La question de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet sensible en France, ravivé par les débats autour de la constitutionnalisation du droit à l'avortement et les prises de position de certains membres du Rassemblement National (RN). Laure Lavalette, députée du Var et porte-parole du groupe RN à l'Assemblée nationale, se retrouve au cœur de ces discussions en raison de ses déclarations et de son positionnement parfois perçu comme ambigu.

Le vote à l'Assemblée Nationale et les divisions au sein du RN

Le 24 novembre 2022, l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi constitutionnelle visant à inscrire le droit à l'IVG dans la Constitution. Ce vote, salué par une partie de l'hémicycle comme une "victoire historique pour les femmes", a révélé des divisions au sein des différents groupes politiques, y compris le RN.

Sur les 89 députés RN, 24 ont voté contre le texte, dont Philippe Ballard et Laure Lavalette. Une majorité du groupe, incluant Marine Le Pen, Bruno Bilde, Sébastien Chenu et Julien Odoul, a cependant voté pour. Ce vote majoritairement favorable au sein du RN contraste avec les propos anti-avortement tenus par certains de ses nouveaux députés, soulignant une ligne politique nuancée sur la question.

Laure Lavalette : entre position personnelle et ligne du parti

Laure Lavalette se présente comme "pro-vie" et a exprimé des préoccupations concernant "l'extrême vulnérabilité du fœtus". Elle a interpellé Cécile Muschotti, ex-députée LREM, sur la question de l'accès des femmes à l'IVG, considérant cela comme une question de morale.

Elle refuse cependant de se dire opposée à la loi Veil de 1975, qui a légalisé l'avortement en France. Interrogée sur ses engagements passés auprès de l'association "Choisir la vie", connue pour ses positions anti-IVG, Laure Lavalette minimise son implication, affirmant avoir "lu en diagonale" la charte de l'association lors des élections municipales de 2014 à Toulon. Elle précise que le point demandant aux signataires de soutenir les candidats s'engageant à abroger la loi sur l'avortement ne lui convenait pas.

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Aujourd'hui, elle affirme que "l'abolition de la loi sur l’IVG n’est absolument pas un de [ses] combats". Elle soutient également qu'"aucun groupe politique en France ne remet en cause l'avortement", tout en se montrant défavorable à l'inscription de la liberté de la femme de recourir à l'IVG dans la Constitution.

La position du RN sur l'IVG : une ambiguïté persistante

La position du RN sur l'IVG est souvent perçue comme ambiguë. Si les dirigeants du parti affirment que le RN "n’a jamais souhaité revenir sur l’avortement", certains de ses membres ont tenu des propos remettant en question le droit à l'IVG.

Marine Le Pen elle-même a entretenu une position ambigüe sur l’IVG. En 2012, ses propos sur « les avortements de confort » avaient entraîné une polémique. Plus récemment, à l’automne 2021, elle s’était élevée contre l’allongement du délai d’IVG, dénonçant une « dérive idéologique ». Elle a également défendu la politique de son allié au Parlement européen, le PiS, qui a interdit l’avortement en Pologne, hormis si la grossesse résulte d’un viol ou met en danger la vie de femme.

Le RN n’a pas désapprouvé l’annulation de l’arrêt Wade vs. Roe aux Etats-Unis, qui révoque le droit à l’avortement au niveau fédéral. Jordan Bardella, président du RN, a déclaré qu'"aucun mouvement politique sérieux ne remet en cause en France la loi Veil, acquis à protéger". Cependant, en 2021, le RN a voté contre l'accès à l'avortement gratuit et légal.

Constitutionnalisation de l'IVG : un débat qui divise

Le projet de loi visant à inscrire dans la Constitution la « liberté garantie » pour les femmes d’avoir recours à l’IVG a été adopté par l’Assemblée nationale le 30 janvier 2024. Cependant, les termes de « liberté garantie » ne font pas l’unanimité chez certains Sénateurs, à commencer par Gérard Larcher, président du Sénat.

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Gérard Larcher estime que « l’IVG n’est pas menacée dans notre pays ». Le chemin vers la constitutionnalisation du droit à l'avortement reste donc semé d'embûches, nécessitant un consensus entre l'Assemblée nationale et le Sénat.

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