Maurice Ronet, de son vrai nom Maurice Robinet, acteur et réalisateur français né le 13 avril 1927 à Nice et décédé le 14 mars 1983 à Paris, reste, trente ans après sa mort, une figure énigmatique du cinéma français. Fils des comédiens Emile Ronet et Gilberte Dubreuil, il a marqué de son empreinte des films cultes tels que Ascenseur pour l'échafaud, Plein soleil et Le Feu follet. Cet article explore la vie et la carrière de cet homme complexe, en s'appuyant sur des informations biographiques et des analyses de son œuvre.
Une Enfance Itinérante et une Passion Précoce pour la Littérature
Maurice Ronet passe son enfance au gré des tournées théâtrales de ses parents. Dès l'âge de 14 ans, il fait ses premières armes sur scène, en Suisse, dans Deux couverts de Sacha Guitry, aux côtés de ses parents. Il se présente comme un garçon solitaire, passionné par la lecture. Ses auteurs de prédilection sont Edgar Poe et Herman Melville, et il voue une admiration particulière à Moby Dick. Il se rêve peintre ou écrivain, mais le destin le conduit vers le métier d'acteur.
Formation et Débuts au Cinéma
À 16 ans, il entre au Centre de formation professionnelle du spectacle d’art dramatique, surnommé l’École de la rue Blanche, où il a notamment pour professeur Bernard Blier. Il fréquente le milieu artistique de Saint-Germain-des-Prés, où il est repéré par Jacques Becker, qui lui offre son premier rôle au cinéma dans Rendez-vous de juillet en 1949. Ce succès lui ouvre les portes à des rôles de jeune premier.
Ascenseur pour l'échafaud et la consécration
C'est avec Ascenseur pour l'échafaud (1958), de Louis Malle, que Ronet accède à la notoriété et crée son personnage de dandy désabusé, qui deviendra sa marque de fabrique. Il enchaîne ensuite les films, mais peine à asseoir durablement sa carrière, faute de choix judicieux. Il tourne Plein Soleil (1960), de René Clément, avec Alain Delon, une collaboration qui marquera le début d'une comparaison constante entre les deux acteurs.
Le Feu Follet : Un Rôle Miroir
Le rôle d'Alain Leroy dans Le Feu follet (1963), de Louis Malle, est sans doute le plus marquant de sa carrière. Ce personnage d'un homme désabusé, incapable de trouver un sens à sa vie et qui décide de se suicider, semble résonner avec les propres démons de Ronet. Comme le héros de Pierre Drieu la Rochelle dans Le Feu follet, Ronet semble avoir eu du mal à "rentrer dans la vie".
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Vie Privée : Amours et Solitude
Maurice Ronet épouse Maria Pacôme en 1950, mais ils divorcent six ans plus tard. Il est connu pour ses nombreuses conquêtes féminines, mais ne s'en vante jamais. Il vivra une histoire d'amour avec Anouk Aimée. Il a une liaison de près de dix ans avec Betty Desouches et a un fils, Julien Ronet, avec Joséphine Chaplin.
Réalisateur et Homme de Lettres
Ronet ne se limite pas au métier d'acteur. Il réalise deux longs métrages : Le Voleur de Tibidabo (1964), qui est un échec, et Bartleby (1976), une adaptation de la nouvelle d'Herman Melville, qui rencontre un succès critique et public. Il est passionné de littérature et rêve d'être écrivain, mais se sent intimidé par les grands auteurs qu'il admire.
Les Ambiguïtés d'un Homme Complexe
Maurice Ronet est un homme aux multiples facettes, à la fois séducteur et solitaire, généreux et destructeur. Il aime le luxe, les belles voitures et les grands vins, mais il est aussi attiré par la noirceur et la marginalité. Il soutient les partisans de l'Algérie française et fait partie de l'Association des amis de Robert Brasillach, ce qui témoigne de ses convictions politiques controversées.
La Fin de Vie et la Légende
Atteint d'un cancer du poumon, Maurice Ronet se réfugie dans sa maison secondaire du Luberon, où il décède le 14 mars 1983, à l'âge de 55 ans. Il est enterré au cimetière de Bonnieux. La légende veut qu'il se soit suicidé, mais sa mort est officiellement due à la maladie.
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