Le refus de manger chez un enfant de 2 ans est une situation fréquemment rencontrée par les parents. Ce comportement peut être source d'inquiétude et de stress, mais il est important de comprendre les causes possibles et d'adopter des solutions adaptées.

Causes possibles du refus de manger

Le refus de manger chez les enfants peut avoir des causes multiples, souvent liées à des étapes naturelles du développement ou à des périodes de changement. Il est essentiel d'identifier la cause sous-jacente pour pouvoir mettre en place une stratégie efficace.

  • Facteurs émotionnels : Parfois, le manque d’appétit reflète des facteurs émotionnels. L’enfant peut utiliser le repas pour exprimer ses ressentis ou son besoin de contrôle. Les repas peuvent devenir une arène où l'enfant exprime son besoin d'autonomie et teste les limites.
  • Troubles de l'oralité alimentaire (TOA) : Les troubles de l’oralité alimentaire, également connus sous le nom de dysoralités, peuvent poser de vrais défis lorsqu’il s’agit de nourrir son bébé. Ces troubles se manifestent par des difficultés à accepter certains aliments, à mâcher, à avaler ou à s’adapter à différentes textures.
  • Néophobie alimentaire : La néophobie alimentaire se manifeste par le refus de tous les aliments nouveaux. L’enfant peut se mettre à pleurer car il est effrayé devant les aliments qu’il ne connaît pas. La néophobie est tout simplement la peur (phobie) de tout ce qui est nouveau (néo). La néophobie peut se manifester au moment où l’alimentation passe du liquide et des purées, à la phase solide et des morceaux à mâcher.
  • Problèmes de santé : En premier lieu, il importe de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un symptôme lié à une une infection récente. Vérifier qu’il n’a pas de fièvre, qu’il n’a pas de symptômes grippaux (fièvre, nez qui coule, mal de gorge, angine ou même diarrhée).
  • Difficultés de développement sensoriel : Certains enfants sont plus sensibles que d’autres aux goûts forts, aux textures (trop molle, trop fibreuse, trop croquante), ou même aux odeurs.
  • Besoin de contrôle : Entre 2 et 5 ans, l’enfant entre dans une phase d’affirmation de soi. Il veut décider, choisir, dire non. Et le repas est souvent l’un des rares moments où il peut exercer ce pouvoir.
  • Expériences négatives passées : Un aliment mal digéré, un repas conflictuel, une consistance désagréable… il suffit parfois d’une mauvaise association pour qu’un enfant bloque totalement sur un aliment.
  • Climat tendu autour des repas : Quand manger devient une source de stress, l’enfant peut se refermer.

Signes de troubles de l'oralité alimentaire (TOA)

Il est important de noter que la présence de l’un de ces signes ne confirme pas nécessairement la présence d’un trouble de l’oralité alimentaire. Ces signes doivent être évalués dans leur contexte global et nécessitent souvent une observation continue et une évaluation approfondie par un(e) professionnel(le) de santé spécialisé dans les troubles de l’alimentation infantile. Les parents peuvent consulter leur pédiatre ou leur médecin traitant.

  • Refus de nombreux types d’aliments : Si votre bébé présente une tendance à refuser de nombreux types d’aliments, en particulier ceux avec des textures ou des goûts nouveaux, il est possible qu’il soit atteint de troubles de l’oralité alimentaire (TOA). Par exemple, il peut manifester une aversion marquée pour certaines catégories alimentaires comme les légumes ou les aliments solides.
  • Catalogue alimentaire limité : Vous pourriez constater que son « catalogue alimentaire » est très limité, avec moins de 20 aliments différents à l’âge de 18 mois.
  • Difficultés à mâcher ou à avaler : Votre bébé peut rencontrer des difficultés à mâcher correctement les aliments ou à les avaler de manière coordonnée. Votre bébé peut aussi tousser ou s’étouffer fréquemment pendant les repas, car il n’a pas réussi à réduire suffisamment son bol alimentaire.
  • Hypersensibilité sensorielle : Certains bébés peuvent présenter une hypersensibilité à certaines sensations alimentaires, comme les textures, les températures ou les goûts. Ils réagissent parfois de manière négative en recrachant ou en crachant les aliments, en montrant des signes de dégoût ou en se crispant face à ces stimuli sensoriels.
  • Réflexes nauséeux ou vomissements fréquents : Par exemple, ils peuvent présenter un réflexe nauséeux important, des vomissements, des régurgitations fréquentes, une toux lorsqu’ils sont exposés à certains aliments ou certaines textures. Cela peut aussi se manifester par un refus de toucher certaines matières, par exemple des objets ou aliments collants, fluides ou mouillés.
  • Retard de développement alimentaire : Votre bébé, s’il est atteint de troubles de l’oralité alimentaire, peut présenter un retard dans son développement alimentaire par rapport à d’autres enfants du même âge. Par exemple, vous pourriez constater que votre bébé refuse de passer des purées aux aliments texturés, que ce soit des purées moulinées ou des petits morceaux, préférant rester dans sa zone de confort avec des aliments liquides ou lisses.
  • Manque d'intérêt pour l'exploration orale : Vous pourriez aussi constater que votre bébé n’explore pas activement les jouets ou les aliments avec sa bouche et préfère simplement les tenir ou les regarder.
  • Repas stressants et conflictuels : Les repas de votre bébé peuvent devenir source de stress et de conflits lorsque vous remarquez qu’il prend un temps anormalement long pour manger (plus de 30 à 45 minutes), ou qu’il n’éprouve pas de plaisir à manger ou à téter.

Solutions et conseils pour gérer le refus de manger

Face à un enfant qui refuse de manger, il est important d'adopter une approche calme, patiente et positive. Voici quelques stratégies qui peuvent aider :

  • Rassurer et dédramatiser : Il est essentiel de rassurer votre enfant, de ne pas le forcer à manger en lui criant dessus et de dédramatiser.
  • Favoriser l’expression émotionnelle : Favorisez l’expression du ressenti émotionnel de votre enfant sans le forcer à parler s’il n’en a pas envie. Écoutez, rassurez-le si besoin.
  • Instaurer un climat serein lors des repas : Instaurez un climat serein lors des repas. Évitez de regarder votre téléphone ou la télévision durant le repas.
  • Maintenir des routines régulières : Maintenez des routines ou créez de nouvelles habitudes qui favorisent un rythme de vie régulier pour l’enfant avec des horaires fixes pour les repas la semaine, peut-être différents le week-end.
  • Être cohérents dans l'éducation : Soyez cohérents dans vos attitudes éducatives entre les parents (même grands principes appliqués par chaque parent).
  • Présenter les aliments de manière ludique : Faites un repas à thème, plus festif de temps en temps (exemple : des crêpes, une pizza maison…), tester des nouvelles recettes.
  • Proposer sans insister : Présentez les aliments sans pression. Il ne veut pas goûter aujourd’hui ? Ce n’est pas grave.
  • Offrir de petites portions : Une cuillère, une bouchée… c’est déjà un pas.
  • Varier les aliments sur la semaine, pas à chaque repas : Ce n’est pas grave si le repas du jour n’est pas parfait.
  • Impliquer l'enfant dans la préparation des repas : Couper une courgette, verser les pâtes, mélanger une sauce… quand l’enfant met la main à la pâte, il devient curieux de goûter. C’est là qu’une tour Montessori peut aussi faire des merveilles : elle l’invite à se sentir grand et actif.
  • Soigner la présentation : Encouragez, mais jamais forcer.
  • Ne pas priver de dessert : Ne pas priver l’enfant de dessert s’il ne mange pas son assiette.
  • Laisser l'enfant manger dans l'ordre qu'il souhaite : Disposer l’ensemble des aliments du repas sur la table et laisser notre enfant manger dans l’ordre qu’il veut.
  • Montrer l'exemple : Dès qu’il en a l’âge, l’enfant doit manger en même temps que le reste de la famille.
  • Proposer des variantes : Si l’enfant rejette un type d’aliment ou un ingrédient en particulier, lui proposer une variante peut être efficace.
  • Éviter les encas entre les repas : Si votre enfant éprouve des réticences à manger, vous devez d’abord éviter les encas et goûters entre les repas.
  • Encourager l'activité physique : Il doit aussi avoir une activité physique qui correspond à son âge. L’enfant doit se dépenser, ce qui pousse son organisme à consommer de l’énergie et participe à ouvrir son appétit.
  • Être attentif aux signes de satiété : Il est fréquent que les enfants reçoivent de trop grandes quantités dans leurs assiettes en comparaison à leurs besoins. Même si les quantités servies paraissent faibles pour vous, si votre enfant n’en demande pas plus c’est qu’il n’en a pas besoin.
  • Ne pas forcer ou culpabiliser : Le classique 'Tu ne sortiras pas de table tant que tu n’as pas mangé' peut marcher une fois… mais à long terme, cela crée du stress, de la résistance, voire un rejet complet de la nourriture.
  • Ne pas déguiser systématiquement les aliments : Glisser des légumes dans un gâteau, c’est malin… mais si l’enfant découvre la ruse, il risque de se méfier de tout ce qu’on lui propose.
  • Ne pas comparer à d’autres enfants : 'Regarde, ta sœur a tout mangé' ou 'Ton cousin adore les carottes, lui !' : ces phrases, souvent bien intentionnées, peuvent blesser et créer un sentiment d’échec.
  • Ne pas mettre trop d’attention sur l’assiette : En savoir plus : Forcer son enfant à terminer son assiette ?

Néophobie alimentaire : comment l'aider ?

La néophobie chez l'enfant est un phénomène qui se caractérise par une aversion ou une peur irrationnelle des nouveaux aliments. Contrairement à chez l'adulte, la néophobie alimentaire chez l’enfant ne persiste pas et est considérée comme une phase normale du développement. Il faut donc intégrer cette phase dans l’éducation alimentaire avec la découverte des nouveaux aliments et des nouvelles saveurs.

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Voici quelques conseils pour l’aider à surmonter ce trouble :

  • Encourager l'exposition progressive aux nouveaux aliments : Incitez l'enfant à explorer de nouveaux aliments à son propre rythme en proposant des petites portions de nouveaux aliments à côté de ses aliments préférés lors des repas. Encouragez-le dans un premier temps à simplement toucher, observer ou sentir les nouveaux aliments sans pression ni force.
  • Familiariser l’enfant avec un aliment rejeté : Après lui avoir donné l’occasion d’observer l’aliment, donnez à votre enfant des occasions régulières de le goûter, toujours sans forcer.
  • Favoriser un environnement alimentaire positif : Créez un environnement détendu et positif autour des repas en évitant les luttes de pouvoir ou les punitions liées à l'alimentation. Faites des repas un moment agréable et convivial où l'enfant se sent en sécurité pour explorer de nouveaux aliments.
  • Modéliser un comportement alimentaire positif : Montrez à votre enfant que vous êtes ouvert à essayer de nouveaux aliments en mangeant vous-même une variété d'aliments devant lui.

Quand consulter un médecin ?

Il est important de consulter un médecin dans les situations suivantes :

  • Si le refus de manger persiste et affecte la croissance et le développement de l'enfant.
  • Si l'enfant présente des signes de carences nutritionnelles (fatigue, pâleur, etc.).
  • Si les repas deviennent une source de stress et d'anxiété pour l'enfant et les parents.
  • Si vous suspectez un trouble de l'oralité alimentaire ou un autre problème de santé sous-jacent.
  • Dès que les parents en ressentent le besoin, qu’ils n’arrivent plus à gérer la situation, qu’ils s’emportent ou cèdent, ou s’ils constatent que leur enfant commence à perdre du poids, il ne faut pas hésiter à se tourner vers un ou une pédiatre.

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