L'allaitement maternel est reconnu comme l'alimentation idéale pour le nourrisson, offrant de nombreux avantages pour sa santé et son développement. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande d'ailleurs un allaitement exclusif pendant les six premiers mois de la vie, suivi d'un allaitement complémentaire jusqu'à deux ans, voire plus. De nombreuses études mettent en évidence les bienfaits de l'allaitement sur le microbiote et le développement global de l'enfant.

L'allaitement maternel peut être envisagé même en l'absence de grossesse ou d'accouchement. En effet, nourrir un enfant au sein n'est pas une prérogative réservée aux mères biologiques. Ce phénomène, appelé lactation induite, est rendu possible grâce à la stimulation des hormones prolactine (responsable de la production de lait) et ocytocine (qui favorise l'éjection du lait).

Comprendre la lactation induite

La lactation induite est un processus complexe qui nécessite une préparation physique et psychologique importante. La stimulation régulière du mamelon est essentielle, mais ne suffit pas à elle seule à déclencher la lactation. Un cheminement personnel et une motivation profonde sont nécessaires pour mener à bien ce projet.

Comment ça marche ?

Le processus de lactation induite repose sur la stimulation des seins, imitant l'action de la succion du bébé. Cette stimulation peut être réalisée à l'aide d'un tire-lait ou par la succion directe du bébé. La stimulation régulière des seins envoie un signal au cerveau, qui libère de la prolactine, l'hormone responsable de la production de lait.

Dans certains cas, un traitement hormonal peut être envisagé pour simuler les changements hormonaux de la grossesse. Ce traitement consiste généralement à prendre une pilule contraceptive combinée, associée à de la dompéridone, un médicament qui augmente les niveaux de prolactine.

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  • Stimulation des seins: La stimulation régulière des seins avec un tire-lait permet le développement de la glande mammaire et ensuite la production et la sécrétion de lait, via le phénomène de montée de lait.

  • Traitement hormonal: Un protocole médicamenteux peut être mis en place pour mimer ce qui se produit durant et après la grossesse. Il est nécessaire de prendre sans interruption une contraception de manière orale pour donner l’illusion au corps que vous êtes enceinte. En parallèle, un médicament appelé dompéridone (Motilium®) est prescrit. Cet anti-nauséeux a pour effet secondaire d’augmenter les niveaux de prolactine et d’ainsi favoriser la production de lait maternel. Ce traitement doit être débuté au moins six semaines avant l’arrivée du bébé. Dès lors que la lactation démarre, il faut tirer son lait plusieurs fois par jour afin d’entretenir la réserve de lait. L’utilisation d’un tire-lait électrique est conseillée.

  • Aide à la lactation: Pour favoriser l’allaitement, vous pouvez utiliser un dispositif d’aide à la lactation, ou DAL. Ce procédé permet de donner le sein, ainsi qu’un supplément de lait maternel ou artificiel. Une fine paille est scotchée au niveau du mamelon, et introduite dans la bouche du bébé, en même temps qu’il tète le sein.

Préparation et accompagnement

Allaiter sans avoir été enceinte demande un investissement considérable, et nécessite une très bonne préparation. Il est indispensable d'être soutenue dans cette démarche, en priorité par le partenaire. L'accompagnement par une consultante en lactation et un professionnel de santé est également recommandé.

  • Importance du soutien: Pour mener votre projet à bien, il est enfin recommandé de se faire accompagner par une consultante en lactation et un professionnel de santé. Son soutien peut servir de rempart face à tous ceux qui manifesteront leur incompréhension ou qui vous décourageront. Et ils peuvent être nombreux !

Protocole Médical

Dans un premier temps, la stimulation des seins avec un tire-lait permet le développement de la glande mammaire et ensuite la production et la sécrétion de lait, via le phénomène de montée de lait. Ces méthodes naturelles ne sont pas toujours suffisantes et la plupart du temps, un suivi médical et un petit coup de pouce sont nécessaires. Un protocole médicamenteux a été mis en en place par un pédiatre au Canada, le Dr Jack Newman. Celui-ci consiste à mimer ce qui se produit durant et après la grossesse. Ainsi, il est nécessaire de prendre sans interruption une contraception de manière orale. Vous donnez ainsi l’illusion à votre corps que vous êtes enceinte. En parallèle, un médicament appelé dompéridone (Motilium®) est prescrit. Cet anti-nauséeux a pour effet secondaire d’augmenter les niveaux de prolactine et d’ainsi favoriser la production de lait maternel. Ce traitement doit être débuté au moins six semaines avant l’arrivée du bébé. Dès lors que la lactation démarre, il faut tirer son lait plusieurs fois par jour afin d’entretenir la réserve de lait. L’utilisation d’un tire-lait électrique est conseillée.

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Dispositif d'Aide à la Lactation (DAL)

Dès lors que le bébé est arrivé, il sera bon de lui proposer le sein le plus tôt possible pour stimuler la lactation. Pour favoriser l’allaitement, vous pouvez utiliser un dispositif d’aide à la lactation, ou DAL. Ce procédé permet de donner le sein, ainsi qu’un supplément de lait maternel ou artificiel. Une fine paille est scotchée au niveau du mamelon, et introduite dans la bouche du bébé, en même temps qu’il tète le sein.

Allaitement partagé et don de lait

Outre la lactation induite, d'autres options permettent de nourrir un enfant avec du lait maternel en l'absence de grossesse :

  • Allaitement partagé: Le partage de lait informel qualifie le fait, pour une femme, de partager gratuitement son lait avec une autre. Dans ce dernier cas, une mère va allaiter son enfant et celui d’une autre maman qui n’est pas en capacité de le faire. C’est, en somme, ce qui était très pratiqué par nos grands-mères et arrières grands-mères, surtout durant les périodes de guerres. Cette pratique ancestrale était plutôt réalisée dans le cadre familial.

  • Don de lait: Les femmes qui choisissent de donner leur lait à un lactarium doivent, quant à elles, se soumettre à un processus de dépistage. Elles doivent, en outre, suivre des procédures d’hygiène rigoureuses lors du recueil du lait, de sa manipulation et de son transport.

Risques et précautions

Comme pour toute pratique, le partage de lait et l'achat de lait maternel en dehors des circuits officiels comportent des risques. Des études ont révélé la présence de taux bactériens élevés dans des échantillons de lait maternel vendus sur internet, ainsi que le risque de transmission de virus comme le VIH. Il est donc essentiel de privilégier les lactariums et les dons encadrés pour garantir la sécurité du lait.

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  • Vigilance sur les réseaux sociaux: Il est possible aujourd’hui de trouver du lait maternel en vente sur les réseaux sociaux ou par des petites annonces. Une étude américaine révèle que 74 % des échantillons obtenus sur Internet contenaient des taux bactériens supérieurs aux normes des banques de lait. Au-delà de la morale, il y a aussi des insécurités à se procurer du lait maternel par ce type de circuit. Il est établi qu’il existe un risque que ce type de virus se transmettre par le lait maternel. Pour le VIH, par exemple, il est de 30 %.

Allaiter sans accoucher : témoignages et perspectives

De nombreuses femmes ont réussi à allaiter sans avoir été enceintes, que ce soit dans le cadre d'une adoption, d'une GPA ou d'une relation homosexuelle. Ces expériences témoignent de la possibilité de créer un lien émotionnel fort avec l'enfant grâce à l'allaitement, et de vivre une maternité pleine et entière.

  • Témoignage de Cécile et Sonia : "Nous sommes un couple de femmes, et ma compagne a mis au monde notre fille à 8 mois et 3 jours de grossesse. C’est une grossesse partagée, car je lui ai fait don de mes ovocytes, et nous souhaitions allaiter à deux…Dès l’annonce de la grossesse, nous nous sommes renseignées sur la lactation induite. Rendez-vous fut pris avec une sage-femme spécialisée dans le domaine (assez difficile à trouver d’ailleurs). Dès le troisième mois de grossesse, j’ai commencé le protocole : pilule contraceptive et 8 cachets de dompéridone par jour."

  • Témoignage de Françoise-Marie: Allaiter sans accoucher est un parcours singulier à chaque personne. Lorsque l'on adopte un enfant, même nourrisson, on ne pense pas d'emblée à l'allaitement. Pourtant, cela se pratique depuis plus de 30 ans au Canada pour le plus grand bonheur des mamans et des enfants.

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