Laurie Phaï, une trentenaire franco-cambodgienne, est une marathonienne et championne de trails dont l'histoire est marquée par la résilience et une passion inébranlable pour le sport. Son parcours, jalonné de défis personnels et de succès sportifs, témoigne d'une force de caractère et d'une détermination hors du commun. « Le sport tel que je le pratique peut être vu comme un sacrifice, mais qui m’est vital. C’est à la force de ses pas et d’une histoire familiale de battants que Laurie Phaï est devenue marathonienne et championne de trails. »

Une jeunesse sportive

Dès son plus jeune âge, Laurie Phaï se passionne pour le sport. « J’ai toujours été sportive : petite fille déjà. À l’époque, j’avais une allure très garçon manqué avec les cheveux courts et ce, jusqu’à mes 17 ans. On m’appelait “jeune homme“ dans la rue et, franchement, ça ne me plaisait pas du tout ! J’étais une fille sportive, c’était tout. » Troisième d'une fratrie, elle suit l'exemple de son frère aîné, également très sportif, en s'adonnant à diverses disciplines telles que la natation, le tennis et le tennis de table. C'est dans cette dernière discipline qu'elle excelle particulièrement. « J’ai suivi son exemple : natation, tennis puis tennis de table avec mon père et mon frère. Un jour où j’allais le chercher avec mon père à l’entraînement, on m’a dit : « Et toi, quand est-ce que tu t’y mets ? ». »

L'ascension dans le tennis de table

Laurie Phaï gravit rapidement les échelons dans le monde du tennis de table. Elle remporte sa première médaille de bronze aux Championnats d’Europe cadettes et représente la France lors de compétitions internationales pendant sept ans. « J’ai rapidement gravi les échelons en faisant ma première médaille de bronze aux Championnats d’Europe cadettes de tennis de table et j’ai représenté la France sur les compétitions internationales pendant sept ans. J’ai été Championne de France, en simple, double junior et double senior. »

Cependant, elle décide d'arrêter la compétition de haut niveau en 2007 pour se consacrer à ses études de droit. « J’ai voulu arrêter et aller en master de droit car il est compliqué de faire des résultats au niveau européen. C’est un sport plutôt dominé par les Asiatiques dont l’entraînement est dingue et où l’investissement financier suit. » Elle continue néanmoins à jouer en club par équipe jusqu'en 2010. « Le tennis de table, j’ai toujours vu ça comme un jeu. J’ai commencé à jouer dans le garage avec mon frère et on était ultra compétitifs, on se criait pas mal dessus ! Ayant commencé la compétition à 9 ans, j’ai un mental taillé pour la compétition. Pourtant, au tout début, on me disait que je n’étais pas assez « méchante » et que je préférais m’amuser et faire du beau jeu que gagner ! En tant que jeune femme, cette expérience de sport de haut niveau aide vraiment à accroître sa confiance en soi. Si j’ai arrêté cette superbe expérience de la compétition de haut niveau en 2007, j’ai continué à jouer en club par équipe jusqu’en 2010. »

La course à pied : une thérapie et une passion

Après un moment douloureux, Laurie Phaï ressent le besoin de se ressourcer et de se changer les idées. Elle se met alors à courir, trouvant dans ce sport une forme de thérapie. « Ça a été un moment très douloureux à passer. Après trois jours à toucher le fond, j’ai repris le boulot et j’ai cherché autre chose pour m’aérer la tête : je me suis mise à courir. C’était le sport le plus simple, je n’avais qu’à chausser des baskets et me lancer. »

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Elle découvre ensuite le trail grâce à ses collègues de travail et participe à sa première course en 2013. « Là où je travaille, les collègues font du trail et de la course en montagne. Même si c’était pour oublier ma vraie douleur, la perte de ma fille, je me suis lancée avec eux. C’était ma toute première course, en 2013. » La course à pied devient une véritable passion, lui permettant de se reconstruire et de se dépasser. « C’est après avoir perdu un enfant à la naissance que Laurie Phaï, ancienne pongiste professionnelle, s’est mise à la course à pied. Un besoin de courir pour vivre et « retrouver son corps ». Un « fait de vie » qui, malgré lui, a changé la sienne, lui offrant de très riches aventures. »

La rencontre avec Ludovic Collet et le début d'une nouvelle carrière

En 2016, lors d'une course près de Montpellier, Laurie Phaï est remarquée par Ludovic Collet, un entraîneur reconnu dans le monde du trail. « Et puis, le déclic s’est fait en 2016 sur une course à côté de Montpellier où le speaker de l’événement, aussi entraîneur, me repère. J’étais arrivée 3e sur les compétitrices féminines. Il me dit qu’il entraîne des athlètes et que j’ai un sacré potentiel qu’il faudrait exploiter ! On débute alors notre collaboration. C’est Ludovic Collet, il est connu dans le monde du trail. »

Cette rencontre marque un tournant dans sa carrière sportive. Sous la direction de Ludovic Collet, elle remporte sa première course de 60 km et se prépare pour le marathon dans les temples d'Angkor. « Je gagne lors de ma première course de 60km. Je me prépare à ce marathon de 32km dans les temples d’Angkor avec un coach spécialisé, Sébastien Prats, qui est toujours mon entraîneur. »

Représenter le Cambodge aux Jeux Olympiques : un rêve brisé, de nouvelles perspectives

Grâce à ses performances, Laurie Phaï est contactée par le Comité Olympique cambodgien, qui lui propose de représenter le pays aux Jeux Olympiques de Tokyo. « Comme je décroche la première place, un journaliste français me dit que je devrais rencontrer le Comité Olympique car le pays recherche des athlètes. Le Cambodge pouvait inviter deux marathoniens cambodgiens pour les Jeux Olympiques de Tokyo avant le Covid et j’étais retenue grâce à mes belles performances. »

Bien que déçue de ne pas avoir pu participer aux JO en raison de la pandémie de Covid-19, elle voit s'ouvrir de nouvelles perspectives. « Quand j’ai eu l’info, j’ai bien sûr été déçue mais, en même temps, ça m’a ouvert d’autres perspectives. Mon compagnon est montagnard et comme nous habitons à Briançon, nous avons décidé de faire le Mont-Blanc. Le sport c’est comme la vie, il y a toujours des hauts et des bas, il faut savoir rebondir ! Et puis, JO ou pas, moi le sport j’adore ça, j’en ai besoin et je ne coupe qu’une semaine ou deux par an. »

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Une athlète engagée

Laurie Phaï est une athlète engagée qui souhaite transmettre sa passion et son expérience aux autres. Elle s'investit notamment dans le développement du sport féminin au Cambodge, en préparant cinquante jeunes filles pour le 10 km de Phnom Penh dans le cadre de l'association « Toutes à l'école ». « Je vis aussi le sport comme une vocation : j’ai envie de redonner ce que j’ai reçu. Je m’engage aussi pour le sport féminin au Cambodge : je vais préparer cinquante jeunes filles pour le 10 km de Phnom Penh dans le cadre de l’association « Toutes à l’école » créée par la journaliste Tina Kieffer. »

Elle encourage également les jeunes filles et les femmes à se lancer dans le sport, en brisant les barrières et en se dépassant. « Ce que je dirais aux jeunes filles ou femmes qui n’osent pas se lancer dans le sport ? Moi j’ai cassé les codes, ça peut être une bonne option ! Même si la société met des barrières, il faut se rappeler qu’on est tous des êtres humains égaux et que les femmes peuvent tout déchirer. Je viens encore de voir que lors d’une course très connue aux Etats-Unis, il y a eu neuf femmes parmi les vingt premiers coureurs, du jamais vu pour ce trail ! De plus en plus de femmes n’ont plus peur d’aller se challenger sur des longues distances et plus les médias relayent ces exploits, plus les autres femmes se sentiront légitimes. »

"Au-delà du temps" : un documentaire poignant

Un documentaire intitulé "Au-delà du temps" retrace le parcours exceptionnel de Laurie Phaï, de son histoire familiale à ses succès sportifs. « J’ai eu, par exemple, la chance d’être approchée pour tourner un documentaire sur ma vie de sportive, « Au-delà du temps ». Ça s’est fait sur quatre ans, de 2017 à 2021. C’est un film qui retrace tout mon parcours, en partant de l’histoire de mon père au Cambodge, parti pendant la guerre des Khmers rouges pour venir se réfugier en France, en 1978. C’est une terrible épopée puisque toute sa famille a été assassinée et que lui a réussi à s’enfuir. » Ce film, réalisé par Andy Collet, a été récompensé dans plusieurs festivals.

Une source d'inspiration

Laurie Phaï est une source d'inspiration pour de nombreuses personnes. Son parcours, marqué par la résilience, la passion et l'engagement, témoigne de la force de l'esprit humain et de la capacité à se dépasser face aux difficultés. « Les femmes sportives qui m’inspirent ne sont pas forcément celles qui ont atteint le haut niveau. Mais plutôt celles qui parviennent à faire des super trails - 165 km !- après avoir enduré des cancers, de longs traitements, qui travaillent et ont une vie de famille. Ce sont ces défis sportifs exceptionnels qui me portent ! »

Palmarès

  • Tennis de table :

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    • Médaillée de bronze en double aux championnats d’Europe juniors 2004
    • Championne de France juniors double 2003 et 2004
  • Trail :

    • Vainqueur Ecolo Trail de l’Izoard 2021
    • Trail Blanc de Névache 2021
    • Angkor Trail 2017, 2019, 2020
  • Records personnels :

    • 39’23 sur 10 km
    • 1h28’08 sur 21 km
    • 3h10’41 sur 42 km

Conseils nutritionnels de Laurie Phaï

Laurie Phaï accorde une grande importance à la nutrition sportive, notamment depuis qu'elle s'est lancée dans la course à pied. Elle a testé de nombreux produits et a réduit certains aliments sans les supprimer complètement. Elle est ambassadrice de la marque Meltonic et apprécie particulièrement la Purée de cajou et les Pur'Bar datte coco. Elle conseille de faire attention à son alimentation au quotidien et de se faire suivre par un diététicien à l'approche des marathons.

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