Introduction
Le développement psychologique de l'enfant est un processus complexe et fascinant, jalonné d'étapes cruciales. Parmi les objets et comportements souvent associés à la petite enfance, la tétine occupe une place particulière. Cet article explore le rôle de la tétine dans le développement psychologique de l'enfant, en abordant les aspects liés au plaisir, à la régression et à l'impact des écrans sur la relation parent-enfant.
Le Plaisir Oral : Une Étape Fondamentale
Dès sa naissance, le bébé découvre le monde à travers sa bouche. Téter le sein de sa mère, sucer son pouce ou mâchouiller sa tétine sont autant d'expériences sensorielles qui lui procurent du plaisir. Freud désignait cette période de la vie comme le "stade oral", où la stimulation de la bouche est une source de satisfaction et contribue au développement psychique de l'enfant.
Téter n’est pas seulement satisfaire sa faim, mais aussi se donner du plaisir en stimulant sa bouche.
La Tétine : Objet de Réconfort et de Controverses
La succion est un besoin fort et inné chez tous les nourrissons, qui lui permet de se rassurer, de se consoler ou encore de trouver le sommeil. Si certains trouvent rapidement leur pouce, ou tètent leur doudou, la majorité d'entre eux succombe à la tétine, objet controversé. Accusée notamment de déformer la bouche des tout-petits et de nuire à la mise en place de l'allaitement, faut-il pour autant l'interdire à nos jeunes enfants ? Plus encore qu'un besoin, la succion est un réflexe archaïque pour le nourrisson. Dès lors que quelque chose se présente à sa bouche, il se met à le téter, comme il le faisait déjà dans le ventre de sa maman.
Pour ou contre la tétine pour bébé ? La tétine est souvent pointée du doigt par les professionnels de santé. Les professionnels de la dentition sont unanimes sur la question : oui, la tétine favorise la déformation du palais et donc potentiellement de la future dentition de l'enfant. Et contre toute attente, d'après une récente étude menée à l'université de Nice, elle serait même plus néfaste à cet égard que peut l'être le pouce. L'explication ? "Le premier facteur de méfaits est la durée horaire passée avec la tétine sur la journée", insiste le Dr Kerbrat. Or, en pratique, un bébé à tétine la garde bien plus longtemps dans la journée que celui qui tète son pouce. Par ailleurs, un bébé qui tète son pouce est obligé le retirer de sa bouche lorsqu'il a besoin de se servir de ses mains, contrairement à la tétine qu'il peut garder pendant toutes ses activités. Deuxième problème : un bébé qui tète ne respire plus par le nez, mais par la bouche. "La position de la langue et la respiration sont les deux moteurs du développement des mâchoires", insiste le spécialiste. "Je conseille aux parents de ne pas avoir systématiquement le réflexe tétine, dès que l'enfant pleure. Il faut idéalement la réserver à l'endormissement, et si possible, la lui retirer doucement dès qu'il est endormi, ou dès qu'il est apaisé" recommande le stomatologue.
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Aussi appelées sucettes orthodontiques ou physiologiques, ces tétines à la forme asymétrique permettraient à la langue du bébé d'être mieux soutenue pour permettre au palais de se développer sans déformation et de limiter le mauvais positionnement des dents. Alors, produit miracle ou opération marketing ? "Les tétines orthodontiques n'existent pas !", s'insurge le Dr Kerbrat. Quelle que soit sa forme ou le matériau dans lequel elle est confectionnée, la tétine induit un mauvais positionnement de la langue et donc potentiellement une déformation de la bouche si elle est utilisée trop longtemps et trop souvent.
Accusée de provoquer une confusion "sein tétine", la tétine pourrait ainsi perturber le bon déroulement de l'allaitement. "Il est effectivement préférable de ne pas proposer en première intention une tétine à un bébé allaité, les premiers jours après sa naissance", confirme Carole Hervé. En effet, en donnant une tétine à un nouveau-né lorsqu'il pleure, le risque est de diminuer le nombre de tétées et donc de faire baisser la lactation. "Tout dépend en fait de la façon dont la tétine est donnée au bébé : si elle lui est proposée alors que tous ses besoins sont assouvis, elle ne posera pas de problème. "Si le lait n'est plus produit en quantité suffisante par la maman, le bébé va s'agiter au sein, pleurer et sembler insatisfait" résume Carole Hervé. Dans la mesure où ce n'est finalement pas la tétine en elle-même qui est incriminée dans son potentiel impact sur l'allaitement, le choix du modèle n'a pas grande importance. Choisir une tétine dont la forme s'apparente le plus possible à celle du mamelon ne sera donc pas la solution au problème. "Ce qu'il faut retenir, c'est que la tétine ne doit jamais se substituer à une tétée. Une étude publiée en 2015 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (source 1) a mis en évidence un lien entre les mouvements de motricité orale et la perception auditive du langage. Traduction : la succion prolongée d'une tétine - mais aussi d'un pouce - empêcherait d'une part les enfants d'identifier certains sons, et d'autre part de les répéter correctement.
Le besoin de succion est inné chez le nouveau-né, c'est donc très rapidement qu'il se fait sentir et qu'il a besoin d'être assouvi. Par ailleurs, ses effets préventifs sur la mort subite du nourrisson, la rendent intéressante dès le plus jeune âge du bébé. C’est pour ces raisons que l’académie américaine de pédiatrie recommande l’utilisation de la sucette chez les bébés de l'âge de 6 semaines jusqu'à l'âge de 1 an. Pour les mamans allaitantes qui doivent idéalement attendre quelques semaines avant de proposer la tétine à leur tout-petit, il est heureusement possible de combler leur besoin de succion autrement. "Les mettre au sein le plus souvent possible est quoi qu'il arrive recommandé pour que la lactation soit optimale", rappelle Carole Hervé. Et cela suffit chez certains nouveau-nés qui se satisfont très bien des mises au sein régulières. Pour d'autres, dont les besoins sont plus importants, le petit doigt de la maman ou du papa - bien lavé évidemment - peut être un subterfuge.
Régression et Besoin de Réconfort
Le besoin de succion peut persister au-delà de la petite enfance, se manifestant parfois par une régression vers des comportements infantiles. Ainsi, certains adultes peuvent ressentir le besoin de sucer leur pouce ou d'utiliser une tétine pour apaiser leur anxiété.
Le besoin de regression, de réconfort et d’être contenu est le propre de l’être humain y compris lorsque celui ci parvient à l’âge adulte.
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Ce besoin de régression vous apporte de la contenance et de la sécurité émotionnelle et il répond aussi à votre anxiété, puisque c'est de cette manière que le bébé est sécurisé par sa mère. Il pleure et la mère vient le rassurer et cela lui apporte du bien être. Le pouce représente aussi la sécurité puisqu'il représente symboliquement le sein de la mère, c'est pareil pour la tétine et cela rassure aussi le bébé, lui procure du plaisir car c'est un substitut de la mère.
Sucer son pouce ou une tétine, faire pipi au lit et remettre des couches relève et vous l’avez compris d’un besoin du tout petit bébé en vous d’être materné, qu’on prenne soin de vous/lui, qu’on le rassure.
D'un point de vu psychologique ces comportements peuvent effectivement être liés à l'anxiété et représenter une forme de régression psychologique, un mécanisme naturel qui vise à trouver du réconfort en retournant à des étapes de développement plus sécurisantes. Ils peuvent aussi refléter un besoin non comblé d'être pris en charge ou de se sentir en sécurité.
La tendance à utiliser des tétines chez les adultes semble résonner avec un désir de régression vers des moments d’enfance où l'insouciance prévalait. Les partageurs de vidéos affirment que les tétines les aident à réduire le stress et, curieusement, certains prétendent même qu'elles les aident à arrêter de fumer.
Confinés pendant plusieurs semaines, les adultes ont trouvé du réconfort dans des objets liés à leur enfance, souvent associés à des souvenirs rassurants. Cette "régression" pourrait être interprétée comme une façon de faire face à un monde devenu perçu comme instable, anxiogène et difficile à gérer.
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La sucette peut apporter une sensation de réconfort et de sécurité et agir comme un moyen naturel d’apaisement.
Les adultes utilisent des tétines principalement pour retrouver un sentiment de réconfort lié à leur enfance, une forme de régression face au stress et à l'anxiété.
L'usage des tétines chez l'adulte est perçu comme un mécanisme d'apaisement, un moyen de faire face à un monde anxiogène.
Les Risques Potentiels de l'Utilisation Prolongée de la Tétine
Bien que la tétine puisse apporter un certain réconfort, il est important d'être conscient des conséquences potentielles sur la santé, en particulier la santé bucco-dentaire.
L'utilisation prolongée de tétines peut entraîner des effets néfastes sur la santé bucco-dentaire :
- Troubles de l'alignement des dents: L'usage régulier de tétines peut nuire à la structure dentaire et mener à des problèmes d’alignement.
- Lésions au palais: Les tétines peuvent causer des irritations et des blessures au palais, surtout lorsqu'elles sont utilisées de manière excessive.
- Douleurs et tensions au niveau de la mâchoire: La succion répétée peut entraîner des douleurs dans la mâchoire et des tensions dans les muscles environnants.
- Impact sur la posture: Des études montrent qu'une pression prolongée sur les dents peut également influencer la posture, en particulier au niveau des cervicales.
Alternatives à la Tétine pour Gérer le Stress
Pour ceux qui cherchent des moyens de réduire le stress sans recourir à des tétines, plusieurs alternatives s'offrent à eux :
- Techniques de relaxation: Des pratiques telles que la méditation, le yoga, ou la respiration profonde peuvent aider à gérer l'anxiété.
- Activité physique: L'exercice régulier aide à libérer des endorphines, agissant comme un antidouleur naturel et un booster de l'humeur.
- Thérapie et soutien: Discuter avec un professionnel peut offrir des outils pour mieux gérer le stress et les émotions.
L'Impact des Écrans sur le Développement de l'Enfant
La surexposition des jeunes enfants aux écrans numériques est considérée par les pédiatres comme un problème de santé publique. Le chercheur au CNRS Michel Desmurget dénonçait dans Le Monde le risque de « crétinisation digitale ».
Un vrai danger, rarement évoqué, guette les très jeunes enfants. Celui d’une altération de la relation à leurs parents induite par l’omniprésence des outils numériques entre les mains des adultes. L’attachement compulsif au portable agit comme un écran venant opacifier la rencontre avec l’enfant.
Le parent hyperconnecté à son portable risque de devenir un parent dé-connecté de son enfant.
Les images qui y sont massivement proposées demandent très peu d’effort cognitif puisque de manière spontanée nous formons notre pensée à travers celles-ci. De ce fait, notre imaginaire s’appauvrit ; nous ne nous donnons plus la peine de créer dans notre cerveau nos propres représentations.
Une exposition excessive entraîne des troubles du développement chez l’enfant. En effet, au cours de ses deux premières années, un bébé apprend beaucoup de son corps et du monde extérieur à travers ses mouvements et l’ensemble de ses sens (toucher, goût, etc.). C’est ce que le psychologue Jean Piaget appelait le « stade sensorimoteur », une période cruciale pour son développement. Mais lorsque les tout-petits font constamment face à un écran, ils cessent de stimuler tous leurs sens.
En tant que parent, on est souvent confronté à la problématique du téléphone, et notamment aux usages des réseaux sociaux pour les adolescents. À l’adolescence, on éprouve le besoin de se comparer aux autres. Pour se construire, on cherche à comprendre qui l’on est, et cela passe en partie par cette comparaison à autrui. Or les réseaux sociaux offrent une possibilité presque infinie de le faire. C’est cette comparaison infinie qui est problématique.
Comment Gérer l'Utilisation des Écrans Chez les Enfants ?
Dès le plus jeune âge, les petits doivent apprendre à se détacher de leurs tétines virtuelles. Et la tâche n’est pas si aisée ! Éteindre la télévision ou retirer le smartphone des mains de votre bambin conduit généralement à son lot de frustration. Pour l’atténuer, il faut lui offrir une transition en proposant une activité alternative pour faciliter le passage hors de l’écran.
Je conseillerais d’abord aux parents de ne pas se focaliser sur la notion d’addiction, ni de considérer leur enfant comme accro, parce que l’addiction est plutôt une problématique d’adulte. Le cerveau atteint sa maturité vers l’âge de 25 ans. Avant cela, on peut développer des consommations parfois excessives mais très rarement des addictions. Ce conseil est d’autant plus valable en ce qui concerne les réseaux sociaux et les écrans, il est inutile de qualifier un jeune d’« addict », car cela ne fera qu’aggraver la situation.
Ensuite, en tant que parent, il est important d’aider son enfant à réguler ses comportements. Le plus souvent, les ados rencontrent des difficultés avec les écrans parce que ceux-ci ont été mis entre leurs mains sans précaution dès le plus jeune âge. L’idée n’est pas d’accabler les parents - dans certaines situations, il est compréhensible de vouloir un peu de calme, et si on ne connaît pas les risques, on peut avoir la tentation de mettre les petits devant la télé ou une tablette pour qu’ils se tiennent tranquilles.
Pour qu’il accepte de limiter son temps d’écran, il doit comprendre que cette démarche sert avant tout son intérêt. Ensuite, au lieu de proposer des plages horaires spécifiques où les adolescents auraient accès à leurs écrans, je conseille de renverser la logique. On leur laisse l’accès à leur smartphone toute la journée, car c’est leur espace personnel, mais on les encourage à s’en détacher sur de courtes périodes. Des laps de temps que l’on peut alors partager en famille sans écran autour d’une activité commune. Si malgré tout les règles ne sont pas respectées, rester ferme et soyez plus restrictif le lendemain. Et rappelez-vous qu’il est utile pour l’enfant de faire ses propres expériences, même si cela signifie parfois faire de mauvais choix. En le restreignant à tout prix, on ne le responsabilise pas face à ses propres actes. C’est pourtant en faisant des erreurs qu’il apprendra.
L'Importance de la Reconnaissance des Émotions
Dès leur naissance, les bébés ressentent des émotions. Si nous sommes capables, en tant qu’adultes de les exprimer et de les contrôler, il est plus difficile pour les tout petits de gérer les flux émotionnels. Les adultes ont un rôle important à jouer, afin de les accompagner dans l’acceptation de ces émotions.
Entre sa naissance et son premier anniversaire, le bébé est dans l’étape 1 : reconnaître les manifestations d’une émotion par le biais de la voix et de l’observation des visages qui l’entourent. Dans les tout premiers mois de sa vie, l’enfant va commencer à manifester des émotions primaires comme la douleur, le dégoût, le plaisir, la colère, la surprise et la tristesse. Ce sont des émotions directement liées à son environnement, la nourriture qu’il mange, les événements qu’il perçoit… Jusqu’à ses un an environ, l’enfant va développer la capacité à détecter des émotions via l’expression du visage des autres.
De ses 1 an à ses 2 ans, l’enfant entre dans l’étape 2 : déterminer l’émotion et la nommer. Après cela, l’enfant commence à montrer des signes de compréhension des émotions, et est capable d’en différencier deux types : les émotions positives et négatives. De là, il peut adapter son comportement en fonction de l’émotion observée chez ses parents et notamment sa maman. En général, dans sa deuxième année, l’enfant peut exprimer des émotions plus complexes telles que la fierté, la gêne, la honte.
C’est dans sa troisième année que l’enfant entame l’étape 3 : reconnaître la situation ayant provoqué l’émotion. En effet, l’enfant peut nommer des situations liées à une ou plusieurs émotions, ou qui lui ont provoqué une certaine émotion. La dernière étape du développement des émotions chez l’enfant commence aux alentours de 4 ans : faire des analogies entre ce qui cause une émotion et ses possibles conséquences. L’enfant accepte davantage ses frustrations et c’est en général à partir de 5 ans qu’il peut contenir ses émotions.
Lorsque nous enseignons aux enfants à identifier et accueillir leurs émotions, nous leur donnons de véritables outils qui leur serviront tout au long de leur vie.
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