L'affaire du décès d'un nourrisson à la maternité Jeanne-de-Flandre de Lille a suscité une vive émotion et de nombreuses interrogations. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de ce drame, survenu dans un service de néonatologie.
Chronologie des faits
Le 15 juillet 2025, une petite fille prématurée de cinq jours est décédée à la maternité Jeanne-de-Flandre à Lille (Nord). Le nourrisson avait été retrouvé inerte au sol dans une chambre de l'unité de néonatologie le vendredi 11 juillet en fin de matinée. Selon une source policière, un petit garçon de 5-6 ans se promenait dans le service, voulait voir les bébés et il aurait fait tomber le nouveau-né.
L'enquête
Une enquête a été ouverte pour "violences sur mineur de 15 ans". L'autopsie du bébé a révélé un traumatisme "compatible avec une chute". La brigade des mineurs de la police judiciaire de Lille a été saisie et est chargée des investigations. L'enfant suspecté va être auditionné mais, pour rappel, il ne peut pas être placé en garde à vue en raison de son très jeune âge. Il ne pourra pas non plus être poursuivi pénalement.
Réactions et mesures prises
La famille du bébé a exprimé sa douleur et son incompréhension face à ce drame. Les grands-parents, très choqués, ont été reçus par la direction de l'hôpital. Ils ont rapporté que le jeune garçon suspecté circulait très régulièrement dans les couloirs et que le problème avait été remonté au personnel soignant. La famille du nourrisson a appelé l’hôpital à « assumer sa responsabilité » pour que « cela n’arrive plus jamais ».
Le CHU de Lille a confirmé qu'un "évènement exceptionnel particulièrement grave et bouleversant" s'était produit et qu'une enquête administrative interne avait été lancée. Des mesures de stricte limitation des visites au sein des unités de néonatologie du CHU de Lille ont été prises à titre conservatoire. Désormais, seuls les parents peuvent rendre visite aux bébés qui y sont hospitalisés, des mesures « maintenues tant que nécessaire » a précisé l’hôpital à l’AFP vendredi.
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Autres affaires similaires
Malheureusement, ce n'est pas la première fois que des affaires de décès de nourrissons ou de maltraitance infantile font la une de l'actualité. Plusieurs cas récents rappellent la nécessité d'une vigilance constante et d'une protection accrue des enfants :
- Châteaubriant : Une information judiciaire a été ouverte pour « crime de délaissement » après la mort d’un bébé de huit mois. Les quatre autres enfants de la fratrie ont été placés en urgence. Leurs parents ont été mis en examen et placés en détention provisoire.
- Vendée : Le corps sans vie d’un nourrisson a été découvert, enterré dans un jardin, à La Chapelle-Palluau (Vendée). La mère du bébé a été mise en examen pour « privation de soins » et le père pour « meurtre ». Une plainte a été déposée contre le Samu 85.
- Vaison-la-Romaine : Les corps de deux nouveau-nés ont été retrouvés à Vaison-la-Romaine dans un état de décomposition avancée. Deux jeunes femmes ont été placées en garde à vue.
- Guadeloupe : En Guadeloupe, un bébé a été retrouvé « en état de putréfaction avancée ». Sa mère a été placée en détention provisoire.
Enlèvements de nourrissons
Outre les cas de décès et de maltraitance, il est important de mentionner les enlèvements de nourrissons, qui constituent également une source de préoccupation :
- Les Sables-d’Olonne : Un nourrisson a été enlevé, ce mardi, dans un hôpital des Sables-d’Olonne (Vendée), par ses parents, contre qui une ordonnance de placement avait été prononcée, avant d’être retrouvé quelques heures plus tard. La mère de l’enfant a été interpellée et placée en garde à vue.
- Aulnay-sous-Bois : Santiago, le nourrisson grand prématuré enlevé dans une maternité de Seine-Saint-Denis, a été retrouvé vivant, avec ses parents, aux Pays-Bas.
Le délaissement : une autre forme de maltraitance
Le délaissement est une notion juridique qui se caractérise par un manque de soins, un isolement, presque un abandon de l’enfant. « Le délaissement devient un crime lorsque cela entraîne la mort ou même une infirmité permanente d’un enfant de 15 ans », précise le magistrat. En cas de décès, le délaissement est punissable de trente ans de réclusion criminelle, vingt ans si l’infirmité (ou la mutilation) est permanente. Sinon, il s’agit d’un délit qui fait encourir sept ans de prison.
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