Olivier Cappelaere, surnommé "l’empoisonneur au viager" dans les Alpes-Maritimes, est une figure qui a marqué l'actualité judiciaire récente en France. Condamné pour empoisonnement, son histoire est celle d'une ascension sociale apparente et d'une descente aux enfers marquée par la cupidité et le crime.

Un Profil Bourgeois

Deux salaires - lui, directeur de société, elle, comptable - pas d’enfant, un solide patrimoine immobilier et des revenus locatifs réguliers assuraient à ce couple de quinquagénaires une vie très confortable. Il y avait trois belles berlines dans leur garage, un peu d’or dans un coffre et, sur son ordinateur, Olivier Cappelaere suivait le cours des montres de collection.

Olivier Cappelaere, 61 ans, marié, présentait une image de réussite sociale. Avec son épouse, ils constituaient un couple de quinquagénaires financièrement à l'aise. Leurs revenus provenaient de leurs emplois respectifs : lui, directeur de société, elle, comptable. L'absence d'enfants, un solide patrimoine immobilier et des revenus locatifs réguliers contribuaient à leur confort de vie. Ce confort se traduisait par la possession de trois belles berlines, un peu d’or dans un coffre, et un intérêt pour les montres de collection, dont Olivier Cappelaere suivait les cours.

L'Attrait du Viager

Olivier Cappelaere aimait beaucoup les viagers. « C’est une autre façon d’épargner. Et puis, il y a toujours un côté humain dans un viager », disait-il. Avec son épouse, ils en ont acquis cinq au fil du temps, toujours dans le département des Alpes-Maritimes qui compte pas mal de vieilles dames seules et âgées. Pour l’un d’entre eux, le quinquagénaire a même été chanceux, sa « crédirentière » est morte huit mois après avoir signé le contrat de vente.

Cappelaere et son épouse ont acquis cinq viagers au fil du temps, toujours dans le département des Alpes-Maritimes, une région qui compte un nombre important de femmes âgées vivant seules. Cappelaere percevait le viager non seulement comme une forme d'épargne, mais aussi comme une relation humaine. Il a même eu ce qu'il considérait comme un coup de chance lorsqu'une crédirentière est décédée huit mois seulement après la signature du contrat de vente.

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L'Affaire Suzanne Bailly

Suzanne Bailly avait 76 ans quand, en 2006, elle s’est décidée à leur céder en viager son deux-pièces avec terrasse au Cannet. Depuis sa retraite, elle y vit la moitié de l’année. Elle passe l’autre à Belfort, en Franche-Comté, où elle est née, où elle a été mariée très peu de temps il y a très longtemps et où elle a travaillé pendant quarante-deux ans comme « dactylographe » chez Alsthom. Chaque automne, aux premiers frimas, elle charge son auto des fruits et des confitures de son verger et rejoint la douceur et les mimosas du Sud.

Le 7 avril 2015, Suzanne Bailly, 85 ans, tombe inconsciente dans son appartement du Cannet, dans les Alpes-Maritimes. Par chance, avant de s’évanouir, elle a le temps de prévenir un ami, un homme plus jeune qu’elle et qui lui rend de menus services. Quelques heures plus tard, ils sont tous les deux pris de vomissements affreux, se vidant d’une bile noire comme de l’encre de seiche. Les analyses le révéleront, ils ont tous les deux bu à leur insu de l’atropine, un poison, aussi puissant que l’héroïne et plus fort que le cyanure. Mais qui peut donc en vouloir à ces deux personnes sans histoire ? L’enquête s’oriente rapidement vers celui qui aurait eu intérêt à la mort de Suzanne, un certain Olivier Cappelaere, son « débit-rentier ». Quelques années auparavant, ce monsieur Cappelaere a en effet acquis l’appartement de Suzanne en viager.

L'affaire Suzanne Bailly marque un tournant décisif. En 2006, Suzanne Bailly, alors âgée de 76 ans, avait cédé son deux-pièces avec terrasse au Cannet à Olivier Cappelaere et son épouse en viager. Depuis sa retraite, elle partageait son temps entre Le Cannet et Belfort, où elle avait travaillé comme dactylo chez Alsthom pendant 42 ans. Le 7 avril 2015, Suzanne Bailly, alors âgée de 85 ans, a été retrouvée inconsciente dans son appartement. Par chance, elle avait pu alerter un ami, qui lui rendait de menus services. Tous deux ont été victimes de violents vomissements. Les analyses ont révélé la présence d'atropine, un poison puissant, dans leur organisme. L'enquête s'est rapidement orientée vers Olivier Cappelaere, le "débirentier" de Suzanne Bailly, qui avait acquis son appartement en viager quelques années auparavant.

Cinq mois plus tard, Olivier Cappelaere versait de l’atropine dans l’eau minérale de Suzanne Bailly à qui il payait une rente viagère. Une geste qu’il a fini par reconnaître après des années de dénégations. La retraitée et son voisin avaient échappé de peu à la mort.

L'Affaire Jacqueline Imbert

Jacqueline Perissol-Imbert, 92 ans, celle qu’il surnommait, des trémolos dans la voix et la larme à l’œil "ma marraine de cœur", est décédée d’une septicémie en novembre 2014. Son exhumation, dix ans après son enterrement, a révélé des traces d’atropine.

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Une autre affaire, celle de Jacqueline Imbert, est venue alourdir le cas de Cappelaere. Jacqueline Perissol-Imbert, décédée en novembre 2014 à l'âge de 92 ans, était surnommée par Cappelaere "ma marraine de cœur". Après son décès, Cappelaere, les larmes aux yeux, a déclaré qu'il était le petit-fils qu'elle n'avait jamais eu et qu'il n'aurait jamais pu lui faire de mal. L'exhumation de son corps, dix ans après son enterrement, a révélé des traces d'atropine.

Olivier Cappelaere, légataire universelle de Jacqueline Imbert, cette veuve sans enfant dont il était devenu très proche, avait un intérêt, selon l’accusation, à précipiter le décès de l’octogénaire.

Procès et Condamnation

Ce lundi 23 mai 2022, face à la cour et aux jurés des Alpes-Maritimes, à Nice, qui le jugent pour l’empoisonnement de Jacqueline, décédée à 92 ans, Olivier Cappelaere avoue celui de Suzanne comme on se débarrasse d’un fantôme encombrant.

La cour d’assises d’appel, qui a examiné l’affaire pendant cinq jours à Aix-en-Provence, a confirmé la perpétuité à l’encontre d’Olivier Cappelaere sans prononcer de peine incompressible. La petite-nièce de Jacqueline Imbert, elle, a fondu en larmes.

Le procès d'Olivier Cappelaere a été marqué par des rebondissements et des controverses. L'accusation reposait en partie sur des expertises toxicologiques, qui ont fait l'objet de débats passionnés. La défense a dénoncé une "expertise fausse" qui aurait "inoculé le poison" et "emporté tout sur son passage". Après cinq heures et demie de délibérations, la cour d'assises d'appel a confirmé la condamnation à perpétuité d'Olivier Cappelaere, sans peine incompressible.

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Détenu depuis neuf ans, l’accusé pouvait entrevoir la liberté en cas d’acquittement à l’issue de ce quatrième procès.

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