L'histoire de l'esclavage est un chapitre sombre de l'humanité, marqué par l'injustice, la cruauté et l'exploitation. Pour comprendre pleinement ce système oppressif, il est essentiel d'examiner ses fondements juridiques, ses réalités quotidiennes et les réactions qu'il a suscitées. Cet article se penche sur divers aspects de l'esclavage, en particulier dans le contexte américain, en s'appuyant sur des sources historiques et des analyses contemporaines.
I. Le Code Noir et les Esclaves
La condition de l'esclave américain était clairement définie par les codes noirs, promulgués avec des variations mineures par les assemblées législatives de la Louisiane, des deux Carolines et d'autres États du Sud. Ces codes privaient les esclaves de tout droit fondamental et les réduisaient à un statut de propriété.
Absence de Droits et Statut Légal
Un esclave ne pouvait rien posséder en son propre nom, ni vendre ou acheter quoi que ce soit sans l'approbation de son maître. Il n'avait pas le droit de travailler pour son propre compte et n'avait aucune existence légale. Il ne pouvait pas ester en justice ni témoigner, sauf contre d'autres esclaves accusés de conspiration, et dans certains États, contre les économes ou gardiens blancs, souvent méprisés par les maîtres et considérés comme proches des esclaves.
Le droit de défense personnelle, inhérent à tout être humain, était refusé à l'esclave. Il ne pouvait ni monter à cheval ni porter d'armes sans une permission expresse. Il ne pouvait pas se déplacer librement et devait être muni d'un permis pour sortir de la plantation ou du quartier où il habitait. Même avec un permis, la présence de plus de sept Noirs ensemble sur la voie publique était considérée comme une infraction, et tout Blanc pouvait les appréhender et les fouetter.
L'esclave était considéré comme une chose, non comme un être humain. Ceux qui le transportaient étaient responsables de sa perte ou des accidents qui pouvaient lui arriver, comme s'il s'agissait d'un colis ou d'une marchandise. La loi avait décrété que les esclaves n'avaient pas d'âme, condamnant leur intelligence et leur volonté, ne laissant vivre que leurs bras.
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"Droits" Limitées à la Vie Animale
Les droits des esclaves, si l'on peut employer ce terme pour des êtres privés de liberté, se limitaient à leur vie animale. Tout planteur était tenu de fournir à son esclave une pinte de sel et un baril de maïs par mois, ou l'équivalent en riz, haricots ou autres céréales. Au début de l'été, il devait également offrir à chaque Noir de la plantation une chemise de toile et un pantalon, et au début de l'hiver, des vêtements de rechange et une couverture de laine. Il était interdit de faire travailler les esclaves plus de quinze heures par jour en été et de quatorze heures en hiver. Le repos dominical devait être respecté, à moins que les planteurs ne versent 50 cents aux esclaves pour cette journée de travail. En Caroline du Sud, cette amende était fixée à 61 dollars 25 cents, et en Louisiane, elle pouvait atteindre 200, voire 500 dollars.
Cependant, cet article n'offrait aucune garantie réelle à l'esclave, car les Noirs n'avaient aucune existence devant la loi. Si, par impossible, un autre propriétaire d'esclaves accusait un planteur de violation, celui-ci pouvait se disculper en jurant de son innocence, encourageant ainsi le parjure.
Outre la pinte de sel, le baril de maïs, les vêtements d'hiver et d'été, et les 50 cents pour le travail du dimanche, la loi ne garantissait rien à la personne de l'esclave. Dans l'esprit des législateurs, ces avantages étaient censés assurer son bonheur matériel.
Responsabilité et Punitions
Si la liberté de l'esclave était inexistante, sa responsabilité était paradoxalement grande. Pour les droits, il était une chose, mais pour les devoirs, il redevenait un homme. Il était considéré comme moralement libre lorsque sa liberté pouvait entraîner son châtiment par le fouet ou la mort. La loi et la volonté du maître lui imposaient de nombreuses obligations et le punissaient sévèrement en cas de désobéissance.
Ce qui était un crime pour un Blanc l'était également pour un Noir. De plus, l'esclave pouvait commettre des crimes et délits spécifiques, inaccessibles aux Blancs en raison de leur privilège de couleur. Les punitions différaient considérablement selon la race du condamné. Les Blancs étaient généralement punis d'amendes ou d'emprisonnement, tandis que les Noirs, ne possédant rien, ne pouvaient payer d'amendes. Leurs maîtres refusaient de les incarcérer, car cela reviendrait à immobiliser leur capital vivant sans en tirer profit.
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Ainsi, les esclaves, considérés comme infâmes, n'étaient passibles que de deux peines infamantes : le fouet et la pendaison. La pendaison était rarement appliquée, sauf en période d'insurrection, où la sécurité des Blancs exigeait des mesures de salut public rigoureuses. En général, les propriétaires d'esclaves faisaient tout leur possible pour éviter la condamnation à mort de leurs Noirs, car le gouvernement ne leur versait que 300 dollars par tête de condamné, soit au plus le cinquième de ce que cet esclave leur avait coûté. Le fouet, instrument commode, dispensait le plus souvent de la nécessité de se ruiner en laissant pendre leur propre Noir. On battait, on fouettait, on enlevait des lanières de chair sans mettre la vie de l'esclave en danger, et après quelques jours de souffrances, le torturé reprenait son travail dans les champs de canne ou de coton.
Cependant, en période de forte émotion populaire, les Noirs insurgés ou coupables de meurtre ne pouvaient compter sur l'avidité de leurs maîtres. Réclamés à grands cris par la foule ou par les planteurs en colère, ils étaient livrés et aussitôt pendus à un arbre, démembrés ou brûlés vifs.
Le texte de la loi ordinaire condamnait à mort le Noir qui frappait et blessait son maître, sa maîtresse, leurs enfants ou l'économe blanc qui le dirigeait, celui qui mutilait volontairement un Blanc, celui qui frappait un Blanc pour la troisième fois, celui qui poignardait ou tirait un coup de feu avec intention de tuer, l'empoisonneur, l'incendiaire, le voleur, le rebelle. Il était passible du fouet celui qui se promenait sans permis, celui qui osait monter à cheval sans autorisation spéciale, celui qui travaillait peu au gré de l'économe, celui qui, pour une raison ou une autre, déplaisait à son maître.
L'esclave devait toujours, sans exception, exécuter les ordres du Blanc. Pourtant, s'il obéissait à un maître qui lui ordonnait d'incendier une meule de blé ou de détruire la maison d'un planteur, il était fouetté ou subissait une autre punition corporelle, tandis que le maître était seulement condamné à payer des dommages et intérêts. Ainsi, l'esclave était coupable dans les deux cas, qu'il obéisse ou qu'il désobéisse. L'instrument était toujours puni, qu'il soit rebelle ou docile.
Lorsqu'un esclave était condamné à une peine quelconque, il ne pouvait être libéré tant que son maître n'avait pas payé les frais de justice. Si le propriétaire refusait de payer, le Noir restait indéfiniment prisonnier, coupable de l'insolvabilité du planteur.
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Tous les jugements portés contre les Noirs étaient rendus par des tribunaux composés, selon les États, de trois, six ou neuf propriétaires d'esclaves, présidés par un juge de paix et choisis dans la localité où le crime, vrai ou prétendu, avait été commis. Cela signifiait que les accusés étaient livrés à la merci de la haine et de la vengeance.
Le Meurtre d'un Esclave
D'après le texte de la loi, le Blanc qui tuait un Noir était passible de la peine capitale. Cependant, les circonstances atténuantes ne manquaient pas pour minimiser le crime du planteur, accusé et jugé par ses pairs dans une cause qui était aussi la leur. D'ailleurs, la loi précisait que le Blanc coupable d'avoir assassiné un Noir dans un mouvement de colère était passible d'une amende de 500 dollars au plus et d'un emprisonnement n'excédant pas six mois.
Le Statut des Noirs Libres
Dans les États du Sud où les prétendus Noirs libres n'avaient pas été frappés d'un décret de proscription en masse, les affranchis, n'étant protégés par aucun propriétaire, avaient encore plus à redouter que les esclaves l'application des lois qui pesaient sur eux. Ils étaient censés être libres, mais ils n'avaient pas les privilèges des hommes libres. Ils ne pouvaient ni voter aux élections ni s'occuper des intérêts politiques ou sociaux de la République. Ils ne pouvaient siéger comme jurés dans les tribunaux, ni même servir de témoins, sauf contre des esclaves ou des hommes de leur caste, et encore sans la formalité d'un serment, trop noble pour être souillé par leurs lèvres. Il leur était interdit de porter des armes sous peine de fouet. D'après la loi, ils ne pouvaient se couvrir que de vêtements d'étoffes grossières, se signalant ainsi de loin par leur costume.
II. Les Débats sur l'Abolition de la Traite
Face à l'horreur de l'esclavage, des voix se sont élevées pour dénoncer la traite négrière et réclamer son abolition. La Société des Amis des Noirs, fondée en France, a joué un rôle important dans ce combat.
L'Adresse de la Société des Amis des Noirs
Le 5 février 1790, la Société des Amis des Noirs publia une Adresse à l'Assemblée Nationale pour l'abolition de la traite. Cette adresse exposait la position officielle de la Société en faveur de la suppression de la traite des Africains et répondait aux objections formulées par les partisans de son maintien.
La Société se défendait des accusations selon lesquelles elle réclamait l'abolition de l'esclavage et l'extension des principes de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen aux esclaves des colonies françaises. Elle affirmait que l'affranchissement immédiat des Noirs serait une opération fatale pour les colonies et un cadeau funeste pour les Noirs eux-mêmes, compte tenu de leur état d'abjection.
La Société demandait seulement que l'on cesse de tuer régulièrement des milliers de Noirs chaque année pour faire des centaines de captifs, que l'on cesse de profaner le nom français pour autoriser ces vols et ces assassinats. Elle demandait l'abolition de la traite et suppliait l'Assemblée de prendre promptement en considération ce sujet important.
Les Arguments de la Société
La Société présentait un tableau de cet "horrible commerce", rappelant les "manœuvres infâmes" employées par les armateurs pour susciter des guerres en Afrique afin de se procurer des captifs. Elle annonçait la publication d'une abondante documentation sur le commerce et le transport des Africains.
Elle analysait ensuite les désavantages de la traite des Noirs du point de vue des intérêts mêmes des colons et des colonies. La traite était ruineuse pour l'Afrique, les Africains, le commerce, les revenus publics et les colons. Elle entraînait la mortalité d'un nombre élevé de marins voués à ce commerce. Les primes à la traite étaient un fardeau pesant sur les contribuables et se montaient à 2 500 000 livres par an. Les captifs africains étaient de plus en plus difficiles à trouver.
Ces raisons devaient, selon la Société, contribuer à faire comprendre aux colons leur intérêt nouveau : substituer à la traite des Africains l'élevage de la main-d'œuvre sur place dans les colonies. Il s'agissait de transformer la condition de l'esclave, d'abandonner le système de remplacement des Bossales par de nouveaux Bossales et d'entamer une généralisation de l'élevage de la main-d'œuvre esclave sur place, qui substituerait aux Bossales ces esclaves créoles.
La cause qui incitait à changer la forme de reproduction de la main-d'œuvre esclave résidait dans la crise de la fourniture du marché africain de captifs, qui se manifestait par une hausse des prix de la marchandise humaine. Ce changement permettrait d'introduire la force animale et la mécanisation dans l'organisation du travail de la plantation, ce que Brissot appelait "adoucir l'esclavage".
L'une des conséquences serait d'accroître la population dans les colonies et d'élargir le marché intérieur et la consommation des produits des manufactures de la métropole. À l'issue de tous ces changements, l'esclave créole pourrait, en se rachetant, devenir un travailleur "libre" et consommateur selon le modèle économiciste européen.
La Société concluait sur la nécessité de hâter la réalisation de ce processus, qu'elle désignait par les termes de "révolution" et de "philanthropie", et qui consistait à mettre la suppression de la Traite à l'ordre de la réflexion.
Les Limites de la Société
Le projet de la Société des Amis des Noirs était incontestablement favorable aux intérêts économiques de la métropole et des colonies. La mutation du Bossale en esclave créole nécessitait le maintien de l'esclavage, seule sa condition étant modifiée par les "adoucissements" prévus. L'affranchissement viendrait après cette mutation.
Il est remarquable que ce texte ne fasse aucune allusion au caractère ségrégationniste des sociétés coloniales. Le préjugé de couleur est passé sous silence.
La Société déployait un grand effort argumentaire pour éviter une insurrection des esclaves dans les colonies et inviter les colons à prendre conscience de ce danger.
Dans la filiation des physiocrates, la Société avait conscience que l'époque du renouvellement de la main-d'œuvre esclave par le marché africain était terminée. Elle proposait un projet cohérent au service des colons esclavagistes, et l'on peut s'étonner du peu d'écho qu'elle rencontra dans les milieux des planteurs à qui elle s'adressait.
Si la présence de colons était réelle au moment de la création de la Société des Amis des Noirs, la réaction des clubs de colons fut davantage de l'ordre du rejet, prêtant même à la Société des intentions qu'elle n'avait pas, comme celle d'abolir l'esclavage. L'échec de la Société et de son projet en faveur d'une nouvelle politique coloniale reste à expliquer.
III. La Réception de "La Case de l'Oncle Tom" en France
Le roman de Harriet Beecher Stowe, "La Case de l'Oncle Tom", a connu un succès retentissant aux États-Unis et en Europe. En France, sa réception a été complexe, mêlant émotion, fascination et critique.
Un Succès Orchestré
Le succès éditorial de "La Case de l'Oncle Tom" a été largement orchestré. Le roman est arrivé en France, via l'Angleterre, avec une injonction aux larmes et à l'émotion. Sa publication sous forme de feuilletons ou d'ouvrages a été suivie de près par les adaptations théâtrales. Aux traductions variées se sont ajoutées des mises en scène différentes, se partageant larmes et rires.
Ces adaptations ont été autant d'occasions pour les critiques et les humoristes d'évoquer "La Case de l'Oncle Tom". Au cœur des sourires, des attendrissements et des agacements, se logeaient deux questions rarement évoquées de façon frontale : que penser de ce roman présenté comme un manifeste anti-abolitionniste ? De quelle façon les Noirs y étaient-ils représentés ?
Les Réactions du "Charivari"
Le journal "Le Charivari" a consacré de nombreux articles et dessins à "La Case de l'Oncle Tom". Il faut lire l'ensemble des textes et regarder la totalité des dessins pour comprendre l'état d'esprit général du journal.
Le 14 novembre 1852, Taxile Delord indiquait qu'une seule chose attisait la curiosité du moment, "un roman américain" dont il imaginait différentes adaptations : un "Oncle Tom à cheval" pour "le Cirque-Olympique", une pantomime "Pierrot-Oncle-Tom", un ballet "Oncle Tom", une "Lady Tom" sous la plume de Madame de Girardin, etc. Le 16, Clément Caraguel ironisait sur les discussions autour des traductions : doit-on parler du Père Tom ? Ou plutôt de l'Oncle Tom ? De la cabane ou de la case ?
Le thème de l'esclavagisme apparaissait de manière ambiguë le 18, sous la plume de Taxile Delord qui parodiait "La Case de l'Oncle Tom" en prétendant effectuer une traduction du passage dans lequel Tom apprenait que son maître devait se séparer de lui. "Uncle Beuve's cabin" était en réalité un récit à visée humoristique tiré d'une actualité : Louis Véron venait de vendre "Le Constitutionnel" où Sainte-Beuve publiait ses chroniques. Delord comparait donc le monde de la presse à celui des plantations dont les esclaves seraient des journalistes, et recyclait le vocabulaire des émotions du roman original. Une incise, destinée à ironiser sur l'univers impitoyable de la presse, dénotait peut-être une perception critique de la lutte anti-esclavagiste de Madame Stowe : "Quelle condition que la nôtre ! On nous vend comme de véritables bêtes de somme, et les philanthropes ne songent qu'aux nègres, comme si les journalistes étaient moins à plaindre !" Mais il s'agissait plus sûrement d'une allusion parodique à la réception du roman en Angleterre, où une polémique était née du reproche adressé aux classes aisées de verser des larmes sur les malheurs des esclaves américains, tout en ignorant la misère des défavorisés de leur pays.
Le 20 novembre, Clément Caraguel poussait plus loin l'ambiguïté avec "Le faux Père Tom", un autre récit de type parodique qui voyait un planteur vouloir à tout prix se substituer à un esclave, dont la vie lui paraissait plus enviable que la sienne. Il semblait que Caraguel s'amusait à parodier des ouvrages anti-esclavagistes traduits et publiés en France dans le sillage de celui d'Harriett Beecher Stowe, comme par exemple "The Slave", autobiographie fictionnelle d'un esclave initialement publiée en 1836 par Richard Hildreth et qui connut plusieurs traductions en France à partir de 1852.
Le 23 novembre, Taxile Delord consacrait deux colonnes à un compte-rendu critique de deux éditions de "La Case de l'Oncle Tom". Son texte était éclairant sur la réception du succès fabriqué et sur la façon dont les lecteurs français pouvaient accueillir le livre. Selon lui, la question de l'esclavage ne passionnait plus ses contemporains avec la même acuité : "nous n'avons plus d'esclaves", constatait-il.
L'Oubli de l'Esclavage Français
En 1852-1853, en pleine "tommania", l'esclavage français était déjà oublié, ou du moins était-il présenté comme lointain, malgré l'abolition récente (1848). Lorsque sa mémoire était invoquée, c'était généralement pour constater que la littérature française avait depuis longtemps évoqué la question de l'esclavagisme et relativiser ainsi les mérites de l'ouvrage américain.
Le sort des esclaves américains était fréquemment décrit comme une découverte totale, voire exotique, sur laquelle il convenait de verser des larmes de compassion et d'indignation, en évitant soigneusement le parallèle avec le passé des colonies françaises. Tabou mémoriel ? Auto-censure de nature politique, voire censure ?
Les Critiques du Roman
Parmi les facteurs qui peuvent expliquer que le dessein anti-esclavagiste du roman agaçait parfois la critique, le fait que l'auteure soit une femme jouait un rôle indéniable, exacerbé par le soutien de George Sand en décembre 1852. De surcroît, Madame Stowe était une femme protestante. La popularité toujours croissante de "L'Oncle Tom" contrariait fort "L'Univers".
Pour autant, il faut parfois se méfier des exagérations humoristiques. "Le Charivari" se plaisait ensuite à imaginer la mise à l'Index de "La Case de l'Oncle Tom" dans des textes parodiques.
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