Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, s'est affirmé comme un fervent défenseur du droit à l'avortement. Ses prises de position sur cette question ont été claires et constantes, tant au niveau national qu'international.

Un engagement féministe

Trudeau s'est déclaré à plusieurs reprises comme un féministe, suivant ainsi les traces de sa mère, la photographe Margaret Trudeau, et de son père, qui l'ont élevé dans le respect et la défense des droits de tous. Cette conviction se traduit par un engagement en faveur de l'égalité des sexes et de la liberté des femmes à disposer de leur corps.

« Ce n'est pas au gouvernement de légiférer sur ce qu'une femme choisit de faire de son corps »

Trudeau a publiquement affirmé que « ce n'est pas au gouvernement de légiférer sur ce qu'une femme choisit de faire de son corps ». Cette déclaration, qui lui a valu des attaques de la part des conservateurs lors de la campagne électorale, témoigne de sa conviction que l'avortement est une question de choix personnel et de liberté individuelle. Il a répliqué en affirmant qu'il était « tout à fait à l'aise avec l'idée que les Canadiens savent que le Parti Libéral est sans équivoque dans sa défense du droit des femmes ».

Soutien à l'extension du congé parental

Le parti de Justin Trudeau soutient l'extension du congé parental à 18 mois.

Le Canada, un modèle en matière d'avortement

Depuis 1988, le Canada ne possède pas de loi fédérale qui criminalise, encadre ou limite l'accès à l'avortement. L'avortement est traité comme un soin de santé, ce qui fait du Canada un modèle pour d'autres pays. Les Canadiennes bénéficient de services d’avortement gratuits et de qualité à tout moment de la grossesse, à la demande, sans avoir à justifier ou expliquer leurs motifs, et partout au pays, sans délai.

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Le rôle des frontières dans l'accès à l'avortement au Canada

Au Canada, les frontières jouent un rôle important dans l'accès à l'avortement. D'abord, le partage des compétences entre les gouvernements fédéral et provinciaux module l'accès à ce soin de santé. Ensuite, le recul des droits des femmes américaines a ravivé le débat sur les frontières entre l'encadrement législatif et le rôle interprétatif des tribunaux au Canada.

L'encadrement juridique de l'avortement au Canada relève tant du gouvernement fédéral que des gouvernements provinciaux et territoriaux. Selon la Loi constitutionnelle de 1867, le gouvernement fédéral peut intervenir sur cette question par sa compétence législative en matière criminelle. Son pouvoir en droit criminel lui permet aussi d'édicter des lois pour protéger la santé et la sécurité. Le gouvernement fédéral peut aussi intervenir par son pouvoir de dépenser en matière de santé par la Loi canadienne sur la santé, qui lui permet de transférer des fonds aux provinces pour financer les programmes de soins de santé.

Quant aux provinces, elles peuvent encadrer l'aspect médical de l'avortement en vertu de l'article 92 (7) de la Loi constitutionnelle de 1867 qui leur accorde la compétence en matière de santé. L'accessibilité varie donc de province en province, ce qui a forcé, et continue de forcer, des femmes à se déplacer vers d'autres provinces pour obtenir ce soin de santé. Les provinces qui ne remboursent pas complètement ce service de santé ou qui imposent des barrières de toutes sortes ne respectent pas la Loi canadienne sur la santé et le gouvernement fédéral peut couper leur financement.

La reconnaissance du droit à l'avortement au Canada

Au Canada, la reconnaissance du droit à l'avortement découle d'une construction prétorienne du plus haut tribunal. En 1988, dans l'arrêt Morgentaler, la Cour suprême a invalidé l'article 251 C cr parce qu'il portait atteinte à l'article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui reconnaît le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne. L'arrêt Morgentaler n'a pas légalisé l'avortement ; il l'a décriminalisé. Il ne s'est prononcé ni sur un droit libre et gratuit à l'avortement ni sur le statut du fœtus.

En 1989, dans l'arrêt Tremblay c. Daigle, la Cour suprême a refusé de reconnaître la personnalité juridique au fœtus, sauf s'il naît vivant et viable. De plus, le père en puissance du fœtus n'a pas de droit sur ce dernier. Cette décision joue un rôle majeur dans la reconnaissance du droit à l'avortement et à l'autonomie procréative pour les femmes au Canada. Les « droits » du fœtus ne peuvent être opposés à ceux des femmes.

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Aux arrêts Morgentaler et Tremblay c. Daigle s'est ajoutée une troisième décision de la Cour suprême du Canada, Office des services à l'enfant et à la famille de Winnipeg (région du Nord‑Ouest) c. G (DF) (1997), qui a reconnu le droit de la femme enceinte de refuser tous les soins de santé, même ceux offerts dans l'intérêt du fœtus. Une quatrième décision, l'arrêt Dobson (1999), de la plus haute juridiction, a confirmé le droit à la vie privée et la capacité décisionnelle de la femme enceinte.

Les arrêts Morgentaler et Tremblay c. Daigle ont établi les bases du droit à l'avortement au Canada. Puisque le fœtus ne jouit d'aucun statut juridique et qu'aucune loi ne restreint l'accès à l'avortement, ce soin de santé est ainsi disponible à tout moment de la grossesse et peu importent les motifs personnels de la femme.

Réactions aux États-Unis

La décision de la Cour suprême des États-Unis de révoquer l'arrêt Roe v. Wade a suscité de vives réactions au Canada. Le Premier ministre Justin Trudeau a exprimé sa déception face à cette décision et a réaffirmé son engagement à défendre le droit à l'avortement au Canada.

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