Introduction
À l'approche d'événements sportifs majeurs, l'optimisation de la performance athlétique devient une priorité. Le cycle menstruel, souvent négligé, joue un rôle significatif dans la dépense énergétique et le bien-être des sportives. Cet article explore en profondeur l'impact des fluctuations hormonales sur la dépense énergétique, la nutrition et la performance sportive, en s'appuyant sur des recherches récentes et des témoignages de professionnelles du sport.
Parcours et Motivations de Recherche
Sarah Bagot, ingénieure agronome et doctorante, a orienté ses recherches vers l'étude des variations de poids chez les sportifs, en intégrant les spécificités liées au cycle menstruel. Son parcours, débutant par une spécialisation en agroalimentaire et un stage à l'Institut Paul Bocuse, l'a conduite à explorer l'impact des variations de poids, notamment en lien avec les sports à catégories de poids comme le judo, qu'elle pratique depuis l'enfance.
Axes de Recherche Actuels
Les travaux de Sarah Bagot s'articulent autour de deux axes principaux :
Variations de poids chez les sportifs : Étude des variations de poids en fonction des types de sport, notamment ceux avec des catégories de poids. Les athlètes perdent souvent du poids avant la compétition, puis reprennent rapidement après. La recherche vise à déterminer si cette reprise de poids se fait sous forme de masse grasse et si cela affecte le métabolisme, la nutrition, l'état psychologique et les performances. Cette étude s'étend également aux sports d'endurance, où les athlètes réduisent leur poids pour améliorer leurs performances.
Impact du cycle menstruel : Comprendre comment les variations hormonales liées au cycle menstruel et à la prise de contraception affectent la composition corporelle, la dépense énergétique, l'utilisation des glucides et des lipides par le corps, ainsi que les apports alimentaires.
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Méthodologie de Travail en Laboratoire
La méthodologie employée en laboratoire comprend des mesures dans différentes conditions. Les sportifs et sportives sont invités à évaluer leur dépense énergétique au repos, en utilisant un masque qui mesure le niveau d'oxygène consommé et le dioxyde de carbone expiré. Des mesures similaires sont effectuées pendant un exercice physique et après un repas calibré.
Pour l'étude spécifique des sportives, les chercheurs examinent s'il existe une différence dans les dépenses énergétiques entre les phases folliculaire et lutéale du cycle menstruel. Des questionnaires sont également utilisés pour évaluer leur humeur et leurs habitudes alimentaires. La qualité du sommeil est mesurée à l'aide d'un bandeau placé autour de leur tête pendant qu'elles dorment.
Des études ont inclus des sportifs pratiquant différents types de sport (sports de combat, sports d'endurance et sports de force) et des sportives pratiquant le rugby et le football, avec des participantes de clubs tels que l’ASM Romagnat et le Clermont Foot 63.
Réactions des Sportives aux Études sur le Cycle Menstruel
Les sportives se sont montrées très intéressées et ont posé de nombreuses questions lors de leur participation à l'étude, souhaitant savoir si certaines de leurs expériences étaient normales. Cela révèle une méconnaissance des différentes phases du cycle menstruel, même chez les sportives. Certaines équipes de football ont déjà mis en place des adaptations dans les types d'entraînement en fonction des phases du cycle, tandis que d'autres, comme l'équipe de rugby, ont développé ces adaptations ensemble. Des fiches de bilan issues des analyses, avec des recommandations alimentaires adaptées à leur situation, ont été fournies aux sportives.
Thématiques Actuelles en Sciences du Sport
En plus du cycle menstruel, l'accent est mis sur la performance, mais de plus en plus sur le bien-être des athlètes. Le laboratoire de Sarah Bagot a organisé un workshop international sur la physiologie de la femme et son métabolisme. La libération de la parole par les sportives sur les réseaux sociaux contribue à sensibiliser les chercheurs et les professionnels à ces questions. Les premiers Jeux Olympiques paritaires marquent une avancée significative, mettant en lumière des problématiques qui existent depuis toujours, mais qui ne sont toujours pas suffisamment étudiées ou prises en compte.
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Conseils aux Sportives pour Optimiser Performance et Bien-Être
Les conseils suivants peuvent aider les sportives à optimiser leur performance et leur bien-être :
Connaissance du cycle menstruel : Apprendre à connaître son cycle menstruel, car chaque femme est unique. Suivre son cycle pour identifier des phases qui se répètent ou non, et adapter l'entraînement et la nutrition en conséquence.
Alimentation adaptée : Favoriser certains aliments en fonction des phases du cycle. Les professionnels de santé (sages-femmes, gynécologues, diététiciens) peuvent fournir des conseils précieux pour aider à réduire les douleurs menstruelles et adapter l'alimentation. Augmenter l'apport en fer et en vitamine C pendant les règles pour compenser la perte de fer et donc la fatigue.
Hydratation : S'hydrater suffisamment, surtout avant les règles (période de rétention d'eau) et pendant les règles (perte d'eau liée à la perte de sang).
Formation en Nutrition Sportive
Avec Nutrifizz, Sarah Bagot propose une formation en nutrition sportive destinée aux professionnels du secteur agroalimentaire, afin de développer des produits adaptés aux besoins spécifiques des sportifs, en tenant compte des variations physiologiques et des besoins nutritionnels particuliers.
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Impact du Sport de Haut Niveau sur le Cycle Menstruel
La pratique du sport de haut niveau peut provoquer une aménorrhée primaire (retard du déclenchement du premier cycle menstruel) chez les athlètes. L'arrivée des premières règles nécessite un certain pourcentage de masse grasse, qui sont des réserves énergétiques. Un retard d'un ou deux ans n'a généralement pas de conséquences, mais au-delà de 16-17 ans, une prise en charge est nécessaire pour la construction osseuse.
Certaines athlètes peuvent connaître des aménorrhées secondaires (absence de règles pendant plusieurs mois après l'établissement des cycles menstruels réguliers). Cela peut être dû à une augmentation de la dépense énergétique. L'aide apportée aux athlètes atteintes d'une aménorrhée primaire ou secondaire est personnalisée.
Rôle du Sport dans la Régulation du Cycle Menstruel et le Soulagement des Douleurs
L'activité physique peut aider à réguler le cycle menstruel et à soulager les douleurs menstruelles. L'épisode central d'un cycle menstruel est l'ovulation, qui dépend de l'axe hypothalamo-hypophyso-ovarien. Les œstrogènes prédominent pendant la phase folliculaire, tandis que la phase lutéale est marquée par une augmentation de la progestérone.
Loin d'être un antagoniste, le sport peut avoir sa place dans les différentes phases du cycle. Il est important d'adapter l'entraînement en fonction des phases du cycle et d'éviter les mouvements qui mettent de la pression au niveau du ventre et de la zone pelvienne pendant les règles.
Syndrome de Déficit Énergétique Relatif dans le Sport (REDs)
Un déficit énergétique chronique peut perturber le cycle ovulatoire, entraînant une cascade de dysfonctions physiologiques. Ce syndrome peut toucher autant les femmes que les hommes, sportifs de haut niveau ou amateurs. Au début, la volonté de perdre du poids ou de s'affûter peut virer à l'obsession et à la privation.
Un déficit énergétique chronique peut perturber le cycle ovulatoire, entraînant une cascade de dysfonctions physiologiques. L'activité physique régulière peut aider à diminuer les symptômes prémenstruels, mais ne doit pas être systématique en cas de grande fatigue.
Idées Reçues sur le Sport et les Règles
- Le sport favorise les douleurs de règles : FAUX. Le sport peut atténuer les douleurs menstruelles en stimulant et améliorant la circulation sanguine de la zone pelvienne.
- Faire du sport peut déclencher les règles : FAUX. L'activité physique n'a pas d'incidence sur le déclenchement des règles.
- Le sport augmente le flux menstruel : FAUX. La quantité de sang n'augmente pas, mais le débit s'accélère.
- Le sport accentue les symptômes du syndrome prémenstruel : FAUX. Le sport améliore la qualité du sommeil, réduit les troubles digestifs et a un impact bénéfique sur la santé mentale.
- Certains sports sont à proscrire pendant les règles : FAUX. Il n'existe aucune contre-indication médicale concernant les sports à pratiquer, mais il faut être à l'écoute de son corps.
Sports Recommandés Pendant les Règles
- La marche : Sport doux par excellence, facile et efficace.
- La natation : Sport complet et agréable qui ne génère pas de transpiration.
- Le Pilates : Méthode d'entraînement douce inspirée du yoga, de la danse et de la gymnastique.
- Le yoga : Pratique holistique qui permet de se relaxer et de se reconnecter à son corps.
Étude sur le Cycle Menstruel et la Performance Sportive
Une étude a été réalisée auprès de 32 sportives de niveau national et international (21 rugbywomen et 11 footballeuses, âgées de 23 ans en moyenne). Parmi elles, 23 avaient un cycle menstruel naturel et 9 étaient sous contraception hormonale (pilule contraceptive). Chez les sportives ayant un cycle menstruel naturel, une différence dans l’utilisation des glucides entre les phases du cycle menstruel a également été observée. Finalement, l’analyse de ces premiers résultats permettent surtout de mettre en avant la grande variabilité des réponses métaboliques d’une femme à l’autre et, pour une même femme, d’un cycle à l’autre.
Suivi Médical et Prévention
Le suivi médical régulier des sportives de haut niveau intègre la recherche de facteurs de risque ou de symptômes liés au syndrome REDs et met en place une prévention de l’atteinte périnéale liée à la pratique de certains sports au niveau intensif. La sensibilisation des sportives, incluant une meilleure connaissance de leur cycle menstruel, des impacts possibles sur la performance et des risques en cas d’absence de cycle menstruel, contribue à améliorer leur suivi médical, à lutter contre les idées reçues, le plus souvent liées à une méconnaissance de leur propre corps et des possibilités de prise en charge.
La triade de la sportive (troubles du comportement alimentaire, aménorrhée et ostéoporose) est liée à une disponibilité énergétique insuffisante. Un seuil minimal de disponibilité énergétique a pu être défini mais il varie en fonction de chaque profil.
Le déficit énergétique peut être volontaire (recherche de performance, modification du poids) ou involontaire (augmentation de la dépense énergétique non compensée par l’alimentation, régimes inadaptés). Ce déficit énergétique a des implications variées regroupées sous le nom de syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport (REDs).
En cas de trouble du cycle, le risque de fracture de fatigue et de diminution de la performance est expliqué à la sportive pour améliorer l’adhésion à une prise en charge nutritionnelle. Une sportive en aménorrhée s’expose à un risque multiplié par cinq de fracture de stress par rapport à une sportive de même niveau avec des cycles réguliers.
Hyperestrogénie Relative et Insuffisance Lutéale
Le tableau d’hyperestrogénie relative peut s’accompagner de règles abondantes, voire de ménorragies plus fréquentes chez les jeunes sportives adolescentes. L’insuffisance lutéale est responsable de cycles courts (moins de vingt-cinq jours) et peut s’accompagner d’un syndrome prémenstruel.
Ces symptômes gênent la performance, s’accompagnent d’une perte de concentration, d’une diminution de force musculaire, et provoquent des conduites inadaptées d’automédication ainsi qu’une attitude d’évitement ou de désengagement lors de l’entraînement.
Oligoménorrhée et Aménorrhée
L’oligoménorrhée est l’allongement des cycles à plus de trente-cinq jours ; c’est un indicateur du REDs si elle persiste sur un maximum de huit cycles. L’aménorrhée peut être primaire (absence de survenue de premières règles à 16 ans) ou secondaire (absence de menstruation pendant plus de trois mois).
L’aménorrhée de la sportive est une aménorrhée hypothalamique fonctionnelle, liée au ralentissement de l’axe hypothalamo-hypophysaire (AHH). L’évaluation de l’aménorrhée est clinique, biologique et peut inclure un bilan osseux.
Anamnèse et Examen Clinique
L’anamnèse renseigne sur le nombre d’heures d’entraînement par semaine, l’âge des premières règles, la durée de l’aménorrhée, le nombre de cycles menstruels dans l’année écoulée, la préoccupation suscitée par le poids, la suppression d’aliments, les régimes antérieurs pour perdre du poids, les antécédents d’anorexie, de boulimie, et les antécédents de fractures de fatigue.
Un examen clinique précise le poids, la taille, le pourcentage de masse grasse, la pression artérielle, et les signes d’hyperandrogénie clinique.
Bilan Biologique
L’exploration biologique comprend le dosage plasmatique des β-hCG et des hormones. L’aménorrhée et les troubles du cycle doivent être dépistés chez la sportive de haut niveau le plus précocement possible.
Prise en Charge et Prévention
La prévention du REDs et des troubles du cycle implique une sensibilisation de tous les acteurs (entraîneurs, physiothérapeutes, professionnels de santé…) entourant l’athlète afin d’améliorer la connaissance des symptômes et les indicateurs du déficit énergétique. La prise en charge des troubles constitués est discutée par l’ensemble de l’équipe médicale (gynécologue, physiologiste-médecin du sport, nutritionniste, psychologue clinicien en cas de troubles du comportement alimentaire), en lien avec la sportive et - avec son accord - avec le préparateur physique.
Cycle Menstruel : Plus que les Règles
Le cycle menstruel est un ensemble de réactions hormonales qui affectent toute la santé de la femme, de son système immunitaire jusqu’à son métabolisme, en passant par sa flore intestinale ou encore la qualité de son sommeil.
Le déséquilibre hormonal peut s’installer insidieusement, entraînant des règles douloureuses, abondantes, de l’acné, des cycles irréguliers, un syndrome prémenstruel, une difficulté à perdre du poids, et même des pathologies plus sévères comme l’endométriose, le fibrome, le syndrome des ovaires polykystiques ou encore le trouble dysphorique prémenstruel.
Phases du Cycle Menstruel
Le cycle menstruel s’organise selon quatre phases successives, toutes interconnectées :
- La phase menstruelle : Début et fin d’un cycle menstruel, caractérisée par la desquamation de l’endomètre.
- La phase folliculaire : Les follicules mûrissent et sécrètent des œstrogènes.
- La phase ovulatoire : Libération de l’ovule. Les taux d’œstrogène et de testostérone sont à leur maximum.
- La phase lutéale : Sécrétion de la progestérone par le corps jaune.
Rôle des Hormones
Les ovaires sécrètent surtout des œstrogènes pendant la phase folliculaire, favorisant la fertilité. L’œstrogène booste les neurotransmetteurs, favorise le stockage des graisses et l’hydratation de la peau.
Après l’ovulation, la progestérone prépare le corps à la grossesse en modifiant l’endomètre, réduisant les contractions utérines, favorisant la qualité du sommeil et réduisant l’activité du système immunitaire.
Alimentation et Bien-Être Menstruel
L’alimentation est au cœur du bien-être menstruel, coude à coude avec la gestion du stress. Les hormones sont fabriquées à partir de protéines, et les vitamines, minéraux et oligo-éléments participent aux réactions chimiques et cellulaires de l’organisme. Le cycle menstruel est connecté aux autres fonctions du corps, et notre corps neutralise et élimine au fur et à mesure les hormones qu’il a utilisées.
Alimentation pour Chaque Phase du Cycle Menstruel
- Après les règles : Besoins de retrouver de l’énergie et des matières premières pour la fabrication des hormones.
- Pendant la phase lutéale : Consommer des protéines et des féculents à index glycémique bas.
- Pendant la phase menstruelle : Opter pour des repas riches en nutriments mais faciles à digérer.
Nutriments et aliments à favoriser en phase menstruelle : Magnésium, potassium, aromates, aliments anti-inflammatoires, soupes cuisinées maison et jus de légumes, chocolat noir.
Aménorrhée : Causes et Solutions
On distingue l’aménorrhée primaire (absence de cycle menstruel) et l’aménorrhée secondaire (disparition des règles). Dans le cas des carences alimentaires et chez les sportives de haut niveau, il sera intéressant de s’assurer que la femme apporte chaque jour suffisamment de protéines et lipides de bonne qualité à son organisme. Le zinc, la vitamine A et la vitamine E sont aussi essentiels pour sécréter l'œstrogène et permettre à la muqueuse utérine de s’épaissir.
Endométriose et SOPK
L’endométriose touche une femme sur dix et mêle souvent hyperœstrogénie et inflammation chronique. Les femmes concernées par l’endométriose peuvent souffrir de douleurs pendant et en dehors des règles, pendant les rapports ainsi que de troubles digestifs.
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) se caractérise par des cycles irréguliers associés à l'hirsutisme, l’acné, la prise de poids et l’augmentation des risques cardiovasculaires.
Contraception Hormonale
Les contraceptifs sont, par nature, des perturbateurs endocriniens. Lorsque la femme souhaite arrêter sa contraception hormonale, le cycle menstruel peut connaître des loupés, voire ne carrément pas revenir.
Difficulté à Perdre du Poids
Il existe de nombreuses causes d’une perte de poids difficile malgré un bon équilibre alimentaire : stress chronique, hypothyroïdie et hyperœstrogénie.
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