Les animaux ont toujours suscité la fascination de l'homme. De l'éléphant imposant au léopard agile, en passant par la girafe gracieuse, chaque espèce animale possède ses propres particularités. Et lorsqu'il s'agit de la progéniture de ces animaux, les noms donnés aux bébés peuvent également être très variés. Cet article explore le monde souvent ignoré des noms de bébés singes, révélant des termes surprenants et les raisons de leur obscurité relative.

La diversité des noms de bébés animaux

Il est intéressant de constater que de nombreux animaux, notamment parmi les insectes, les reptiles ou les oiseaux exotiques, ne possèdent pas de nom particulier pour désigner leur progéniture. Cela peut s'expliquer par plusieurs facteurs. Tout d'abord, certains animaux sont moins présents dans le quotidien des humains, ce qui a limité le développement d'un vocabulaire précis dans la langue courante. De plus, la classification scientifique tend à privilégier des termes comme « larve », « nymphe » ou « juvénile », jugés plus universels.

Les noms donnés aux bébés animaux se terminent souvent par la syllabe -eau. On retrouve cette terminaison chez le petit de la chèvre, appelé chevreau, celui du requin, nommé requineau, ou encore chez l’éléphanteau. D’autres noms de jeunes animaux se terminent fréquemment par le son "on", comme chaton, raton ou ânon.

Le cas particulier du bébé singe

Les jeunes singes, souvent observés dans les zoos ou les documentaires animaliers, fascinent par leur comportement joueur et leur soif de découverte. Mais qu’en est-il pour le petit du singe ? Longtemps, aucun terme précis n’a été utilisé pour désigner ce jeune animal. Cela s’explique notamment par la diversité des espèces de singes et par le fait que, lors d’une naissance, on parle simplement de "bébé singe", quel que soit le type. Pourtant, un mot existe bel et bien pour nommer un bébé singe mâle et un bébé singe femelle.

Dans la vie de tous les jours, la plupart des gens parlent simplement de “bébé singe” ou de “petit singe”. Ces expressions sont simples, claires et elles permettent de situer tout de suite de quel animal on parle. Elles expriment à la fois l’idée d’un très jeune âge et une certaine tendresse. Le mot “petit”, souvent utilisé à la place de “jeune” ou “nouveau-né”, apporte une touche affective.

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Guenuche, guenard, guenaud : des termes méconnus pour le bébé chimpanzé

Si la famille des singes regroupe environ 350 espèces différentes, les termes utilisés pour désigner un mâle, une femelle et un petit valent pour la quasi-totalité d'entre elles. Cela vaut notamment pour le chimpanzé, le plus proche cousin de l'homme sur le plan génétique. Il faut savoir qu'un mâle chimpanzé n'est pas désigné par un mot particulier, tandis que la femelle est appelée "guenon". Lors de la mise bas, le petit peut être appelé "bébé chimpanzé", mais dès que son sexe est connu, un terme spécifique peut être utilisé pour parler de l'animal. Si c'est une petite femelle, le bébé chimpanzé est une "guenuche". En revanche, si c'est un bébé mâle, il peut être appelé "guenard" ou "guenaud", des termes dont l'origine reste à ce jour méconnue.

En cherchant un peu plus loin, on découvre que la langue française dispose aussi de termes plus précis, bien que peu connus. Lorsqu’on connaît le sexe du petit singe, certains mots peuvent être utilisés, tels que guenuche pour un bébé femelle, ou guenard et guenaud pour un petit mâle. Ces mots sont très rares aujourd’hui et n’apparaissent que dans certains dictionnaires anciens ou spécialisés. Ils semblent venir du mot guenon, utilisé depuis longtemps pour désigner les femelles chez les singes, auquel on aurait ajouté des petits suffixes régionaux ou affectifs. On peut penser à des mots inventés dans des contextes oraux, transmis dans des régions précises et qui n’ont pas connu une large diffusion.

Exceptions et autres appellations

La règle du guenard et de la guenuche peut concerner la quasi-totalité des espèces de singes. Cependant, il existe une exception avec les petits du gorille. Comme pour les autres singes, il est fréquent de désigner le petit en l'appelant "bébé" suivi du nom de l'espèce, comme pour le bébé orang-outan, le bébé gibbon ou encore le bébé ouistiti. Cela vaut aussi pour le bébé gorille, qui peut être appelé ainsi, mais aussi "guenuche" si c'est une femelle. Néanmoins, le terme "gorillon" peut également être utilisé pour parler d'un bébé gorille mâle. Cependant, ce mot est peu répandu, et il est de coutume de parler d'un bébé gorille quand une naissance a lieu en captivité par exemple.

Lorsqu’on regarde les différentes espèces de singes, quelques autres mots apparaissent ici ou là. Le bébé gorille, par exemple, est parfois appelé gorillon. Ce mot s’emploie occasionnellement dans certains parcs zoologiques, mais il reste très marginal et n’est presque jamais repris dans les médias grand public. Il évoque une tentative de créer un mot spécifique, mais qui ne s’est pas imposée. Dans un tout autre registre, on trouve aussi le mot marmouset, utilisé pour désigner certains petits singes d’Amérique du Sud. Ce terme ancien était déjà employé au Moyen Âge pour parler de créatures exotiques, parfois même de manière péjorative.

Pourquoi ces noms sont-ils si peu connus ?

À première vue, le traitement semble injuste : la zoologie populaire invente volontiers lapereau, lionceau, chevreau, mais ignore royalement le bébé singe ou cacatoès. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation :

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  • L’usage historique: Les animaux qu’on élève ou chasse depuis très longtemps ont des noms bien connus (veau, poulain, porcelet, etc). Ces noms sont apparus parce que ces animaux faisaient partie du quotidien des gens dans les campagnes : on les élevait, on les vendait et on les mangeait.
  • La ressemblance avec l’homme: Plus un animal nous ressemble, plus on hésite à lui donner un nom précis pour son bébé. Par exemple, un bébé singe nous fait penser à un bébé humain.
  • L’influence des médias: Dans un monde où tout va vite et où les images circulent partout, on préfère utiliser des mots simples et clairs. Par exemple, dire "bébé gorille" fonctionne mieux qu’utiliser un terme compliqué comme gorillon que peu de gens connaissent.

La linguistique et les noms d'animaux

Les linguistes qui se sont penchés sur le vocabulaire animalier notent que les noms des jeunes sont souvent formés à partir de suffixes diminutifs ou affectifs tels que -eau (lionceau, agneau, chevreau, lapereau, renardeau), -et (porcelet, marmouset), -in (marcassin, poussin), -on (faon, chaton, caneton), -ot (chiot). Ces suffixes ont une longue histoire, souvent héritée du latin, du vieux français ou des dialectes régionaux. Les animaux domestiques, élevés, ou fortement symbolisés dans notre culture ont bénéficié d’un traitement lexical spécifique.

Nous avons vu qu’en français, certains bébés animaux ont des noms largement connus du grand public. Ces mots sont intégrés à notre vocabulaire dès l’enfance, souvent à travers les contes, les fables ou les livres illustrés. À l’inverse, les singes, les panthères ou les hippopotames ne bénéficient pas toujours d’un mot dédié. Ces espèces exotiques ou moins ancrées dans notre quotidien, restent ainsi dans l’ombre du vocabulaire.

L'importance de nommer

Le phénomène des noms manquants révèle souvent notre manière de percevoir et de hiérarchiser les êtres vivants. La langue dévoile notre manière de percevoir les animaux, de les classer et parfois, de les ignorer. Selon des linguistes, ce que l’on nomme peu et que l’on voit moins risquent de s’effacer dans notre conscience collective. Les spécialistes de conservation plaident souvent en ce sens : baptiser, c’est individualiser, donc susciter l’empathie. Quand, en 2016, les soigneurs d’un parc rwandais ont présenté Ndakasi, bébé gorille femelle orpheline, son prénom est devenu l’étendard de la lutte contre le braconnage. Peut-être qu’un jour, des mots comme guenuche ou guenard renaîtront à travers des campagnes de sensibilisation.

Exemples de noms atypiques chez d'autres animaux

"Guenard" est un mot qui peut surprendre au regard du peu d'éléments qu'il partage avec le mot "singe". Cependant, ce n'est pas le seul exemple de ce type parmi les espèces animales. Par exemple, le petit du sanglier est appelé "marcassin". Un autre exemple de nom de petit n'ayant rien à voir avec celui de ses parents concerne les petits de l'anguille d'Europe : après le stade de larve, les petits deviennent des civelles, mais selon les régions du monde, ils peuvent aussi être appelés "pibales", "bouirons" ou encore "montinettes". Les mots "guenard" et "guenuche" ne sont donc pas des exceptions, même s’ils restent peu utilisés dans le langage courant.

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