L'allaitement maternel est un sujet central dans la vie d'une nouvelle mère et de son enfant. Recommandé par les experts en nutrition et en pédiatrie, il offre de nombreux avantages pour la santé du bébé et de la mère. Cet article vise à informer les futures et jeunes mamans sur les bienfaits, les défis et les solutions pour concilier allaitement et reprise du travail.
Les Bienfaits de l'Allaitement Maternel
L'allaitement maternel procure de multiples bienfaits, tant pour le bébé que pour la maman. Il répond aux besoins nutritionnels du nourrisson, renforce son système immunitaire et favorise le lien d'attachement entre la mère et l'enfant.
Pour le bébé
- Nutrition optimale : Le lait maternel est parfaitement adapté aux besoins du bébé, contenant vitamines, sels minéraux, oligoéléments, sucres, graisses et protéines en quantités idéales. Sa composition évolue avec le temps pour s'adapter aux besoins croissants du bébé.
- Renforcement du système immunitaire : Le lait maternel contient des anticorps qui protègent le bébé contre les infections. Les bébés nourris au lait maternel sont moins souvent et moins gravement malades. La lactoferrine, une protéine présente dans le lait maternel, possède des propriétés antibactériennes, antivirales, antifongiques et antiparasitaires. Les vitamines A, C et D contribuent également au fonctionnement normal du système immunitaire.
- Facilité de digestion : Le lait maternel est plus facile à digérer que le lait artificiel, protégeant ainsi le tube digestif fragile du bébé. Il diminue également les gaz.
- Réduction du risque d'allergies : Le lait maternel contribue à réduire la fréquence de certaines allergies (eczéma et asthme) chez les enfants à risque, à condition que l'allaitement soit exclusif pendant au moins 3 mois.
- Développement cognitif : Des études épidémiologiques ont mis en évidence un effet favorable du lait maternel sur le développement cognitif de l'enfant.
Pour la maman
- Renforcement du lien mère-enfant : L'allaitement favorise un contact physique et une proximité qui renforcent l'attachement mutuel. Bébé est au contact de la peau de sa maman, il reconnaît son odeur, il entend les bruits de son cœur. Maman et bébé se touchent, se caressent, s'observent. Ces échanges sont importants et créent un lien, une connexion.
- Récupération post-partum : La tétée accélère les contractions de l'utérus, lui permettant de reprendre sa place plus rapidement après l'accouchement (phénomène des tranchées).
- Prévention de maladies : L'allaitement contribue à réduire le risque de cancer du sein et de l'ovaire, d'ostéoporose après la ménopause, de diabète et d'endométriose. L'allaitement maternel contribuerait efficacement à la lutte contre la dépression post-partum, notamment grâce à l’ocytocine, cette « hormone du bonheur » qui accompagne la lactation.
- Aspect pratique et économique : L’allaitement maternel s’avère très pratique, car vous pouvez partir en balade ou en week-end sans penser aux biberons ainsi qu’aux dosettes de lait. Par ailleurs, le lait maternel ne s’achète pas et permet donc d’économiser sur l’achat de boîtes de lait artificiel.
Les Défis de l'Allaitement Maternel
Bien que naturel, l'allaitement peut parfois être complexe et présenter des défis :
- Crevasses : Petites fissures sur le mamelon dues à une mauvaise position du bébé pendant la tétée. Ajuster la position du bébé, maintenir une bonne hygiène des mains et consulter un professionnel de l'allaitement peuvent aider. L'application de colostrum ou de lait maternel sur le mamelon après la tétée peut aussi prévenir les crevasses.
- Engorgement du sein : Accumulation de lait dans la glande mammaire, rendant le sein douloureux et gonflé. Augmenter la fréquence des tétées, utiliser un tire-lait ou masser l'aréole pour faciliter l'écoulement du lait. Des compresses froides entre les tétées peuvent réduire l'inconfort.
- Mastite : Inflammation du sein due à une stagnation du lait. Il est crucial de continuer à allaiter, en privilégiant le sein atteint. Si l'allaitement est trop douloureux, l'expression manuelle du lait ou l'utilisation d'un tire-lait peut être nécessaire. Une consultation médicale rapide est essentielle.
- Refus du sein : Il est important de rester calme et patient, d'offrir la tétée dans un moment de calme et de demander conseil à un professionnel ou à une association de soutien à l'allaitement.
- Douleurs mammaires : Certaines femmes ont des engorgements qui provoquent de fortes douleurs ou des crevasses au niveau des mamelons, ce qui rend l’expérience très inconfortable.
- Infections du sein : Lorsque les canaux lactifères sont obstrués, cela peut créer une mastite à la mère qui sera obligée de suivre un traitement médical.
- Difficultés d’alimentation : Votre bébé peut avoir du mal à téter efficacement, ce qui peut entrainer des problèmes d’alimentation et une prise de poids ralentie.
- Fatigue et stress : Allaiter peut aussi être une source de stress pour vous, car le bébé vous sollicite tout le temps, ce qui vous épuise quotidiennement.
Allaitement et Travail : Comment Concilier les Deux ?
La reprise du travail n'implique pas nécessairement l'arrêt de l'allaitement. Avec une bonne préparation et organisation, il est possible de continuer à allaiter :
- Préparation : Discutez de votre projet avec les personnes qui garderont votre bébé et avec votre employeur.
- Options : Si votre lieu de travail et celui de garde de votre enfant sont proches, vous pouvez envisager de continuer l’allaitement exclusif en vous absentant pour nourrir votre bébé. Vous pouvez aussi envisager de tirer votre lait sur votre lieu de travail, si vous disposez d’un tire-lait, d’un réfrigérateur pour conserver le lait, et du matériel pour le transporter dans de bonnes conditions. Si l’allaitement exclusif n’est pas envisageable, l’allaitement partiel peut être une solution. Vous pouvez donner des biberons de lait infantile à votre enfant pendant la journée en semaine et l’allaiter le reste du temps (le matin, le soir, le week-end…).
- Législation : La loi française prévoit de libérer une heure par jour pour tirer votre lait ou allaiter votre bébé, jusqu’au premier anniversaire de l’enfant. Discutez avec votre employeur pour mettre en place une organisation qui convienne à tous.
- Conseils pratiques : Commencez à faire des stocks de lait congelé avant la reprise du travail. Il n’est pas nécessaire de supprimer des tétées avant la reprise du travail, sauf si vous envisagez de donner des biberons de lait infantile dans la journée. Dans ce cas, ne vous y prenez pas trop tôt pour ne pas tarir votre lactation avant même d’avoir repris votre travail.
Allaitement au Sein ou au Biberon : Un Choix Personnel
Le choix d'allaiter ou non est personnel. Il est important de prendre une décision éclairée, en tenant compte de vos envies, de votre état de santé et de votre situation personnelle.
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- Ne culpabilisez pas : Si vous n'avez pas pu ou pas souhaité allaiter, ne culpabilisez pas. Les laits infantiles sont parfaitement adaptés aux besoins nutritionnels des bébés.
- Informez-vous : Renseignez-vous sur les avantages et les inconvénients de l'allaitement pour prendre une décision éclairée.
- Faites-vous accompagner : N'hésitez pas à consulter un professionnel de santé ou un conseiller en lactation pour obtenir des conseils personnalisés.
- Allaiter par désir, pas par devoir : Si certaines femmes sont mal à l'aise avec l'allaitement, ce n'est pas pour cela qu'elles seront de mauvaises mères.
Quand l'Allaitement Maternel n'est Pas Possible
Il existe des situations où l'allaitement maternel est contre-indiqué :
- Consommation d'alcool, de tabac ou de médicaments avec contre-indications.
- Séropositivité pour le VIH ou galactosémie.
- Simple absence d'envie.
Dans ces cas, le lait maternel collecté auprès de mères donneuses dans un lactarium peut être utilisé pour nourrir le bébé.
Substances issues de la contamination de l’environnement
L’Anses a estimé les niveaux d’exposition aux substances chimiques des enfants âgés de moins de 6 mois via le lait maternel et les aliments introduits lors de la diversification alimentaire. Pour la majorité des substances étudiées, le niveau d’exposition n’est pas préoccupant pour la santé. Toutefois, pour 12 substances ou familles de substances, l’Anses montre que le niveau d’exposition des enfants allaités peut dépasser les valeurs sanitaires de référence. Il s’agit d’éléments-trace métalliques - arsenic inorganique, cadmium, chrome, manganèse, nickel et plomb - et de composés polychlorés (PCB, dioxines et lindane), polyfluoroalkylés (PFOS et PFOA) et polybromés (PBDE). Ces substances sont présentes dans divers aliments, l’eau ou encore l’air.
Les résultats de cette expertise ne sont pas destinés à prédire l'état de santé futur des enfants allaités. Cependant, ils soulignent le besoin d'agir collectivement sur 12 substances préoccupantes.
L’Anses appelle donc à renforcer l’action collective déjà engagée par les pouvoirs publics pour réduire la contamination de l’environnement et des aliments. Cela passe notamment par l’encadrement réglementaire des substances, l’identification et la maîtrise des sources de contamination et par la surveillance de la chaîne alimentaire.
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