Ce n’est pas parce qu’on vient d’avoir un bébé qu’on doit dire au revoir à sa passion de la montagne. Il est tout à fait possible de passer d’agréables vacances en altitude montagne avec son bébé, en respectant quelques règles importantes pour sa santé… et la vôtre ! Le virus peut même se transmettre dès le plus jeune âge, à condition de prendre quelques précautions. Cet article a pour but de vous livrer les informations importantes pour réconcilier bougeotte et couches-culottes, en abordant les recommandations concernant l'altitude maximale pour les nourrissons, les précautions à prendre et les risques potentiels.
À partir de quel âge et jusqu’où peut-on monter ?
Qu’on se le dise, il n’y a pas d’âge précis à partir duquel on peut emmener bébé à la montagne. Après tout, certains bébés y naissent et y vivent… Pas le vôtre ? C’est justement ce qu’il faut prendre en compte. Avant de partir en voyage, il faut obtenir un avis favorable du pédiatre (l’enfant ne doit pas souffrir d’une otite, anémie, etc).
Surface corporelle plus petite, couche de graisse plus mince, épiderme peu pigmenté : avant deux ans, son petit corps n’est pas tout à fait prêt pour les sommets. La plupart des médecins conseillent aux parents de limiter au minimum leurs passages à des altitudes supérieures à 1 500 mètres d’altitude chez leurs bébés de moins d’un an. Et de rester aux hauteurs inférieures à 1 700 mètres d’altitude avec les nourrissons de moins de 15 mois. On a lu qu’il était préférable d’éviter de monter au-dessus de 1500 mètres avant sa première bougie. Après 15 mois, on monte jusqu’à 1700 mètres, et il est conseillé d’attendre le terrible two pour monter à 2000. Au cabinet, je conseille habituellement de ne pas dépasser les 1200-1500m chez les tout-petits avant 6 mois, mais sans preuve scientifique.
Les médecins déconseillent les séjours au-dessus de 1 200 mètres pour les enfants de moins de six mois, au-dessus de 2 000 mètres pour les enfants de moins de un an, au-dessus de 2 500 mètres pour les moins de deux ans et au-dessus de 3 000 mètres pour les moins de dix ans. À partir de dix ans, l’enfant est physiquement apte à supporter l’altitude. Bien sûr, ces recommandations ne concernent que les enfants qui n’y sont pas habitués.
Les risques liés à l'altitude
Il est important de connaître les risques potentiels liés à l'altitude pour les bébés. L’altitude ne convient pas aux très jeunes enfants : leur organisme immature a du mal à s’acclimater à la raréfaction de l’oxygène et aux basses températures. Chez les nourrissons, le risque de mort subite augmente. Un bébé est beaucoup plus sensible qu’un adulte et son organisme n’a pas encore atteint sa pleine capacité d’adaptation. Bébé a donc besoin de plus de temps pour s’acclimater à un nouvel environnement. La montée rapide en altitude peut être stressante pour son organisme, donc il est préférable de prendre le temps de monter progressivement. Cela permet de réduire les risques de malaise et d'acclimater votre enfant à de nouvelles conditions.
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- Mal Aigu des Montagnes (MAM) : Le Mal Aigu des Montagnes (MAM) est un risque spécifique en haute montagne, particulièrement au-dessus de 2500 mètres. Le MAM survient plus fréquemment pour une altitude supérieure à 2100m. Il est dû à la baisse de la quantité d’oxygène disponible dans l’atmosphère. L’enfant souffre de maux de tête, de vertiges, de fatigabilité exagérée et d’essoufflement. S’il poursuit son ascension, le mal de tête devient sévère et s’accompagne d’une toux sèche, de difficultés à respirer, de troubles de la conscience et de vomissements. De petits œdèmes (gonflements) apparaissent au niveau du visage ou des mains. Une descente à plus basse altitude devient urgente. L’apparition du MAM ne se fait pas immédiatement lorsque l’altitude est trop élevée. Le délai pour un enfant est d’environ dans les 4 à 12 h après l’arrivée à l’altitude qui déclenchera le MAM .
- Troubles respiratoires : Une exposition prolongée à une altitude élevée peut augmenter le risque d'apnées du sommeil chez le nourrisson. La réduction de l'oxygène disponible en altitude peut perturber son rythme respiratoire, ce qui peut être dangereux, notamment chez les bébés prématurés ou ayant des antécédents médicaux.
- Hypothermie et engelures : Les nourrissons sont particulièrement vulnérables aux basses températures, à l’hypothermie et aux engelures. Leur organisme ne régule pas la chaleur aussi efficacement que celui d’un adulte, ce qui les expose davantage aux conditions climatiques rigoureuses en montagne. Attention à la circulation dans les membres si vous utilisez un porte-bébé.
Tableau des risques d'altitude :
| Altitude (mètres) | Risque de MAM | Capacité respiratoire |
|---|---|---|
| 1500-2500 | Pas ou peu de risque | Affaiblissement |
| 2500-3500 | Risque présent | Oxygène rare |
| 3500-4500 | Élevé | Haute montagne |
| 4500-5500 | Omniprésent | Alarme ! |
| Au-delà de 5500 | Très élevé | Danger extrême |
Préparation et précautions indispensables
Une bonne préparation, c’est la clef d’une sortie réussie. Si votre escapade est bien préparée et qu’une fois sur place vous y allez molo, il n’y a pas de raison de faire une croix sur la montagne. Voici quelques conseils pour profiter de la montagne en toute sécurité avec votre bébé :
Visite médicale : Avant de partir, faites un check-up chez le docteur. Faites une visite médicale chez le pédiatre pour vérifier que votre bébé soit apte à voyager en altitude et qu'il ne présente pas de souffle au cœur, d’anémie ou de troubles ORL. Rassurez tout le monde et vérifiez que votre progéniture ne présente pas de souffle au cœur, d’anémie ou de troubles ORL.
Montée progressive : Partir en altitude avec bébé doit se faire de manière progressive. La montée rapide en altitude peut être stressante pour son organisme, donc il est préférable de prendre le temps de monter progressivement. Cela permet de réduire les risques de malaise et d'acclimater votre enfant à de nouvelles conditions. Par conséquent, roulez doucement lors de votre ascension et arrêtez vous régulièrement afin que bébé s’acclimate petit à petit à l’altitude. En voiture, on veillera ainsi à rouler doucement lors de l’ascension ou de la descente, et à faire des pauses régulièrement, par exemple tous les 500 à 300 m d’altitude.
Hydratation : En montagne, l’air est plus sec et on se déshydrate vite. Assurez-vous d'hydrater fréquemment votre bébé, surtout lors d'activités en plein air. Les bougres, ils perdent plus d’eau et plus vite que nous car ils se dépensent plus, proportionnellement à leur masse musculaire. Alors, quitte à prévoir la maxi dose de couches, hydratons bébé bien plus souvent que d’habitude. Règle d’or, on n’attend pas que bébé ait soif pour le désaltérer. Quitte à passer pour un relou, proposez-lui de boire toutes les demi-heures. Le mieux c’est la poche à boire intégrée au sac ou la bonne vieille gourde à portée de main. On la choisit isotherme ou on se la garde près du corps, pour ne pas boire trop froid. Pour aider bébé à boire, on peut toujours rajouter un peu de sucre dans l’eau.
Alimentation : En montée comme en descente, faisons des pauses tous les 500 mètres de dénivelé. Profitons-en pour donner à bébé un repas, un bib ou une tétée, afin de le faire déglutir et détendre ses tympans. Des arrêts réguliers constitueront une occasion de donner la tétée ou un biberon à votre nourrisson. Chez un bébé, il n’y a pas encore de réflexe de déglutition de la salive, ce qui pourrait soulager ses maux d’oreille en altitude. Sucer une tétine pendant la montée peut également l’aider à mieux gérer la montée.
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Éviter les remontées mécaniques : N’embarquez pas un enfant de moins de 3 ans dans un télésiège ou dans un téléphérique ! Par conséquent, les enfants de moins de 3 ans ne doivent pas prendre de télésièges ou téléphériques en raison de la vitesse des remontées qui ne leur laisse pas le temps de s'adapter aux changements de pression. En effet, la montée ou la descente à bord de l’un de ces modes de transport en montagne se fait bien trop rapidement pour un tout-petit. Il n’aura pas la possibilité de s’habituer à l’altitude en raison de son jeune âge. La vitesse avec laquelle les remontées mécaniques montent et descendent ne donnent pas assez du temps à l’enfant a s’adapter. Ces variations rapides peuvent provoquer une otite barotraumatique, appelée « otite du Pic du Midi », en référence à l'ascension rapide du Pic du Midi.
Protection solaire : Là-haut, le soleil et le froid ne rigolent pas et comme bébé ne bouge pas, il est beaucoup plus exposé. Il ne faudrait pas que ses petits petons gèlent en hiver… ou que son teint rosé vire au cramoisi en été. En été comme en hiver, les rayons du soleil sont intenses en montagne. En montagne, les rayons du soleil sont bien plus intenses qu’en plaine. Lorsque la neige est présente (en hiver ou en altitude l’été), la réverbération en accentue encore les effets. Assurez-vous donc que votre bébé est toujours couvert en cas de soleil, même pendant le printemps et l’automne.
- Crème solaire : Utilisez une crème solaire à haut indice de protection (SPF 50+), spécialement formulée pour les enfants. Lors de votre achat, privilégiez un indice de protection 4. Pensez-bien à renouveller régulièrement l’opération.
- Vêtements protecteurs : Habillez votre bébé avec des vêtements couvrants et légers, de préférence en tissus à protection UV.
- Lunettes de soleil : Équipez votre enfant de lunettes de soleil à fort indice de protection (indice 4), spécialement conçues pour les jeunes enfants. Avec bébé, pensez à vérifier régulièrement que ses lunettes sont toujours sur son nez !
- Chapeau : Mais surtout, couvrez-le avec des manches longues et un chapeau assez large.
Vêtements adaptés : Pour partir crapahuter, une règle d’or : plus t’en mets, mieux c’est. Habillez votre bébé en couches pour le garder au chaud et protégez bien sa tête et ses extrémités avec un bonnet, des gants et des chaussettes chaudes. Déguisez toute la smala en oignon et superposez les couches (de vêtements, hein). Ainsi, vous serez toujours couvert comme il faut, quand il faut. D’ailleurs, trois épaisseurs valent mieux qu’une. La première permet à la peau de respirer, la seconde isole du froid et la troisième protège de l’humidité. Insistez bien sur la tête et les extrémités, c’est par là que la chaleur s’échappe. Ah, dernière chose : oubliez le coton. Certes il est agréable à porter dans la vie de tous les jours, mais en rando, c’est la plaie. Il met un temps fou à sécher et retient le froid. En hiver, on recommande aux parents de porter à bébé un maximum de couches de vêtements adaptées à la température de l’environnement. À la montagne, l’air peut vite se refroidir. Pour cette raison, il est important de prêter attention à l’utilisation de la couche supérieure appropriée et d’assurer que votre bébé est au chaud et à l’aise. Les variations de température en montagne nécessitent une garde-robe versatile. Prévoyez une gamme de vêtements pour bébé, des couches légères aux vêtements chauds, pour s'adapter à tout changement de temps.
Portage : Désormais, c’est 4, 6, voire 15 kilos de bébé qu’il faut porter. Mal équipé.e : vos cervicales risquent de prendre de crier et vos oreilles aussi. Alors, pour que tout le monde profite de la balade, plusieurs solutions de portage. Si vous n’êtes pas dans la team portage, sachez que la poussette est envisageable. Avec trois roues et sur des circuits adaptés, certaines stations ont tout prévu, même la location. Pour ses toutes premières sorties, l’écharpe (ou le porte-bébé physiologique), nous permet de garder Minus bien au chaud et juste sous vos yeux. Il tient sa tête et peut s’asseoir tout seul ? Il existe de nombreux modèles de porte-bébé. Pas la peine de faire une étude de marché, mais posez-vous 3 questions : allez-vous partir souvent, combien de temps, en quelle saison. La légèreté est un paramètre clef. Contre le mal de dos, vérifiez que la hauteur dorsale est réglable et pensez aux bâtons de marche : ils nous donnent un appui supplémentaire, soulagent la charge et peuvent permettre d’éviter la chute. Les porte-bébés sont une façon très pratique de transporter votre bébé en altitude. Vous pouvez trouver des porte-bébé conçus spécifiquement pour la randonnée, qui sont robustes, confortables et ergonomiques. En hiver, vous aurez besoin d’un porte-bébé chaud et étanche qui protégera votre bébé contre le froid et le vent. En été, vous aurez besoin d’un porte-bébé respirant et aéré. Essayez de trouver un porte-bébé qui est conçu avec des matériaux confortables, qui sont légers et qui peuvent respirer. De plus, assurez-vous que votre porte-bébé est équipé d’un pare-soleil intégré pour protéger votre bébé des rayons UV. Pour les très jeunes, les écharpes ou porte-bébés physiologiques sont recommandés. Lorsque votre bébé tient sa tête et peut s'asseoir seul, passez au porte-bébé dorsal. Vérifiez que la hauteur dorsale est réglable et utilisez des bâtons de marche pour une meilleure stabilité.
Altitude : Les stations villages adaptées aux tout-petits
Pour votre confort et celui de bébé en altitude, pourquoi ne pas choisir une station village adaptée aux tout-petits ? En France, plus d’une quarantaine de stations de montagne ont ainsi été pensées pour accueillir les familles. De cette manière, vous pourrez explorer en toute tranquillité les plus beaux massifs montagneux et bénéficier de services spécialement conçus pour les familles. Vous avez la possibilité de choisir ces stations labellisées « Famille Plus », un gage de qualité si vous recherchez un lieu de vacances en altitude avec bébé. En France, certaines destinations s’engagent plus que d’autres pour l’accueil des familles. Elles se sont regroupées autour d’un label, garantie de leur engagement pour les familles : le label Famille Plus. Elles proposent aussi des garderies adaptées aux tout petits, des espaces de change pour les bébés en différents points de la station, des parcours adaptés aux poussettes… Et elles ont des tarifs spéciaux pour les familles ! Privilégiez les stations labellisées "Famille Plus" qui offrent des équipements et services adaptés aux familles, facilitant votre séjour. Privilégiez aussi les petites stations de moyenne montagne, même si elles n’ont pas ce label.
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- Altitude modérée : Optez pour une station située entre 1000 et 1500 mètres d'altitude (exemple : Les Saisies, Montgenèvre, etc.). Ces altitudes modérées minimisent les risques de mal d'altitude tout en offrant le cadre idyllique de la montagne.
- Hébergement adapté : Trouver un hébergement adapté aux besoins d'une famille avec un bébé peut être délicat. Les stations labellisées "Famille Plus" offrent des équipements et services adaptés aux familles, facilitant votre séjour.
Surveiller les signes d'inconfort
Soyez attentif aux signes d’inconforts ou de mal des montagnes chez votre bébé. Une fois que vous aurez atteint 1000 m d’altitude, restez attentif aux signes qui peuvent traduire un barotraumatisme chez bébé. Est-ce que son comportement varie ? Se met-il à pleurer ? Ses plaintes font-elles écho à une douleur à l’oreille que vous éprouvez vous aussi ?
- Irritabilité et troubles du sommeil : Un nourrisson de quelques mois ne tirera aucun bénéfice particulier d'un séjour en station de ski. Il sera exposé à des conditions climatiques difficiles, un air sec, un risque de froid et d'hypoxie, ce qui peut entraîner irritabilité, troubles du sommeil et de l’appétit. Les troubles du sommeil (réveils fréquents, perturbation du rythme) peuvent survenir en altitude en raison de l'air sec. Pour compenser, utilisez des humidificateurs dans la chambre de bébé.
- Otites : Les rapides variations d’altitude et donc de pression atmosphérique peuvent entraîner des otites chez le jeune enfant. On parle d’otite barométrique. Car si enfants et adultes ont généralement le réflexe de déglutir pour déboucher leurs tympans, ça n’est pas le cas des nourrissons.
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