Le métier de gynécologue-obstétricien est bien plus qu'une simple profession médicale. C'est un rôle intime et essentiel, touchant aux aspects les plus profonds de la vie des femmes : la sexualité, la naissance, la maladie, et même la mort. Olivier Kadoch, gynécologue-accoucheur parisien, se distingue par son approche humaine et son engagement envers ses patientes. Il incarne une vision du métier qui dépasse la simple technique médicale, intégrant l'écoute, la compréhension et l'accompagnement psychologique.
Un choix de vocation
Olivier Kadoch n'est pas un gynécologue comme les autres. Son intérêt pour le métier remonte à son enfance. Fils de marchands, il a su très tôt qu'il voulait consacrer sa vie aux femmes, en abordant les aspects essentiels de la société à travers cette spécialité.
L'évolution de la relation médecin-patient
La société a considérablement évolué depuis le début de sa carrière. Autrefois, le savoir était distillé par des mandarins et les structures familiales offraient un soutien important aux femmes, notamment face à la maternité. Aujourd'hui, l'information, parfois erronée, disponible sur Internet peut être source d'anxiété. Face à ce constat, le médecin doit se montrer plus performant et plus à l'écoute que jamais. Les femmes sont plus isolées et ont besoin d'un accompagnement personnalisé.
Gynécologue homme : atout ou obstacle ?
La question du genre du gynécologue est souvent soulevée. Pour certaines patientes, il peut être plus difficile de se confier à un homme, par pudeur ou par conviction qu'une femme est plus à même de comprendre leurs préoccupations. Olivier Kadoch est conscient de cet aspect et s'efforce de s'adapter à chaque patiente. Il considère que le contact peut s'avérer plus difficile à établir car subsiste cette idée qu'une femme est davantage apte à comprendre une semblable et certaines patientes peuvent aussi, par pudeur, redouter de se dévoiler à un homme. Il apprend à ressentir les besoins de chacune et à adapter son approche en conséquence. Il souligne également que le fait d'être un homme peut parfois être un atout, sans pour autant préciser en quoi.
La menace de la délégation aux généralistes
L'État envisage de réserver le recours aux gynécologues à la grossesse, confiant le suivi courant des femmes aux généralistes. Olivier Kadoch s'inquiète de cette perspective. S'il reconnaît qu'un généraliste est techniquement capable de prescrire une pilule ou de pratiquer un frottis, il estime que l'on néglige l'importance de l'écoute, de la prise en charge psychologique et de la gestion des problèmes hormonaux ou du désir de grossesse. Ces aspects nécessitent du temps et de l'expérience, des qualités que les gynécologues développent au fil de leur pratique.
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La reconnaissance de l'existence des fœtus décédés
En août dernier, un décret ministériel a accordé le droit à un fœtus de 16 à 22 semaines, né sans vie, de bénéficier d'un état civil. Pour Olivier Kadoch, il est essentiel de pouvoir nommer un enfant qui ne vivra pas. Ce n'est pas parce que l'enfant est mort qu'il n'a pas existé. Lorsqu'un fœtus meurt in utero, on procède à un accouchement normal, en salle de travail. Il est important de faire vivre cette expérience à la patiente comme une mère, même s'il y a une ambiguïté autour de la délivrance. Cette femme doit pouvoir identifier, authentifier sa maternité, ne serait-ce que pour en réduire la part fantasmatique. Déclarer l'enfant à l'état civil constitue l'ultime étape de ce processus d'identification.
L'accès à l'IVG : un progrès à nuancer
Le plan "avortement en ville", adopté en 2001, a facilité l'accès à l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Cependant, Olivier Kadoch souligne que cette simplification peut aussi présenter des inconvénients, notamment en termes de douleur. Autrefois, pour avorter, il fallait obligatoirement voir un psychologue et être hospitalisée. Aujourd'hui, la procédure est plus légère : on prescrit des médicaments qui déclenchent une fausse couche et on propose des antalgiques pour la douleur. Pour lui, cette approche est acceptable à condition que la patiente soit entourée et qu'elle assume son choix.
Le diagnostic préimplantatoire et l'eugénisme
Le diagnostic préimplantatoire (DPI) est une technique qui permet de sélectionner les embryons exempts de certaines maladies génétiques avant de les implanter dans l'utérus de la mère. En janvier, une Anglaise a eu recours à cette technique pour éviter à sa fille le risque de cancer du sein, relançant le débat sur l'eugénisme. Olivier Kadoch se dit favorable à une vision européenne plus souple en matière de DPI. Dans les pays anglo-saxons, c'est le droit individuel qui prévaut, tandis qu'en France, c'est celui de la société, à travers un comité d'éthique. Ici, cela reste donc très encadré ; on pratique très rarement le diagnostic préimplantatoire, sauf pour certaines maladies graves comme l'hémophilie ou la mucoviscidose. Il estime qu'il est important de protéger nos futurs enfants et qu'il ne peut pas choisir à la place des parents. Alors, il va être franc : si la loi l'y autorisait, il aurait accepté de le faire parce qu'au fond, on est là pour protéger nos futurs enfants. En outre, il ne peut pas choisir à la place des parents.
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