La petite commune de Taninges, nichée dans la vallée du Giffre en Haute-Savoie, a été le théâtre d'un drame effroyable. Trois enfants d'une famille recomposée ont été retrouvés morts, victimes de blessures par arme blanche, semant l'émoi et l'incompréhension dans la région. Les soupçons se sont rapidement portés sur la mère, âgée de 45 ans, décrite comme dépressive.
Découverte macabre et enquête
Mardi, le père du plus jeune enfant a fait la macabre découverte au domicile familial. Les victimes, deux garçons de 2 et 11 ans, et une fille de 13 ans, provenaient d'une famille recomposée. Le procureur de Bonneville, Boris Duffau, a précisé que les autopsies ont confirmé des blessures mortelles causées par une arme blanche.
Une enquête de flagrance pour « homicides volontaires » a été immédiatement ouverte et confiée aux gendarmes de la brigade de recherches de Bonneville, avec l'appui de la section de recherches de Chambéry. Une soixantaine de gendarmes ont été mobilisés pour les recherches, soutenus par les pelotons de gendarmerie de haute montagne, la section aérienne de Chamonix et les plongeurs de la gendarmerie.
La mère introuvable et retrouvée décédée en Suisse
Après la découverte des corps, la mère de famille était introuvable. Selon des informations du Dauphiné Libéré, elle aurait laissé une lettre à son domicile avant de prendre la fuite vers les massifs environnants. L'enquête a pris une tournure tragique lorsqu'un corps sans vie, correspondant potentiellement à celui de la mère, a été découvert dans une voiture en Suisse, utilisée habituellement par elle.
Les autorités suisses du canton du Valais ont informé les autorités judiciaires françaises de cette découverte. Une autopsie a été ordonnée pour confirmer l'identité du corps et déterminer s'il s'agit bien de la mère de famille. Le parquet de Bonneville a confirmé l'identité du corps de la femme retrouvée en Suisse. Il s'agit bien de la mère des enfants.
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Sidération et émotion dans la vallée du Giffre
La nouvelle de ce triple infanticide a provoqué un choc immense à Taninges et dans les environs. La mère de famille était une figure connue et impliquée dans la vie locale de la vallée du Giffre. Auparavant institutrice à l’école Adelin-Malgrand de Samoëns, elle avait été mutée l’an dernier après une pétition et plusieurs signalements de mamans d’élèves. Sa sévérité avec les enfants était notamment pointée du doigt par des parents d’élèves.
Elle était notamment membre de l'harmonie municipale de Samoëns depuis plus de 30 ans et avait été honorée pour cela en 2022. Elle était également trésorière de l'école de musique de la commune. "Ici c'est un peu une famille, tout le monde se connaît. On a du mal à y croire. Déborah, elle tenait à ses enfants comme à la prunelle de ses yeux, c'était une bonne mère, très maternelle", ont confié des proches.
Le maire de Taninges, Gilles Péguet, a décrit la famille comme "historique" et "complètement intégrée" au village.
Une enseignante "exigeante"
Sur le plan professionnel, Déborah P. avait récemment pris un poste de maîtresse de CE1 à l'école de Marnaz. Auparavant, elle avait enseigné à Taninges et à Samoëns. Des parents d'élèves de Samoëns avaient signalé sa "sévérité", ce qui avait conduit à des signalements et une pétition.
Frédéric Bablon, le directeur d'académie de la Haute-Savoie, a confirmé les signalements, mais a nié toute sanction disciplinaire ou mutation d'office. Il a décrit Déborah P. comme une enseignante "exigeante" et "reconnue comme une bonne enseignante". Selon lui, son départ pour Marnaz était un choix personnel pour vivre une autre expérience.
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Cellules d'écoute et soutien psychologique
Face à l'onde de choc provoquée par ce drame, l'Éducation nationale a mis en place des cellules d'écoute dans cinq établissements scolaires : les trois écoles primaires où elle avait exercé et les collèges de Taninges et Samoëns où étaient scolarisés ses enfants et d'anciens élèves.
Parallèle avec une autre affaire d'infanticide
Cette tragédie en Haute-Savoie rappelle une autre affaire d'infanticide survenue dans l'Indre. Une mère de famille a été mise en examen et écrouée, soupçonnée d'avoir tué ses trois nourrissons entre 2012 et 2020. Les décès étaient survenus à quelques mois d'intervalle, et une information judiciaire avait été ouverte en 2022 "contre X pour meurtres sur mineurs".
L'affaire Christiane K. en Allemagne
L'affaire de Taninges évoque également l'un des pires infanticides qu'a connu l'Allemagne : l'affaire Christiane K., du nom de cette jeune femme qui, en septembre 2020, a tué ses 5 plus jeunes enfants. L'enquête avait cherché à comprendre comment cette mère, apparemment dévouée, avait pu commettre un acte aussi effroyable.
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