Le royaume de Koush, situé en Afrique de l'Est, prospéra dans la région du Nil, au sud de l'Égypte, correspondant à l'actuel Soudan et une partie de l'Éthiopie. Cette région, connue sous le nom de Koush par les Égyptiens, était parfois qualifiée de "misérable Cheh-t" dans leurs inscriptions. L'histoire du royaume de Koush est une histoire complexe d'influence égyptienne, de domination, de résistance et d'épanouissement culturel unique.
Koush sous domination égyptienne
Après la conquête initiale, le territoire de Koush était administré par des gouverneurs nommés par le pharaon. Les pylônes du temple de Karnak fournissent des informations détaillées sur cette période, notamment la liste des villes conquises et les noms des pharaons victorieux. Les inscriptions de Karnak révèlent également la division du territoire en trois régions : Berberata au nord, Tekarerer au centre et Arem au sud, ainsi qu'une liste de 43 villes importantes.
Cependant, le clergé koushite, frustré par le manque de considération pour leur culte, cherchait à affaiblir le royaume égyptien à distance.
L'émergence de la dynastie koushite et la conquête de l'Égypte
Vers 750 avant J.-C., une nouvelle lignée de souverains koushites émergea. Ayant adopté la culture égyptienne et le culte d'Amon, cette dynastie entreprit lentement la conquête de l'Égypte. Profitant des luttes de pouvoir entre les dynasties de Basse-Égypte (XXIIe, XXIIIe et XXIVe dynasties), le roi Piankhy prit le contrôle de la Basse-Égypte dès 744 avant J.-C. Son successeur, le roi Chabaka, acheva la conquête et devint pharaon des deux Égypte réunies vers 715 avant J.-C., mettant fin aux dynasties d'origine libyenne et égyptienne.
Le règne koushite et la conquête assyrienne
Le règne des rois koushites fut de courte durée, ne dépassant pas 50 ans. Les Assyriens envahirent l'Égypte et placèrent un prince de Saïs à la tête de la Basse-Égypte en tant que gouverneur, établissant ainsi un protectorat assyrien sur l'Égypte.
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La reconquête des deux Égypte fut possible grâce à une troupe de mercenaires grecs, dont l'armure de bronze offrait un avantage technologique. Sous le règne du pharaon Psametik Ier, ces mercenaires repoussèrent les Assyriens et les Koushites. Les soldats égyptiens furent ensuite chargés de surveiller les frontières, notamment celle avec le royaume de Koush, où ils établirent une vaste colonie à distance d'Éléphantine et de Méroé.
Conflits ultérieurs et l'importance de Méroé
Sous le règne de Ptolémée III vers 230 avant J.-C., l'Égypte affronta de nouveau le royaume de Koush. Ptolémée III Evergète renouvela les campagnes contre les Nubiens, suivant les traces de Thoutmès et Sésostris.
Méroé, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, fut la capitale du royaume de Koush et un centre de civilisation puissant. Son architecture et ses œuvres d'art témoignent de la majesté des rois et des reines nubiens.
La civilisation nubienne et son influence
La civilisation nubienne façonna le destin de l'Égypte à partir du VIIIe siècle avant J.-C., devenant même la 25e dynastie. Après leur chute, les pharaons nubiens se retirèrent au sud de l'Égypte et formèrent le royaume de Koush, qui prospéra dans un isolement relatif. L'éloignement de Méroé permit aux Koushites de préserver leur indépendance jusqu'au milieu du IVe siècle de notre ère, développant leur propre culture et religion égyptiennes.
Les Méroïtes avaient accès à des mines et étaient d'excellents orfèvres. Ils construisirent des temples, des palais et des bains royaux dans leur capitale. Les 200 pyramides de Méroé témoignent de la splendeur du royaume de Koush.
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Les fouilles archéologiques menées par Charles Bonnet à partir de 1980 ont révélé les traces d'une civilisation enrichie par le commerce et l'agriculture. Un royaume distinct de l'Égypte, doté d'une culture matérielle et de traditions propres.
La dynastie nubienne et l'invasion de l'Égypte
Vers 730 avant notre ère, le roi de Nubie, Piye, envahit et conquit l'Égypte, contrôlant ainsi toute la vallée du Nil. Piye devint le premier empereur de la 25e dynastie d'Égypte (v. 770-656 av. J.-C.), la dynastie des "pharaons noirs".
Après sa conquête, Piye retourna en Nubie, mais demanda à être enterré à la manière égyptienne dans une pyramide, devenant ainsi le premier pharaon à être inhumé de cette manière depuis 500 ans.
L'hégémonie de la 25e dynastie prit fin avec l'invasion de l'Égypte par les Assyriens, qui effacèrent les noms des pharaons noirs des monuments et détruisirent leurs statues.
Le repli vers Méroé et l'épanouissement culturel
Après la défaite, les Nubiens se retirèrent vers Napata, puis plus au sud à Méroé, qui devint leur nouvelle capitale. Méroé bénéficiait d'une position stratégique au carrefour des routes commerciales africaines et des ressources naturelles abondantes, notamment des mines de fer et d'or.
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La culture funéraire des Koushites était un mélange de pratiques égyptiennes et africaines. Les rois koushites furent d'abord enterrés dans la nécropole de Nouri, près de Napata, avant que Méroé ne devienne la nécropole royale vers 250 avant J.-C. Les pyramides de Méroé, plus petites et plus abruptes que les pyramides égyptiennes, étaient surmontées de chapelles ornées de stèles et de statues du ba.
Déclin et pillage de Méroé
Le royaume de Koush prospéra pendant des siècles, mais la mort de Cléopâtre en 30 avant J.-C. et la transformation de l'Égypte en province romaine mirent à mal la trêve fragile avec Rome. Les révoltes fiscales en Haute-Égypte entraînèrent des incursions romaines en territoire koushite.
Les forces méroïtiques, menées par la reine Amanirenas, attaquèrent les soldats romains à Assouan, mais furent finalement repoussées. Méroé fut abandonnée au IVe siècle de notre ère et pillée par Giuseppe Ferlini en 1834.
L'héritage du royaume de Koush
Les grandes civilisations antiques du Soudan ont prospéré grâce à l'agriculture et ont érigé des temples et des tombeaux en l'honneur de leurs dieux, rois et reines. Le Soudan compte plus de 255 pyramides, soit plus du double de celles érigées par l'Égypte.
Malgré les troubles civils, le Soudan offre aux visiteurs la possibilité d'explorer les pyramides antiques et d'en apprendre davantage sur les pharaons noirs. Un voyage le long de la vallée du Nil permet de découvrir le temple de Soleb et Méroé, une cité antique inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.
La Nubie, berceau du royaume de Koush, s'étendait autrefois d'Aswan à Khartoum. Les rois de Koush, surnommés "les pharaons noirs", ont conquis l'Égypte en 747 avant J.-C. et ont régné sur ce vaste territoire pendant près d'un siècle.
Le Nil, source de vie, a été le théâtre de ces luttes d'influence. Les sites archéologiques de Soleb, Kerma, Vieux Dongola, El-Kourru, Nouri et Gebel Barkal témoignent de la richesse et de la complexité de l'histoire du royaume de Koush.
À Méroé, les pyramides sont décorées de gravures d'éléphants, de girafes et de gazelles, témoignant de la fertilité passée de la région. Les rois koushites, lassés du pouvoir des prêtres, ont introduit de nouvelles divinités et ont créé l'alphabet méroïtique.
L'histoire du royaume de Koush est une source de fierté nationale pour les Soudanais. Comme la Grèce antique a influencé la culture européenne, la Nubie a influencé le Soudan, façonnant son identité et sa perception de lui-même.
Les fouilles archéologiques de Kerma et Doukki Gel ont révélé l'existence d'une agglomération kouchite développée entre 2500 av. J.-C. et 1500 av. J.-C. Les vestiges de Doukki Gel témoignent d'une architecture originale et d'un système de fortifications puissant.
Le royaume de Kerma a connu son apogée entre 1750 et 1480 avant J.-C., avant d'être conquis par les pharaons de la 18e dynastie. Après une période de domination égyptienne, les rois kouchites ont repris le contrôle de la Nubie et ont établi leur capitale à Napata, puis à Méroé.
L'alphabet méroïtique, utilisé jusqu'au Ve siècle de notre ère, reste en grande partie mal compris malgré les efforts des chercheurs. La langue méroïtique appartient à la famille des langues nilo-sahariennes.
La période napatéenne et méroïtique : succession et conflits
Après Tanouétamani, le royaume de Koush entra dans la période dite de Napata, bien que Napata fût déjà la capitale depuis plusieurs siècles. Le territoire se limitait à la région des cataractes, s'étendant jusqu'au sud de Khartoum. La frontière avec l'Égypte fluctuait au gré des conquêtes.
La résidence royale et capitale administrative fut transférée à Méroé, mais les inhumations royales continuèrent à se faire à Nouri et Barkal Sud, près de Napata. À partir de 280-270 avant J.-C., les sépultures royales se déplacèrent à proximité de Méroé, dans les cimetières de Begrawwiya Sud et Nord, marquant le début du royaume de Méroé.
Le manque de sources textuelles internes rend difficile la datation précise des règnes des souverains napatéens et méroïtiques. Les chronologies établies par George Reisner sont basées sur la taille des monuments funéraires et sont donc sujettes à caution.
Atlanersa succéda à Tanouétamani au milieu du VIIe siècle avant J.-C. Il construisit le temple B 700 au Gébel Barkal. Senkamanisken, probablement son fils, compléta le travail d'Atlanersa et construisit également à Sanam et Méroé.
Anlamani et Aspelta, frères et fils de la reine Nasalsa, succédèrent à Senkamanisken. Le règne d'Anlamani est mieux documenté grâce à une stèle à Kawa. La succession d'Anlamani par Aspelta fut marquée par des conflits et des destructions, comme en témoignent les cartouches martelés sur certaines inscriptions.
Aspelta relate les péripéties de son accession au trône dans la stèle de son intronisation du Gébel Barkal. L'oracle d'Amon choisit Aspelta comme successeur, mais sa légitimité fut contestée. La "stèle de l'excommunication" relate le châtiment infligé à des prêtres coupables du meurtre d'un innocent dans le temple.
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