Introduction

Marc Fesneau, figure montante de la politique française, occupe depuis mai 2022 le poste de ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Son parcours, ancré dans la ruralité et marqué par une fidélité à François Bayrou, en fait un acteur clé du gouvernement actuel. Cet article explore sa vie privée, son ascension politique, ses engagements et les défis auxquels il est confronté à la tête du ministère de l'Agriculture.

Un Homme de Terroir : Enfance et Racines

Né le 11 janvier 1971 à Paris, Marc Fesneau a choisi de s'installer à Marchenoir, une commune de 600 habitants dans le Loir-et-Cher, où sa famille est originaire. Ce retour aux sources, effectué en 1995, témoigne de son attachement à la ruralité et à ses racines familiales. Après des études scientifiques, il rejoint la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher, perpétuant ainsi le lien familial avec le milieu agricole. D’abord en charge des fonds européens, il devient ensuite directeur du service développement local.

Débuts en Politique Locale

Son engagement politique débute en 1995 lorsqu'il devient conseiller municipal de Marchenoir. Réélu sans discontinuer, il est maire de Marchenoir entre 2008 et 2017 et en est toujours conseiller municipal. En 2004, Marc Fesneau est élu président de la communauté de communes Beauce et Forêt (aujourd’hui Beauce-Val de Loire, 30 communes - 20 000 habitants), dont il est toujours conseiller communautaire. En 2004, il devient également conseiller régional, et s’investit notamment sur les sujets d’aménagement du territoire, de ruralité et d’agriculture.

"Comme conseiller municipal, maire de ma commune et président de la communauté de communes, j’ai pu apprécier les effets de l’engagement local comme la réinstallation de commerces de proximité, avec une boucherie, une épicerie ou une station-service, le développement d’une école de musique, d’une filière bois énergie locale ou d’une maison de services au public itinérante sur le territoire. Ce sont autant de réponses concrètes aux problèmes du quotidien." "Il n’y a pas d’inéluctabilité des choses dès lors que la volonté est là pour changer la vie quotidienne et porter les projets. Ce que j’ai appris et mis en œuvre dans mon territoire, je souhaite le faire désormais à l’échelle de la région."

Ascension Politique : Du MoDem au Ministère de l'Agriculture

Fidèle de François Bayrou, Marc Fesneau adhère à l'UDF puis au MoDem. Il gravit les échelons du parti centriste, devenant secrétaire général en 2010. En 2001, il s'engage au Sénat comme assistant parlementaire de l'élue du Loir-et-Cher Jacqueline Gourault. En parallèle, il reprend des études à Sciences Po, obtenant son diplôme en 2003.

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Élu député en juin 2017 avec le soutien d’En Marche, il devient président du groupe MoDem à l’Assemblée. Sa popularité s’étend chez les « marcheurs » : en 2018, il récolte 86 voix lors de l’élection du président de l’Assemblée nationale, bien au-delà de celles des 46 députés MoDem, face à Richard Ferrand (LREM).

En octobre 2018, il entre au gouvernement, nommé ministre des Relations avec le Parlement, et devient l’un des « chouchous » du Premier ministre Edouard Philippe, tout en gravissant les échelons du parti centriste. Suite à la réélection du Président Emmanuel Macron en avril 2022 et la nomination du gouvernement d'Elisabeth Borne, Marc Fesneau est nommé ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Il y est confirmé lors du remaniement du 4 juillet 2022. Lors de la dissolution de l'Assemblée nationale à l'été 2024, Marc FESNEAU est réélu sur sa circonscription de Loir-et-Cher.

Ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire : Un Défi Majeur

Marc Fesneau rêvait de ce portefeuille de longue date. Sa nomination est perçue comme un accomplissement. Cet adepte de la chasse, qui fut dans le temps directeur du développement local de la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher et défend volontiers la ruralité, a une certaine connaissance des dossiers.

Dès sa prise de fonction, il est confronté à des défis majeurs, notamment la guerre en Ukraine et les tensions sur l’approvisionnement en matières premières agricoles. Il affirme la nécessité de bâtir en France « une souveraineté sur le foncier, parce que la souveraineté sur le foncier, c’est la souveraineté sur notre alimentation ».

À l’heure où plus de la moitié des quelque 400 000 agriculteurs sont susceptibles de prendre leur retraite d’ici cinq ans, l’accès à la terre sera une des priorités du ministère, avec la lutte contre l’artificialisation des sols agricoles et la transition agroécologique.

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Priorités et Orientations

Le projet de loi d'orientation pour la souveraineté en matière agricole et alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture poursuit une double ambition : d'abord, fixer un cap clair et lisible aux agriculteurs ; ensuite, adapter nos politiques publiques agricoles, afin de relever deux défis immenses et émergents pour notre souveraineté alimentaire.

Le premier d'entre eux, c'est le défi démographique, celui du renouvellement des générations. Le constat est clair, connu et unanimement partagé : seuls deux départs à la retraite d'agriculteurs sur trois sont remplacés et, d'ici à dix ans, près de la moitié des chefs d'exploitation pourraient partir à la retraite. Par conséquent, d'ici à 2030 - mais aussi pour les années qui suivront -, nous devrons être capables de former davantage de futurs chefs d'exploitation, de salariés agricoles et d'acteurs du conseil, de la formation et de l'accompagnement, en particulier des ingénieurs et des vétérinaires. C'est indispensable afin d'assurer la reprise des exploitations, de maintenir et de développer notre capacité de production agricole et agroalimentaire dans les exploitations, les filières et les territoires.

Il est également indispensable de réfléchir à une évolution de la sociologie des agriculteurs. En effet, de plus en plus de personnes qui s'installent ne viennent pas du milieu agricole. Elles ont - disons-le - des aspirations partagées par la société toute entière et auront sans doute des parcours moins linéaires.

Ce défi est une formidable opportunité de mener les transitions indispensables. Contrairement à ce que d'aucuns prétendent, la crise agricole de ces derniers mois n'a pas opposé agriculture et environnement. Elle a mis en lumière le fait que les agriculteurs demandent à être accompagnés face aux grands bouleversements du monde et du siècle. Je pense, en tout premier lieu, au dérèglement climatique, mais aussi à la biodiversité, aux risques sanitaires qui s'amplifient, aux risques géopolitiques et aux incertitudes immenses qu'ils créent tant pour notre souveraineté que pour nos agriculteurs.

Cela nous impose d'accélérer l'évolution des systèmes de production, en investissant dans la formation, la recherche et le déploiement massif, rapide et opérationnel des innovations dans toutes les exploitations agricoles. Cela nous impose de placer l'agriculture au cœur des stratégies de mobilisation de la biomasse, nécessaires à la décarbonation de notre économie. Cela nous impose de réfléchir aux transitions alimentaires, afin de créer des débouchés pour les filières et les productions, en lien avec les évolutions de la consommation, non seulement en France, mais dans le monde. Enfin, cela nous impose de nous interroger avec exigence et lucidité - en évitant de créer des contraintes administratives ou normatives inutiles - sur la viabilité économique et climatique future des modèles agricoles, afin de préserver la diversité de notre agriculture.

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Ces conditions sont essentielles pour lutter pied à pied contre les dépendances, dont souffrent les agriculteurs, aux facteurs de production, aux modes de consommation, à l'évolution des marchés, aux impacts du changement climatique qui s'intensifie chaque jour. Ces conditions sont - également et surtout - essentielles afin que les agriculteurs décident, de manière souveraine, des choix de production et des conditions essentielles pour préserver leur revenu. En réalité, ces changements dépassent de loin les frontières de l'exploitation, et exigent de trouver des solutions à l'échelle d'un territoire, des filières et de tout un écosystème.

Dans ce contexte et pour tenir compte de ces enjeux, le projet de loi affirme avec clarté l'importance stratégique de l'agriculture, en la déclarant d'" intérêt général majeur ". Il définit également un cadre global de politique publique, en vue d'atteindre l'objectif de souveraineté alimentaire. La manière dont nous concevons cet impératif fait l'objet de l'article 1er du projet de loi.

La souveraineté alimentaire est la capacité d'assurer des besoins essentiels - c'est-à-dire le besoin de se nourrir et la capacité non de subir des interdépendances, mais de les maîtriser et de les choisir, d'être maître de son destin.

C'est, dès lors, reconnaître que des interdépendances existent pour certains produits et que la situation géopolitique nous oblige à les repenser. C'est, dès lors, dans un contexte de changement climatique, de crises géopolitiques successives et de retour des impérialismes, assumer que nous avons intérêt à nouer de nouveaux partenariats, afin d'éviter de subir des interdépendances. En outre, en tant que Français et Européens, nous avons un rôle à jouer, dans le monde, en matière de sécurité alimentaire.

Nous avons une responsabilité : éviter que certaines zones du monde, notamment la rive sud de la Méditerranée ou l'Afrique, ne soient prises en otage, sous la menace de l'arme alimentaire, ce qui créerait des désordres internationaux.

Le point essentiel du débat est que la souveraineté alimentaire, ce n'est ni l'autarcie alimentaire ni le repli sur soi. Ce n'est pas considérer que produire pour soi suffit. Ce n'est pas faire le pari que nous pourrons, à la fin, nous abstraire de toute interdépendance.

En effet, il faut nous préparer à ce que, durant des années, un certain nombre de productions soient déficitaires, en raison d'accidents climatiques ou sanitaires. C'est désormais le lot de toutes les agricultures du monde, y compris la nôtre. Il faut nous y préparer en renforçant notre résilience, alors que nous nous considérions comme un îlot mondial où la production était stable. Nous devrons assumer des interdépendances au niveau européen, afin de faire face à des dérèglements qui nous pénaliseraient une année et, la suivante, pénaliseraient nos voisins. Nous devons couvrir ce risque alimentaire et agricole.

Nous avons besoin de réfléchir à nos interdépendances, de les assumer, mais également d'en combattre certaines, notamment notre interdépendance en matière d'engrais, vieille de trois ou quatre décennies, qui est dangereuse. C'est pourquoi j'ai la conviction que la question énergétique, qui permet de produire, notamment des engrais, et celle de la souveraineté alimentaire sont intrinsèquement liées.

Au fond, le fil rouge est que l'alimentation - donc l'acte de production - est un atout géostratégique. En conséquence, l'article 1er dispose que le revenu agricole, la capacité à assurer le renouvellement des générations, le soutien à des filières absolument stratégiques, comme l'élevage - par l'adoption de plans de souveraineté - et les transitions à mener sont des éléments consubstantiels à la souveraineté.

Il convient cependant de lier la souveraineté aux transitions, sans quoi, nous irions à l'échec. Cela veut dire qu'il n'y a ni souveraineté contre les transitions ni souveraineté sans les transitions. Cela veut également dire que les transitions sont au service non d'une idéologie de la décroissance, mais de la souveraineté.

Depuis des décennies, cette situation a une conséquence dont il faut sortir : à force de vouloir toujours faire mieux que les autres, nous nous retrouvons à importer des pratiques dont nous ne voulons pas. L'enjeu est bien de réfléchir à ces grandes transitions - non au niveau national, mais, à tout le moins, à l'échelle européenne -, de les accompagner, de les soutenir, y compris financièrement, afin de construire des modèles qui fonctionnent sous la contrainte climatique.

Voilà donc l'orientation en matière de souveraineté que prévoit le projet de loi. Elle s'appuie sur les politiques appliquées depuis 2017.

En particulier, trois batailles ont été engagées et que nous continuerons de mener : la protection du revenu agricole, avec notamment les lois Egalim - du 30 octobre 2018, du 18 octobre 2021 et du 30 mars 2023 -régissant les relations dans le secteur agricole ; la bataille en faveur d'une concurrence plus équitable à l'échelon européen comme au niveau international ; l'accompagnement des transitions.

J'ai obtenu un budget historique pour l'agriculture et la forêt. Plus de 1 milliard d'euros supplémentaires seront consacrés, cette année et les suivantes, à l'accompagnement de la planification écologique. En matière agricole, il s'agit, très concrètement, d'allouer des financements en faveur de l'autonomie protéique, des haies, de la décarbonation des serres et de l'élevage, du soutien à l'agriculture méditerranéenne, ou encore de la recherche d'alternatives afin de sortir des impasses en matière phytosanitaire.

Par ce projet de loi, nous engageons de nouvelles batailles, en actionnant des leviers qui devaient l'être davantage, eu égard aux défis que nous devons relever : l'orientation et la formation, l'installation et la transmission, et la simplification.

La question de la promotion et de l'attractivité des métiers agricoles, et celle de la découverte, dès le plus jeune âge, des réalités de la vie des agriculteurs sont essentielles. Elles le sont d'autant plus qu'une partie de la société a perdu de vue ce que font les agriculteurs, voire les caricature ou les stigmatise, sur fond de méconnaissance des réalités scientifiques ou du vivant.

La question de l'enseignement agricole, et de la manière dont seront formés les agriculteurs est essentielle, car c'est ce qui fait la force de notre agriculture depuis plus de soixante ans - je salue l'ensemble des agents qui travaillent dans l'enseignement agricole. C'est nécessaire car nous avons besoin de conforter la dynamique positive de l'enseignement agricole pour former 30 % d'apprenants supplémentaires d'ici à 2030.

Ces jeunes auront besoin de nouveaux outils. Il leur faudra acquérir de nouveaux réflexes et de nouvelles compétences pour relever les défis climatiques et géopolitiques, mais aussi pour gérer leur entreprise, en améliorant leurs conditions de travail et leur qualité de vie.

En commission, vous avez fixé un cap clair : l'effort qu'il est nécessaire de fournir en matière de formation pour assurer le renouvellement des générations. Améliorer l'accompagnement de ceux qui souhaitent s'installer et encourager une relation plus étroite entre eux et ceux qui cherchent à céder leur activité sont également des points essentiels. Je salue également l'amendement de votre rapporteur, qui fixe comme objectif de maintenir un plancher de 400 000 exploitations. D'abord, il s'agit de maintenir notre capacité de production dans tous les territoires, en donnant la priorité non à l'agrandissement, mais à l'installation. C'est un choix clair et assumé. Ensuite, nous ne devons pas descendre au-dessous d'un seuil critique d'agriculteurs, pour maintenir un dialogue avec la société et permettre aux Français d'appréhender la réalité de cette activité.

Enfin, la simplification est essentielle si l'on veut que l'agriculture soit compétitive, et si l'on veut mettre fin à des injonctions parfois contradictoires. Car simplifier, c'est faire confiance. C'est donc témoigner d'une forme de reconnaissance et de compréhension. C'est aussi permettre aux agriculteurs de ne pas s'embourber dans des amas de règles parfois contradictoires, et ainsi de se concentrer sur leur mission essentielle : produire, pour nous nourrir.

Toutes les avancées contenues dans ce projet de loi s'appliqueront - si vous le votez - en outre-mer, tant en matière de souveraineté que de formation, d'orientation, d'installation et de transmission, ou encore de simplification. Je connais les spécificités des territoires ultramarins, notamment les enjeux liés à l'autonomie alimentaire. Je serai naturellement à votre écoute dans le cas où il faudrait adapter certaines dispositions.

Vie Privée et Équilibre Personnel

Marc Fesneau est marié et père de trois enfants. Il vit à Marchenoir, en région Centre-Val de Loire, dans le Loir-et-Cher, depuis plus de 25 ans. Il concilie sa vie personnelle et ses responsabilités politiques grâce à un équilibre familial solide.

Une vie personnelle qu’il concilie grâce à un équilibre familial solide mais qui a nécessairement changé : « En tant que député, quand je rentrais en Loir-et-Cher, je retrouvais une forme d’anonymat, maintenant il faut impérativement prévenir la préfecture ! » D’autant que la sécurité s’est accrue depuis les événements terroristes… sans compter les Gilets jaunes. S’il avoue que sa famille s’adapte « car tous gardent leurs attaches ici », ce sont plutôt les autres qui évoluent : « On m’a même félicité d’avoir laissé mes enfants dans leur école ! J’ai sûrement changé dans le regard des gens alors que je crois être toujours le même ! »

Personnalité et Style Politique

Marc Fesneau est décrit comme un homme discret, loyal et apprécié. « Il a de la finesse politique et sait aplanir les conflits », salue le député Jean-Louis Bourlanges, quand son collègue Erwan Balanant estime « difficile de lui trouver des défauts ». Un élu d’opposition juge ce bon vivant « assez sympathique » mais allant « un peu au gré du vent ». « Pas un capitaine Fracasse », admet-on dans les rangs de la majorité. « Il ne cherche pas les effets de manche », le défend la ministre MoDem Jacqueline Gourault, qui le considère comme un fils.

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