La coloscopie est un examen endoscopique essentiel pour le diagnostic et la prévention des maladies colorectales, notamment le cancer colorectal. Cependant, sa réalisation pendant la grossesse soulève des questions importantes en raison des risques potentiels pour la mère et le fœtus. Cet article explore les indications, les risques et les alternatives à la coloscopie pendant la grossesse, en tenant compte des perspectives médicales et des expériences des patientes.
Qu'est-ce qu'une coloscopie?
La coloscopie est un examen médical d'endoscopie qui consiste à observer l'intérieur du côlon, du rectum et de la partie terminale de l'intestin grêle. Un endoscope, un tube souple muni d'une petite caméra, d'une lampe et éventuellement d'instruments chirurgicaux, est inséré dans le tractus intestinal par les voies naturelles, c'est-à-dire à partir de l'anus. La coloscopie permet de visualiser la muqueuse du côlon et du rectum, de détecter des anomalies telles que des polypes, des inflammations, des ulcères ou des tumeurs, et de réaliser des biopsies ou des polypectomies si nécessaire.
Indications de la coloscopie
Une coloscopie peut être prescrite en cas de suspicion de maladie du rectum ou du côlon, notamment pour détecter la présence de polypes, qui peuvent être à l’origine de cancers. Elle est également utilisée dans le cadre du dépistage du cancer colorectal chez les sujets à risque, ainsi que pour le suivi des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) telles que la rectocolite hémorragique (RCH) et la maladie de Crohn. Chez l'enfant, une coloscopie peut être demandée en raison de la présence de sang dans les selles, de diarrhée de cause inconnue, de douleurs abdominales pouvant être causées par une inflammation intestinale, ou encore pour le suivi d’un problème chronique affectant les intestins.
Coloscopie et grossesse: une situation rare
Il est rare de faire une coloscopie à une femme enceinte, et encore plus si elle est complète. La seule indication possible d’une coloscopie au cours de la grossesse est la découverte d’un cancer colorectal, ce qui est un événement assez rare. L'association d'un cancer colorectal (CCR) avec la grossesse est rare, mais son incidence a tendance à augmenter en raison de grossesses de plus en plus tardives. De plus, le diagnostic est souvent tardif. Toutefois, la rareté de cette association fait qu’il n’existe pas de consensus sur la prise en charge des patientes.
Risques potentiels pour la mère et le fœtus
La coloscopie durant la grossesse est importante car bien que l’association d’un cancer colorectal (CCR) avec la grossesse est rare, son incidence a tendance à augmenter en raison de grossesses de plus en plus tardives. De plus, le diagnostic est souvent tardif. Toutefois, la rareté de cette association fait qu’il n’existe pas de consensus sur la prise en charge des patientes. En effet, il y a un léger risque pour le fœtus lors de l’exploration totale. L’anesthésie générale et la position de la future maman (sur le côté) sont également des facteurs de risque. Les risques potentiels incluent :
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- Risques liés à l'anesthésie: La coloscopie s’effectue sous anesthésie générale. L'anesthésie, bien que généralement sûre, comporte toujours des risques, notamment pour le fœtus. L'anesthésie est nocive pour le bebe.
- Risque de perforation intestinale: Bien que rare, la perforation de la paroi intestinale est une complication possible de la coloscopie.
- Risque d'hémorragie: Une hémorragie peut survenir après une biopsie ou une polypectomie.
- Risque de fausse couche ou de travail prématuré: La coloscopie peut potentiellement induire un stress sur l'utérus, augmentant le risque de fausse couche ou de travail prématuré, surtout au premier trimestre de la grossesse.
- Difficultés techniques: À un stade avancé de la grossesse, la coloscopie peut devenir techniquement irréalisable et peut justifier dans certaines circonstances un déclenchement de l’accouchement avant le terme.
Alternatives à la coloscopie pendant la grossesse
Compte tenu des risques potentiels, la coloscopie n'est pas effectuée en première intention pendant la grossesse. Une recto-sigmoïdoscopie est effectuée dans un premier temps, et l’équipe médicale peut envisager une coloscopie complète au cas par cas, en fonction des résultats du premier examen. D'autres alternatives peuvent également être envisagées, telles que :
- Coloscopie virtuelle (coloscanner): La coloscopie virtuelle nécessite la même préparation colique que la coloscopie. Sans anesthésie, le scanner colique est réalisé après l’injection d’un produit de contraste par voie intraveineuse. Le coloscanner est un scanner du colon (gros intestin) qui sert à mettre en évidence des lésions de cette partie de l’intestin. Il est utile à votre médecin pour déterminer l'origine de vos symptômes, dans certaines situations et notamment avant de procéder à une coloscopie chez les patients fragiles. Pour bien étudier le colon et ses parois, le radiologue a besoin que celui-ci soit distendu. C'est pour cette raison que l'on remplit le colon de liquide (eau tiède). Celle-ci sera administrée à l’aide d’une canule, par l’anus (comme pour un « lavement »). Vous serez perfusé auparavant. Pour la pose de canule et le remplissage, vous serez couché sur la table d’examen du scanner. Risques liés à l'injection de produit de contraste iodé : allergie, asthme, œdème de Quincke, altération de la fonction rénale chez des patients prédisposés, Risques liés à l'irradiation : grossesse. Un premier commentaire pourra vous être donné juste après l’examen. Il ne s’agira là que d’une première approche, car les images doivent être ensuite analysées par le médecin radiologue.
- Capsule endoscopique: Une coloscopie peut être faite de plusieurs façons : par l’introduction d’un coloscope, une caméra adaptée, par l’anus, qui est la méthode la plus fréquente, ou par l’ingestion d’une caméra placée dans une capsule qui va se dissoudre pendant la digestion et prendre des images avant d’être expulsée.
- IRM (Imagerie par Résonance Magnétique): L'IRM peut être utilisée pour évaluer certaines affections abdominales pendant la grossesse, sans exposition aux radiations.
Il faut néanmoins noter que 5 % des coloscopies ne sont pas conclusives, c’est-à-dire que le gastro-entérologue ne parvient pas à observer correctement la paroi intestinale.
Préparation à la coloscopie
Quelques jours avant la coloscopie, un rendez-vous avec un médecin permet de faire le point sur les préparatifs à adopter (le côlon doit être entièrement nettoyé à l’aide d’un laxatif sous forme liquide à boire la veille de l’examen). De plus, un régime alimentaire sans fibres est recommandé dans les deux ou trois jours précédents l’examen. Pour que le médecin puisse correctement visualiser les différentes parties de l’intestin, il est capital que ce dernier soit vide et propre. L’administration d’une préparation colique : la préparation colique est une poudre à diluer dans un volume déterminé de liquide (eau, thé, infusion, mais pas de jus de fruits). Le régime sans résidus correspond à un régime alimentaire, ne contenant aucune fibre alimentaire, pour éviter la formation de matières fécales au cours des deux jours qui précèdent la coloscopie. Lors du rendez-vous de prescription de la coloscopie, le médecin gastro-entérologue remet au patient une liste des aliments autorisés et une liste des aliments interdits. L’existence d’un traitement médicamenteux doit être signalée au gastro-entérologue et au médecin anesthésiste lors des consultations respectives. En dehors de la préparation colique, la patiente doit rester à jeun pendant une durée déterminée avant l’anesthésie.
Déroulement de la coloscopie
Pour visualiser l’intérieur de l’intestin, un endoscope (tube souple muni d’une petite caméra, d’une lampe et éventuellement d’instruments chirurgicaux) est inséré dans le tractus intestinal par les voies naturelles (c’est-à-dire à partir de l’anus). Pendant la coloscopie, la femme est allongée sur un lit au bloc opératoire. Entre le moment où la patiente est endormie au bloc opératoire et le moment où elle se réveille en salle de réveil, la coloscopie dure environ 30 minutes. Après la coloscopie, le patient reste quelques heures sous surveillance (contrôle de la tension artérielle, de la fonction respiratoire et de l’état général) d’abord en salle de réveil, puis dans une chambre. Une collation est servie. À noter que la patiente doit être accompagnée, car elle ne peut pas sortir seule de l’hôpital ou de la clinique après la coloscopie.
La coloscopie s’effectue sous anesthésie générale. Une fois le patient endormi et placé sur le côté gauche ou sur le dos, le médecin gastro-entérologue introduit le coloscope dans le rectum par l’anus. Ensuite, le médecin le fait remonter le long du rectum puis du côlon, jusqu’au point où l’intestin grêle (le « petit intestin ») s’abouche au côlon (là où se trouve l’appendice). Il visualise la progression sur un écran vidéo et peut s’aider en injectant un peu d’air ou de gaz carbonique. Une fois le coloscope parvenu à destination, l’examen visuel du côlon peut commencer. Il se déroule donc en retirant progressivement et lentement le coloscope. À ce stade, le médecin insuffle une plus grande quantité d’air pour déplisser le côlon et voir ainsi ses parois. C’est cet air qui provoque les sensations de ballonnement ressenties après une coloscopie. Le médecin essaie d’en aspirer le maximum en fin d’examen, néanmoins, il en persiste toujours un peu. Dans certains cas particuliers, par exemple chez les personnes qui souffrent de syndrome de Lynch ou de polypose adénomateuse familiale, le médecin peut injecter un colorant dans le côlon, qui l’aide à identifier les lésions qui ne sont pas en relief. En l’absence de lésions de la paroi intestinale, l’examen complet du côlon et du rectum prend entre 20 et 30 minutes. Lors de la coloscopie, le médecin peut visualiser des éléments anormaux de la paroi interne (la « muqueuse ») du côlon et du rectum. Par exemple, une inflammation ou des lésions : ulcères, polypes, adénomes, tumeurs, etc. Dans le cadre du dépistage et du suivi du cancer colorectal, la coloscopie permet de rechercher la présence de polypes, d’adénomes ou de tumeurs. Pour enlever les polypes, le médecin introduit dans le câble du coloscope un outil appelé « anse diathermique ». Il s’agit d’une sorte de petit lasso avec lequel il va saisir le polype et le retirer en brûlant sa base : c’est la « polypectomie ». Selon l’aspect du polype, il peut décider de le prélever et de l’envoyer au laboratoire d’analyses, comme une biopsie. les personnes qui souffrent de polypose adénomateuse familiale ou de syndrome de Lynch, deux maladies génétiques qui exposent à un risque très élevé de polypes multiples et de cancer colorectal.
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Expériences des patientes
Les forums de discussion et les groupes de soutien en ligne peuvent offrir des perspectives utiles sur les expériences d'autres femmes enceintes confrontées à des problèmes similaires. Par exemple, une femme atteinte de RCH (forme pancolite) sous Humira (40mg/15j) et enceinte de 7 semaines partage son expérience. Lors de la dernière coloscopie (il y a 2 mois), son colon avait cicatrisé, il ne subsistait de lésions qu’au niveau du rectum, ce qui fait qu'elle traine encore les désagréments de la RCH malgré une cicatrisation du colon. Depuis qu'elle est enceinte, les symptômes de la RCH se sont calmés, mais sa gastro est quand même inquiete et aimerait faire une autre coloscopie (sans anesthésie) pour voir le colon jusqu’au bout. Elle demande s'il y a contre indication ou un quelconque risque pour le bébé. Les réponses suggèrent de demander l'avis de son gynéco et soulignent que la coloscopie sans anesthésie peut être douloureuse.
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