L'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) est au cœur d'un débat bioéthique passionné en France. Les déclarations d'évêques, dont la Conférence des évêques de France a pris connaissance, témoignent de l'importance et de la sensibilité de ce sujet. Cet article explore les enjeux soulevés par Monseigneur Centène dans sa lettre, ainsi que les inquiétudes exprimées par d'autres figures de l'Église catholique face aux potentielles implications de ces lois sur la société.
L'Inquiétude des Évêques Face aux Lois de Bioéthique
Mgr Éric de Moulins Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, a souligné l'importance des enjeux liés aux prochaines lois de bioéthique, en particulier celles concernant l'extension de la PMA. Les évêques s'inquiètent de la capacité de la société française à gérer les limites et les douleurs de la condition humaine, craignant que la réponse ne se limite à la création incessante de nouveaux droits basés sur les possibilités offertes par les biotechnologies.
Le pape François a rappelé que la société devrait consacrer son énergie à protéger les plus faibles. Les évêques estiment que, si elles sont adoptées, ces lois pourraient fragiliser davantage les fondements de la vie en société, notamment le respect de toute vie et le droit d'un enfant à avoir une mère et un père. Ils considèrent également que ces lois sont en contradiction avec les aspirations des citoyens à une société plus solidaire avec les personnes fragiles et plus respectueuse de la création.
Le Droit à l'Enfant vs. Les Droits de l'Enfant
La question du "droit à l'enfant" est centrale dans ce débat. Si le désir d'enfant est naturel pour toute personne et tout couple, il ne doit pas ouvrir la voie à un "droit à l'enfant" à n'importe quelles conditions. Les droits de l'enfant doivent être considérés et défendus comme un impératif.
Selon les évêques, le mode de filiation ne doit pas être basé uniquement sur la volonté des femmes concernées, mais doit prendre en compte la relation à ses origines et dans la construction de son identité.
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Le Virage Écologique et la Bioéthique
La question écologique réveille les consciences et interroge le progrès tel qu'il a été conçu depuis deux siècles. La bioéthique n'est pas étrangère à ce virage écologique. Si les lois annoncées étaient adoptées, cela signifierait l'entrée dans un nouveau modèle de société avec une autre conception de l'homme. La foi et la raison poussent à défendre les plus pauvres, les plus faibles et les plus fragiles, et à se mobiliser pour défendre l'incroyable dignité que confère la condition de personne créée à l'image de Dieu.
Les évêques notent l'effacement délibéré de la figure paternelle, alors que psychologues et éducateurs insistent sur la nécessité de la revaloriser. Ils soulignent l'injustice entre les enfants qui auront la chance de grandir avec un père et une mère et ceux qui en seront privés, ainsi que la probabilité d'une marchandisation des gamètes et donc du corps humain, et l'évolution inévitable vers la Gestation pour autrui (GPA).
Quel Monde Voulons-Nous ?
Une question fondamentale se pose : quel monde voulons-nous ? Sommes-nous prêts à nous livrer pieds et poings liés à la dictature de la science et de la technique, et à leur abandonner l'exercice de notre responsabilité ? Voulons-nous continuer de construire un monde de responsabilité, en hommes et femmes capables de faire face aux aléas parfois douloureux de la vie dans un véritable esprit de fraternité ?
La société est l'objet de nombreuses sollicitations, s'exprimant parfois à travers des crises et des épreuves. L'égalité est un idéal et un projet, mais doit-elle se penser comme ouvrant pour chacun les mêmes droits et appelant aux mêmes devoirs ? Doit-on la comprendre comme conduisant à refuser que, pour chaque personne, son projet de vie soit déterminé par ce qu'elle est ?
La PMA : Difficultés Éthiques et Souffrances
La procréation médicalement assistée (PMA), réservée jusqu'à présent aux couples homme-femme, pose de vraies difficultés éthiques. Comment ne pas être effrayé devant une telle manipulation de l'être humain, réduit à un matériau disponible ? Les évêques entendent la souffrance des femmes homosexuelles qui ne peuvent accueillir la vie, et celle des hommes homosexuels qui se trouvent dans cette situation de manque. Mais le désir d'enfant ne peut devenir un droit à l'enfant. L'Église se considère comme un "lanceur d'alerte" en raison de sa vision chrétienne de l'homme, de la famille et du respect de la vie de son origine à sa fin naturelle.
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L'Importance de la Prière et de l'Engagement
Il est important que le gouvernement mette l'accent sur la résolution de la crise économique et sociale à venir. Chaque chrétien doit s'engager, par la formation, la prière et le jeûne. Certains estiment que la manifestation est nécessaire dans le cadre de ce débat démocratique. D'autres écriront à leur député ou à leur sénateur qui ont la responsabilité de voter la loi. Manifester fait partie des droits reconnus à tout citoyen.
Si les évêques comprennent la souffrance de ces femmes espérant être mère mais qui ne le peuvent pas naturellement, ils ne peuvent cautionner la choséification de la femme et de l'enfant, ni l'aliénation de l'humain par la technique. Ils dénoncent la manipulation sur les embryons dorénavant fabriqués en laboratoire, triés, sélectionnés, congelés et souvent détruits.
Dénaturation de l'Être Humain et Conséquences Sociétales
Ce projet de loi est mené à grande vitesse alors que la société française sort peu à peu de l'épreuve du coronavirus et a d'autres sujets de préoccupations : difficultés économiques, crise écologique, incertitudes sur la rentrée, chômage, jeunes non insérés dans la société et grande crise de confiance.
Le sujet grave est la précipitation mise à faire voter ce projet de loi pour imposer de nouvelles techniques de procréation qui déshumanisent la personne humaine, font de l'enfant un objet, sélectionnent les embryons, créent des chimères, font disparaître la paternité et la relation sexuelle entre l'homme et la femme, et ouvrent la porte à des profits sans fin pour les laboratoires. Ce projet n'est pas digne de notre humanité qui ne peut accepter que l'être humain naisse, vive et meure selon des critères d'envie et des procédés techniques. Est-ce là la mission de la médecine ? Est-ce là l'objectif de la recherche scientifique ? Le progrès n'est-il que dans la transgression de l'humain ?
Réception de l'Ovocyte du Partenaire (ROPA)
Le député Jean-Louis Touraine a clairement expliqué qu'il s'agit de permettre à deux femmes vivant en couple d'avoir un enfant « ensemble ». Ce qui est impossible naturellement va se résoudre par cette méthode. On insémine l'ovocyte d'une des deux femmes, fécondé par un donneur de sperme anonyme, dans l'utérus de l'autre femme. On appelle aussi ce processus « maternité partagée » : une femme est génitrice, l'autre gestatrice. Dans cette pratique, la paternité disparaît et les deux femmes se considèreront comme les deux mères. L'enfant ne va plus savoir d'où il vient puisque deux femmes se déclarent sa mère et qu'il n'a pas de père.
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Le Pape François et les Divergences
Le pape François semble parfois pris en défaut de contradiction entre l'esprit qu'il entend insuffler à son pontificat et des actes disciplinaires aux antipodes. Il a excommunié un prêtre estimé pour son dévouement, coupable de divergences de vue, non sur la foi, mais sur le mariage homosexuel et l'ordination de femmes.
Aux médecins catholiques, le pape rappelle que la défense de la vie est une « vraie priorité du Magistère » de ces dernières années. Aux jésuites, le pape avait pourtant affirmé « l’Église ne peut insister seulement sur les questions liées à l’avortement, au mariage homosexuel et à l’usage des méthodes contraceptives ».
La Marche pour la Vie
Le Pape François, informé de l’organisation de la « Marche pour la Vie » qui aura lieu le dimanche, salue cordialement les participants à cette manifestation et rappelle que « la vie humaine est toujours sacrée, valable et inviolable et, comme telle, doit être aimée, défendue et soignée ».
La suppression d’une vie humaine qui commence son cours est une profonde injustice, un acte d’une terrible gravité. Il n’est pas question de juger les personnes qui ont vécu (ou participé à) un avortement. Dieu connaît leur cœur et elles savent que Sa miséricorde leur est toujours offerte.
Il est essentiel de renouer avec le caractère sacré de la vie humaine, de toute vie humaine, de la conception à la naissance, jusqu’au moment de la mort naturelle. Parce que le respect de la vie est une valeur universelle, nous sommes tous appelés à la protéger. En la protégeant, nous prenons soin du plus vulnérable d’entre nous, à chaque instant de son existence.
L’Abbé Lelièvre soutient la « Marche pour la Vie » et ajoute : « sans la prière, nous ne pouvons ni ne pourrons rien ! ».
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