Ric Hochet, figure emblématique de la bande dessinée franco-belge, continue de captiver les lecteurs à travers les générations. Cet article se penche sur l'univers de Ric Hochet, en explorant notamment le tome 6 des Nouvelles aventures, "Le Tiercé de la Mort", et en analysant les thèmes et les évolutions de la série, en particulier sous la plume de Zidrou.

Un Héritage Nostalgique : "Le Tiercé de la Mort"

L'action du "Tiercé de la Mort" se déroule à Paris, en 1970. L'histoire débute de façon dramatique : pendant une course de chevaux à l’hippodrome de Saint-Cloud, trois purs-sangs sont abattus. Le lendemain, à Longchamp, deux jockeys sont tués et un troisième est grièvement blessé. Ric Hochet est confronté à un mystérieux gang de criminels qui semblent organiser des paris sur la mort.

Selon un avis, Ric Hochet est la quintessence de la bande dessinée à papa. Zidrou semble l’avoir compris. Un décor vieille France, des personnages archétypaux, sans oublier une trame tarabiscotée, nappée d’un humour bon enfant. "Le tiercé de la mort", sixième tome des Nouvelles aventures de Ric Hochet, ne déroge pas à la tradition. L’histoire est adroitement conduite et le rythme soutenu, les rebondissements se révèlent nombreux et les motivations des délinquants apparaissent plutôt originales. L’épisode affiche même une touche de modernité alors que la fiancée du héros démontre qu’elle n’a pas froid aux yeux.

Van Liemt s’impose comme un digne héritier de l’illustrateur de Chick Bill. Tel son prédécesseur, il adopte un trait réaliste avec de légers accents caricaturaux, notamment dans les regards et les réactions des acteurs qui sont parfois exagérés. Le découpage se veut nerveux, les plans se succèdent rapidement pour donner du tempo à l’entreprise. Une lecture agréable qui sent bon la nostalgie. Certes, il n’y a fondamentalement rien de nouveau dans cet univers, mais c’est toujours chouette de revoir le reporter à la houppe blonde.

Rationalisme vs. Sorcellerie : Une Opposition Thématique

Dans certains tomes, Zidrou explore l'opposition entre le rationalisme européen et la sorcellerie africaine. Il semble vouloir démontrer, dans un premier temps, que la pensée maraboutique relève davantage de l'illusion et de la supercherie que de la véritable sorcellerie. Zidrou a décidé d'opposer la logique "cartésienne" des européens à la sorcellerie du marabout africain. Dans un premier temps, Zidrou a certainement voulu montrer que la "pensée marabout" n'est pas de la sorcellerie mais uniquement de l'illusion et de la supercherie. D’abord une mise en scène : Avant d'avoir l'explication de la supercherie.

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Cependant, il contrebalance cette idée en introduisant des éléments plus ambigus, comme le personnage de Michel Thieu, employé des pompes funèbres. Est-ce que Zidrou chercher à nous faire douter de la logique cartésienne? Il va essayer de nous faire croire que c'est l'esprit d'un mort qui aurait-il pris le contrôle de Michel. Il serait possédé, par une force occulte : Mais le lecteur régulier de Ric Hochet sait que le surnaturelle est étranger à la série. Alors, je suppose immédiatement que Michel Thieu est sujet à une maladie psychiatrique. (Comme dans l'Ennemi à travers les siècles, par exemple)

Zidrou va même jusqu'à suggérer que Ric Hochet lui-même pourrait être affecté par des forces occultes. Zidrou "pousse le bouchon encore plus loin" en mettant en scène Ric Hochet. Ric Hochet aurait-il été "marabouté"? En tout cas, tout porte à croire que c'est bien cela. Après être s'est fait violemment assommer (une fois de plus ) par "Cupidon" Nous nous retrouvons "dans la tête" de Ric Hochet quand il reprend connaissance : Nous changeons d'angle de vue et quittons "la tête de Ric Hochet" A noter qu'il y a un cadavre dans la baignoire et ce serait Ric Hochet le "meurtrier" . Rien que ça… (Dans Le scandale Ric Hochet, il tire à bout portant sur un kidnappeur et le blesse, il "remet le couvert" en tirant sur Bourdon . Le dénouement de cette histoire apporte une explication cohérente.)

Cette approche a suscité des interrogations quant à la fidélité de Zidrou à l'esprit original de la série. Est-ce de l'audace ou au contraire de l'inconscience de la part de Zidrou d'essayer de démontrer que le surnaturelle est effectivement possible? Pour rester fidèle à Duchâteau et Tibet, je ne peux pas accepter que le surnaturelle soit dans l'univers de Ric Hochet. Je recherche la solution quelques cases avant que "Cupidon" assomme Ric.

Une Fin Ouverte et Débattue

Un point de critique récurrent concerne les fins ouvertes et parfois elliptiques des histoires de Zidrou. Contrairement à Duchâteau, qui apportait toujours une explication rationnelle aux événements, Zidrou laisse souvent planer le doute, demandant au lecteur d'imaginer la fin. Zidrou n'apporte pas les explications de la "dernière page" comme le faisait Duchâteau et laisse planer le doute. Certainement que Ric hochet a dû être drogué en mangeant du gâteau ou en buvant de la bière. Mais qui aurait fait cela et pourquoi? Mystère Est-ce bien Ric Hochet qui aurait poignardé à mort "Cupidon"? Ou peut être Nadine? "Cupidon" aurait pu se suicider et comme Ric Hochet est blessé, il a peut être son propre sang sur les mains? (A moins que ce ne soit son chat Nanar Je blaguais)

Cette approche divise les fans, certains appréciant la modernité et l'ouverture qu'elle apporte, tandis que d'autres regrettent le manque de résolution et de cohérence avec l'univers de Ric Hochet. Je n'ose pas croire que Zidrou aie osé profaner les règles établie. Pourtant dans Dernier Duel, un ami de longue date de Ric Hochet un ami de longue date de Ric Hochet: se fait tueur. Duchâteau a osé ! Au lecteur d'imaginer la fin (à moins que la solution ne sera donnée dans le tome suivant?) Personnellement, je ne crois pas que ce soit le surnaturelle soit la solution. Et vous? qu'en pensez-vous?

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Un avis exprime que Zidrou n'a pas su nous proposer une dernière page de révélation rationnelle de l'inexplicable. Ric s'écroule au moment où Michel se pend, il flanche alors que tout repose sur lui : premier coup de canif dans le contrat Ric Hochet. En mourant, Michel lui "transmet" l'âme vengeresse d'Elisabeth qui, lorsqu'elle passe à l'action, prend possession du sujet pour en faire l'instrument de sa vengeance au moyen d'épisodes de quasi-délire meurtrier dont le sujet n'a pas de souvenir lorsqu'il reprend la main (toujours après avoir bien "charcuté", seul le curé défroqué échappe au carnage). On a là l'élément surnaturel qui devait nous être expliqué rationnellement en dernière page (Spectres de la nuit, Alerte ! Extra-terrestres !, le Double qui tue, le Fantôme de l'Alchimiste, la nuit des Vampires, etc) et là rien : 2ème gros coup dans le contrat d'une reprise Ric Hochet.

Pire, le héros fait quelque chose qu'on ne voit pas (ellipse sans précédent dans RH), alors qu'on a pris le contrôle de lui (mais de manière moins crédible que dans Face au Serpent ou l'épée sur la gorge) sans qu'Elisabeth, qui "conduit" lors des crises des sujets qu'elle habite, ne connaisse Charles ou n'ait quoi que ce soit à lui reprocher. C'est là où, tout brillant qu'il soit, le parallèle avec la maladie du tome 26 ne tient pas, puisqu'un autre épisode de meurtre par possession survient alors que le supposé malade mental est décédé et après que Ric a "flanché " sous le poids du transfert d'elisabeth de Michel vers lui.

Pour conclure, il s'agit d'une fin bricolée avec la jubilation de casser les codes de Ric Hochet (c'est le ton depuis le début) et donnée à une histoire trop touffue qui méritait peut-être 2 tomes au lieu d'un. Zidrou est un auteur très talentueux mais il est inférieur à Duchâteau sur le plan purement policier (Ric Hochet est plus rigolo à lire qu'avant mais nous "assoit" moins qu'avant), ses idées de départ sont vraiment originales, c'est très bien conçu mais il est trop influencé par son temps et pas assez "impressionné" par l'œuvre qui le précède (tant mieux pour la désinhibition, sans doute) pour vouloir s'essayer à la reproduire.

Le "Contrat" Ric Hochet : Fidélité et Évolution

La question de la fidélité à l'esprit original de Ric Hochet est au cœur des débats sur les nouvelles aventures. Certains estiment que Zidrou s'éloigne trop des codes établis, notamment en introduisant des éléments fantastiques ou en présentant un Ric Hochet plus vulnérable et moins infaillible. Quand je parle du "contrat" des continuateurs de Ric Hochet, c'est surtout à l'ensemble des ingrédients de l'aventure auxquels je fais allusion, Ric flanche alors qu'on attend qu'il fasse comme toujours : de son mieux et avec un échec qu'on ne peut imputer qu'à un surnombre des ennemis, une supériorité en armement, en tous cas à une cause extérieure. Là cette cause est si délirante qu'on sent une rupture dans sa tradition héroïque (jamais Ric n'a eu une "bouffée de chaleur" au moment d'une course-poursuite ou dans une bagarre, quand on avait besoin de lui, il y a d'ailleurs peu de scènes de bravoure dans ce nouveau RH, dans RIP RIC, il assure dans l'avion mais sinon c'est assez banal au regard du Guinness book de sauvetages qu'il nous a donnés précédemment).

D'autres, au contraire, apprécient la prise de risque et la modernité apportée par Zidrou, considérant qu'il est nécessaire de faire évoluer la série pour la maintenir attractive pour un nouveau public. Pour le côté plus vulgaire dans l'élocution, la cigarette ou la vengeance en mode dent pour dent, on avait parfois des prémices, c'est vrai, Ric venge Drumont, son ami de toujours, la rage au cœur (Tibet titre ainsi le tome 3 d'Aldo Rémy, d'ailleurs) et se fout de descendre ce sosie de pacotille, il est moins propret dans l'expression orale quand le Bourreau joue avec lui pour retrouver sa maman, toutes évolutions déjà contenues dans l'œuvre classique.

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Ce qui est vraiment décevant dans ce tome 5, c'est ce côté gratuit d'une fin semi-fantastique et elliptique où on finit un peu comme on l'entend (il le dit lui-même dans l'interview donnée dans le cadre de la prépublication : "pas facile de boucler 3 histoires mais je m'en sors parce que j'ai de la bouteille"), le nouveau public de Ric s'en satisfera sans doute, je dirais que les fans historiques ne sont pas dupes du manquement scénaristique, peu importe vous me direz, les critiques sont bonnes, Z et VL semblent vouloir tourner une page sans avoir à rendre des comptes sur le très riche historique de la série, les ventes sont très correctes : les vieux (35 ans pour votre serviteur) chiens de garde grognent un peu mais la caravane du Lombard passe !

Thèmes Sociaux : Racisme et Xénophobie

Zidrou n'hésite pas à aborder des thèmes sociaux sensibles dans ses histoires, comme le racisme et la xénophobie. Il explore ces thématiques avec intelligence et finesse, en mettant en scène des personnages confrontés à des préjugés et des stéréotypes. Un autre Thème Zidrou utilise un sujet à controverse : le racisme / La xénophobie. Nous prêtons souvent cette maxime à Pierre Desproges « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ». Ainsi, je ne sais pas jusqu'à quel point Zidrou veut jouer avec le lecteur en présentant ce thème de différentes manières. Il va traiter cette thématique, parfois, avec intelligence et finesse.

Par exemple, le personnage du commissaire Dior, d'origine africaine, est parfois victime de remarques et de comportements racistes. Étant africain, le commissaire Dior, est désigné comme étant un suspect. L'humour va dédramatiser la situation. Et Zidrou va utiliser cela à plusieurs reprises et j'aime bien cela. Zidrou dénonce ainsi les préjugés et les discriminations qui peuvent exister dans la société. Un autre point : Je ne vais pas recenser toutes les situations où le regard xénophobe d'un français de la métropole (Béret et baguette de pain ) sont citées dans l'album. En voici deux, particulièrement fortes Ces propos ne sont pas seulement d'époque, mais ils sont toujours d'actualité. Nombreux sont les gens qui les disent, les pensent bien haut. Alors, ce n'est pas mensonger et nous en avons tous entendu. Autant au "café du commerce" que dans les rues ou lors de discussions.

Cependant, certains choix de Zidrou sont discutables, comme celui de faire du personnage de Ledru, un personnage attachant malgré sa compétition avec Ric Hochet, un raciste. Toutefois, je trouve dommage que Zidrou décide de mettre Ledru dans le rôle d'un raciste. Ledru est un personnage (certes il veut devenir commissaire à la place du commissaire ) qui est parfois en "compétition" avec Ric Hochet, mais il reste attachant. Donc, le choix de Zidrou me déçoit.

Commissaire Griot : Un Titre à Interprétations

Le titre "Commissaire Griot" suscite également des interrogations et des interprétations. Qui est le Commissaire Griot ? Le titre donne à interprétation. S'agit-il de Commissaire Bourdon ou de Commissaire Dior? Le Commissaire Bourdon va jouer le rôle du grand sorcier pour résoudre l'énigme. Tout aurait porté à croire que Dior allait utiliser "les clichés" de l'africain à Paris (Un peu comme les Gendarmes à New York, si vous voyez ce que je veux dire ). Mais pas du tout. Dior a l'attitude d'un commissaire de la métropole. (Zidrou ne présentera pas "l'attitude" et le "comportement" de Dior de retour au Sénégal).

Le terme "griot" fait référence aux conteurs et musiciens traditionnels d'Afrique de l'Ouest, dépositaires de la culture orale. S'agit-il d'une référence au commissaire Dior, d'origine africaine, ou d'une métaphore du rôle du commissaire dans la résolution des énigmes ? Je vais discuter du titre Commissaire Griot Griot déf : En Afrique noire, membre de la caste des poètes musiciens ambulants, dépositaires de la culture orale et réputé être en relation avec les esprits.

Un dernier point soulevé concerne l'utilisation de l'imagerie coloniale, comme la publicité Banania, dans l'album. Autant le Drapeau des États confédérés d'Amérique est utilisé actuellement par une catégorie d'américains comme signification de la ségrégation, de l'esclavagisme, du KKK, autant Banania (Y'a bon Banania & la tête du tirailleur sénégalais) symbolise actuellement une caricature du Noir de l'époque"colonial". J'admet que l'histoire est sensée se dérouler en 1970 et cette "identité publicitaire" a été utilisé encore au courant des années 70 (Banania) Mais c'est plus le profil du sénégalais : Le sourire "niais". La sensation qu'il s'agit d'un grand enfant. Peut être que j'exagère et que je recherche quelque chose qui n'a pas de raison d'être… Toutefois, je ne suis pas resté indifférent à cela.

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