L'expression « Amérique latine » évoque un territoire riche en histoire, en culture et en complexité. Cet article explore l'histoire de cette région, depuis les premières populations jusqu'aux enjeux contemporains, en passant par les débats identitaires et les dynamiques géopolitiques.

L'Origine du Peuplement Américain

Le peuplement des Amériques est un sujet de débat de longue date. La discussion principale concerne la date, le chemin et les moyens empruntés par les premiers hommes pour conquérir les Amériques. La majorité des scientifiques penche pour une arrivée par la terre, tandis qu'une minorité évoque une colonisation par voie maritime.

Les Premières Découvertes Archéologiques

En 1926, près de la ville de Folsom, un cow-boy découvre des ossements de bisons fossilisés depuis 10 000 ans. Au milieu des restes sont fichées des pointes de flèches en silex, attestant d'une présence humaine à cette époque. En 1932, toujours au Nouveau-Mexique, on découvre des ossements de mammouths accompagnés de pointes de silex sur le site dit de « Clovis ». D'autres découvertes incluent des traces de décharnement sur des os de mâchoire de cheval dans l'Artefact Bluefish Cave.

Les Théories sur les Routes de Peuplement

Jusqu'à la fin des années 1990, la théorie dominante était que les hommes avaient commencé la colonisation des Amériques à la fin de la dernière période glaciaire, il y a 13 000 ans. Ces groupes humains (« Clovis culture »), qui étaient de bons chasseurs, avaient suivi des troupeaux de la Sibérie à l'Alaska sur une langue de terre gelée à travers le détroit de Béring, puis progressivement s'étaient propagés vers le Sud.

Une autre théorie émerge depuis les années 2000. Les premiers colonisateurs du continent américain seraient venus en bateau (ou en radeau) en suivant de près la côte du détroit de Béring. Ils auraient pu se nourrir le temps du voyage en pêchant et en capturant éventuellement des proies lors de brefs accostages quand la côte le permettait. Pour l'instant, aucun vestige d'embarcation n'a été retrouvé qui permettrait d'étayer cette théorie.

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Trouvant des ressemblances entre la culture Clovis (américaine) et le Solutréen (européen), des scientifiques ont émis l'hypothèse d'une traversée de l'Atlantique en bateau. La similitude de certains caractères sur des fossiles d'Amérique du Sud et les aborigènes australiens a permis d'imaginer qu'une traversée de l'océan Pacifique pouvait être à l'origine de la colonisation.

Études Génétiques et Migrations

Certains scientifiques penchent pour une colonisation du continent américain en plusieurs grandes vagues et à plusieurs époques. Une étude publiée en 2008 par l'Université du Michigan s'est attachée à mesurer la diversité génétique du peuple américain actuel. Les chercheurs ont identifié 29 populations indigènes réparties au nord, au sud et au centre du continent américain. Sur les 422 individus testés, ils ont identifié et comparé pas moins de 751 marqueurs génétiques. Cette base de données a été comparée à une étude génétique des populations de la Sibérie actuelle.

Premier constat : les Américains et les Sibériens partagent des caractères génétiques propres indiquant une origine commune. Deuxième constat : plus on s'éloigne du détroit de Béring plus la diversité génétique diminue. Les scientifiques concluent donc que la colonisation du continent américain a démarré au nord du continent, par le détroit de Béring.

En 2015, une équipe internationale de chercheurs a comparé les génomes de 31 individus actuels d'origine américaine, sibérienne et océanienne avec les génomes de 23 individus anciens retrouvés sur le continent américain (sur une période de 6 000 ans). D'après les chercheurs, les premiers Américains sont arrivés il y a 23 000 ans, au plus, en une seule vague. Ces migrants ont investi l'Amérique du Nord. Il y a 13 000 ans, la population d'origine s'est séparée en deux et l'une des deux s'est aventurée en Amérique du Sud.

Découvertes de Squelettes Anciens

Le squelette de Luzia a été découvert sur le site de Lapa Vermelha au Brésil en 1995. Il était enfoui sous 12 mètres de terre. Les restes fossiles de cette femme de 20 à 25 ans sont assez complets, ce qui a permis de déduire qu'elle mesurait un peu plus d'un mètre cinquante. La reconstitution de son crâne lui attribue une certaine ressemblance avec les Mélanésiens, les Aborigènes australiens ou même les Africains.

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D'autres découvertes incluent l'Homme de Kennewick, découvert en 1996 au nord-ouest des États-Unis, et des fossiles humains du Yucatan, découverts dans des grottes submergées près de Tulum.

Chronologie des Découvertes

  • 2010 : Publication d'une étude sur Inuk, un homme de -4000 ans dont on a pu reconstituer l'ADN grâce à une simple touffe de cheveux.
  • 2011 : Les restes calcinés d'un enfant de trois ans ont été retrouvés en Alaska et datés de 11 500 ans.
  • 2015 : Une étude génétique semble démontrer que le continent américain a été colonisé avec une seule vague de migration il y a 23 000 ans.
  • 2021 : Datation d'empreintes de pas il y a 21 000 ans au Nouveau-Mexique.
  • 2023 : Les flux migratoires dans le détroit de Béring à double sens.
  • 2023 : Les données climatologiques montrent de nouvelles voies pour les migrations humaines.
  • 2023 : Des os percés de paresseux géant, preuve de la présence humaine il y a 27 000 ans.

L'Émergence du Terme "Amérique Latine"

L'expression « Amérique latine » (América latina, ou Latinoamérica) fit son apparition au milieu du xixe siècle pour se référer aux territoires d’Amérique situés au sud des États-Unis et issus de la colonisation de trois puissances européennes dites latines : Espagne, France et Portugal. De nombreuses études se sont penchées sur les origines de ce syntagme et les facteurs ayant contribué à son succès, en particulier auprès des Latino-Américains eux-mêmes.

Genèse du Terme et Contexte Historique

Selon John L. Phelan, l’apparition du vocable « Amérique latine » remonterait au début de la décennie 1860, son apparition étant directement liée aux desseins expansionnistes de la France du Second Empire. D’après lui, le terme aurait été conçu dans les milieux impérialistes qui gravitaient autour de Napoléon III pour justifier l’expédition française au Mexique, qui eut lieu entre 1861 et 1867. L’empereur avait pour projet de faire de ce territoire une nation satellite sur le continent américain, à même d’assurer l’influence de la France dans cette partie du monde. À cette fin, les milieux diplomatiques français, emmenés par l’économiste et conseiller de l’empereur Michel Chevalier, élaborèrent autour du concept de latinité une vaste propagande destinée à justifier l’intervention au Mexique, laquelle visait en réalité à démettre le président Benito Juárez et à lui substituer un monarque inféodé aux intérêts français.

Formulé en 1862 dans la Revue des Deux Mondes, le projet panlatin défendu par Chevalier reposait sur les théories - en vogue à l’époque - qui postulaient l’existence de races humaines fondées sur des cultures antagonistes issues de la civilisation occidentale : latine (au sud), germanique (au nord) et slave (à l’est). Soumise à ce prisme racial, la lutte d’influence des grandes puissances sur le continent américain, aiguisée par la brutale annexion de la moitié du territoire mexicain par les États-Unis en 1848, devait dorénavant être lue en termes civilisationnels, comme l’opposition entre Latins et Anglo-Saxons. Fin connaisseur du continent américain pour y avoir séjourné en 1835, Chevalier aurait le premier diffusé le concept d’une Amérique qualifiée de « latine », à la fois soumise à la puissance commerciale et financière de la Grande-Bretagne, menacée d’absorption par son puissant voisin du nord et convoitée par les apôtres du pangermanisme.

Appropriation du Terme par les Latino-Américains

À la suite de Phelan, d’autres études sont venues compléter et nuancer cette première thèse sur l’origine de l’expression « Amérique latine ». Arturo Ardao démontre notamment que, dès le début de la décennie 1850, plusieurs intellectuels latino-américains de renom avaient eu recours à cette dénomination en réaction à l’annexion d’une grande partie du Mexique par les États-Unis et face aux poussées expansionnistes de ce même pays dans les Caraïbes et en Amérique centrale, notamment à travers le phénomène de la flibusterie ou par le biais des courants annexionnistes.

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Ainsi, dès 1856 la terminologie « Amérique latine » (ou l’expression parente de « race latino-américaine ») fut reprise par deux influents intellectuels du continent, tous deux pénétrés de culture française et désireux de ressusciter le vieux rêve bolivarien d’union des nations du sous-continent : le Chilien Francisco Bilbao, imprégné de l’hispanophobie héritée des guerres d’indépendance et le Colombien José María Torres Caicedo, installé en France à partir de 1850. Le succès du syntagme « latino-américain » proviendrait donc avant tout de l’imprégnation dans les mentalités américaines de cette double catégorie culturelle racialisée - Latins et Anglo-Saxons - et de la revitalisation des tendances unionistes hispano-américaines.

La Guerre Hispano-Américaine et l'Identité Latino-Américaine

La Guerre hispano-américaine de 1898 opéra un profond changement de paradigme dans les relations au sein du continent américain. La Splendid Little War, comme la baptisèrent les États-Unis au lendemain de leur fulgurante victoire, fut très vite interprétée comme un nouvel épisode de l’affrontement entre Latins et Anglo-Saxons. Bien que majoritairement favorable à l’indépendance de Cuba, le monde hispano-américain se rangea aux côtés de l’Espagne face à l’agresseur nord-américain, dont les velléités impérialistes étaient source de préoccupations croissantes que n’avait guère dissipées la nouvelle politique lancée par James Blaine autour du panaméricanisme et du principe de coopération hémisphérique. La violente campagne d’opinion publique qui de part et d’autre de l’océan accompagna cette guerre eut un grand écho en Amérique latine et favorisa une identification collective des pays du sous-continent comme les membres d’un monde latin confronté à la montée implacable des Anglo-Saxons et promis à la décadence et à l’effacement identitaire.

L'Essai "Ariel" de José Enrique Rodó

L’essai Ariel, dont la publication en 1900 par l’Uruguayen José Enrique Rodó eut une très grande répercussion, systématisa l’application d’une grille de lecture culturelle aux jeux d’influence sur le continent américain. L’opposition manichéenne entre les deux figures allégoriques d’Ariel et de Calibán permettait d’évoquer un conflit de civilisations, avec d’un côté l’idéalisme et la spiritualité latins (hérités du catholicisme) et, d’un autre, le matérialisme et l’individualisme anglo-saxons (attribués au protestantisme). S’appuyant sur le regain hispanophile que connaissait le continent, le professeur Ariel, guide de tout un continent, appelait à la réunification spirituelle de républiques latino-américaines trop longtemps dispersées, ces Estados desunidos de Suramérica pour reprendre une expression de l’époque. Le ferment de cette unité consistait précisément à valoriser leur fond culturel commun - la latinité - contre les tendances jugées aliénantes en provenance du voisin anglo-saxon et dénoncées sous l’anathème de « nordomanie ».

Critiques et Réactions au Concept de "Latinité"

Cet engouement autour de la latinité ne manqua pas de susciter la réaction de Miguel de Unamuno qui, entre mars 1900 et avril 1916, échangea une correspondance nourrie avec José Enrique Rodó, suite à la publication de son essai Ariel. La gallophobie qui imprégnait Unamuno l’amena à dénoncer très tôt la dépendance excessive de la culture et la littérature latino-américaines à l’égard des modèles européens, en particulier français. S’agissant de l’attraction qu’exerçait Paris sur les milieux intellectuels latino-américains, l’hostilité d’Unamuno tournait à une véritable obsession, si bien que l’auteur de l’essai En tono al casticismo (1895) les exhortait à redécouvrir leurs propres cultures et traditions. Tout en saluant le souffle qui habitait l’essai Ariel, Unamuno lui reprochait son caractère afrancesado et sa philolatinité. Le philosophe soulignait au contraire que la culture espagnole et, par extension, la culture hispanique avaient bien peu à voir avec la soi-disante « culture latine », qui en réalité n’était pour lui que le paravent de la culture française, présentée sous un jour pseudo universaliste.

Unionisme Latino-Américain et Succès du Terme

Nonobstant, la réaction d’Unamuno, Ariel opéra outre-Atlantique une prise de conscience identitaire du monde intellectuel, relayée par le courant moderniste et les milieux diplomatiques. Cette convergence aida à relancer le projet d’union latino-américaine pour lequel plaidait Rodó et qu’avait proposé en son temps Simón Bolívar. À partir de 1900 et tout au long des années 1910-1920, plusieurs intellectuels de renom firent campagne en faveur d’une plus grande intégration du sous-continent. Ce courant de l’unionisme latino-américain, représenté par des figures comme l’Uruguayen José Enrique Rodó, l’Argentin Manuel Ugarte, le Mexicain José Vasconcelos, le Vénézuélien Rufino Blanco Fombona et bien d’autres, assura le succès de l’expression « Amérique latine », l’un des plus sûrs ferments de ce courant étant la référence à la commune latinité, une latinité que les intellectuels de l’époque identifiaient comme l’élément vertébrateur assurant leur unité culturelle.

Hispanophobie et Réévaluation Linguistique

Depuis les indépendances et tout au long du xixe siècle, les mouvements nationalistes latino-américains nourrirent une virulente hispanophobie les conduisant même à appeler à déshispaniser le continent, à l’instar du slogan ¡ Desespañolicémonos ! lancé par l’Argentin Domingo Faustino Sarmiento et repris au Mexique par Ignacio Ramírez. Ce rejet radical se manifesta parfois par la volonté de purger la langue vernaculaire de l’influence espagnole et d’affirmer de cette façon l’existence d’une langue propre aux différentes nations de l’Amérique hispanophone. Après l’émancipation politique, la décolonisation de l’Amérique latine devait encore se poursuivre sur le plan des mentalités et, pour beaucoup, cela passait aussi par une réévaluation des usages linguistiques.

Enjeux Culturels et Émancipation

Derrière la question linguistique, se cachaient donc des enjeux culturels. La polémique lexicale qui prit corps au cours des années 1910 pour désigner l’Amérique non anglophone renvoyait au débat sur les rôles respectifs passés et présents des différents groupes humains dans le Nouveau Monde. La valeur symbolique des termes retenus ou bannis reflétait parfaitement le conflit d’intérêts entre les différents peuples en présence. Preuve de la volonté d’émancipation culturelle du sous-continent, l’emploi du syntagme « Amérique latine » devança outre-Atlantique toutes les expressions concurrentes qui avaient cours jusqu’alors, en particulier celles qui avaient dominé la première moitié du xixe siècle : « Amérique espagnole » et « Amérique hispanique » (« Hispanoamérica »).

Le Cacao: Un Trésor Latino-Américain

Le continent latino-américain, berceau du cacaoyer, reste toujours un terroir de prédilection pour la production des cacaos les plus fins, même s’ils ne représentent à l’heure actuelle que 17 % de la production mondiale. Sa culture, développée à l’époque précolombienne en Amérique centrale, doit son véritable essor aux Espagnols après leur conquête du Mexique. Elle s’étendit dès lors vers les Antilles dans le dernier quart du XVIe siècle, Cuba, Hispaniola et Jamaïque ; et vers l’Amérique du Sud, Venezuela, Équateur et Colombie. Plus tard, au XVIIIe siècle, l’Amazonie brésilienne, le Suriname et l’Île de la Trinité furent également des centres d’exportation du cacao importants. L’Amérique a conservé le monopole de production et d’exportation jusqu’au milieu du XIXe siècle avant d’être devancée par le continent africain qui produit aujourd’hui les trois quarts du cacao mondial. La Côte d’Ivoire fournissant à elle seule 43 % d’une production mondiale dont les analystes prévoient une augmentation de 20 % entre 2020 et 2025.

Diversité des Variétés de Cacaoyer

La production de cacao ne se cantonne pas au Criollo, au Forastero, au Nacional et au Trinitario, catégories définies de manière hasardeuse dans les années 1980. Le Criollo catégorise les cacaos endémiques d’une zone comprise entre le Venezuela et le Pérou, le Forestaro signifie “étranger” en espagnol, c’est une variété de cacaoyer provenant principalement du bassin de l’Amazonie, aujourd’hui majoritairement cultivée en Afrique, au Brésil et dans quelques îles d’Asie du Sud-Est. Le Nacional est une variété que l’on trouve en Équateur et dans une moindre mesure au Pérou, il est réputé pour sa saveur florale, et enfin le Trinatario, croisement des variétés Forastero et Criollo, tire son nom de son origine géographique l’île de la Trinité. Les véritables familles, selon Stéphane Bonnat, sont Amelonado, Contamana, Criollo, Curaray, Guiana, Iquitos, Marañon, Nacional, Nanay et Purùs subdivisées en une vingtaine de sous types génétiques.

Facteurs Influant sur le Profil Organoleptique

Le profil organoleptique du chocolat ne se définit pas simplement par son origine géographique, de multiples facteurs interviennent. Le terroir est une composante importante (nature du sol, climatologie, vents dominants) notamment sur le continent latinoaméricain où les fermes sont situées en altitude, mais ce n’est pas la seule. La génétique est également à prendre en compte, car en plus du profil génétique du cacaoyer, s’ajoute celui de la cabosse. Les traitements après récolte, la fermentation et le séchage, sont deux facteurs clés qui agissent directement sur le profil aromatique du chocolat.

Transformation et Valorisation du Cacao

Lorsque le chocolatier récupère ses fèves, il adapte la torréfaction au traitement précédemment appliqué, de manière à assurer un développement d’arômes basés sur le profil aromatique préalablement défini. Le chocolat d’origine, notamment celui de la zone Amérique, est un produit facile à valoriser. Le mode de production, exclusivement artisanale, permet aisément de raconter une histoire et de satisfaire la curiosité d’une clientèle de connaisseurs toujours à la recherche de nouveauté. Le grand cru ou chocolat d’origine, permet de parler d’un terroir, d’un mode de production, du travail des producteurs mais surtout d’offrir une véritable expérience en termes de dégustation qui de surcroît ne sera jamais la même.

Le Non-Alignement Actif: Une Stratégie Contemporaine

Née dans des colloques scientifiques et du côté de think tanks stratégiques, le Non-alignement actif reconfigure l'idée d'autonomie de pays dits "petits" ou "moyens" pour mieux défendre leurs intérêts dans le contexte de rivalité entre les Etats-Unis et la Chine, y compris à l'échelle régionale.

Réactualisation du Non-Alignement

Avec l'avènement d'un nouvel ordre mondial sous le sceau de la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine, et d'une guerre qui se joue d'abord sur le terrain économique, les années 2010 ont vu le concept de "non-alignement" s'actualiser. L'Amérique du sud fut le berceau principal de cette revisite du concept, et de son appropriation par des pays qui cette fois n'étaient plus si jeunes, mais en revanche toujours en quête d'autonomie. Face au risque de vassalisation et faute de voix régionale naturellement audible, des intellectuels latino-américains ont ainsi revitalisé la pensée de l'autonomie en cherchant.

Le Concept de Non-Alignement Actif

Souvent issus du monde universitaire mais ayant en commun d'avoir exercé dans l'Exécutif ou comme ambassadeurs, au Chili notamment, ces entrepreneurs de cause ont ainsi cherché à élaboré un nouveau concept, rebaptisé "non-alignement actif". Qui cette fois s'entendait certes comme une quête d'autonomie, mais aussi comme un remède à la relégation cette fois destiné à offrir aux pays de moindre importance de meilleures opportunités - notamment économiques.

Polysémie et Portée du Terme

Dopé par le Sommet des Amériques en 2022, et l'exclusion de trois pays par Washington qui avait entrainé le boycott d'une dizaine d'autres en Amérique du sud, le terme de "non-alignement actif" n'est pas univoque. Au risque d'être parfois un peu polysémique, avec les années le terme a pu finir par recouvrir des questions de marge de manœuvre diplomatique, de stratégie économique, de souveraineté politique, ou de cohésion régionale notamment. Il permet toutefois d'actualiser le logiciel politique de l'autonomie, pour repenser le positionnement stratégique des pays du Sud global dans un contexte d'hégémonie sino-américaine qui s'est d'abord jouée sur le terrain économique.

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