre atlantique nous enchante. Parfois. Rarement. Un Ange peut en cacher un autre. Ils ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Malgré ses longues absences, il illumine à chacune de ses apparitions notre Ville Lumière. Son intermittence n’en est que plus douloureuse. Elle contribue à alimenter notre passion, commune à tous les vrais amoureux du Paris SG, et réciproque, nous n’en doutons pas. Sa place est et restera unique dans notre cœur. Peu importe ce qu’il adviendra. Elle m’a donné envie de vous compter cette ode au Football ! Ode au Paris SG !
Deux Héritages Différents
Talal El Karkouri et Christian Wörns, malgré leurs parcours contrastés au PSG, ont tous deux contribué à l'histoire du club. Le premier, par son exubérance et son côté attachant, le second, par son professionnalisme et sa rigueur. Leurs expériences respectives témoignent de la diversité des joueurs qui ont porté le maillot parisien et de la complexité du monde du football.
Une Belle Farce
Enfin, ce que nous savons, nous les supporters du PSG qui ont connu l’époque Talal, est que lorsqu’un guignol comme David Luiz s’est pointé, avec peu ou prou le même profil que Talal, certes pas le même CV, mais le même genre de guignol quand même, nous aurions pu l’accueillir alors avec ce mot d’un autre philosophe allemand, Karl Marx : « Tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois […] la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce ». 50 patates la réincarnation de Talal, une belle farce en effet !
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