Les auteures remercient toutes les personnes ayant participé à l’enquête AMP-sans-frontières et ayant accepté de raconter leur histoire, parfois intime et douloureuse. Cet article explore les aspects psychologiques complexes et les trajectoires évolutives des femmes qui recourent à la procréation médicalement assistée (PMA) pour réaliser leur désir de maternité solo. La révision de la loi française en 2021, ouvrant l’accès à la PMA à toutes les femmes cisgenres, quelle que soit leur situation conjugale, marque un tournant sociétal important. Cette évolution législative, bien qu’ayant suscité des débats passionnés, accompagne une diversification des formes familiales et parentales, où les maternités solo occupent une place de plus en plus visible et acceptée.

Contexte Législatif et Sociétal de la PMA pour Toutes

En 2021, la loi française a ouvert l’accès à la PMA à toutes les femmes cisgenres, quelle que soit leur situation conjugale (Mehl, 2021). Cette révision a provoqué d’intenses débats publics et parlementaires (Mathieu, 2020), notamment autour du thème des « familles sans père ». Malgré ces controverses, les maternités solo semblent avoir été plutôt bien accueillies par l’opinion publique, bien qu’elles aient suscité des questions au sein de la communauté médicale.

Cette évolution législative s’inscrit dans un contexte plus large de diversification et de complexification des formes familiales et parentales, avec les familles recomposées, les familles homoparentales, les familles monoparentales. Ainsi, ces familles ne seraient plus aujourd’hui des « familles déviantes », mais des « familles variantes » (Descoutures, 2010 : 19), voire des « familles modernes » (Golombok, 2015). Les maternités solo participent à cette pluralisation des familles et parentalités, et notamment à celle des familles monoparentales.

Maternités Solo : Un Choix Transgressif et Volontaire

Les maternités solo se distinguent des familles monoparentales majoritairement issues d’une séparation ou d’un deuil (Rozée, 2013), car elles ont choisi d’engendrer seules leur enfant, le plus souvent en recourant à la PMA. Appartenant au vaste ensemble composite des monoparentalités, les mères solo constituent une minorité parmi les 7 % de femmes qui accouchent hors d’un contexte conjugal en France, taux stable depuis plusieurs décennies (Régnier-Loilier et Wierup, 2019). En tant que minorités, les femmes qui ont choisi cette forme familiale sont exposées à des risques de stigmatisation (Becker, 1963).

Les maternités solo en question dans cet article, celles issues d’une PMA, ont fait l’objet d’études depuis les années 2000 en Europe (Bravo-Moreno, 2019 ; Golombok et Badger, 2010 ; Jadva et al., 2009 ; Jadva et al., 2018 ; Jociles et Rivas, 2009 ; Murray et Golombok, 2005 ; Salomon et al., 2015 ; Volgsten et Schmidt, 2021 ; Zadeh et al., 2013), y compris en France (Mehl, 2016 ; Rozée, 2013), bien que celles-ci soient rares. Ces études montrent des trajectoires similaires des mères solo. Ces dernières sont principalement des femmes hétérosexuelles issues des classes moyennes supérieures. Se lancer seules dans un projet de maternité représente majoritairement un choix de seconde intention, car elles n’ont pas trouvé le partenaire souhaité pour une fonder une famille suivant le modèle traditionnel. Ces PMA ont lieu le plus souvent autour de la quarantaine, reflet de l’attente du partenaire jusqu’aux dernières limites de la fertilité féminine. Par ailleurs, ces mêmes études soulignent que la monoparentalité qui découle de ces parcours est souvent vécue comme une forme familiale et conjugale provisoire, le couple demeurant l’horizon désirable pour ces femmes.

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Plusieurs termes existent pour désigner les femmes qui « font des bébés toutes seules » (Rozée, 2013) : mères seules, mères célibataires par choix, ou encore la « monomaternité ». Nous utilisons ici le terme de « maternités solo » mobilisé par Dominique Mehl dans son ouvrage pionnier Maternités solo (Mehl, 2016). Il apparaît dans notre corpus comme le plus approprié, notamment parce que ces maternités ne sont pas systématiquement un choix de première intention. De plus, l’expression « mère solo par choix » peut être redondante : issues d’une PMA, les maternités solo sont intrinsèquement volontaires, à l’opposé des maternités accidentelles. Par ailleurs, le terme « seule » connote un certain isolement ; or les femmes ne sont généralement pas seules dans ce projet, elles sont le plus souvent entourées et soutenues dans leur démarche. De la même façon, elles ne sont pas non plus systématiquement « célibataires », sans conjoint∙e∙s. Ainsi, le concept de maternités solo utilisé par des associations telles que Mam’enSolo marque la différence avec les autres maternités tout en étant suffisamment large pour englober la diversité des situations et des parcours.

Méthodologie de l’Étude AMP-sans-Frontières

Entre juin et décembre 2022, nous avons réalisé des entretiens semi-directifs auprès des personnes ayant répondu à l’enquête AMP-sans-frontières (AMPsf). Celle-ci vise à identifier et analyser les parcours d’aide à la procréation qui se font en dehors du cadre légal et/ou médical français, comprenant les PMA à l’étranger, les PMA illicites ainsi que les recours artisanaux (sans aide médicale) en France (Rozée et de La Rochebrochard, 2021 ; 2022). Les données ont été recueillies grâce à un questionnaire en ligne accessible d’octobre 2021 à septembre 2023. Ce questionnaire largement diffusé sur les réseaux sociaux et par les partenaires du projet de recherche (associations comme Bamp !, Mam’enSolo, APGL, C.L.A.R.A, et professionnel∙le∙s de santé accompagnant les personnes en démarches de PMA, y compris à l’étranger), s’adressait à toutes les personnes de 18 ans et plus qui étaient ou se sentaient concernées par l’aide à la procréation en France et à l’étranger, que celle‐ci soit médicalisée ou non, qu’elle soit en cours, déjà réalisée ou simplement envisagée. Dans ce questionnaire, les personnes répondantes étaient invitées à laisser leurs coordonnées pour réaliser un entretien plus approfondi avec les auteures de l’article. Toutes les personnes qui avaient rempli le questionnaire en ligne entre octobre 2021 et mai 2022 et donné leur accord ont été recontactées.

Les entretiens ont été enregistrés avec l’accord explicite des personnes interrogées puis intégralement retranscrits. Ils ont ensuite fait l’objet d’une analyse thématique, dans une démarche compréhensive centrée sur le vécu et le ressenti des personnes interrogées. Les résultats préliminaires ont été présentés et discutés lors de conférences, et notamment avec les partenaires du projet qui sont directement concerné∙e∙s par le sujet. Les entretiens ont eu lieu par téléphone, en face à face ou en visioconférence.

À partir des 300 personnes contactées, nous avons réalisé 69 entretiens parmi lesquels 25 concernaient des personnes qui réalisaient ou avaient réalisé un parcours solo d’aide à la procréation (voir tableau 1 en annexe). Ces 25 personnes sont toutes des femmes cisgenres. Certaines femmes ont déclaré être hétérosexuelles, d’autres homo ou bisexuelles - la question de l’orientation sexuelle n’était abordée que lorsque la personne l’évoquait spontanément pendant l’entretien. Elles avaient entre 33 et 49 ans au moment de l’entretien (âge médian à 42 ans) et entre 29 et 46 ans lors de leur première tentative de PMA (âge médian à 38 ans). Douze femmes interrogées n’avaient pas (encore) d’enfants, mais trois d’entre elles étaient enceintes. Les autres femmes avaient un enfant (n=10) ou deux enfants (n=3), dont une qui avait des jumeaux. À l’état civil, elles étaient toutes célibataires.

La plupart d’entre elles occupaient un emploi (n=22) au moment de l’entretien, les trois autres étant au chômage, en disponibilité ou en reconversion professionnelle. Elles sont majoritairement cadres ou exerçaient une profession intellectuelle supérieure (n=16), et leurs professions sont variées : aide-soignante, secrétaire, professeure de yoga, juriste, responsable de communication, agricultrice… Si l’on se réfère uniquement à la profession, la majorité des femmes interrogées appartient à la classe sociale moyenne supérieure de la société française. Elles résident sur l’ensemble du territoire métropolitain français, aussi bien en milieu urbain que rural. Les profils des femmes interrogées sont similaires en matière de classe sociale et d’âge à ceux des autres études menées auprès de cette population en France.

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Pour réaliser leur projet parental, elles ont eu recours à un don de sperme dans un centre médical ou bien à un don de sperme « artisanal » (donneur connu issu de l’entourage et/ou donneur « privé » recruté sur Internet). Les dons effectués dans un cadre médicalisé ont eu principalement lieu en Espagne (n= 16) et en France (n= 13), minoritairement en Allemagne, en Belgique, au Danemark, en Grèce, au Luxembourg, aux Pays-Bas et au Portugal. La moitié des femmes interrogées ont réalisé une PMA dans au moins deux pays différents (n=13).

Désir d’Enfant et Transgression des Normes

La plupart des femmes interrogées ne s’imaginent pas une vie future sans enfant. Paloma parle de désir « viscéral », présent depuis l’adolescence : « Moi je crois que aussi loin que je m’en souvienne, donc très tôt, 14, 15 ans, l’envie d’enfant, c’était viscéral. Et je tiens au terme viscéral. Donc, c’est les tripes qui réclament, et c’est vraiment ça » (Paloma, 41 ans, aide-soignante, en parcours de PMA en Espagne). Viviane, 33 ans, magistrate, dernier parcours de PMA en 2021 en Allemagne, explique : « […] le plan A, c’était avoir des enfants avec un mari et puis… enfin, avoir d’abord un mari et ensuite des enfants et puis, une maison et un chien, et que du coup, comme ça c’était pas fait, maintenant, elles ont des enfants comme ça, elles sont heureuses quand même et c’était leur plan B ». Assia, 42 ans, chargée de projet, dernier parcours de PMA en 2022 au Danemark, témoigne : « Ça reste souvent un… un deuil, enfin quand on… pour les femmes qui le font comme moi, après avoir espéré fonder une famille… classique. À Mam’enSolo, on appelle souvent ça la famille Ricoré, une famille parfaite avec un papa et une maman, deux enfants, une fille et un garçon autour de la table du petit-déjeuner. « Alors, moi, je pense que j’avais une vision à mes 15, 16 ans, où je me suis toujours dit : “Je serai en couple, mari, chien, chat, enfant et tout ça”. Et finalement, j’ai pas eu ce déroulé de vie. Et autant je pouvais ne pas être en couple […], autant ne pas avoir d’enfant, c’était pas concevable pour moi. C’était vraiment inconcevable ».

Les discours de Paloma, Julie et Assia justifient leur choix et témoignent de leur caractère transgressif en ce qu’il déroge au modèle normatif de la parentalité et de la famille. Dans le même temps, elles montrent une intériorisation des normes de genre à travers l’injonction à la maternité. Certaines d’entre elles décrivent des « conjugalités chaotiques » (Mehl, 2016 : 22), qui ne leur ont pas permis de fonder une famille : elles étaient souvent en couple avec un homme avant de se lancer dans un projet solo, mais ce dernier ne souhaitait pas d’enfant ou ne représentait pas le père qu’elles projetaient pour leur enfant. Pour certaines, la rupture avec le partenaire a été la condition pour mener ce projet, comme Chantal (42 ans, cadre de santé, dernier parcours de PMA en 2021 en Espagne) qui a connu « deux échecs cumulés » avec des conjoints qui avaient déjà de leur côté des enfants et qui n’en désiraient pas d’autres.

Évolution des Profils : Vers des Maternités Solo Plus Précoces

Si l’âge constitue souvent un élément déclencheur, comme pour Chantal qui s’est tournée vers un projet solo à 40 ans, il semblerait que la mise en œuvre de ce « plan B » soit aujourd’hui envisagée à un âge plus jeune qu’auparavant. Une femme témoigne : « Je suis une femme hétérosexuelle célibataire. J’avais pas forcément dans l’optique d’être en solo, de le faire en solo, mais bon voilà, le temps passant, c’est quelque chose qui me trottait dans la tête un peu comme un plan B depuis à peu près que j’avais 27 ans […]. « Je me suis retrouvée à un moment de ma vie où je me suis dit : “Mais j’ai très envie d’avoir un enfant, mais j’ai pas du tout envie d’être avec quelqu’un, d’être en couple” […]. Dans la salle d’attente du psychiatre, il y avait un magazine […] un article sur les bébés Thalys […].

Le récit de Viviane, mère de deux enfants, et ayant débuté son parcours solo à 19 ans, illustre également ce nouveau profil de femmes pour qui la maternité solo est la forme familiale choisie d’emblée. « J’ai toujours eu un désir d’enfant très, très poussé. Et puis, par rapport à ma sexualité, je me situerais plutôt dans un… du côté lesbien du spectre, on va dire. Donc, je savais de toute façon que, même dans mon monde idéal, je vivrais pas avec le père de mes enfants. Et du coup la… en fait la question de la… de… de la relation amoureuse était jamais vraiment liée à la question de, des enfants. « Je dirais que, déjà première constatation, plus elles sont jeunes plus c’est un “plan A” ; plus elles sont… plus elles s’approchent de la quarantaine ou elles l’ont dépassée [plus] c’est un “plan B”, en proportion.

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Comme Viviane, certaines des femmes de notre corpus ont commencé leur parcours bien avant leurs 40 ans, et ce, quelle que soit leur catégorie socioprofessionnelle. Cette situation contraste avec celle des études plus anciennes menées sur le sujet, qui montrent que recourir à un don de sperme seul est majoritairement entrepris par des femmes quadragénaires. Parmi les femmes interrogées ici, 14 d’entre elles ont réalisé une première PMA avant leurs 40 ans, dont cinq avant leurs 35 ans.

Le fait d’envisager de se lancer dans un projet en solo à un plus jeune âge témoigne d’une évolution des représentations de la famille et de la parentalité, puisque les femmes acceptent plus rapidement de transgresser le modèle dominant. Décider de se lancer dans un projet solo avant 40 ans semble aussi…

Aspects Psychologiques du Parcours de PMA

Le parcours de PMA est souvent associé à des émotions intenses et parfois contradictoires. La colère, l’envie et la jalousie sont des sentiments fréquemment ressentis. La honte de ne pas réussir à concevoir naturellement, là où d’autres y parviennent, peut également être présente. Ces émotions peuvent ébranler l’entièreté de la vie des femmes concernées, créant des doutes sur leurs différents projets.

L’infertilité peut s’apparenter à un traumatisme car elle remet en question la recherche d’affiliation que constitue la mise en couple. La stérilité entraîne une rupture existentielle et symbolique dans le vécu de l’homme comme de la femme, en les confrontant à l’impossibilité de réaliser le désir d’enfant, masquant par là même l’ambivalence habituelle de ce type de désir. La situation de stérilité peut s’apparenter à une situation traumatique, réactivant les problématiques de deuil et de dette.

Face à cette situation, les couples ont aujourd’hui le choix d’avoir recours aux techniques de l’AMP ou de se tourner vers l’adoption. Quelle que soit la « solution » du couple pour devenir parent, celle-ci entraîne une modification structurelle de la famille, de même qu’une transformation des liens de parenté, notamment en ce qui concerne l’axe biologique de filiation. En effet, si le recours à l’AMP peut préserver dans certains cas le lien biologique aux deux parents (on parle alors de techniques intra- conjugales), le recours à un don de gamètes, voire à un don d’embryon (que certains considèrent comme une adoption anténatale), parfois nécessaire, induit, tout comme l’adoption, une rupture de la filiation biologique, partielle ou totale.

L’infertilité est une situation où les liens du couple peuvent être mis à mal. Ce diagnostic modifie les relations entre les espaces intrapsychique et intersubjectif, activant les fantasmes inconscients en termes de sexualité et de désir d’enfant. Si les avancées médicales pallient les dysfonctionnements du corps en prenant le relais des organes affectés, ces progrès accentuent parfois un clivage entre corps et psyché. Pour ces couples, dont les traitements médicaux se sont avérées infructueux à résoudre l’infertilité, l’adoption peut s’avérer réparatrice, après qu’ils aient souffert de sentiments de dévalorisation, de souffrance.

L’infécondité menace les investissements narcissiques que chacun a projetés sur l’autre du couple, ce qui fragilise individuellement mais attaque également le socle inconscient sur lequel est basée la conjugalité en renforçant les conflits. La démarche d’adoption, surtout si les sujets ont obtenu l’agrément, renvoie souvent à un besoin de reconnaissance sociale alors que, biologiquement, ces sujets, porteurs d’une dette de vie dont ils ne peuvent s’acquitter, sont interdits ou entravés dans leur désir d’enfant.

La clinique de l’infertilité, qu’elle soit d’origine psychogène ou physiologique, peut réactiver et actualiser des problématiques intrapsychiques et/ou intersubjectives chez les hommes ou les femmes consultants, alimenter des fantasmes morbides et destructeurs autour de la parentalité ou encore mettre sur le devant de la scène des problématiques transgénérationnelles conflictuelles ou traumatiques. En effet, selon Lazaratou et Golse (2006), le trauma impacte chaque traitement de la stérilité : le sujet subit l’inaptitude à procréer, se confronte à la non-réalisation du désir d’enfant et, en même temps, est soumis à une vive excitation, alimentant la croyance en la toute-puissance dans la science et ses possibles. Une mise en sens du vécu d’infertilité ainsi qu’un accompagnement du travail de deuil de la grossesse et de l’enfant biologique nous paraissent donc nécessaires en préalable de toute démarche d’adoption, au risque de conflictualiser des liens déjà fragiles ou que l’adoption reste inscrite dans une filiation dite narcissique, portée par un fantasme de complétude.

L’accompagnement psychologique des couples permet également d’aborder les fantasmes de culpabilité liés à l’infertilité (perception de soi déficitaire, estime de soi abîmée, représentation de soi comme « handicapé[e] ») ou liés à l’adoption en soi (rapt d’enfant, achat d’enfant…) afin de pouvoir accueillir l’enfant en lien avec sa propre histoire et donc être en mesure de le reconnaître à la fois comme familier et autre et de l’intégrer comme son fils ou sa fille.

L’adoption comme l’infertilité confrontent à une « filiation hors sexe », colorant de façon singulière la scène primitive et le roman familial. L’adoption ampli- fie les fantasmes du roman familial : d’un côté, se trouvent les parents réels, de l’autre les figures des parents idéaux. De plus, la situation de l’adoption traduit le fait qu’il ne peut y avoir de filiation sans affiliation (appartenance), « que toute naissance attend sa reconnaissance ».

Un désir d’adoption ne peut être possible que si « le deuil », de la grossesse, du maternage et de l’enfant biologique a été effectué et dépassé. En effet, l’échec des tentatives médicales engage le sujet dans une élaboration de ce roman familial, repositionnant les places de chacun et acceptant l’enfant comme singulier et porteur d’une part d’altérité.

Le Rôle de l'Accompagnement Psychologique

Face à ces défis, l’accompagnement psychologique apparaît comme un soutien précieux pour les femmes et les couples engagés dans un parcours de PMA. Il permet d’aborder les émotions complexes, de travailler sur l’estime de soi et de construire une parentalité sereine, qu’elle soit biologique ou adoptive.

L’accompagnement psychologique des couples permet également d’aborder les fantasmes de culpabilité liés à l’infertilité (perception de soi déficitaire, estime de soi abîmée, représentation de soi comme « handicapé[e] ») ou liés à l’adoption en soi (rapt d’enfant, achat d’enfant…) afin de pouvoir accueillir l’enfant en lien avec sa propre histoire et donc être en mesure de le reconnaître à la fois comme familier et autre et de l’intégrer comme son fils ou sa fille.

Diversité des Parcours et Sentiments d'Illégalité

Aujourd’hui, plus de 25 000 enfants naissent chaque année grâce à la procréation médicalement assistée en France. La PMA offre de nombreuses possibilités, mais elle reste encore soumise à des restrictions légales qui peuvent engendrer un sentiment d’illégalité chez ceux qui empruntent des chemins de traverse pour réaliser leur désir de parentalité.

Ils sont célibataires ou homosexuels, ou bien ils ont laissé filer l’horloge biologique de la fertilité, mais ils ont fait le choix de devenir parents. Pour obtenir l’enfant désiré, ils empruntent des chemins de traverse. Aujourd’hui, ils racontent leur parcours difficile, avec l’aide ou non de la médecine, leur façon de fonder une famille, de concevoir la filiation, mais aussi leur sentiment d’illégalité et le poids du regard des autres.

PMA à l’Étranger : Une Solution pour Contourner les Restrictions Légales

Chaque année, plus de 1500 Françaises traversent la frontière pour tenter une fécondation in-vitro avec don de sperme et don d’ovocytes. Une pratique interdite en France mais autorisée, moyennant finances, en Espagne. Comme les donneurs sont indemnisés, les candidats ne se font pas prier.

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