Introduction
La péritonite post-partum est une complication grave qui peut survenir chez les chiennes après la mise bas. Elle se caractérise par une inflammation du péritoine, la membrane qui tapisse la cavité abdominale, souvent due à une infection. Cet article explore les causes, les symptômes, le diagnostic et le pronostic de cette condition potentiellement mortelle.
Causes de la Péritonite Post-Partum
La métrite post-partum, une infection aiguë de l’utérus, est une cause fréquente de péritonite. Elle survient après la mise-bas, lorsque le col de l’utérus reste ouvert, facilitant l’entrée de bactéries opportunistes telles qu’Escherichia coli, Streptococcus spp. et Staphylococcus spp. Ces bactéries peuvent remonter dans l’utérus et provoquer une infection qui peut se propager au péritoine.
Le pyomètre, une autre cause possible, est une maladie inflammatoire de l’utérus associée à l’accumulation de pus. Bien que plus fréquent dans les 2 mois suivant les chaleurs, il peut également survenir après la mise bas, surtout si le col utérin est fermé, empêchant le drainage des sécrétions infectées. La rupture utérine lors d'un pyomètre peut entraîner une péritonite sévère.
Symptômes et Diagnostic
Les symptômes de la péritonite post-partum peuvent varier, mais incluent généralement :
- Abattement marqué
- Anorexie (perte d’appétit)
- Fièvre
- Distension abdominale
- Vomissements
- Diarrhée
- Polyuro-polydipsie (augmentation de la soif et de la miction)
Dans les cas de métrite avec un col utérin ouvert, un écoulement vulvaire purulent et malodorant peut être observé. Cependant, en cas de pyomètre fermé ou de péritonite secondaire à une autre cause, cet écoulement peut être absent, rendant le diagnostic plus difficile.
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Le diagnostic repose sur une combinaison d’anamnèse (historique des symptômes et de la mise bas), d’examen clinique et d’examens complémentaires. L’échographie abdominale est un outil précieux pour visualiser l’utérus et détecter la présence de liquide ou de pus dans la cavité abdominale. Des analyses sanguines, notamment une numération formule sanguine, peuvent révéler une leucocytose (augmentation des globules blancs) témoignant d’une infection, ainsi qu’une anémie. Une biochimie sanguine peut également être réalisée pour évaluer la fonction rénale et hépatique.
Une suspicion de péritonite doit être faite lorsqu’un virage à gauche de la numération leucocytaire est trouvé. La mise en évidence de bactéries dans le liquide d’épanchement permet de conclure à une péritonite bactérienne.
Pronostic et Traitement
Le pronostic de la péritonite post-partum dépend de la rapidité du diagnostic et de la mise en place du traitement. Sans intervention rapide, la péritonite peut entraîner une septicémie, un choc septique et le décès de l’animal.
Le traitement de choix est l’ovario-hystérectomie (stérilisation avec ablation de l’utérus et des ovaires). Cette intervention permet d’éliminer la source de l’infection et de prévenir toute récidive. Avant la chirurgie, la chienne est stabilisée avec une perfusion intraveineuse pour corriger la déshydratation et l’hypotension. Des antibiotiques à large spectre sont administrés pour lutter contre l’infection bactérienne.
Dans certains cas, un traitement médical peut être envisagé, notamment chez les chiennes de valeur reproductrice atteintes d’une métrite légère avec un col utérin ouvert. Ce traitement peut inclure des antibiotiques, des prostaglandines (pour favoriser la contraction utérine et l’expulsion des sécrétions) et un suivi étroit. Cependant, il comporte des risques importants, tels que la rupture utérine et la septicémie, et n’est pas toujours efficace.
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Protocoles de traitement antibiotique
Lors de pancréatite, l’antibiothérapie a pour but de retarder la colonisation du pancréas et la circulation systémique de bactéries suite à la translocation. Lors d'affection infectieuse du foie et de la vésicule biliaire, les antibiotiques utilisables sont nombreux : pénicillines, céphalosporines, métronidazole, clindamycine, quinolones, aminosides, triméthoprime-sulfamides. Le traitement des infections intra-abdominales nécessite un drainage souvent chirurgical associé à une antibiothérapie. Elle doit viser les bactéries anaérobies strictes et anaérobies facultatives (bactéries entériques à Gram-négatif). En effet même si les bactéries anaérobies sont majoritaires, les bactéries aérobies ont un rôle important dans la mise en place d’une bactériémie et de mortalité précoce dans les infections intra-abdominales.
Gestion des antibiotiques chez les patients spécifiques
En cas de patient avec une insuffisance rénale, il faut adapter la dose ou la fréquence d'administration. Chez les patients souffrant d’insuffisance hépatique majeure, il est recommandé d’éviter la clindamycine ou de réduire la dose. Le métronidazole doit être utilisée avec précaution chez les animaux insuffisants hépatiques. Le métronidazole pourrait être tératogène et ne doit pas être utilisé durant la gestation, en particulier durant les 3 premières semaines. L’administration de tétracycline chez des animaux en croissances peut résulter en une coloration jaune des dents de lait voire des dents permanentes, ainsi qu’inhiber la croissance des os longs. Le fœtus d’une femelle gestante est soumis aux mêmes effets et il est recommandé de ne pas utiliser de tétracyclines chez la femelle gestante.
Prévention
La stérilisation est la méthode la plus efficace pour prévenir la métrite et le pyomètre, et donc la péritonite post-partum. En faisant stériliser la chienne avant ses premières chaleurs ou après sa dernière portée, on élimine tout risque d'infection utérine. Un suivi vétérinaire attentif après la mise bas est également essentiel pour détecter et traiter rapidement toute infection post-partum.
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