Myriam Ould-Braham, danseuse étoile française, est reconnue pour sa grâce, sa musicalité et son interprétation émouvante des grands rôles du répertoire classique et romantique. Son parcours est marqué par une ascension progressive et régulière, illuminée par son élégance et sa maîtrise technique. Elle a fait ses adieux à la scène le 18 mai 2024, dans le rôle-titre de Giselle.

Une Enfance entre Paris et Alger

Myriam Ould-Braham naît le 18 janvier 1982 à Paris. Elle passe une partie de son enfance à Alger, où habite son père. C’est là qu’elle découvre la danse, initialement par la gymnastique, avant de s’orienter vers cette discipline artistique. Cette fille d’un couple franco-algérien, née à Alger, qui a les deux nationalités, a découvert la danse en Algérie fortuitement avec un cours de sa sœur.

En 1986, elle arrive en France et suit brièvement le Conservatoire supérieur de Paris. Elle commence sa formation de danse à Paris, à l’école de danse de la Salle Pleyel, sous la direction d’Yvonne Goubé. Elle a déjà 11 ans, ce qui est assez tard dans le milieu. Après un passage au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris entre 1995 et 1996, Myriam Ould-Braham est acceptée à l’École de danse de l’Opéra de Paris, dirigée par Claude Bessy. À l’âge de 14 ans, elle intègre l'École de danse de l'Opéra.

Ascension à l'Opéra National de Paris

À l’âge de 17 ans, elle rejoint le corps de ballet de l’Opéra national de Paris. Le 18 juin 2012, à l’issue de La Fille mal gardée de Frederick Ashton, Myriam Ould-Braham est nommée danseuse étoile par Brigitte Lefèvre.

Rôles Marquants

Myriam Ould-Braham est particulièrement connue pour ses rôles dans La Belle au bois dormant (Aurore), Giselle (Giselle), Le Lac des cygnes (Odette/Odile), et Roméo et Juliette (Juliette). On lui confie en 2004 le rôle d’Aurore dans La belle au bois dormant, un des plus techniques du répertoire, alors qu’elle n’est encore qu’au grade de sujet. À l’étranger, la danseuse est invitée à danser avec la star russe Nicolai Tsiskaridzé en 2010.

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Elle incarne Juliette, Nikiya, Odette/Odile, Kitri, et bien sûr Giselle.

Une Carrière Dédiée à la Danse Classique

Contrairement à d’autres danseurs plus versatiles, Myriam Ould-Brahm s’est consacrée essentiellement au classique. « C’est ma patte. Ça m’a toujours attirée, je trouve ça si beau. J’ai adoré travailler les ballets dans la version de Noureev. Il y a un travail de laboratoire qui est très intéressant, on n’a jamais fini d’apprendre et de comprendre », livre-t-elle.

Vie Privée: Mariage et Enfants

Elle est mariée à Mickael Lafon, danseur au Ballet de l’Opéra de Paris. Mère de deux garçons, qu’elle a eus avec Mickaël Lafon danseur dans la compagnie, Myriam Ould-Braham ne raccroche cependant pas tout à fait ses pointes. Tout accaparée par la préparation de la fête qui suivra, à la recherche d’une tenue « un peu moins sportswear que d’habitude » pour ses deux garçons de 4 et 9 ans qui devraient monter sur scène lors des saluts, la danseuse glisse tout de même avoir pensé un moment à partir « tranquillement, sans adieux » officiels, et sans « tout le tralala ».

Il est extrêmement difficile pour une danseuse classique professionnelle de mener de front une carrière dans une compagnie et une grossesse (ou plusieurs).

Exemples d'autres danseuses et leurs enfants

  • Mary Helen Bowers a eu trois filles : Lumina Belle (née le 27 décembre 2013), Violette Allegra (née le 22 juin 2015) et Rosabella Emma (née en août 2018).
  • Alessandra Ferri a eu deux filles : Matilde (née en 1997) et Emma (née en 2001).
  • Aurélie Dupont a eu deux garçons : Georges Bélingard (né en mai en 2008) et Jacques Bélingard (né en janvier 2011).
  • Darcey Bussell a eu deux filles : Phoebe Olivia Forbes (née le 3 juin 2001) et Zoe Sophia Forbes (née le 10 février 2004).
  • Evguenia Obraztsova a eu deux filles jumelles : Sofia et Anastasia nées le 25 juillet 2016.
  • Lauren Cuthbertson a eu deux filles : Peggy née le 29 décembre 2020 et Dorothy née le 10 février 2023.
  • Polina Semionova a eu un garçon né début janvier 2017 et une fille Vera née le 1er mai 2021.
  • Anna Ol a eu une fille Isabelle, née en décembre 2021.
  • Diana Vichneva a eu un garçon Rudolf-Viktor né le 13 mai 2018.
  • Gillian Murphy a eu un garçon, Ax Nathaniel Stiefel, né le 8 juin 2019.
  • Irina Dvorovenko a eu une fille Emma Galina née en 2005.
  • Marie-Agnès Gillot a eu un garçon, Paul, né au printemps 2013.
  • Mathilde Froustey a eu un garçon, Claude Mourad Lahlou né le 11/08/2021 à San Francisco.
  • Misty Copeland a eu un garçon Jackson né au printemps 2022.
  • Ouliana Lopatkina a eu une fille : Macha Korneva née le 24 mai 2002.
  • Svetlana Zakharova a eu une fille Anna Repine née en 2011.

Adieux à la Scène: Un Nouveau Chapitre

Après près de 30 ans d’exercice, la danseuse estime qu’il est temps de passer à autre chose et de faire une pause, autant physiquement que mentalement. Myriam Ould-Braham va tirer sa révérence lors d’une dernière représentation au Palais Garnier de Giselle, le ballet composé par Adolphe Adam, emblématique du répertoire classique romantique, qui la « faisait rêver petite » et dont « la magie et la beauté l’éblouissent ».

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Myriam Ould-Braham fera ses adieux ce samedi soir dans le rôle de Giselle, sur la scène du Palais Garnier. Nommée étoile en 2012, elle a dédié toute sa vie à la danse, et la retraite a pour elle un goût de liberté.

« Ma carrière, il ne fallait pas qu’elle se prolonge plus », confie-t-elle. Pendant 25 ans, elle a appris à « gérer » et « connaître » son corps mais elle a envie désormais d’être « moins en souffrance ». Depuis des années, elle doit régulièrement faire « remettre en place » sa cheville par un kinésithérapeute, à la suite d’une rupture des ligaments. « Mentalement aussi », la pause est bienvenue. Dans la loge qu’elle occupe au Palais Garnier depuis sa nomination d’étoile, Myriam Ould-Braham a commencé à mettre de l’ordre, pour laisser place à la nouvelle génération.

Elle ne raccroche cependant pas tout à fait ses pointes, puisqu’elle a accepté pour l’année prochaine plusieurs propositions de galas - en Chine, à Hong Kong et au Japon - lors desquelles elle dansera des « pas de deux ».

Transmission et Enseignement

Outre sa carrière scénique, Myriam Ould-Braham a mené des ateliers et des masterclasses pour transmettre son savoir-faire et son amour de la danse. Cela fait quatre ans qu’elle enseigne la danse, à des amateurs et à des professionnels. Aujourd’hui, c’est vrai qu’enseigner et transmettre lui rend plus heureuse que de danser. Et elle se doit aussi de donner tout ce que l’on lui a apporté.

Une Artiste Discrète et Brillante

Elle est une étoile discrète, mais sans doute l'une des plus brillantes de l'Opéra de Paris. À 42 ans, la danseuse étoile, très appréciée du public, s'apprête à faire ses adieux à l'Opéra de Paris. Très discrète dans les médias, Myriam Ould-Braham s’est forgée, en vingt-cinq ans de maison, une réputation inoubliable en scène. Ballerine absolue, toute en délicatesse et en subtilité, elle a conquis depuis de nombreuses années un public fidèle.

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Myriam Ould-Braham n'aime pas beaucoup parler d'elle. Quand l'étoile revient sur sa carrière, c'est avec humilité, gratitude. Les mots sont comme sa danse, précis et réfléchis : "Je suis extrêmement heureuse. Heureuse d'avoir pu accomplir mon chemin. Vingt-cinq ans de carrière, ce n'est pas rien. Heureuse aussi d'avoir pu tenir jusqu'au bout ce titre d'étoile, l'honorer était ma principale mission. J'ai tout donné, et j'ai besoin que tout que s'arrête."

Si décrocher le titre d'étoile est difficile, le garder est encore plus dur, confie Myriam Ould-Braham, pour qui la danse est "un don de soi", en permanence. "J'ai la vie à découvrir", nous dit-elle.

Héritage et Influence

Myriam Ould-Braham cite comme modèles Elisabeth Maurin, Elisabeth Platel, Sylvie Guillem, Noëlla Pontois et Attilio Labis, son "père spirituel". Myriam est une danseuse qui fonctionne avec l’émotion. Elle se sert de sa sensibilité et de son vibrato pour que tout devienne touchant, et vrai. Plus on enseigne, plus on découvre des choses à transmettre, plus on s’enrichit. Si Myriam s’intéresse à l’enseignement, cela va être extraordinaire.

Elle a besoin de ne pas trop sacraliser. Ça reste de l’art vivant. La danse, c’est un don de soi en permanence. Si on ne prend pas un peu de recul, on devient fou !

Elle préfère citer ceux qui l’ont formée et soutenue. « J’aurai dans mon cœur Attilio Labis, grand pédagogue qui a été un père spirituel pour moi, ou encore Claude Bessy, qui m’a donné ma chance à l’École de danse. »

Giselle: Un Rôle d'Adieu Emblématique

L’ultime Giselle de l’étoile, samedi 18 mai 2024 au palais Garnier, est attendue avec le mélange d’impatience et de mélancolie qui caractérise les dernières. Elle va tirer sa révérence lors d’une dernière représentation au Palais Garnier de Giselle, le ballet composé par Adolphe Adam, emblématique du répertoire classique romantique, qui la « faisait rêver petite » et dont « la magie et la beauté l’éblouissent ».

Programmée sur quatre dates parmi la série de Giselle, Myriam Ould-Braham a déjà assuré deux représentations, avec son partenaire et complice Paul Marque. Face à l’échéance, chaque date compte. Jusqu’au bout, rien n’est laissé au hasard. Elle essaie de ne pas se mettre trop de pression. Quand on prévoit trop de choses, tout ne se passe pas comme prévu. Ce qui compte, c'est de livrer une Giselle avec une âme, une force intérieure.

Ne pas arrêter ses arabesques, les laisser vivre, comme un ruban. Concentrée, Myriam Ould-Braham glisse un équilibre arabesque suspendu, ses bras aériens aussi souples que des pinceaux. Un travail d’orfèvre, jusqu’aux derniers saluts.

À l'Opéra de Paris, la danseuse étoile a choisi, à 42 ans, de faire ses Adieux dans Giselle, qu’elle incarne et irradie de sa présence immarcescible. Une représentation parfaite. « Ecrire l’impossible » tel était le défi posé par Giselle à l’écrivain et librettiste Théophile Gautier. Telle est la réussite de Myriam Ould-Braham lors de ses Adieux le 18 mai 2024. Et c’est avec une émotion infinie que nous avons vu le rideau rouge se fermer une dernière fois sur celle qui restera une Giselle poignante dans sa simplicité. Qu’elle soit la petite paysanne un peu naïve qui veut croire à l’amour, ou la Wili gracile et vibratile, bouleversante et évanescente, elle est d’une sincérité à nous donner des frissons. Pas un geste ne semble joué, ni un pas faussé par un manque d’intention. Pour cette dernière apparition, cette étoile sensible, qui a littéralement habité tous les rôles qu’elle a incarnés avec une subtilité et une intelligence rare, ne laissant jamais apparaître la moindre affectation, le moindre mouvement vide de sens, a été à son zénith.

Et cela nécessite un travail physique et de réflexion de tous les instants, et dans cette ultime représentation, il était manifeste. Les scènes de séduction entre cette Giselle et cet Albrecht ont le charme des amours naissantes, on se frôle, on s’enchante, les regards s’enlacent. Elles se concentrent en raffinement des ports de bras, souplesse silencieuse des sauts, équilibres, ralentis. Loin de toute naïveté et encore moins mièvrerie, les deux protagonistes sont à égalité dans ce jeu de l’amour et du hasard.

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