Lily Gladstone, actrice américaine d'origine amérindienne, est devenue une figure marquante du cinéma contemporain. Son parcours, intimement lié à son héritage et à son engagement envers les communautés autochtones, la propulse aujourd'hui sur le devant de la scène internationale. Révélée au grand public par son rôle dans le film de Martin Scorsese, Killers of the Flower Moon, elle utilise sa notoriété pour mettre en lumière les réalités complexes et souvent douloureuses des peuples autochtones en Amérique du Nord.

Un parcours atypique ancré dans la culture amérindienne

Née le 2 août 1986 à Browning, dans le Montana, Lily Gladstone grandit dans la réserve des Blackfeet, une expérience qui marquera profondément son identité. Confrontée aux difficultés économiques, sa famille déménage à Seattle, mais elle reste attachée à ses racines et à la culture de ses ancêtres. Elle décrit sa mère comme le pilier de sa famille et son père comme un homme doté d'une profonde spiritualité et d'une intelligence vive.

Avant de devenir actrice, Lily Gladstone enseigne l'histoire des Amérindiens à des écoliers, partageant avec eux des faits souvent absents des manuels scolaires. Elle considère qu'il est important d'éduquer les jeunes générations sur le passé et le présent des peuples autochtones.

L'éclosion d'un talent : De Certain Women à Killers of the Flower Moon

La carrière d'actrice de Lily Gladstone débute en 2012 avec un petit rôle dans la série Jimmy P. (Psychothérapie d'un Indien des Plaines). Elle apparaît ensuite dans le drame Winter in the Blood l'année suivante. En 2016, son rôle dans Certain Women de Kelly Reichardt, aux côtés de Kristen Stewart, marque un tournant. Elle y incarne Jamie, une cow-girl solitaire qui tombe amoureuse d'une avocate. Sa performance est saluée par la critique et lui vaut plusieurs prix aux États-Unis.

Cependant, malgré ce succès, sa carrière peine à décoller. Alors qu'elle envisage de prendre un emploi saisonnier dans le domaine de l'apiculture, Martin Scorsese la contacte pour auditionner pour Killers of the Flower Moon. Le réalisateur est impressionné par sa prestation dans Certain Women et lui offre le rôle de Molly Burkhart, une femme Osage au cœur d'un complot criminel dans les années 1920.

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Le film, qui retrace l'histoire méconnue de la tribu des Osages, décimée par une série de meurtres après la découverte de pétrole sur leurs terres, est un succès critique et commercial. La performance de Lily Gladstone est unanimement saluée, et elle remporte le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique. Elle est également nommée à l'Oscar dans la même catégorie, une première pour une actrice amérindienne issue d'une tribu d'autochtones d'Amérique du Nord.

Leonardo DiCaprio, son partenaire à l'écran, salue son talent et son engagement : « Lily est absolument sidérante », avant d’ajouter qu’elle « porte tout le film ». Martin Scorsese souligne également sa présence magnétique et sa capacité à captiver l'attention sans dire un mot.

Fancy Dance : Un engagement pour la visibilité des femmes autochtones disparues

Parallèlement à son rôle dans Killers of the Flower Moon, Lily Gladstone s'investit dans d'autres projets qui mettent en lumière les problématiques rencontrées par les communautés autochtones. Elle produit et joue dans Fancy Dance, un film d'Erica Tremblay qui aborde la question des femmes autochtones disparues et assassinées (MMIW).

Dans ce film, elle incarne Jax, une femme Seneca-Cayuga qui se bat pour retrouver sa sœur disparue, confrontée à l'indifférence des autorités et aux difficultés économiques. Fancy Dance dénonce l'épidémie de disparitions et d'assassinats de personnes autochtones aux États-Unis, un problème souvent ignoré par les médias et les pouvoirs publics.

Lily Gladstone décrit Fancy Dance comme un film engagé qui pointe du doigt des réalités sociales sans porter de jugement. Elle souligne l'importance de donner une voix aux femmes autochtones et de sensibiliser le public à leurs difficultés. Elle a été touchée par la richesse et la subtilité de l'histoire, ainsi que par les constats qu'elle dresse.

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Elle a d'ailleurs joué dans un court-métrage d'Erica Tremblay en 2020 et leur entente a été telle qu'elle était prête à renouveler l'expérience n'importe quand avec elle, quel que soit le sujet. Le rôle avait beau avoir été écrit pour elle, elle s'est quand même demandé si elle saurait l'honorer et il lui a fallu du temps pour l'assimiler car Jax avait quelque chose de totalement déroutant et en même temps d'étrangement familier.

Elle s'est inspirée d'un de ses cousins proches avec qui elle a grandi, lui empruntant la démarche et l'attitude que Jax arbore, car Jax synthétise à elle seule une vaste période de sa vie. Elle a les mêmes croyances, prodigue les mêmes enseignements, a recours aux mêmes médecines ancestrales que les membres de la communauté au sein de laquelle elle a vécu enfant, dans le Montana.

Le matriarcat constitue le socle même de la culture amérindienne, il lui permet de se perpétuer au travers des siècles et il était donc naturel de lui rendre hommage.

"Killers of the Flower Moon' a ouvert une brèche et permis à un large public de faire enfin cas du sujet. Désormais, il s'y intéresse de près. 'Fancy Dance' reprend le flambeau en utilisant un point de vue légèrement décalé : les corps mutilés exposés dans le film de Marty [Scorsese] laissent place au sentiment de perte abyssale générée par la disparition d'un individu et ses conséquences dévastatrices à différentes échelles. Les deux films se complètent dans la lecture qu'ils proposent des événements…

Un porte-voix pour les communautés autochtones

Lily Gladstone utilise sa notoriété pour défendre les droits des communautés autochtones et promouvoir leur culture. Elle s'engage pour une meilleure représentation des Amérindiens au cinéma et dénonce les stéréotypes et les appropriations culturelles.

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Elle considère que sa simple présence à l'écran est révolutionnaire en soi et qu'il n'est pas nécessaire de constamment militer. Elle choisit ses rôles avec soin et espère que son travail permettra de changer les mentalités.

Elle est devenue un meme et des enfants Blackfeet lui envoient des vidéos où ils lui font part de leurs rêves et de leurs vœux.

Elle a d'ailleurs participé à un documentaire sur la Nation Pieds-Noirs, Bring Them Home.

L'actrice a également dénoncé le "génocide" des peuples autochtones qui, selon elle, "continue" aux États-Unis depuis l'arrivée des premiers colons européens. Elle souligne que les disparitions et les homicides jamais élucidés de femmes autochtones ne sont que la continuation de cette violence historique.

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