Nino Ferrer, de son vrai nom Agostino Arturo Maria Ferrari, est un chanteur, compositeur, auteur, producteur et acteur franco-italien, né à Gênes le 15 août 1934 et décédé le 13 août 1998. Il est resté célèbre pour ses chansons originales et variées, allant du rock psychédélique au folk, en passant par des mélodies tendres et chaloupées. Cet article explore son enfance, sa vie privée et l'héritage qu'il a laissé derrière lui.

Une Enfance Cosmopolite et Musicale

Agostino Ferrari naît un peu par hasard à Gênes en 1934, d'un couple franco-italien qui s'est rencontré en Nouvelle-Calédonie, où le père Ferrari travaillait pour la Société Le Nickel (SLN) à Nouméa. La petite famille retourne bientôt à Nouméa, jusqu'à un autre voyage en Italie en 1939, où elle se trouve coincée par la Seconde Guerre mondiale. Nino, enfant unique et couvé, vit une enfance bourgeoise et catholique, dans la langue italienne. C'est un enfant un peu introverti, taciturne et solitaire, pas très épanoui. Mais la musique le passionne.

Malgré un milieu familial qui ne considérait pas une carrière artistique comme une option sérieuse, Agostino apprend à jouer de plusieurs instruments, notamment la guitare et la contrebasse, devenant un excellent contrebassiste. Après la guerre, la famille s'installe à Paris, où il poursuit des études d'archéologie sans grande conviction, réalisant rapidement que les perspectives de carrière universitaire étaient peu attrayantes.

Débuts Musicaux et Premiers Succès

Nino Ferrer commence à se produire dans des boîtes de jazz de la rive gauche à Paris, interprétant ses premières chansons dans un registre fantaisiste. Bien que sa carrière musicale ne décolle pas immédiatement, il persiste, assumant l'héritage de la chanson réaliste, de Vian et de Queneau.

Un soir de gala, une anecdote impromptue conduit à la création de la chanson "Mirza". Une femme désemparée ayant perdu sa chienne s'épanche auprès de Nino Ferrer, qui prend le micro et improvise une chanson délirante. "Mirza" connaît un succès phénoménal, suivi rapidement par "Le Téléfon" et d'autres tubes immortels tels que "Les Cornichons", "La Rua Madureira", "Madame Robert", "Je Cherche une Petite Fille", "Je Vends des Robes", "Le Sud", "La Maison Près de la Fontaine", etc. Cette période faste s'étend de 1965 à 1975 environ.

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Exigences Artistiques et Retrait Progressif

À mesure que les exigences artistiques de Nino Ferrer s'accroissent, sa carrière commence à décliner. Il se sent limité par son image de chanteur comique et aspire à explorer des thèmes plus profonds et mélancoliques. Un de ses ultimes disques s'intitule "La Désabusion", un néologisme qu'il a formé et qui décrit bien son état d'esprit.

Fuyant de plus en plus le show-business, Nino Ferrer se retire dans une grande maison dans le Lot, près de Montcuq, entouré d'animaux, d'amis et de sa compagne Kinou. Il y élabore des albums qu'il considère comme très aboutis, mais qui ne rencontrent pas le succès commercial. Il se consacre également à la peinture, un art dans lequel il excelle, s'inspirant de Breughel, Bosch et Odilon Redon.

Vie Privée : Amours et Famille

La première femme importante dans la vie de Nino Ferrer est sa mère, dite Mounette. Son décès au printemps 1998, après avoir souffert de problèmes cardiaques, plonge Nino dans un profond désarroi.

La seconde femme de sa vie est Jacqueline Monestier, dite Kinou. Nino l'embauche comme assistante personnelle alors qu'elle a 20 ans. En septembre 1973, naît Pierre, le premier enfant du couple. Nino et Kinou se marient le 30 décembre 1978 à Saint-Cyprien. Un second enfant, Arthur, naît en février 1979. Kinou est considérée comme l'amour de sa vie, et elle s'évertuera à sauvegarder les objets et souvenirs de son époux après sa mort.

Malgré sa vie d'artiste et les tournées, Nino Ferrer a une famille qu'il chérit.

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Fin Tragique et Héritage

Le tempérament dépressif de Nino Ferrer et son incapacité à se stabiliser malgré ses succès le conduisent à une fin tragique. Malgré la vigilance de son épouse, il se suicide d'un coup de fusil le 13 août 1998, deux jours avant son 64ème anniversaire. Son corps est retrouvé dans un champ près de son domicile, et il laisse plusieurs lettres à ses proches.

Nino Ferrer laisse derrière lui une œuvre musicale riche et variée, allant des chansons comiques aux ballades mélancoliques. Des titres comme "Le Sud", "La Maison Près de la Fontaine", "Mirza" et "Les Cornichons" restent des classiques de la chanson française.

Les Enfants de Nino Ferrer : Pierre et Arthur

Nino Ferrer a eu deux fils : Pierre, né en septembre 1973, et Arthur, né le 14 février 1979.

Arthur Ferrari a suivi les traces de son père en se passionnant pour la musique. Il a créé un studio dans le Lot, où il réalise des mixages et des enregistrements. Il a déclaré que la valorisation du patrimoine de son père était une motivation importante pour ce projet.

Pierre Ferrari, l'aîné, a organisé en 2014 une exposition à la médiathèque José-Cabanis de Toulouse pour rendre hommage à son père, présentant des objets, des peintures et des disques de l'artiste.

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Kinou Ferrer : Gardienne de la Mémoire

Après la mort de Nino Ferrer, son épouse Kinou s'est consacrée à la préservation et à la promotion de son héritage artistique. Elle a assisté à des expositions, a publié un livre de cuisine intitulé "Kinou Cuisine" en 2015, et a accepté d'exposer les tableaux de Nino en 2018 pour les vingt ans de sa disparition. Kinou Ferrari est décédée le 17 mars dans le Lot, laissant derrière elle le souvenir d'une femme discrète et dévouée qui a joué un rôle essentiel dans la vie et l'œuvre de Nino Ferrer.

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