Les mammifères placentaires, également appelés euthériens (Eutheria), représentent un groupe diversifié et prospère de mammifères. On en compte près de 4 000 espèces. Ils se distinguent par leur mode de reproduction, caractérisé par une gestation intra-utérine complète où l'embryon se développe à l'intérieur du placenta. Cet organe complexe assure la nutrition, la respiration, l'excrétion et la protection immunologique du fœtus.

Qu'est-ce qu'un mammifère placentaire ?

Dans l'embranchement des vertébrés, les mammifères placentaires forment une infraclasse de mammifères dans la sous-classe des Thériens. Ils se caractérisent par le fait que les jeunes sont retenus dans l'utérus maternel pendant une longue période où ils sont nourris par un placenta allantoïdien. Eutheria (infra-classe de Theria) est un groupe de mammifères similaire à Placentalia et désigne le même taxon. Dans la nomenclature formelle des écrits scientifiques, Eutheria est plus utilisé.

Le terme "mammifères placentaires" est un peu un abus de langage, car les marsupiaux ont également un placenta. Il est communément admis que les mammifères sont pour la plupart des placentaires, à quelques exceptions près comme l’ornithorynque qui pond encore des œufs. Ce qui est moins connu c'est l’existence de quelques non-mammifères qui possèdent un véritable placenta, finalement très proche de celui des mammifères.

Caractéristiques générales des placentaires

Le placentaire est un mammifère vivipare dans lequel l'embryon se développe longtemps dans l'utérus maternel, où il est alimenté par un placenta allantoïdien. Il n'y a pas de sac marsupial, ni d'os épipubiques.

Dans le crâne, il y a généralement un trou optique séparé et les orifices palataux sont absents; l'angle de la mâchoire ne recule pas vers l'intérieur. L'os tympanique peut être annulaire ou former une cloque dans les alisphénoïdes. La formule dentaire est 3-1-4-3 dans les deux mâchoires, ou une réduction de celle-ci. Ils présentent deux dentitions différentes au cours de leur vie, une en phase infantile (dents de lait) et une autre en phase adulte.

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Le cerveau a de grands hémisphères cérébraux reliés par un corps calleux.

Diversité des mammifères placentaires

Les mammifères placentaires présentent une grande diversité de formes, de tailles et d'adaptations. On retrouve des espèces aussi différentes que la baleine bleue, l'éléphant, la musaraigne, le tatou, le chien, le chat, le mouton, le bovin, le cheval, le rhinocéros, le lapin, le lamantin, le pangolin, l'ours, le fourmilier, la girafe, l'écureuil et la chauve-souris.

Cette diversité est le résultat d'une longue évolution découlant d'un ancêtre commun, un petit animal insectivore discret qui a vécu après la disparition des dinosaures.

Exemples de familles et d'espèces

  • Canidae (G.): Famille des chiens, loups, renards, etc.
  • Mustelidae (G.): Famille des belettes, blaireaux, loutres, etc.
  • Ursidae (G.): Famille des ours, comme l'ours noir d'Asie (U.).
  • Felidae (G.): Famille des chats, lions, tigres, etc. Chat (F.). Hyène tachetée (C.) (au Kenya).
  • Primates: Patas (E.). Papio. Gorilla (I.). (M.
  • Dipodidae (G.): Famille de rongeurs comme le Dipode imparfait.

Évolution et origine des placentaires

Les mammifères sont pratiquement contemporains des dinosaures. Tout change pour les mammifères à la fin du crétacé, très précisément lors de ce que l’on nomme la " limite KT ", où une extinction massive touche nombre d’espèces vivantes, au premier rang desquelles les dinosaures. On entre alors dans le cénozoïque (ancienne époque tertiaire) dont les premiers millions d’années sont le paléogène et c’est à partir de cette époque lointaine que va se développer la « radiation » des mammifères, c'est-à-dire leur conquête de tous les milieux laissé vacants par leurs gigantesques prédécesseurs.

L'apparition des placentaires remonte à au moins 160 millions d'années, au Jurassique supérieur. Cependant, leur diversification et leur expansion se sont produites après la disparition des dinosaures, il y a environ 66 millions d'années.

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L'ancêtre commun des placentaires

En 2013, une équipe de scientifiques américains a reconstitué l'apparence de l'espèce placentaire ancestrale. Ils ont prédit son poids, le nombre de molaires, la forme de ses spermatozoïdes et le trajet de son artère carotide. Ces prédictions étaient basées sur l'analyse des squelettes de 86 espèces différentes selon plus de 4 500 caractères anatomiques.

Placentaires vs. Marsupiaux

A la différence des marsupiaux que nous venons d’évoquer, les placentaires - comme leur nom l’indique - ont une gestation totalement intra-utérine : les petits sont ainsi bien plus longtemps protégés de toute agression extérieure en se développant au sein d’un sac interne à la mère, le placenta. La liaison avec celle-ci se fait au moyen du cordon ombilical et du liquide amniotique dans lequel baigne le petit : il s’agit donc là d’une protection maximale mais pas seulement car le placenta a bien d’autres rôles. Il permet en effet une nutrition complète en différents éléments (sucres, minéraux, acides aminés, etc.) mais aussi une certaine fonction respiratoire, le recyclage des déchets (fonction excrétrice) et une activité hormonale (fonction endocrine). Signalons aussi que le placenta a un rôle majeur en immunologie en assurant une barrière entre l’enfant et le monde extérieur. On comprend donc aisément que la gestation paraît mieux protégée chez les placentaires que les marsupiaux.

A la fin du crétacé n’existaient probablement que 200 à 300 espèces de mammifères regroupées en un peu moins de 30 familles dont 1/3 était représenté par les placentaires, 1/3 par les marsupiaux, le dernier tiers relevant d’espèces n’ayant pas survécu. A cette époque, les donnes étaient équivalentes entre les deux grands groupes de mammifères.

Si l’on met de côté le rôle néfaste de l’Homme en Australie dont la prédominance exclusive a rompu la stabilité de l’écosystème naturel, force est de constater que partout où les marsupiaux ont rencontré les placentaires, ce sont ces derniers qui ont pris le dessus. La vraie différence entre ces différentes espèces réside dans le mode de gestation, forcément défavorable comme on la vu, aux marsupiaux. La gestation marsupiale, par exemple, oblige à une ossification plus précoce de la boîte crânienne ce qui limite forcément le développement du cerveau de l’individu. De la même façon, la croissance de l’embryon dans une poche externe empêche l’apparition d’individus de grande taille : impossible d’imaginer une baleine marsupiale !

Le nombril : une cicatrice placentaire

Sur le corps humain, le nombril est bien visible. Il fait d’ailleurs l’objet de considérations esthétiques car tout le monde n’est pas satisfait de sa forme. Le nombril ne sert strictement à rien ! Il est par contre la cicatrice d’un élément qui est d’une très grande importance : le cordon ombilical. Ainsi, le nombril concerne tous les animaux qui commencent leur vie sous forme d'embryon relié à la mère par un cordon ombilical. C'est à travers ce cordon que l'embryon reçoit les nutriments et l'oxygène nécessaires à leur vie intra-utérine. Cette cicatrice est associée aux mammifères placentaires. C’est un sous-groupe de mammifères chez lesquels les embryons se développent à l'intérieur d'un placenta dans l'utérus de la mère.

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Chez les chiens et les chats, le nombril est situé sur le ventre, généralement le long de la ligne médiane, un peu en dessous de la cage thoracique. Cependant, contrairement aux humains, leur nombril est plus discret et peut être difficile à voir, surtout si l'animal a beaucoup de fourrure. Le nombril d'un cheval est aussi situé sur son ventre, un peu derrière le sternum, le long de la ligne médiane. Tout comme chez les chiens et les chats, il est généralement discret et peut ne pas être évident à voir sans un examen attentif. Chez les poulains nouveau-nés, le cordon ombilical desséché reste visible pendant quelques jours, voire une semaine, après la naissance, puis tombe. Chez de nombreux mammifères, la mère coupe le cordon ombilical en le mordant peu de temps après la naissance du petit. Ce comportement instinctif permet de séparer le nouveau-né de la mère et de réduire les risques d'infection. Chez certaines espèces, le cordon ombilical se détache naturellement sans intervention.

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