Paul Landowski, sculpteur français de renom du XXe siècle, est célèbre pour ses œuvres monumentales, dont le Christ Rédempteur de Rio de Janeiro et la représentation de Sun Yat-Sen. Au-delà de l'artiste, il y a un homme, un père, dont la vie familiale a indubitablement influencé son parcours artistique. Découvrir l'homme derrière la statue, c'est comprendre l'œuvre elle-même. Cet article explore l’impact de sa vie privée, en mettant en lumière les liens profonds entre sa vie personnelle et sa création artistique.
Les Racines Familiales et la Formation de l'Artiste
Paul Landowski est né à Paris le 1er juin 1875, d'une famille d'origine mixte : sa mère était française et son père polonais, issu d'une famille polonaise réfugiée en France. Son grand-père, officier polonais évadé de Sibérie, y avait trouvé asile en 1875. Il est également le petit-fils d'Henri Vieuxtemps, compositeur et violoniste. Ses études secondaires se déroulent au collège Rollin, où il s'initie à la culture littéraire. C'est là qu'il noue une forte amitié qui inspirera à Landowski le souffle humaniste qui ressortira de ses œuvres. Durant ses études, il se passionne pour les grands auteurs (Hugo, Shakespeare, Plutarque) qui deviendront pour lui des modèles.
En 1893, il s'inscrit aux cours de Jules Lefebvre à l’Académie Jullian. En parallèle, il réalise ses premiers travaux pratiques. L'Ecole de Médecine lui commande la réalisation de planches descriptives. Entre 1895 et 1900, il suit les cours de l'Ecole des Beaux-arts, suivant les enseignements du sculpteur Louis-Ernest Barrias.
Le Grand Prix de Rome et les Premières Œuvres
Auréolé de son Grand Prix de Rome, Paul Landowski entre à la villa Médicis pour les quatre années suivantes. Durant cette période, il réalise plusieurs œuvres majeures : "le Voleur d’oranges", "Le Fakir", "La bédouine à la cruche", "Les porteuses d’eau aveugles", etc. Ses sculptures sont alors d'un style plutôt classique. Mais ces sculptures étaient petites, et lui imaginait déjà une œuvre bien plus grande.
À la sortie de la villa Médicis, Paul Landowski s'installe en 1906 à Boulogne-Billancourt avec une série d'artistes évoluant dans des domaines variés. Il travaillera alors à différents projets tout en mettant la main à son temple de l'homme.
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L'Expérience de la Guerre et l'Hommage aux Morts
Paul Landowski est appelé sous les drapeaux et intervient en tant que soldat dans les combats. Il en ressort vivant et décoré de la croix de guerre. Après la guerre, il se consacre à la sculpture des monuments aux morts. Il construit toute une série de monuments aux morts, la plus grande partie dans un style sobre.
Le Temple de l'Homme : Un Projet Humaniste
Landowski imaginait un temple. Il imaginait un temple à la gloire de l'homme, conforme à sa volonté de mettre en avant le courant que l'on nommera plus tard l'humanisme. Le temple de l'homme devait être un lieu de recueillement, de méditation, avec une bibliothèque, un cinéma. En 1933, Landowski prend la direction de l'Académie de France à Rome, communément appelée "villa Médicis".
Reconnaissance et Projets Internationaux
En 1920, Paul Landowski obtient sa légion d'honneur. Aux Jeux olympiques d'Amsterdam, il obtient la médaille d'or dans la catégorie sculpture. Il obtient peu à peu une réputation internationale. Il travaille pour la Chine et réalise la statue du Christ rédempteur de Corcovado, une colline dominant Rio.
Controverses et Fin de Carrière
En 1941, il participe avec Paul Belmondo et André Derain au "Voyage à Berlin". Au sortir de la guerre, Paul Landowski poursuivra son projet du temple de l'homme, mais sans parvenir à le faire réaliser. Paul Landowski meurt le 31 mars 1961 chez lui, à Boulogne-Billancourt.
Vie Privée : Mariages et Descendance
Paul Landowski s'est marié deux fois. Il a eu des enfants, dont Marcel Landowski (1915-1999), compositeur, ancien Chancelier de l’Institut de France, évoqué par sa fille Manon Landowski.
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L'Héritage Artistique à Boulogne-Billancourt
Paul Landowski s'installe en 1906 à Boulogne-Billancourt et y élève quatre enfants. Le sculpteur a vécu une bonne partie de sa vie à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Un musée lui est consacré dans cette ville.
Antoine, Cécile et Stéphane Landowski, les héritiers de l'ADN artistique familial : Paul, l'arrière-grand-père sculpteur, est venu s'installer ici, en 1906. Lui ont succédé Marcel (1915-1999), le compositeur, puis Marc, l'architecte, 66 ans, père de Stéphane. La quatrième génération s'affiche haut en couleur avec Antoine, 33 ans, violoncelliste, Cécile, 31 ans, illustratrice de contes pour enfants, et Stéphane, 27 ans, scénariste et directeur littéraire de la société de production FullDawa.
Marcel Landowski : Un Compositeur Engagé
Marcel Landowski, fils de Paul, entre au Conservatoire de Paris en 1935, où il compose ses premières pièces et travaille la direction d'orchestre avec Pierre Monteux. De 1962 à 1965, il est directeur de la musique de la Comédie-Française. En 1966, il est nommé par André Malraux directeur de la musique, de l'art lyrique et de la danse au Ministère des Affaires Culturelles, fonction qu'il exercera jusqu'en 1975. On lui doit notamment la définition d'un plan décennal pour la musique, la création de l'orchestre de Paris en 1967 dont la direction est confiée à Charles Münch, la modernisation de l'enseignement dans les conservatoires, la mise en place de classes à horaires aménagés pour la danse et pour la musique. Marcel Landowski a fondé en 1991 l'association Musique nouvelle en liberté.
Manon Landowski raconte ses souvenirs heureux : les répétitions auxquelles son père venait assister, les longues discussions au café à côté de l'Institut de France, le partage artistique voire les conseils. Elle évoque aussi des hasards malheureux : à l'âge de 13 ans, elle avait voulu se présenter à l'opéra. Mais un règlement avait été édicté par le directeur de la musique plusieurs années avant qui stipulait que la limite d'âge était de 12 ans. La loi avait été signée par Marcel Landowski lui-même ! De cette relation fusionnelle, Manon a toujours gardé un regard sur les actions culturelles de son père. Elle nous rappelle que c'est lui qui a fait remettre le rituel des tambours à l'Institut de France.
Les Œuvres Majeures de Paul Landowski
Voici une liste des œuvres de Paul Landowski, la plupart étant des sculptures. Cette liste n'est pas exhaustive mais presque.
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- David contre Goliath : C'est cette statue qui lui fit obtenir le Grand Prix de Rome.
- La charmeuse de paons : Une sculpture de 1m50 de long par 60 de hauteur, en 3 parties.
- Le Fakir : Une autre sculpture modeste de Landowski, elle fait 40cm de haut pour 14 de large.
- Les porteuses d’eau aveugles : Un ensemble de 3 personnages avançant groupés.
- Le voleur d'oranges : Une petite statue réalisée en 1903.
- Les fils de Caïn : Une sculpture de 3 personnages en taille réelle.
- L'Hymne à l'Aurore : Un nu féminin et masculin en plâtre. Il est visible au Musée des Années 30, à Boulogne-Billancourt.
- Le pugiliste : Une œuvre de petite taille.
- Monument à Joseph-Marie Jacquard : Cette statue rend hommage à Joseph-Marie Jacquard, l'inventeur d'un métier à tisser moderne.
- Statue équestre d’Édouard VII : Une très belle sculpture en bronze.
- Monument aux morts protestant : Un mur de pierre sculpté réalisé avec Henri Bouchard.
- Monument à Wilbur Wright.
- Boxeur se relevant.
- Monument aux morts de Casablanca.
- Statue du professeur Farabeuf.
- Monument à Paul Déroulède.
- La statue de Sainte Geneviève.
- Monument à Henri Farman.
- Le Pavois : Un monument à la fraternité franco-algérienne. Il est à Alger.
- Monument à l'amiral de Grasse.
- Le Christ rédempteur.
- Tombeau du maréchal Foch.
- PAX (Paix en latin) : Un monument réalisé en l'honneur d'Aristide Briand, prix Nobel de la paix.
- Michel-Ange au travail : Un autoportrait de Landwoski.
- Monument à Georges Heuillard.
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