Depuis un certain temps, les jeux de sniper ont gagné en popularité. Avec plusieurs épisodes principaux de Sniper Ghost Warrior et Sniper Elite, ainsi que leurs spin-offs, les joueurs découvrent de plus en plus de jeux de tir qui proposent un mélange d'infiltration et de tir à longue distance. Ces jeux sont souvent mis en valeur par une "bullet cam" au ralenti, permettant d'admirer la déformation des organes après le passage d'une balle de calibre .50. Cet article propose un test approfondi de Sniper Ghost Warrior Contracts sur PS4, en explorant ses mécaniques de jeu, son scénario, ses graphismes et son potentiel de rejouabilité.

La formule Sniper Ghost Warrior Contracts

La série Sniper Ghost Warrior a toujours été simple à décrire : des phases de sniper, des passages d'infiltration et, lorsque l'alarme se déclenche, une partie "Warrior" où l'on utilise un AK-47 pour éliminer des gardes dans un FPS bas du front. Après des débuts de qualité inégale et quelques errances dans un monde ouvert avec Sniper: Ghost Warrior 3, la licence a décidé de se recentrer sur une formule plus simple, inspirée par les récents HITMAN. Le jeu propose cinq grandes zones, chacune contenant plusieurs contrats à remplir pour accéder à la zone suivante. La progression est relativement libre dans l'exécution des objectifs, mais le terrain de jeu est cloisonné sur plusieurs kilomètres carrés et comprend généralement deux à quatre zones d'intérêt.

Ce changement de recette s'oriente donc vers des niveaux rejouables, chacun pouvant occuper le joueur pendant deux à trois heures s'il décide d'effectuer tous les défis secondaires. Ces défis incluent tuer des ennemis avec des grenades, réaliser des éliminations à la chaîne ou utiliser des mines personnelles. Il n'y a pas grand intérêt à s'éterniser dans un niveau, sauf pour récupérer des points d'expérience ou des jetons de compétence pour débloquer des armes ou des capacités. Par exemple, on peut détecter les ennemis à travers les murs en utilisant la capacité du masque de Seeker, agrandir la barre de vie ou se rendre moins visible. La complétion à 100 % d'une zone est motivée par le plaisir de complétiste, car remplir les contrats principaux ne représente que 30 à 35 % de la progression totale. Des points de téléportation sont disponibles pour faciliter les déplacements dans les zones.

Un gameplay entre action et simulation

Si l'on espère un bac à sable et des casse-têtes à la HITMAN, SGWC n'est pas le jeu idéal. L'enchaînement des contrats est souvent similaire d'une zone à l'autre. Après s'être approché d'une place forte ennemie, on marque les ennemis avec des jumelles, puis on les élimine avec un fusil de précision. La partie "tireur d'élite" est la plus agréable et demande un minimum de jugeote. Il faut tenir compte du point zéro, de la direction et de la force du vent, de la distance, des obstacles et des ennemis environnants. Le jeu indique la trajectoire potentielle de la balle pour aider le joueur. Un tir réussi peut déclencher un suivi de caméra au ralenti.

Pour le reste, Sniper Ghost Warrior Contracts est d'une platitude déconcertante. Les séquences d'infiltration se contentent du minimum syndical, avec une infiltration rigide et sans originalité. On se cache pour éviter le champ de vision des ennemis, on évite les drones et on s'accroupit pour passer d'une pièce à l'autre. Les dialogues sont mal écrits et l'intelligence artificielle (IA) et la technique ne sont pas les points forts du jeu.

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La plupart des ennemis sont des soldats légers ou lourds, des tireurs d'élite cachés ou des véhicules d'assaut. Les menaces les plus évidentes demandent de la discrétion, mais le reste du jeu peut être parcouru sans trop se soucier des gardes. Il est possible de passer derrière eux ou de courir au milieu d'un camp sans être remarqué. Parfois, on se fait repérer à cause de lignes de vue improbables ou de bugs de collision. Les phases d'action sont peu intéressantes, et il est préférable de recharger la sauvegarde précédente et de forcer jusqu'à ce que ça passe. La meilleure façon de profiter de Sniper Ghost Warrior Contracts est d'essayer de terminer les niveaux sans être repéré et de sélectionner le mode de difficulté maximal.

Un changement de paradigme

Sniper Ghost Warrior Contracts marque un changement de forme immanquable par rapport à son prédécesseur. Le jeu passe d'un vaste monde ouvert à une division par zones plus modestes, mais tout de même imposantes. Cette modification entraîne une recomposition de la gestion de l'histoire. Le récit suit Seeker, un mercenaire embauché pour éliminer des cibles impliquées dans un conflit politique entre la Fédération de Russie et une Sibérie indépendante. Les fans de la licence Hitman reconnaîtront un certain style dans la narration.

Le passage à une division par zone est l'élément le plus décisif de Sniper Ghost Warrior Contracts. Contrairement aux craintes de certains, ce retour à la normale ne bride pas les possibilités d'approche pour les assassinats. Une fois la cible précisée, il appartient au joueur de trouver le meilleur moyen de l'éliminer. Un assaut frontal reste possible, mais il nécessite une stratégie. Il est préférable de scruter le terrain, de choisir un endroit avec une bonne visibilité et d'enchaîner les tirs à la tête.

En termes de gameplay, Sniper Ghost Warrior Contracts se situe entre l'action et la simulation, avec une emphase sur cette dernière. Une phase d'apprentissage aide à maîtriser la visée, rendue difficile par la gestion de la respiration, de la distance et du vent. Le masque de Seeker affiche des informations en réalité augmentée pour faciliter la tâche, notamment pour repérer les drones. On retrouve le feeling de la licence, mais avec plus de finesse dans la gestion des distances.

Cinq grandes zones (bunker, port, vallée, forteresse et embranchement) sont disponibles, accompagnées de missions annexes, assurant une bonne rejouabilité. Un système de gain d'argent permet de consolider l'arsenal et de l'améliorer. La durée de vie est honorable, avec une douzaine d'heures pour terminer l'histoire principale sans atteindre le 100 %. Un défaut marquant est la durée de l'état d'alerte lorsque le joueur est repéré.

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Techniquement, Sniper Ghost Warrior Contracts tient plus ou moins la route, malgré des bugs de collision. Les environnements ne se renouvellent pas énormément, mais la Sibérie reste un lieu enneigé avec du charme. Le level design est intelligent et s'appuie sur la verticalité. La kill cam est plus brutale que jamais, avec des corps démembrés et des impacts bien rendus. Le sound design est parfois déséquilibré.

Sniper Ghost Warrior Contracts 2 : Une évolution ?

Après trois premiers épisodes oubliables, CI Games a trouvé une formule intéressante avec Sniper Ghost Warrior Contracts. Sniper Ghost Warrior Contracts 2 propose un nouveau contexte géographique, en passant du froid polaire de la Sibérie à la chaleur du Moyen-Orient. Il est légitime de se demander s'il s'agit d'une simple version 1.5 de la formule Contracts.

L'histoire de Contracts 2 met en scène Raven, un mercenaire envoyé au Kuamar, un pays fictif entre la Syrie et le Liban, pour éliminer une dictatrice. L'absence de mise en scène et d'interaction avec les cibles principales réduit l'immersion dans le scénario. L'arsenal est varié, avec des fusils de sniper, des armes secondaires et des armes de poing. Raven dispose également d'un masque de haute technologie et de gadgets. Pour débloquer l'équipement et les compétences, il faut réussir des contrats, des primes et des défis.

Une nouveauté de Contracts 2 est l'introduction de contrats de tir lointain. Ces missions se déroulent sur des zones à l'écart, situées à plus d'un kilomètre de distance, nécessitant l'utilisation d'un fusil de sniper à longue portée. Ces phases de jeu sont une réussite et offrent des objectifs variés. CI Games a également conservé des régions où le tir lointain n'est pas d'actualité, offrant une expérience similaire à celle du premier opus. Le studio excelle dans le level design, rendant la traversée des régions agréable.

Cependant, le principal défaut du jeu reste l'IA, souvent calamiteuse. Le système de détection des ennemis est fatiguant et usité. Il arrive fréquemment de passer à quelques mètres d'ennemis sans qu'ils ne détectent le joueur. Si le joueur est détecté, toute la garnison est immédiatement au courant de sa position. Il est possible de jouer avec la faiblesse de l'IA en se réfugiant dans des endroits étroits et en attendant que les ennemis se suicident collectivement.

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Malgré ces défauts, Contracts 2 conserve des qualités, notamment les tirs au fusil de précision et l'exploration des régions. Les environnements du Moyen-Orient sont envoûtants. Les effets lumineux, les textures et le sound design sont réussis. CI Games continue de faire confiance au CryEngine, améliorant les graphismes par rapport à l'opus précédent. Cependant, le titre souffre d'aliasing et de bugs.

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