Introduction
Marie-Thérèse Charlotte de France, connue sous le nom de Madame Royale, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, est une figure marquante de l'histoire de France. Cet article se penche sur les grossesses et les accouchements de sa mère, Marie-Antoinette, en mettant en lumière les contextes politiques et sociaux de l'époque, ainsi que les conditions difficiles dans lesquelles ces événements se sont déroulés.
La Naissance de Madame Royale : Fin des Rumeurs et Début des Épreuves
La naissance de Marie-Thérèse Charlotte le 19 décembre 1778 est un événement majeur. Versailles n’a pas pour habitude de fêter la naissance d’une fille, mais cette fois, tout le royaume est en émoi, car cet enfant met fin aux folles rumeurs qui couraient depuis des mois sur la stérilité du couple royal. La petite princesse aurait dû recevoir le titre de Madame.
Cependant, cet heureux événement est entaché par les conditions éprouvantes de l'accouchement. La coutume royale de l’accouchement en public, nécessaire afin de prouver la légitimité de l’enfant, est un vrai calvaire et répugne à la reine au plus haut point. Pudique, elle réprouve cette pratique pourtant inéluctable. La venue au monde du premier enfant du couple royal, après de si nombreuses années d’attente, est un événement que personne ne veut manquer. Le 18 décembre 1778, vers minuit, la reine ressent les premières douleurs. Elle fait appeler son mari à une heure et demie. Pendant ce temps, Madame de Lamballe, surintendante de sa maison, court avertir la famille royale. Les courtisans, massés dans l’antichambre de la reine et le cabinet du roi, sont si nombreux qu’ils se répandent jusque dans la Galerie des Glaces. Tous trépignent d’impatience. Lorsqu’on ouvre enfin les portes, ils s’élancent dans les appartements de la Reine et s’agglutinent jusqu’à son lit. Même du temps de Louis XIV, on n’avait jamais vu une foule si dense ! La naissance est un supplice. Un instant, on croit que l’enfant est mort, mais des vagissements se font entendre : il vit. La reine n’a pas le temps de s’en réjouir. Elle n’en peut plus. La tension, l’émotion, l’atmosphère confinée et étouffante, le vacarme des courtisans, le travail éreintant de douze heures… Elle est prise d’une convulsion et s’évanouit. Terreur du médecin. Marie-Antoinette n’apprend que plus tard qu’elle a donné le jour à une fille, et pleure abondamment.
Marie-Antoinette ne se remettra jamais totalement de ce premier accouchement, pratiqué dans des conditions désastreuses. Les contemporains de la Reine mentionnent un « terrible accident » survenu pendant le travail : il s’agit probablement d’une hémorragie. Elle développe même progressivement un cancer de l’utérus, dont les symptômes se manifestent clairement lors de son emprisonnement à la Conciergerie : elle perd régulièrement beaucoup de sang.
L'Accouchement en Public : Un Calvaire pour la Reine
L'accouchement de Marie-Antoinette était un événement public, une tradition royale destinée à confirmer la légitimité de l'enfant. Cette pratique, bien qu'ancrée dans les mœurs de la cour, était une source d'angoisse pour la reine, qui réprouvait cette intrusion dans son intimité.
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La naissance de Marie-Thérèse Charlotte est un exemple frappant de cette situation. Le récit de l'accouchement révèle une atmosphère chaotique et oppressante, avec une foule de courtisans se pressant dans la chambre de la reine. Cette promiscuité, combinée à la durée du travail, a engendré une grande souffrance physique et émotionnelle pour Marie-Antoinette.
Les Grossesses Suivantes : Vers Plus d'Intimité
À la suite de cet épisode éprouvant, Marie-Antoinette prend prétexte d’une rougeole attrapée en avril 1779, qui fait suite à ses relevailles difficiles, pour aller s’isoler à Trianon avec sa petite troupe de joyeux compagnons. Elle n’a pas la moindre envie de reprendre les relations sexuelles avec Louis XVI. Lorsqu’il apprend que son épouse attend un nouvel enfant, le roi se souvient de l’enfer lors de la naissance de Madame Royale, et il refuse de lui faire subir le même supplice. Le jour de l’accouchement, le 22 octobre 1781, seuls les membres de la famille royale, quelques dames de la Maison de la Reine et le garde des Sceaux sont autorisés à pénétrer dans la chambre de la Reine. Que les autres patientent dans le salon voisin ! Marie-Antoinette donne naissance au fils tant attendu, que Louis XVI lui présente avec ces mots : « M. le Dauphin demande à entrer ».
Le 27 mars 1785 au petit matin, Marie-Antoinette sent que le travail est imminent. Elle ne met dans la confidence que son amie la duchesse de Polignac, et donne le change face aux courtisans pour dissiper leurs soupçons. Le Mercure de France rapporte que la reine a accouché « après un travail fort court » et que de tous les princes du sang, seul le duc de Chartres se trouvait au baptême de l’enfant, « les autres princes et princesses n’ayant pu se rendre assez tôt pour s’y trouver ». Elle n’aura pas à user du même stratagème pour la naissance son quatrième et dernier enfant. La princesse Sophie, prématurée, prend au dépourvu les courtisans, le roi et la reine elle-même.
Le Quatrième Accouchement et les Conséquences sur la Santé de la Reine
Marie-Antoinette met davantage de temps à se remettre de ce dernier accouchement, ses problèmes gynécologiques s’aggravant sensiblement. La petite fille meurt le 19 juin 1787, venant à peine d’atteindre sa première année. Marie-Antoinette et Louis XVI n’auront pas d’autre enfant. Après avoir donné à la France deux Dauphins et deux princesses, même si la cadette n’a pas survécu, la reine estime avoir rempli son devoir dynastique.
Les grossesses et les accouchements successifs ont eu un impact considérable sur la santé de Marie-Antoinette. Les complications survenues lors de son premier accouchement, notamment l'hémorragie, ont fragilisé son organisme. Ses problèmes gynécologiques se sont aggravés au fil des années, et les symptômes d'un possible cancer de l'utérus se sont manifestés lors de son emprisonnement à la Conciergerie.
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Représentations et Témoignages
Cette gravure fixe pour la postérité l’heureux accouchement de la reine qui repose dans son lit, sous le regard vigilant de la princesse de Lamballe, surintendante de la Maison de la Reine. Une servante remet de l’ordre dans les tentures malmenées par la foule qui se pressait dans la chambre. La petite princesse, en robe de baptême, est dans les bras de Victoire-Armande de Rohan-Soubise, princesse de Guéménée et gouvernante des Enfants de France. Le roi, lui, présente sa fille à ses proches avant de se rendre à la chapelle pour assister au baptême de l’enfant par le cardinal de Rohan.
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