La violence à l'encontre des enfants, sous toutes ses formes, est un problème de société majeur avec des conséquences psychologiques profondes et durables. Cet article explore les différentes formes de maltraitance infantile, en particulier la gifle, en mettant en lumière leurs impacts psychologiques et les mesures de protection existantes.
Définition de la Maltraitance
La maltraitance est définie comme tout acte ou omission qui compromet ou porte atteinte au développement, aux droits, aux besoins fondamentaux ou à la santé d'une personne vulnérable, dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d'accompagnement. Elle peut être ponctuelle ou durable, intentionnelle ou non, et d'origine individuelle, collective ou institutionnelle. Les formes de violence et de négligence peuvent être multiples et associées. En 2022, 24 % d’un échantillon de 1 000 français de plus de 18 ans estimaient avoir été victimes de maltraitances graves au cours de leur enfance.
Les Différentes Formes de Violences Envers les Enfants
La maltraitance infantile se manifeste sous diverses formes, chacune ayant des répercussions spécifiques sur le développement de l'enfant.
Violences Sexuelles
Les violences sexuelles englobent tous les actes à connotation sexuelle imposés aux enfants, allant au-delà du viol. Une agression sexuelle est définie comme toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise, incluant le viol, caractérisé par un acte de pénétration sexuelle. La loi du 3 août 2018 a clarifié que la contrainte peut résulter de la différence d'âge ou de l'autorité exercée par l'auteur sur la victime. Les atteintes sexuelles sur mineur sont punies même sans violence, contrainte, menace ou surprise. Les mutilations sexuelles, la prostitution de mineurs, la pédopornographie et la corruption de mineurs sont également considérées comme des violences sexuelles. En 2016, les forces de sécurité ont recensé 19 700 enfants victimes de violences sexuelles, un chiffre partiel reflétant uniquement les cas signalés.
La notion d'"incestuel" ou de "climat incestuel" décrit une relation de dépendance érotisée entre un parent et son enfant, créant une confusion des rôles avec des conséquences similaires à celles d'une agression physique. Une enquête Inserm de 2021 révèle que 13 % des femmes et 5,5 % des hommes ont subi des violences sexuelles durant leur enfance, et que 4,6 % des femmes et 1,2 % des hommes ont été victimes de violences incestueuses. Les enfants handicapés sont particulièrement vulnérables, avec un risque 2,9 fois plus élevé de subir des violences sexuelles, ce risque atteignant 4,6 fois plus pour ceux ayant un handicap lié à une maladie mentale ou une déficience intellectuelle. Le viol sur un enfant de moins de 15 ans ou par un ascendant est passible de 20 ans de réclusion criminelle.
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Violences Physiques
Les violences physiques impliquent l'usage de la force contre un enfant, causant ou risquant de causer des blessures. Cela inclut frapper (avec la main, le poing, un objet), mordre, brûler, empoisonner, droguer, étouffer, étrangler, secouer, bousculer, ou noyer. La répétition n'est pas nécessaire pour que ces actes soient punissables par la loi. En 2016, 131 infanticides ont été recensés, dont 67 dans le cadre intrafamilial, touchant majoritairement des enfants de moins de cinq ans. En 2020, 49 mineurs sont décédés des suites d'un infanticide intrafamilial. Les violences intrafamiliales non conjugales ont augmenté de 16 % en 2021 par rapport à 2020, avec une hausse plus marquée pour les violences sexuelles (+26 %) que pour les violences physiques (+13 %).
Le syndrome du bébé secoué, une forme grave de traumatisme crânien, touche chaque année des centaines d'enfants. Un bébé sur dix décède des suites de ces secouements, et les survivants subissent des séquelles neurologiques permanentes telles que déficiences intellectuelles, visuelles ou motrices, troubles du comportement, de la parole ou de l'attention. Ce syndrome est souvent lié à des antécédents de maltraitance.
Violences Psychologiques
Les violences psychologiques, bien que moins visibles, sont tout aussi dommageables. Elles affectent la sécurité affective et relationnelle de l'enfant, un besoin fondamental. Les violences conjugales sont également des violences faites aux enfants, avec des conséquences graves, voire fatales. Environ 143 000 enfants vivent dans des foyers où une femme est victime de violences conjugales, et 42 % de ces enfants ont moins de 6 ans.
Les violences éducatives ordinaires (VEO), telles que crier, injurier, se moquer, rabaisser, faire peur ou culpabiliser, sont interdites par la loi du 10 juillet 2019 car elles ne sont pas efficaces pour modifier le comportement de l'enfant et peuvent entraîner des troubles anxieux, agressifs ou dépressifs à long terme. Chaque parent est responsable de la sécurité et du respect des droits de son enfant, y compris face à l'autre parent et à l'entourage. Il est important de trouver des alternatives non violentes pour poser un cadre et des limites.
Négligences
Les négligences se manifestent par le fait de priver l'enfant des éléments essentiels à son développement et à son bien-être, comme la nourriture, le sommeil, les soins ou l'attention. Il s'agit d'une forme de maltraitance par omission, où l'adulte ne se mobilise pas pour assurer l'avenir de l'enfant.
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Conséquences Psychologiques de la Gifle et de la Maltraitance
La maltraitance, y compris la gifle, a des conséquences psychologiques profondes et durables sur les enfants. Les séquelles ne sont pas seulement physiques, mais aussi psychologiques, affectant le cerveau, le développement et la santé mentale de l'enfant.
Les enfants victimes de maltraitance peuvent développer des difficultés relationnelles, de la colère, de l'angoisse et de la détresse. Le stress induit par la maltraitance perturbe le développement cérébral, notamment le traitement de l'information, augmentant le risque de troubles de l'attention, des émotions, de la cognition et du comportement. La maltraitance altère également le développement du système biologique de gestion du stress, augmentant le risque de problèmes anxieux, dépressifs et cardiovasculaires à l'âge adulte. Elle peut entraîner des difficultés émotionnelles et interpersonnelles, une faible maîtrise des impulsions et des troubles de la personnalité. De plus, la maltraitance affecte les capacités d'apprentissage et le rendement scolaire, entraînant des déficits des fonctions d'exécution et de régulation de l'attention, un QI peu élevé, des difficultés de lecture et un faible niveau d'étude.
Les violences éducatives ordinaires (VEO), comme la gifle, peuvent créer un traumatisme, entraînant des lésions physiques ou des troubles cognitifs et émotionnels. L'enfant se sent humilié, honteux, a peur et perd confiance en lui et en l'adulte. Le cerveau immature et fragile de l'enfant est particulièrement vulnérable, et les relations qu'il construit ont un impact important sur son développement cérébral et neuronal. La maltraitance émotionnelle modifie le fonctionnement du cortex orbito-frontal, une région clé du cerveau impliquée dans la régulation des émotions et la prise de décision. Les violences physiques ou morales provoquent un stress qui déclenche une sécrétion de cortisol et d'adrénaline, hormones toxiques pour l'enfant, surtout si elles sont sécrétées sur le long terme. La violence coupe l'enfant de ses émotions, lui donne des schémas de violence et ajoute un stress, affaiblissant l'organisme.
Les études montrent que les enfants qui reçoivent des fessées ou des gifles sont plus agressifs, anxieux, dépressifs, ont des comportements antisociaux, des troubles psychiatriques, des relations négatives avec leurs parents, une diminution des capacités cognitives et une mauvaise estime de soi. Devenus adultes, ils ont plus de conduites antisociales et de maladies psychiatriques.
Protection de l'Enfance : Que Faire ?
Face à une situation de danger ou de maltraitance sur mineur, la loi oblige tout citoyen à protéger les enfants et adolescents en danger. Les professionnels soumis au secret professionnel peuvent ou doivent se délier de ce secret pour saisir les autorités compétentes. Le partage d'information à caractère secret est possible dans l'intérêt du mineur pour les personnes mettant en œuvre la protection de l'enfance.
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Si un enfant évoque des éléments préoccupants, il est essentiel de l'écouter avec bienveillance et de le rassurer, en lui expliquant que la loi interdit toute forme de violence et que le fait d'en parler pourra l'aider et enclencher une chaîne de protection. Il faut éviter de questionner l'enfant avec des questions fermées ou d'employer un vocabulaire d'adulte, et être attentif à sa propre attitude en évitant de porter un jugement ou de laisser paraître ses émotions.
La cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) peut être saisie par tout professionnel ou toute personne en contact avec un enfant en situation de danger ou de risque de danger. En cas de danger imminent, un signalement doit être adressé directement au procureur de la République. En cas de doute, il est possible d'appeler le 119, numéro national d'appel d'urgence gratuit et confidentiel pour toute situation d'enfant en danger.
Dans les situations de violences nécessitant une prise en charge médicale urgente, les enfants et adolescents doivent être adressés aux services d'urgences pédiatriques ou à l'UAPED (unité pédiatrique enfance en danger).
Conséquences Légales et Actions Éducatives
La loi prévoit des peines plus sévères en cas de violences à caractère sexuel sur mineurs, et les délais de prescription sont allongés. Les peines varient selon l'auteur et les circonstances. Priver un enfant d'aliments ou de soins au point de compromettre sa santé est passible de 7 ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende. Forcer un mineur à consommer des substances dangereuses est également sanctionné.
Des actions éducatives peuvent être prononcées à un titre administratif (AED) ou judiciaire (AEMO). L'AEMO est une mesure judiciaire civile ordonnée par le juge des enfants pour protéger les mineurs dont la santé, la sécurité ou la moralité sont en danger, ou lorsque leurs conditions d'éducation sont compromises. Elle consiste en l'intervention à domicile d'un travailleur social pour soutenir et conseiller les parents dans leur rôle éducatif.
La loi du 10 juillet 2019 interdit les violences éducatives ordinaires, et le Code civil précise que les titulaires de l'autorité parentale doivent l'exercer sans violence physique, verbale ou psychologique. Bien que la loi ait une vocation pédagogique et ne prévoie pas de sanctions pénales spécifiques, l'Article 222-13 du Code pénal punit les violences ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à huit jours ou n'ayant entraîné aucune incapacité de travail lorsqu'elles sont commises sur un mineur de quinze ans par un tiers.
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